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mondiaux

Derrière la meta : LCS Europe

Le Mondial approche à grands pas et il est temps de nous intéresser aux régions et aux équipes qui vont y participer. Cet article vous permettra d'en savoir plus sur la meta utilisée par les joueurs pro européens et sur leurs chances de l'emporter face aux autres régions. Au mois d'août, Fnatic est parvenu à se qualifier en remportant les play-offs du segment d'été et H2K s'est qualifié en marquant le plus de points de championnat.

Au passage, Fnatic a également attiré l'attention en terminant invaincue le segment d'été, ce qui consolide les espoirs de voir une équipe européenne championne du monde pour la deuxième fois, après la victoire obtenue par les Européens lors du premier Mondial. Mais n'oublions pas H2K, qui a fait la démonstration de son potentiel en gagnant en puissance depuis son entrée dans les LCS, et qui est remonté à la 3e place des play-offs après avoir remporté son match contre les Unicorns of Love 3 victoires à 0. Pourquoi ces équipes ont-elles autant de succès ? Peut-on entrevoir, à travers les points communs dans leur style de jeu, une façon de jouer spécifiquement européenne ?

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Tendances européennes durant le segment d'été

Les statistiques du segment d'été européen permettent d'isoler quelques tendances notables en ce qui concerne les champions sélectionnés. Bien que de nombreux champions ont été largement modifiés pour conserver un certain équilibre avec l'arrivée des nouveaux objets, certains restent le choix de prédilection des équipes européennes. Il y a une tendance nette pour les champions bannis : Kalista et Ryze ont été bannis une partie sur deux, et Sivir, Rek'Sai, Morgana et Azir une partie sur trois. Dans le cas de Ryze, on sait que c'est en raison de son incroyable burst et de sa résistance très élevée en fin de partie.

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On le comprend aussi pour Kalista, dont la compétence passive la rend difficile à rattraper si elle est bien jouée. En utilisant Extirpation (E), elle peut assurer l'élimination du dragon et du baron Nashor pour son équipe en un instant, sans risquer de voir le jungler ennemi voler le buff avec Châtiment. En Europe, certains champions sont également bannis en fonction des joueurs adverses. Un exemple marquant : Rumble, utilisé avec brio par Seung-Hoon « Huni » Heo de Fnatic, est tellement craint par les autres équipes qu'il a été banni d'entrée dans 11 des 18 parties disputées par Huni.

Les cinq champions les plus souvent sélectionnés sont également particulièrement marquants : Gragas (61 sélections), Alistar (60), Rek'Sai (54), Sivir (46) et Corki (41) au cours de la saison. Là encore, une raison simple vient expliquer ces choix : le rôle particulier de ces champions confère la plupart du temps des avantages considérables face aux autres. La diversité des champions sur la voie du milieu ou la voie du haut est plus importante, et on peut seulement identifier des tendances spécifiques à chaque joueur.

C'est surtout dans la jungle que la prédominance de certains champions est remarquable. Gragas y brille grâce à son ultime, qui permet de décider de l'issue des combats d'équipe s'il l'utilise à bon escient. En plaçant talentueusement son ultime, il peut isoler le tireur d'élite ou le midlaner adverse, ce qui en fait un kill facile, ou l'obliger à perdre du temps pour rejoindre son équipe. Mais ce n'est pas tout, car elle permet également de fuir une situation qui tourne mal, ce qui fait de l'ultime de Gragas une arme vraiment universelle. C'est également vrai pour Rek'Sai, qui peut rapidement nettoyer les camps de la jungle et profiter de son ultime qui lui permet de se téléporter n'importe où sur la carte. De plus, Sondeur explosif lui permet de repérer les positions ennemies. Alistar est le support le plus souvent sélectionné, et offre lui aussi une grande polyvalence. Il peut ainsi offrir à son carry AD un peu de soin en début de partie, tout en disposant de beaucoup de potentiel avec sa combinaison Coup de tête/Atomisation. Son ultime lui permet d'absorber de lourds dégâts en première ligne, ce qui le rend très populaire. De leur côté, les deux carrys AD les plus sélectionnés sont relativement différents. Sivir est choisie lorsque l'équipe veut profiter d'un bonus de vitesse pour charger l'ennemi ou pour un jeu globalement rapide. Corki, pour sa part, est particulièrement craint pour sa capacité de harcèlement et ses dégâts mixtes. Dès qu'il a terminé sa Force de la trinité, il devient une menace pour bon nombre de champions. Mais les modifications apportées par le dernier patch ont déjà forcé quelques changements. Ainsi, le nouvel objet de jungler, Glaive runique, a permis l'émergence d'une vague d'Ezreal AP sur la voie du milieu, mais qui est déjà un peu retombée. C'est maintenant plutôt Elise qui aurait tendance à s'établir comme nouvelle force dans la jungle, en particulier depuis que Sivir a été un peu affaiblie par les dernières mises à jour des champions. Nous devrons maintenant voir comment ces tendances vont influer sur le Mondial.

