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mondiaux

Les frères qui jouent ensemble restent ensemble

Les frères Tristan et Gunnar Schrage ont grandi avec un père joueur, de sorte que nul n'a été surpris quand Tristan est devenu professionnel sous le nom de PowerOfEvil et a gagné sa place comme midlaner chez Unicorns of Love.

Nous avons récemment discuté du genre de soutien que les parents offrent aux joueurs pros lorsqu'ils luttent pour se faire un nom sur la scène e-sport internationale, mais qu'en est-il des frères et sœurs ? Quel rôle le frère de PowerOfEvil joue-t-il dans sa vie professionnelle ?

« Mon père jouait à des jeux vidéo dans des LAN, je suis donc tombé dans la marmite quand j'étais petit », explique Tristan « PowerOfEvil » Schrage. « La plupart du temps, je jouais avec mon frère aîné. Il s'est lancé dans League of Legends et m'a dit d'essayer, on s'y est donc mis tous les deux. On est immédiatement tombé amoureux du jeu. » Jouer en famille est devenu la norme, des amis remplissant généralement les trous pour composer une équipe de cinq. « C'était devenu comme une tradition. »

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Frères d'ARAMes

Gunnar confirme : « On restait ensemble pour à peu près tout. Ensemble, on allait voir des films, on jouait au football, on jouait au tennis. On faisait tout ensemble. Et comme on allait à la même école, on avait de bonnes relations. » Aujourd'hui, bien sûr, Tristan vit sa vie professionnelle d'e-sportif, mais le relatif éloignement n'empêche pas les frères de rester proches. « Quand [Tristan] s'est amélioré à League of Legends et s'est rendu à Berlin pour les LCS, nous sommes restés étroitement en contact. On parlait tout le temps sur Skype et Whatsapp, on s'appelait après les matchs. »

Tu sais où est la Faille, frangin ?

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En fait, Tristan pense que son frère aurait pu être lui aussi un joueur pro. « Je pense que mon grand frère et moi avons plus ou moins le même niveau. » Pourquoi ne l'a-t-il pas fait ? « Il a commencé ses études. » Mais bien que son diplôme en gestion sportive prenne sur son temps de jeu, Gunnar ne manque jamais de regarder son frère jouer aux LCS. « Avec mes amis, nous regardons les matchs de [Tristan] et, ici où nous vivons, beaucoup de gens le connaissent. Il me fait vraiment l'effet d'une célébrité. C'est cool ! »

Par le truchement de son frère, Gunnar vit lui aussi les exaltations et les déceptions des LCS. « Quand je regarde ses matchs, je suis vraiment très nerveux. Je suis à fond dedans et j'espère vraiment qu'il va gagner. S'il gagne, je suis heureux. S'il perd, je suis triste, mais j'essaie toujours de l'encourager après chaque partie, qu'il ait gagné ou perdu. »

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Cela dit, la sensibilité émotionnelle de Gunnar est considérée par les deux frères comme une faiblesse potentielle s'il tentait à l'avenir une carrière professionnelle. « Je pense que je pourrais être excellent techniquement, mais j'ai des doutes sur mon attitude », dit Gunnar. « Quand je perds, je suis tout de suite furieux. Tristan est plus philosophe, il se dit qu'il aurait pu mieux jouer. Il ne prend pas les choses tellement au sérieux. Quand je regarde ses matchs et quand le score est de 0-2 dans un match en trois manches gagnantes, j'ai tendance à me dire que tout est fini. Mais je le regarde à l'écran et je constate que lui n'a pas encore abandonné : et parfois ils parviennent effectivement à redresser la situation. Il n'abandonne jamais, il continue de se battre. Moi j'ai tendance à perdre mon calme et à me laisser couler par la frustration. »

Licornes et amour fraternel

Récemment, pourtant, le stoïcisme de Tristan lui a fait défaut lors d'une tentative avortée pour accéder au mondial. « Son équipe ne s'est pas qualifiée pour le championnat du monde, bien qu'ils aient eu trois chances, pour ainsi dire. Trois matchs en trois manches gagnantes et ils ont perdu 3-0 à chaque fois. Un résultat brutal. »

« Après le tournoi de qualification, je lui ai dit que sa performance avait été loin d'être déshonorante et qu'il ne devait pas être trop triste parce que ce n'était pas de sa faute. Il s'était bien débrouillé.

Mais au son de sa voix j'ai entendu qu'il était très déçu. « Il voulait vraiment participer au mondial. » Gunnar a donc fait tout ce qu'il pouvait pour le consoler. « Quand il est revenu à la maison, on l'a pris avec quelques amis pour lui parler. On a bu quelques bières. »

Arbre de maîtrises généalogique

Pour Tristan, avoir un tel soutien fraternel est très important. « Je crois que c'est très important d'avoir un tel appui. Quelqu'un qui soit là pour vous. Quelqu'un qui vous encourage et qui vous motive. La famille et les amis, c'est important sur la scène e-sport actuelle. »

Mais Tristan ne manque pas de nous rappeler que la commisération et les condoléances ne sont pas tout : il est également important d'être entouré de supporters pour fêter les victoires. « Un des instants les plus formidables que j'ai vécus, ce fut sans doute après les IEM, lorsque nous avons vaincu TSM, parce que personne n'espérait que nous réussissions. Je me suis vraiment bien débrouillé, alors j'étais très heureux. J'ai appelé ma famille, j'ai parlé avec elle : ils étaient tout surpris et ils ont partagé la victoire avec moi. C'était super, et quand je suis rentré à la maison, on a tous revu le match ensemble. C'était vraiment génial ! »

Rivalité fraternelle

C'est également un souvenir que Gunnar chérit. « Oui, l'un des moments les plus cool pour moi, c'est quand ils ont gagné contre TSM. Ils venaient juste de se qualifier pour les LCS, puis ils sont allés en Amérique du Nord pour jouer contre une des plus grosses équipes de cette région et ils ont gagné ! Surtout Tristan, qui était face à Bjergsen. Personne ne s'y attendait, et moi non plus ! Quand je leur avais parlé avant le match, j'ai demandé à mon frère s'il avait le trac de jouer contre Bjergsen. Il m'a répondu que non, qu'il ferait ce qu'il pourrait. Puis j'ai regardé le match et il a dominé l'adversaire. J'étais extrêmement fier de lui ! »

Gunnar a de quoi être fier. Tristan et le reste de l'équipe Unicorns of Love ont réussi une très belle première année aux LCS EU et ils reviendront l'année prochaine pour tenter d'obtenir une place au mondial 2016. De plus, Gunnar dit que Tristan est plus à son aise aujourd'hui face à la pression. « Je ne l'appelle plus après chaque match depuis quelques semaines ou quelques mois. Je l'appelle toujours beaucoup, mais plus autant. Je pense qu'il est plus mûr et plus confiant. Il est habitué à vivre loin de la maison. »

Frères avant tout

Gunnar est loin d'être faiblard lui-même sur la Faille, mais a-t-il l'intention de rejoindre un jour Tristan sur la scène des LCS ? « La principale raison pour laquelle j'ai arrêté de jouer en compétition, c'est la fac », dit-il. « Il me reste encore une année à faire. Peut-être que quand je serai de retour, si LoL est toujours le jeu du moment, j'essaierai de passer pro. » Quoi qu'il advienne, vous pouvez être sûrs qu'il continuera de suivre les aventures de son frère aux LCS et que tous deux resteront très proches.

Après tout, ils ne sont jamais séparés que par un coup de fil.