Jump to Main ContentJump to Primary Navigation
mondiaux

Dyrus et YellOwStaR : jamais quatre sans cinq

Depuis ses prémices en 2009, League of Legends a vu naître de nombreux talents au sein de sa scène e-sportive. Certains comme Reginald ou Ocelote ont rapidement su s'imposer dans leur région, fondant de puissantes structures e-sportives ; d'autres nous ont également fait rêver par leurs mécaniques hors du commun, à l'instar de Faker ou de Pawn.

Mais en dépit de cette profusion de talents, seuls deux joueurs peuvent encore se targuer de participer à tous les championnats du monde : l'américain Dyrus et le français YellOwStaR. Retour sur la carrière e-sportive de ces deux géants de la faille de l'invocateur.

1

Premiers pas dans la cour des grands

Aux premières heures de League of Legends, l'e-sport mondial n'en est qu'à ses débuts et il n'existe alors aucun circuit compétitif du calibre des LCS. Comme beaucoup d'autres joueurs professionnels, Dyrus démarre donc sa carrière de manière poussive et ne trouve aucune structure à sa mesure durant les deux premières années. Le toplaner regorge pourtant d'ambition et s'associe dès la fin de l'année 2009 aux frères prodiges Reginald et Dan Dinh ; d'abord tous ensemble au sein de All or Nothing, puis sans Reginald chez Epik Gamer. Toutefois, ces tentatives seront infructueuses et il faudra attendre mai 2011 et les premiers championnats du monde pour que Dyrus décide de réintégrer Epik Gamer. Lors de cet événement, l'américain sort facilement des phases de poules mais trébuche contre TSM au pied du podium. Cette désillusion ne vient malheureusement pas seule, le toplaner finissant l'année sur une frustrante série de compétitions ratées. Alors que le joueur ne décolle toujours pas après deux ans, une réelle opportunité arrive enfin en mars 2012 : TSM remercie TheRainMan, choisissant finalement Dyrus pour compléter sa formation. L'américain ne quittera plus jamais la structure et prouvera rapidement sa valeur malgré une défaite nette et sans bavure en quarts de finale des championnats du monde de saison deux.

2

Contrairement à son homologue américain, YellOwStaR a quant à lui vécu un démarrage professionnel efficace mais a ensuite piétiné avant de retrouver chaussure à son pied. Recruté par Against All Authority au poste d'ADC en septembre 2010, le joueur passe en effet près d'un an dans la même équipe et parvient même à convaincre sOAZ de jouer compétitivement à ses côtés. Quelques mois après son intégration, YellOwStaR joue ainsi ses premiers championnats du monde et finit second derrière Fnatic, malgré une très belle prestation et une flèche de Ashe désormais devenue légendaire. Si le bilan de la compétition est loin d'être négatif, la déception est pourtant palpable pour YellOwStaR et les résultats médiocres de aAa après les championnats du monde finissent par le convaincre de changer structure. Le joueur ira notamment chez Millenium puis chez Nice Work Dude avant de réintégrer aAa et de quitter à nouveau la structure pour un test décevant chez Millenium. Finalement, seul SK Gaming parviendra à retenir l'attention du français ; ce dernier intègre donc l'équipe en juillet 2012 avec les championnats du monde en ligne de myre. Cet événement se révèle malheureusement être un échec cuisant pour YellOwStaR, qui paie son manque de stabilité au prix fort en sortant dernier des phases de poule sans gagner un seul match. Une fois de plus déçu par la performance de son équipe, le français reprend ses recherches et décide de remplacer Rekkles chez Fnatic en janvier 2013. Tout comme Dyrus, le français signe là le pari payant de sa carrière et gagne définitivement sa place parmi les grands européens.

3

LCS impeccables, mondiaux irréguliers

Du fait de leur ancienneté, Dyrus et YellOwStaR ont logiquement su s'imposer sur leur continent respectif lors des saisons trois et quatre. Mais en dépit de qualifications faciles pour les tournois mondiaux, les deux titans ont souvent eu des difficultés à transformer l'essai et à réaliser de réelles performances lors des championnats du monde. Ce cas de figure est largement applicable à Dyrus. Monopolisant la première place des LCS NA avec Cloud 9 ou CLG durant deux années, le taulier des TSM n'a jamais démérité au sein de son équipe dans les compétitions régionales. Certains de ses picks fétiches comme Renekton et Shen ont d'ailleurs effrayé plus d'un joueur en saison trois et quatre. Toutefois, ce palmarès impressionnant n'a jamais permis à l'américain de briller sur la scène mondiale. La disqualification de son équipe en phases de poule en 2013 et l'arrêt brutal de la compétition en quarts de finale contre Samsung White en 2014 sont des exemples parlants de cet état de fait.

