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ACTUALITÉ

La scène e-sport française

Pendant que les LCS battent leur plein et alors que le Mondial 2016 aux États-Unis arrive à grands pas, d’autres invocateurs cherchent à s’imposer sur une scène française en pleine ébullition. Que ce soit en ligne ou lors des regroupements physiques à travers la France, les spectateurs sont toujours très enthousiastes à l’idée de voir leurs champions locaux concourir. Tour d’horizon des équipes et joueurs qui font vibrer la France !

Une affaire de LAN

Comme au début de chaque année, les grands tournois se succèdent et ne se ressemblent pas. Organisés dans diverses villes, ils font vibrer la scène française de League of Legends. Certains installés dans le paysage e-sportif depuis des années, d’autres ayant fraîchement émergé, certains consacrés exclusivement aux champs de bataille de Teemo et de ses compères, d’autres ouverts à une multitude de licences, ils ont chacun leur place et jouent un rôle important dans le circuit du sport électronique. Ces véritables rendez-vous annuels, communément appelés des « LAN » — de l’acronyme Local Area Network — rencontrent chaque année un succès grandissant. De chez eux grâce au streaming ou directement sur place, les fans sont très enthousiastes à l’idée de pouvoir rencontrer et encourager les talents locaux en devenir.

Cette année 2016 a commencé comme l’année précédente s’était terminée : sous la domination franche de l’équipe Millenium. Les concurrents sérieux étaient difficiles à trouver en France. La raison principale de cette différence de niveau était simple : Millenium avait atteint le niveau européen en se qualifiant aux Challenger Series.

Fin février, c’est la Lyon e-Sport #9 qui a ouvert le bal des grands rassemblements sur le territoire français. Des centaines de joueurs, répartis en 64 équipes, se sont retrouvés au palais des sports de Lyon pour 3 jours de compétition intense, entrecoupée par diverses animations dont un concours de cosplay. Kaze, Djoko, Pretty, Hans sama et Masterwork n’ont laissé aucune miette à leurs adversaires, écrasant l’équipe européenne Renegades: Banditos en finale. Les hommes en violet ont réitéré leur performance un mois plus tard à Poitiers, où se déroulait la 17ème édition de la Gamers Assembly. Encore qualifié en finale, Millenium s’est imposé face à E-corp N2K, l’équipe de Nerroh, Nisqy et Kirdos, trois joueurs qui avaient été éliminés par Millenium en quart de finale de la Lyon e-Sport alors qu’ils jouaient sous les couleurs d’InFamouS.

Espace joueurs à la Lyon e-Sport #9

Espace joueurs à la Lyon e-Sport #9

Il a fallu attendre la mi-mai pour assister à la fin l’hégémonie de Millenium lors de la Dreamhack Tours. Une nouvelle fois en finale, le trio Nisqy, Nerroh et Kirdos, qui avait de nouveau changé de toplaner et de carry AD, a réussi à s’imposer avec la manière, portant les couleurs du Melty eSport Club et de son lapin au sommet de la scène française ! Le vent avait finalement tourné dans la rivalité entre ces deux équipes.

Du Challenge aux Challengers

En parallèle aux tournois indépendants, le Challenge France 2016 a donné le la dès le début d’année. La finale a eu lieu lors de la Lyon e-Sport #9 et a mis un terme à 3 mois de compétition entre 8 équipes, dont 6 s’étaient qualifiées via le classement de la file classée 5 contre 5. Les deux dernières ont obtenu leur ticket au terme de 2 tournois de qualification très intenses qui ont eu lieu courant décembre. À deux reprises, 64 équipes ont tenté de s’imposer pour prendre part à la compétition. Au final, ce sont Millenium et Mad Theory qui ont rejoint les équipes déjà qualifiées.

Au terme de l’aventure, ce sont Millenium et InFamouS qui se sont retrouvés sur la grande scène pour se départager. Ayant récemment terminé la saison régulière des Challenger Series à la 1ere place en n’ayant concédé qu’un match, Hans sama et sa bande ont remporté la compétition haut la main. Djoko et Kaze, qui avaient déjà soulevé la coupe avec l’équipe Imaginary Gaming lors de la toute première édition du Challenge France, ont donc conservé leur titre de champion de France.

Mais Nisqy et sa bande ont eu de quoi se consoler. La première place du CF 2016 offrait en effet une place pour le tournoi de qualification aux Challengers Series. Millenium étant déjà un membre de ce championnat, c’est donc l’équipe arrivée à la 2nde place du Challenge France qui en a hérité ! Sous l’égide du Melty eSport Club, le Cinq principalement francophone n’est pas parvenu à se sortir d’un groupe A au niveau relevé mais n’a pas démérité. Cette expérience internationale a beaucoup appris aux joueurs, qui ont pu se frotter à des joueurs excellents individuellement et dont certains avaient déjà participé aux LCS. Leur nouvelle structure leur a également procuré un élément important dans la réussite d’un collectif : un centre d’entraînement, qui permet aux joueurs de se retrouver tous ensemble dans le but de préparer une compétition.

Une saison plus tôt, Millenium (qui possède également une Gaming House) avait réussi à se qualifier au segment printanier des EUCS avant de connaître un succès fulgurant, survolant la saison régulière dont nous vous parlions déjà dans un dossier complet. Mais l’accident des play-offs a été vite oublié puisque cette fois-ci, Kaze et ses coéquipiers sont parvenus à se hisser jusqu’en finale et donc à décrocher une place pour le tournoi de promotion qui permet à une équipe de Challenger Series de défier les équipes LCS pour tenter de prendre leur place.

