Jump to Main ContentJump to Primary Navigation
ACTUALITÉ

IEM Katowice, trois jours de beau jeu

La dernière édition de la 10e saison du circuit Intel Extreme Masters battait son plein en fin de semaine dernière en Pologne. Cet événement mondial regroupait 8 équipes dont la moitié était constituée des finalistes des IEM San Jose et Cologne et l’autre moitié d’équipes invitées des LCS EU, des LCS NA, de la LCK et de la LPL. De toutes ces formations, une seule est sortie championne du monde de la Spodek Arena de Katowice.

Les favoris des fans étaient au rendez-vous

Les équipes occidentales envoyées par les fans n’étaient pas les plus en forme du moment, en témoignent leurs résultats en LCS. Que ce soit Team SoloMid, actuellement à la 4e place du championnat nord-américain ou Fnatic, à la 5e place en Europe, les deux structures connaissent des difficultés malgré des joueurs extrêmement compétents et pour la plupart expérimentés. Placées dans des groupes différents à ces IEM, les deux équipes ont suivi des chemins semblables : un départ compliqué, puis une augmentation flagrante du niveau de jeu.

Phases de groupe

TSM ouvrait la compétition face à Ever, une équipe qui évolue au niveau Challenger en Corée du Sud. Bora « Yellowstar » Kim et ses nouveaux coéquipiers ont bien débuté la rencontre et ont pris l’avantage petit à petit, jusqu’à ce que son carry AD Yiliang « Doublelift » Peng s’offre un quintuplé. 

Tout au long de la partie, TSM a forcé les combats d’équipe alors que leur composition aurait était très efficace en splitpush. Ils l'ont payé très cher quand, à la 35e minute, tous les TSM sont tombés au combat et qu’Ever, d’une lucidité incroyable, a mis un terme à la partie en enfonçant absolument tous les bâtiments de la voie du milieu, en commençant par la tourelle extérieure. Après cette première défaite, TSM a retrouvé Origen dans un match en 2 manches gagnantes dont le perdant rentrait chez lui bredouille. La rencontre était très disputée dès la première manche, mais TSM l’a emporté, mené par la LeBlanc du Danois Søren « Bjergsen » Bjerg. Origen a réussi à revenir à égalité avec la toujours si impressionnante Kalista de Jesper « Zven » Svenningsen mais l’écurie américaine a fini par s’imposer. 

Team SoloMid retrouvait alors à nouveau les Coréens de Ever et leur ont montré de quel bois ils se chauffaient. L’équipe a montré un niveau tactique bien meilleur et a remporté la première manche avant d’expédier la seconde en moins de 26 minutes, montrant une meilleure cohésion de jeu et, surtout, une meilleure compréhension et exécution des compositions. 

Fnatic a gagné en expérience pendant ces IEM

Fnatic a gagné en expérience pendant ces IEM

Dans le groupe B, Fnatic a connu le même chemin : une première défaite, contre l’équipe chinoise Qiao Gu Reapers (premier de son groupe en LPL avec 82% de victoire) avant de s’imposer 2 à 1 contre l’équipe américaine Counter Logic Gaming (2e des LCS NA avec 71% de victoire). Après avoir commencé par une défaite face à une composition typique de CLG basée sur beaucoup de splitpush, Fnatic a revu sa phase de draft et sorti son arme secrète : le Jhin de Martin « Rekkles » Larsson et a remporté la partie après presque une heure de jeu. Tout comme TSM, Fabian « Febiven » Diepstraten et ses coéquipiers ont également affronté l’équipe qui les avaient défaits lors de leur premier match afin d’espérer se qualifier à l’arbre final. Une nouvelle fois, les Européens se sont inclinés lors de la première manche avant de s’imposer à deux reprises. 

Le carré final

En demi-finale, Team SoloMid affrontait l'équipe championne du monde en titre : SK Telecom T1, tandis que Fnatic était confronté à la seconde équipe chinoise de la compétition : Royal Never Give Up. 

Les Européens ont commencé fort en envoyant RNG au tapis en seulement 23 minutes ! Une véritable performance face à une équipe première ex æquo de son groupe en LPL et dont le toplaner et le support ne sont autre que les champion du monde 2014 : Hyeong-seok « Looper » Jang et Se-hyeong « Mata » Cho. La deuxième rencontre fût remportée par les RNG, qui ont réussi à de nombreuses reprises à éliminer le Lucian de Rekkles, qui était la seule grosse source de dégâts de la composition Fnatic, malgré la présence de Lulu. Les oranges et noirs ont pris la dernière partie à leur compte et ont totalement asphyxié leurs adversaires. Ils se sont qualifiés pour la grande finale avec 20 000 pièces d'or d'avance ! 