Même son de cloche côté européen, où YellOwStaR a pu être irrégulier sur ses performances mondiales alors que ses compétences ont toujours reflété le plus haut niveau européen. Faisant déjà forte impression avec son Varus ou sa Miss Fortune lors du premier segment de printemps, le joueur français s'est aussi et surtout illustré au milieu du premier segment d’été pour sa rotation payante au poste de support. Incisif sur Morgana et foudroyant d'efficacité sur Annie, le joueur a grandement contribué aux succès de son équipe et a ainsi remporté les trois premiers segments des LCS EU chez Fnatic. Si ces performances ont été visibles lors des troisièmes championnats du monde (où YellOwStaR et son équipe iront jusqu'en demi-finales), les derniers championnats en date ont toutefois été désastreux pour le français qui voit Fnatic finir dernier de sa poule. Un résultat inexplicable bien que Fnatic soit tombé dans le « groupe de la mort », puisque l'équipe de YellOwStaR concède même la victoire en poule face aux numéros trois américains de l'époque, LMQ.

4

Bousculés mais jamais achevés

Après quatre saisons de jeu intensif sans trophée mondial, beaucoup de joueurs auraient sûrement arrêté la scène compétitive. C'était sans compter sur Dyrus, véritable roc de la voie du haut durant cette cinquième saison. Très bon durant le dernier segment de printemps avec des champions comme Lulu, le joueur a su intensifier son jeu pour soutenir Bjergsen au maximum et guider son équipe vers la victoire. Malgré ces excellentes performances, le joueur s'est toutefois écroulé lors du MSI, présentant de réelles faiblesses vis-à-vis des incessantes agressions ennemies. Après une avant-dernière place au tournoi de mi-saison, Dyrus et TSM ont également persévéré dans leur traversée du désert durant le segment d’été. Mais alors que tout le monde pensait l'aventure terminée, l'américain s'est totalement réveillé durant les play-offs et a prouvé au monde qu'il n'était pas qu'une relique bonne à mettre au placard. Extrêmement efficace avec de nombreux picks comme Gnar ou Olaf, le joueur sera avec Bjergsen la clé de voûte de son équipe : il ira ainsi jusqu'en finale des playoffs, se qualifiant une cinquième fois pour les championnats du monde.

6

Alors qu'il songeait sérieusement à prendre sa retraite après la saison quatre, YellOwStaR a également montré durant cette saison qu'il avait les épaules pour tout endurer. Délaissé par tous ses coéquipiers quittant le navire Fnatic, le français a en effet trouvé la force d'endosser le rôle de capitaine et de reconstruire une équipe de A à Z. Initialement critiqué pour son choix risqué de recrutement, le joueur obtiendra finalement tous les honneurs en gagnant la totalité des segments de la saison avec un nouveau record d'invincibilité de 21 parties. Le MSI a lui aussi été porteur de bonnes nouvelles, Fnatic faisant forte impression en manquant de peu de gagner contre l'ogre SKT T1. Désormais, l'équipe de YellOwStaR est fermement décidée à remporter le sacre mondial et le français est plus que jamais devenu baron de l’Europe avec ses picks innovants, son double titre de MVP (prix du meilleur joueur) et son cinquième titre en LCS. De quoi aborder ces cinquièmes championnats du monde en conquérant.

En définitive, il s'avère presque impossible de mesurer le potentiel réel de Dyrus et YellOwStaR, tant ces deux géants ont marqué de leur empreinte l'histoire de League of Legends. Ayant maintes fois prouvé leurs compétences dans la gloire comme dans l'adversité, ces vétérans pourraient cependant nous étonner une fois de plus en décrochant la lune lors de ces championnats du monde. Dyrus parviendra-t-il à se surpasser alors même que le groupe D de TSM regroupe tous les talents de la voie du haut ? YellOwStaR pourra-t-il rester le maître d'œuvre qu'il est à l'heure actuelle et atteindre la plus haute marche du podium ? Qui aura le niveau pour décrocher le prochain titre mondial ? Réponse en octobre.