Millenium remporte le Challenge France.

Les équipes du moment

Si la concurrence était assez fébrile en début d’année, les équipes se sont renforcées au fil du temps. Grâce aux nombreuses compétitions en ligne, les formations françaises ont eu beaucoup de temps de jeu, de quoi améliorer la cohésion d’équipe. Dans une scène en mouvement permanent, les compositions d’équipes se sont ajustées et certains outsiders ont réussi à se frayer un chemin vers le sommet.

Au début de l’année, O’Gaming a adapté son concept de tournoi nommé « Underdogs » à League of Legends. 8 équipes (4 invitées et 4 qualifiées) s’affrontent chaque semaine dans un tournoi dont chaque saison s’étale sur 2 mois. Les principales équipes françaises s’y sont donc défiées. La première et la troisième saison ont été remportées par l’équipe against All authority dont Tiger, Moon et Prime ont fait partie lors des deux éditions. Les deux finales étaient extrêmement disputées. Globalement, InFamouS, Melty et Team *aAa* ont toujours été dans le carré final. D’autres équipes comme GrosBill, E2G et le Lamasticrew ont également été des habitués de ces compétitions, eux qui étaient également présents lors des évènements physiques tout au long de l’année.

melty

L'équipe Melty

Ces équipes ont également pris part au Championnat National ESL d’été dont la finale se jouait au Palais des Congrès du Futuroscope. Contrairement aux Underdogs, Millenium a pris part à cette compétition et est arrivé à la première place ex-aequo des phases de groupe, s’inclinant seulement face aux Melty qui les avaient fait descendre de leur trône à la Dreamhack Tours. Mais, contre toute attente, c’est l’équipe PCS qui a su créer la surprise lors de cette compétition, éliminant Millenium en demi-finale (2 à 1) puis évinçant Melty en finale, d’un 2-0 aussi sec que mérité. Dans cette équipe inattendue, on retrouvait des noms connus, comme Tiger ou Shemek, deux anciens *aAa*.

La multiplication des tournois en ligne ajoutée à l’apparition de nouveaux rendez-vous physique comme le PMU Challenge permet aux équipes d’avoir régulièrement des objectifs, ce qui renforce leur engagement et les incite à rester soudées. La qualité et la diversité des équipes n’a jamais été aussi forte qu’aujourd’hui. Cet écosystème très compétitif est propice à l’éclosion de véritables pépites françaises, capables d’atteindre des sommets. Hans sama en est la preuve vivante.

De véritables pépites

Charly "Djoko" Guillard

Charly "Djoko" Guillard lors du Challenge France

De ces collectifs se dégagent forcément des individualités fortes. Des joueurs qui sortent du lot et qui tirent leurs coéquipiers vers le haut, endossant les responsabilités dans les moments difficiles. Des joueurs qui peuvent peut-être prétendre porter les couleurs d’équipes LCS dans un futur proche. Parmi-eux, les noms qui viennent directement à l’esprit sont très certainement ceux de Djoko et Hans sama. Les deux ayant réussi à se hisser en finale des play-offs, le premier ayant déjà montré qu’il avait les épaules pour jouer en LCS, ayant servi de remplaçant à l’équipe Unicorns of Love pour quelques matchs et le second attirant déjà les regards des meilleurs analystes européens alors qu’il n’a pas encore atteint l’âge requis pour prendre part aux LCS.

Mais ces deux-là ne sont pas des exceptions. Les francophones sont très nombreux à avoir un potentiel inouï. Le Belge Nisqy, par exemple, truste le top 10 de la file classée depuis des mois. En tournoi, il s’affirme comme un midlaner dominateur, à l’aise mécaniquement et dont la polyvalence croit avec le temps et l’expérience, à l’image de Zilean, un champion pour lequel il est réputé. Il pourrait, comme l’a fait Steve, se retrouver propulser au sommet très rapidement. Et les noms ne manquent pas. Sur chaque voie, dans chaque équipe, se trouvent de véritables pépites. Certains commencent même à suivre la voie de Dioud, ancien support LCS qui s’est fait recruter par une équipe de CBLoL, la ligue brésilienne. Ainsi, le toplaner Darlik était parti jouer en Turquie et Akutsune, un support français, a disputé l’équivalent du Challenge France espagnol dans l’équipe League of Legends de Baskonia, un club de première division de basket-ball.

Alors qu’on avance dans l’année, la hiérarchie des équipes francophones est encore loin d’être figée. Les surprises peuvent venir de tout bord. Eclypsia pourrait, par exemple, venir se rajouter à l’équation. Si l’équipe a une vocation divertissante que les autres n’ont pas, elle s’est récemment renforcée en recrutant le carry AD Wakz, ancien capitaine de Melty ainsi que Melon, un midlaner réputé. Aux côtés de Caëlan, également ex-Melty et jungler aguerri, le collectif pourrait créer la surprise comme ils l’avaient fait avec une composition différente sous le nom de DFG and the gang lors de la Dreamhack Tours.

Somme toute, la scène française et ses représentants sont plus motivés et actifs que jamais. Une véritable euphorie est palpable et les prochaines échéances devraient être explosives ! Et vous, qui supportez-vous ?

CRÉDITS PHOTOS : MILLENIUM