Le rouleau compresseur SK Telecom T1

Les champions du monde en titre ont connu de nombreuses déconvenues depuis leur second sacre le 31 octobre dernier. De retour en Corée du Sud, SK Telecom T1 s'est fait éliminer de la KeSPA Cup par Ever, le petit poucet qui évolue dans l'équivalent coréen des Challenger Series. Depuis, certains joueurs ont mis les voiles vers de nouveaux horizons, mais le seul titulaire à avoir quitté SKT est le toplaner Gyeong-Hwan « MaRin » Jang, depuis remplacé par Ho-seong « Duke » Lee. Si la première déconvenue pouvait s’assimiler à une erreur de parcours, les récents résultats de SKT en LCK confirment leur méforme actuelle. Sang-hyeok « Faker » Lee et ses coéquipiers stagnent dans le ventre mou du classement et se sont même inclinés face à Afreeca Freecs, l’une des dernières équipes du classement. Et pourtant.

Avant même le début de la compétition, SK Telecom T1 a surpris en choisissant de laisser à la maison son jungler titulaire Seong-woong « Bengi » Bae, double champion du monde, au profit de Sun-gu « Blank » Kang.  

Bang, toujours aussi impressionnant et confiant

Bang, toujours aussi impressionnant et confiant

SKT a fait forte impression dès la première partie. CLG a été la première victime d’un Jun-sik « Bang » Bae en très grande force avec Ezreal. Sa confiance en ses compétences était véritablement épatante tant il n’hésitait jamais à sauter en avant pour infliger des dégâts si la situation le lui permettait. Sa précision avec Tir mystique (A) était effarante et il a rendu fou Trevor « Stixxay » Hayes avec son utilisation du Barrage térébrant (R).

La deuxième partie opposait les SKT aux Chinois de Qiao Gu Reapers. Jian « Uzi » Zi-Hao, qui a joué en tant que titulaire lors de cette compétition, retrouvait enfin Faker en face de lui, 3 ans après la finale du Mondial 2013. Mais comme face à Royal Club à l’époque, SKT n’a fait qu’une bouchée de son adversaire. Dès les premiers instants, les Coréens ont pris l’ascendant dans tous les domaines. Alors que QG aurait pu commencer à remonter la pente, Blank a remis les pendules à l’heure en volant le Baron Nashor avec une main de maître, ce qui lui donnera sûrement les bonnes grâces de ses coachs. En deux parties, SK Telecom T1 était qualifié en demi-finale.

Faker et ses coéquipiers vont alors croiser la route de Team SoloMid dont on vous parlait précédemment. Le jungler de TSM Dennis « Svenskeren » Johnsen a réussi à donner quelques kills à la LeBlanc de son compatriote Bjersen suite à une invasion risquée de Blank. Mais malgré tous les efforts mis en œuvre pour tenter de sortir Faker de sa partie, ce dernier a réussi à empêcher Bjergsen d’avoir une présence dévastatrice en combat d’équipe en le repoussant, ce qui a permis à son équipe de remporter les escarmouches en milieu de partie. SKT a de nouveau subi au début de la seconde partie mais a réussi à tenir à égalité aux golds. En milieu de partie, ils ont trouvé le moyen de s’imposer lourdement et ont très vite concrétisé leur supériorité en une victoire sèche et large. SKT était qualifié en finale. 

SK Telecom T1 rime avec victoire

SK Telecom T1 rime avec victoire

La première partie de la grande finale face à Fnatic a été rude pour Faker. Comme au Mid-Season Invitational l’an passé, Febiven est venu à bout du Corki du Coréen en le surprenant en 1 contre 1. Heureusement pour Faker, Blank était là pour venger sa mort et limiter l’impact de cet exploit individuel. Mais quand ce n’était pas Febiven qui voulait sa peau, c’était au tour de son compatriote Da-yoon « Spirit » Lee de lui en faire voir de toutes les couleurs. Spirit a en effet montré une très grande maîtrise de Lee Sin et a réussi plusieurs fois à ramener le Corki vers ses co-équipiers. Jusqu’à la 30e minute, les deux équipes étaient au coude à coude, mais c’était sans compter sur le très bon travail de la Poppy de Duke, qui a occupé 3 champions dont le Kog’Maw de Rekkles à lui seul. Au final, et comme toujours, Fnatic ne pouvait plus rien faire. Même les « InSec » de Spirit étaient devenues inefficaces, depuis l’achat de la Ceinture de mercure de Faker.

Après une deuxième victoire dans la continuité, SKT avait trois balles de match mais n’en a eu besoin que d’une. Après 22 minutes, Fnatic, qui accusait déjà un retard de 9000 PO, a décidé de rendre les armes, face à un adversaire visiblement au-dessus de la compétition.

Malgré leur méforme actuelle dans leur région, les SKT ont été très impressionnants. Leur jungler remplaçant a montré un niveau auquel on ne l’attendait pas et a gagné en expérience et en assurance lors de ces IEM World. Faker et ses hommes repartent de Pologne invaincus avec une très belle coupe et 50 000 dollars en poche. Trois équipes qui peinent dans leurs régions mais terminent ce tournois dans les quatre premières places ... Pensez-vous que cette expérience aura un impact dans leur compétition régionale respective ?

ILLUSTRATIONS : Flickr ESL