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Le changement de voie : une spécialité d'H2K

Durant le segment d'été, le changement de voie est devenu un élément tactique important. Comptant désormais parmi les meilleures équipes, H2K a perfectionné cette variante de la meta pour l'emporter face à Giants Gaming et aux Unicorns of Love durant les play-offs. Au cœur de cette tactique de changement de voie, il y a le transfert de la voie du bas à celle du haut, qui amène à des situations de 2 contre 1. Et le toplaner part soutenir le jungler dans la jungle pour prendre aussi un peu d'or et d'expérience. Cela conduit souvent à des situations de jeu complexes, qui ressemblent plus à une partie d'échecs qu'à une partie enthousiaste de League of Legends. La moindre erreur dans le positionnement de l'équipe peut conduire à des failles majeures, qui, si elles sont exploitées correctement, aideront l'équipe adverse à l'emporter facilement.

H2K n'a eu de cesse d'améliorer ce concept tactique durant tout le segment d'été. Lors des matchs des play-offs contre les Giants et les UoL, il est apparu clairement que leurs adversaires n'étaient pas prêts à affronter cette tactique. Cette orientation tactique d'H2K se voit également durant la phase de sélection des champions. Andrei « Odoamne » Pascu utilise sur la voie du haut des champions polyvalents, comme Shen, Maokai ou Gnar, qui peuvent s'en tirer même à 2 contre et gagner un peu d'or au passage. Le tireur Petter « Hjarnan » Freyschuss doit souvent se contenter Tristana ou Corki, car l'équipe adverse bannit généralement ses champions préférés, Sivir et Kalista. Mais même avec Tristana et Corki, un changement de voie ne pose pas de problème à Hjarnan. Il s'en servira pour détruire plus ou moins rapidement les tourelles ennemies. Pour sa part, le carry AD Raymond « kaSing » Tsang préfère utiliser Thresh en support (s'il n'est pas banni), afin de profiter d'avantages sur toute la carte avec ses effets de contrôle de foule. Avec le jungler Jean « Loulex » Burgevin, qui domine souvent les Champs de justice avec Lee Sin, et le midlaner Sangwook « Ryu » Yoo, qui dispose d'un large catalogue de champions (en plus de son fameux jeu avec Ahri), ces champions permettent à H2K de tirer pleinement avantage de cette stratégie.

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H2K exploite souvent les erreurs de positionnement de l'adversaire, par exemple si le toplaner est seul et forcé à se retrancher vers sa tourelle, on verra souvent Loulex débarquer pour forcer un 3 contre 1 qui tourne généralement en faveur d'H2K. Cela renforce le carry AD, et l'équipe assoit son contrôle sur la carte en détruisant rapidement la tourelle de la voie du haut. Et cela offre un autre effet positif pour H2K : le toplaner adverse prend forcément du retard. Les adversaires réagissent souvent à une telle situation en allant tuer le dragon de l'autre côté de la carte. Mais kaSing n'hésite jamais à s'éloigner de son carry AD sur la voie du milieu pour venir là aussi provoquer une situation de 3 contre 1 avec Loulex. Cette technique de changement de voie permet ainsi à H2K de prendre rapidement l'avantage en PO et en objets, ce qui lui offre par contrecoup une meilleure vision et la possibilité de continuer à pousser jusqu'à ce que l'avantage devienne écrasant.

En général, le changement de voie a été une tactique très largement utilisée pendant le segment d'été. La microgestion qu'implique ce genre de situations tend à agrandir le fossé entre les quatre meilleures équipes et le reste de la ligue, car on a vu Fnatic et Origen l'utiliser avec succès dans certaines de leurs parties, encore qu'aucune équipe ne semble la maîtriser avant autant de méticulosité qu'H2K. On peut s'interroger pour savoir si H2K pourra continuer de la sorte. Ils peuvent en effet compter sur cette tactique pour l'emporter face à des équipes moins fortes, mais ils risquent de payer cher la moindre erreur face aux meilleures équipes régionales lors du Mondial. Quoi qu'il en soit, le changement de voie semble être devenu une variante tactique en vogue en Europe, qui pourrait avoir un certain succès lors du Mondial face à des équipes qui n'y seraient pas suffisamment bien préparées.

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Fnatic : dominer par la variété

Meilleurs espoirs européens pour le titre de champion depuis la victoire lors du premier Mondial et la demi-finale des anciens Moscow Five lors de la saison deux, Fnatic a surpris tout le monde par sa domination durant le segment d'été. Quel que soit le choix de champions de l'équipe de Bora « YellOwStaR » Kim, ils sont parvenus à la victoire tout au long de la saison. Cette série de victoires a pris fin lors de la finale des play-offs contre Origen, au cours de laquelle Fnatic a dû concéder deux parties sur cinq.

