Jump to Main ContentJump to Primary Navigation
mondiaux

Famille et Amis : Pieter Diepstraten

Que se passe-t-il quand votre fils de 16 ans se révèle être l'un des meilleurs joueurs de League of Legends en Europe ? C'est ce que l'on aurait pu demander à Pieter Diepstraten il y a près de deux ans.

Vous n'avez certainement jamais entendu parler de lui, mais vous connaissez sans doute très bien son fils Fabian, mieux connu sous le nom de Febiven, midlaner des champions des LCS européennes, Fnatic. Nous avons rencontré Diepstraten père lors du dernier jour des play-offs des LCS européennes à Stockholm, 24 heures avant que son fils aide Fnatic à décrocher le seed principal européen au mondial, pour en savoir plus sur le rôle par la famille de Febiven dans son ascension.

« Je savais qu'il jouait sur Internet, nous raconte-t-il, mais j'ignorais totalement de quel type de jeux il s'agissait. Lui et son frère jouaient à plein de jeux différents. Et puis, il y a vingt mois de cela, il m'a appelé : "papa, il y a quelqu'un au téléphone qui veut te parler". » Au bout du fil, un Américain nommé Jack Etienne. « Je n'avais aucune idée de qui c'était ! Il m'a dit : "Je suis Jack Etienne de Cloud9 et j'aimerais proposer un contrat à votre fils". Il était en train de fonder son équipe Cloud9 Eclipse. »

1

ÉTUDIANT OU INVOCATEUR, IL FAUT CHOISIR

Naturellement; Diepstraten était sceptique. L'idée lui semblait complètement étrangère. Un contrat ? Pour jouer à des jeux vidéo ? « Je lui ai répondu : "il doit aller à l'école ! Il n'a que 16 ans !" Mais je me suis rendu compte que je ne pouvais plus l'arrêter. »

Les joueurs de Cloud9 Eclipse allaient finalement être vendus à H2k Gaming, notamment le toplaner Odoamne et le carry AD Hjärnan, où ils se trouvent toujours actuellement. Febiven a joué avec H2k jusqu'à la fin de la saison, puis les offres de transfert ont commencé à pleuvoir. « J'ai reçu des coups de fil de trois équipes américaines différentes. Il avait le choix entre cinq équipes, mais il répétait sans arrêt : "Fnatic, Fnatic, Fnatic ! C'est Fnatic ou rien !" »

La nouvelle carrière de son fils avait confirmé à Diepstraten qu'il avait bien fait de le laisser jouer, mais de toute manière, il semble que son scepticisme d'origine n'avait pas duré longtemps. « Je me suis un peu renseigné et j'ai découvert qu'il pouvait gagner beaucoup d'argent, se souvient-il. Il pourra retourner à l'école quand il aura 22, 23 ans. C'est toujours possible. C'était l'occasion ou jamais. Nous avons quatre enfants et nous leur disons : si vous êtes bons dans un domaine, alors il faut saisir cette opportunité. »

Febiven a pu se construire librement grâce à l'attitude éclairée de son père, et ce dernier a été grandement récompensé quand il a vu son fils jouer. « Je l'ai regardé sur Twitch et nous sommes allés plusieurs fois à Cologne pour le voir dans le studio. Quand on assiste à ça, on ne peut qu'être fier ! »

2

DU ROAMING, MAIS POUR DE VRAI

Diepstraten semble particulièrement content de pouvoir suivre son fils dans ses aventures aux quatre coins du monde. « Dès que nous le pouvons, nous voyageons avec lui pour assister à ses parties en vrai, et autant dire qu'aller à Los Angeles, Berlin, Madrid, ou ici aujourd'hui... ça a changé ma vie ! Je suis heureux. »

Mais la distance n'est-elle pas un problème ? « Il y a le téléphone et Skype, alors ce n'est pas un problème. Je sais qu'il vit avec les cinq autres joueurs et Deilor [l'entraîneur des Fnatic]. C'est un peu comme une famille. Je sais qu'il est heureux là-bas. »

« Nous sommes allés à Berlin en voiture il y a cinq semaines. Depuis Rotterdam, ça fait six ou sept heures de trajet. Nous avons pris trois ou quatre jours de vacances et nous sommes allés à Berlin pour assister à deux parties des Fnatic dans le studio. Nous avons pu visiter leur gaming house deux ou trois fois. C'était incroyable ! Grâce à ça, nous savons qu'il est entre de bonnes mains et que Fnatic est une organisation très professionnelle. »

Bien que Diepstraten semble suivre de près la situation unique de Febiven, il arrive encore que les exploits de son fils et sa célébrité le prennent au dépourvu. « Aujourd'hui, [sa mère et moi] étions là, avec le père et la sœur de Rekkles, et j'avais Febiven au téléphone. Je lui disais : "viens nous faire coucou ! Dis à Rekkles de venir aussi !" Mais il a répondu : "je ne peux pas, sinon ce sera l'émeute !" » Diepstraten rit de l'absurdité de la situation. « Je le comprends ! Évidemment que j'aimerais qu'il puisse venir nous voir. Mais je sais bien que c'est impossible. » Et que pense-t-il lorsqu'il voit tous ces gens réunis pour soutenir Febiven et les autres joueurs de Fnatic ?

« Je suis très fier ! Vraiment très fier. C'est incroyable. »

PIETER DIEPSTRATEN
3

L'HEURE DES ENCOURAGEMENTS

Naturellement, toute la famille de Febiven ne peut pas se déplacer pour suivre les événements auxquels il participe, mais cela ne les empêche pas de suivre ses exploits et de regarder ses parties. Même ses grands-parents s'y sont mis. « Tout le monde le regarde, dit Diepstraten. Même mes parents regardent ses parties. Ils ont 75 ans, alors ils ne comprennent pas bien le jeu, mais ils regardent les scores et ils savent que c'est celui qui a tué le plus de champions qui gagne. »

Qu'en est-il de l'avenir ? Alors que Febiven se concentre sur la préparation du mondial, son père réfléchit d'ores et déjà à ce qui suivre. « Il fera peut-être un bon entraîneur. Ou un manager. Ou il pourrait travailler pour Riot. Tout est possible. Bien sûr, il faut qu'il le veuille, mais je pense que ça va certainement se diriger dans ce sens. »

4

« Je ne l'imagine pas retourner à l'école. Je pense qu'il est plutôt du genre à voyager à travers le monde avec des jeunes de son âge. » C'est sûr, on peut imaginer bien pire pour son fils. C'est une expérience d'autant plus enrichissante quand on peut la partager avec sa famille.

Mais cet avenir est encore distant et il est loin d'être le principal sujet d'inquiétude actuel de Febiven. Les prochains mois sont de loin les plus importants de sa vie, aussi jeune soit-il, et il est clair qu'il les considère comme tels. « Il se concentre dessus à 200%, dit son père. "Je veux aller au mondial. Je veux arriver premier." Telle est sa mission actuelle. »

Si son rêve se réalise, on peut imaginer que sa famille ne manquera pas de célébrer son triomphe.