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LCS

Les coachs, artisans des LCS

Depuis plus d'un an maintenant, les coachs font officiellement partie des équipes inscrites en LCS. Difficile en effet de réfuter le rôle fondamental qu'ils occupent désormais dans la compétition. Leurs talents et leur vision de jeu s'observent à chaque partie, et les personnalités arrivent désormais dans la lumière après avoir passé du temps dans l'ombre des plus grands joueurs.

Les précurseurs

Youngbuck & Deilor

Youngbuck & Deilor

Si les coachs se sont fait une place naturelle au sein des équipes professionnelles, leur rôle n'a pas toujours été de soi, y compris en LCS. Par exemple, lors de la Saison 2, il n'y avait absolument aucun coach officiant auprès des équipes. Les décision étaient prises par les joueurs et ceux-ci focalisaient davantage leur jeu sur la technique et le gameplay pur. Si l'on pouvait alors directement observer la teneur d'une décision en jeu, difficile par contre d'apprendre de ses erreurs de manière constructive : sans une figure de meneur, les egos régnaient en maître sur les LCS, empêchant les joueurs de se dépasser. Arrivés à la Saison 3, les équipes ont eu à s'acquitter de beaucoup de tâches administratives, desquelles peu de joueurs étaient friands. La première étape vers la naissance d'une véritable organisation des équipes allait être franchie, car il fallait recruter un manager capable de gérer les déplacements et les formalités administratives. Ces managers, présents de manière presque constante auprès des joueurs, ont rapidement saisi l'importance de leur rôle qui les maintenait hors de l'ébullition du collectif. Peu à peu, les managers ont commencé à donner leur avis, à proposer un point de vue extérieur aux parties jouées, à proposer des solutions aux problèmes internes rencontrés.
L'un des premiers véritables coachs à remplir la fonction telle qu'on la définit actuellement en Europe fut Konstantin « Groove » Pikiner. Ancien joueur professionnel, celui-ci est arrivé chez les déjà légendaires Moscow Five en 2011. C'est lui qui a le premier adopté une position d'autorité sur ses joueurs, en les choyant mais également en les remettant dans le droit chemin lors des mauvaises performances.

Il dégageait beaucoup d'autorité. Lorsqu'il approchait, on se disait : Ok, c'est Groove, il dirige Moscow Five !

Mitch "Krepo" Voorspoels
Deilor & Rekkles

Jusqu'au début de la Saison 3, les quelques managers et futurs coachs remplissent alors plusieurs fonctions : analyste, manager, meneur d'équipe… Certains remplissent le contrat avec brio, mais Lemondogs décide de recruter un analyste attitré. L'un d'eux est Clement Chu, spécialiste de la LPL, qui ira ensuite se greffer à l'équipe Ninjas in Pyjamas, qui a récupéré les joueurs de Copenhagen Wolves de l'époque. C'est l'un des tout premiers à comprendre l'importance de l'analyse et notamment celle du jeu asiatique, alors en plein essor et déjà voué aux grandes performances que l'on connaît. 

La première chose qu'il a dite c'est " Voilà des rapports sur la LPL, voilà les picks & bans effectués en Corée ; les vôtres sont abominables. Voilà ce que jouent les Coréens, et pourquoi. " Il n'avait même pas besoin de nous montrer de replays, les notes qu'il avait prises parlaient d'elles-mêmes : notre jeu était truffé d'erreurs.

Martin "Deficio" Lynge

Les coachs et les analystes travaillent alors de concert pour modeler deux rôles aujourd'hui essentiels au maintien d'une équipe à un niveau tel que les LCS. Ils pointent les erreurs des joueurs, trouvent des solutions aux défauts de jeu, trouvent les failles de leurs adversaires et surtout font le tri dans les informations glanées en observant les autres circuits compétitifs. À l'aube de la Saison 4, juste après le premier sacre des SK Telecom T1, un nouvel adepte du jeu Coréen fait son entrée chez une jeune équipe : Team Roccat. Il s'agit de Fryderyk « Veggie » Kozioł, et il entreprend de transposer le flamboyant jeu coréen à l'Europe. Mais il ne se cantonne pas à une vulgaire copie-conforme des stratégies à succès du pays du matin calme, il trouve les replays, les montre à ses joueurs, analyse les raisons du succès de ces stratégies. Et Veggie de susciter l'admiration des autres équipes, qui bientôt veulent elles aussi leur coach de génie.

La quête du coach parfait

Si les jeunes joueurs fraîchement débarqués dans des LCS en constante évolution sont ravis de pouvoir compter sur les talents d'une véritable armée d'analystes et experts en statistiques, les vétérans de certains postes ont du mal à s'ouvrir aux critiques et aux suggestions. Il aura par exemple fallu du temps à Danil "Diamondprox" Reshetnikov pour se laisser dicter la façon de faire la Jungle. C'est l'arrivée du coach français et ancien joueur pro Kevin « Shaunz » Ghanbarzadeh qui le convaincra, car Shaunz a lui aussi été un jungler talentueux évoluant à haut niveau.

Shaunz, coach heureux des Vitality

Shaunz, coach heureux des Vitality

Et lorsque même les vétérans sont convaincus de l'utilité fondamentale d'une équipe soudée autour des joueurs, et présents pour eux, alors il n'y plus personne à convaincre ! À presque la moitié de cette Saison 6 et après l'époustouflante Saison 5 que nous avons vécue, impossible de renier le travail colossal abattu par les membres des organisations des équipes. Des personnalités comme Luis « Deilor » Sevilla, chez Fnatic, ont un impact décisif sur le jeu développé par leurs joueurs, et s'investissent pleinement dans le rôle qui leur est confié. Un rôle qui d'ailleurs de plus en plus pluriel et qui ne nécessite pas toujours un bagage en rapport avec League of Legends. Deilor, dont nous parlions plus tôt est arrivé chez Fnatic après une carrière de coach d'équipe de poker, et a du changer son approche vis-à-vis des joueurs. Mais il a surtout pu faire parler son expérience pour mener l'ogre européen vers des prestations ahurissantes. Du haut de ses 29 ans, il a aussi endossé le rôle de « père » pour les jeunes joueurs qui ont parfois du mal à troquer leur effervescence pour la concentration aux portes de la Faille. Évoluant loin de nous mais ayant une notoriété qui a littéralement survolé les frontières, on peut évidemment citer Kim "kkOma" Jung-gyun, coach des SK Telecom T1. Célèbre pour son coaching très strict, son impact n'a même pas besoin d'être expliqué tant les performances passées comme très récentes des acolytes de Lee « Faker » Song-hyeok ont montré que kkOma est un meneur d'exception. 

C'est indéniable, les coachs apportent une réelle plus-value aux équipes. Pas tous de la même façon, mais ils sont toujours utiles en tant que soutien aux joueurs.

Mitch "Krepo" Voorspoels

Alors que la Saison 6 bat son plein, les équipes ont plus que jamais entériné l'utilité d'une équipe d'experts à leurs côtés. Ils semblent désormais vouloir élargir encore leur horizon en recrutant des individualités diverses, comme par exemple un staff complet d'analystes permettant d'avoir une vue encore plus globale sur la méta et les compétitions étrangères. Nul doute que les futurs vétérans du coaching susciteront des vocations dans d'autres domaines, ou chez les anciens joueurs pros.

En cette 8e semaine de compétition, les coachs sont à l'honneur en LCS, profitez-en pour nous dire qui sont les coachs qui vous ont marqué ou vous impressionnent ?