En plus de sa préparation méticuleuse, des ordres judicieux donnés par YellOwStaR et de l'application de l'équipe, c'est le choix des champions qui a fait la différence. Il est important de remarquer le talent individuel de chacun des membres de cette équipe européenne au top niveau. Ils sont tous capables de faire appel à un large catalogue de champions, qu'ils peuvent tous pousser au maximum et dont ils connaissent parfaitement les limites. Cela confère à l'équipe un vaste choix pour la sélection des champions, qui permet de tester différentes stratégies et combinaisons. Huni, le toplaner de Fnatic, est le champion toutes catégories de la diversité. Il a ainsi joué pas moins de onze champions différents pendant la saison, suivi de YellOwStaR avec dix champions différents et de Fabian « Febiven » Diepstraten qui en a joué neuf. Les chiffres ne sont pas tant que ça supérieurs à ceux des joueurs des autres équipes, mais personne ne maîtrise aussi bien les champions que Fnatic.

Un autre élément qui aide Fnatic à se montrer si dominante, c'est sa puissance lors des combats d'équipe. Même lorsque l'équipe prend du retard à la suite d'une erreur en début de partie, YellOwStaR va choisir précisément quand il faut lancer la riposte. En tant qu'équipe, Fnatic agit comme un seul homme et chacun sait exactement dans quelles situations de jeu ils peuvent prendre l'avantage. Durant les combats d'équipe, la qualité individuelle de chaque joueur est aussi importante que la bonne prise de décision. Martin « Rekkles » Larsson se place toujours parfaitement derrière la ligne de front et suit les ouvertures de ses camarades pour éliminer la cible rapidement et efficacement. Pour y parvenir, Rekkles utilise souvent des champions très mobiles, comme Kalista, Sivir ou Corki, ce qui lui donne beaucoup de liberté pour ses déplacements lors des combats d'équipe. Si Rekkles est pris pour cible, il peut compter sur le soutien de YellOwStaR, qui le protège avec des champions comme Alistar ou Janna. Et en plus de Rekkles, Fnatic peut compter sur les autres laners solo pour poser une menace partout sur la carte. Febiven aime utiliser des champions comme Viktor et Azir, qui brillent en milieu et fin de partie, tandis qu'Huni semble capable de pouvoir jouer qui il veut sur la voie du haut en étant toujours une menace. L'équipe coordonne généralement ses attaques à différents points de la carte, obligeant l'adversaire à réagir. Cela donne à Fnatic une occasion d'exploiter et de profiter des déplacements imprudents de l'ennemi. Lors des gros combats d'équipe de fin de partie, l'équipe ne laisse rien à la chance et l'emporte le plus souvent grâce à un placement intelligent et à des ouvertures opportunes. Fnatic se distingue tout particulièrement lors de ces combats d'équipe, mais ils peuvent être particulièrement vulnérables dans des situations de jeu chaotiques qui peuvent survenir lors d'un split push par exemple, ou si l'équipe ennemie est experte dans les combats d'équipe.

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Perspectives européennes

Les équipes asiatiques représenteront toujours un défi, car elles s'entraînent dur et continuent de s'améliorer, afin d'arriver parfaitement préparées au Mondial. Bien que le Mid Season Invitational du mois de mai ne soit passé que depuis moins de quatre mois, et qu'il permette d'évaluer les chances des équipes pour le Mondial, il ne faut pas oublier que chacune des équipes a eu le temps de s'améliorer. Les performances de Fnatic contre l'équipe coréenne ont toutefois été une véritable source d'inspiration. L'équipe a réussi à encore améliorer son jeu durant le segment d'été, et ils pourraient aller vraiment très loin. Si Fnatic profite du temps qu'il reste avant le Mondial pour améliorer encore son style de jeu et son combat d'équipe, elle a toutes les chances de terminer dans le top 3 ou même de remporter pour l'Europe le titre de champions du monde, qui lui échappe depuis quatre ans. Mais l'extrême pression que subit l'équipe pourrait causer sa perte. En raison des performances exceptionnelles dont elle a fait preuve ces dernières semaines, bon nombre de fans s'attendent à voir Fnatic terminer en bonne place du Mondial. Espérons pour eux qu'ils parviendront à continuer sur leur lancée, malgré quelques récentes défaites, et n'entreront pas dans la spirale infernale de l'échec. S'ils y parviennent, l'Europe pourrait tenir ses nouveaux champions du monde. Mais H2K et Origin, qui s'est qualifiée lors du tournoi de qualification régionale, pourraient également nous surprendre pendant le Mondial. H2K doit montrer plus de variété dans ses stratégies pour éviter un changement de voie trop prévisible et potentiellement contré. L'équipe va aussi devoir travailler sur sa coordination lors des combats d'équipe pour ne pas se faire surprendre lors des gros combats.

Les performances récentes de Fnatic laissent espérer qu'ils vont continuer d'avancer et les autres équipes européennes pourraient aussi nous surprendre. Qu'est-ce que vous en pensez ? Les équipes des autres régions pourront-elles arrêter Fnatic ? Quelles opportunités les deux autres équipes européennes pourront-elles saisir ? Serait-il possible de voir deux équipes européennes en finale ?  Laissez-nous vos commentaires ci-dessous et dites-nous qui pourrait être, à votre avis, l'équipe la plus dangereuse pour les équipes européennes !