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LCS

Origen sOAZ nous parle de son début de saison

L’an dernier, Origen créait la surprise en réalisant un parcours presque sans faille. Tout débutait par la création d’une toute nouvelle structure qui a très vite réussi à atteindre les LCS avant d’arriver en demi-finale du Mondial. Cette année, les compteurs sont remis à zéro et il faudra redoubler d’efforts pour espérer atteindre des sommets. Maintenant que la saison est bien avancée, nous avons discuté avec le toplaner français de cette équipe : Paul « sOAZ » Boyer.

Un rythme soutenu

Il a fallu presque 70 matchs officiels et un nombre incalculable d’heures d’entraînement sans relâche, étalés sur seulement 10 mois pour qu’Origen atteigne la demi-finale du Mondial 2015. Et pourtant, après tous ces efforts, les joueurs n’ont eu qu’une semaine de répit avant de devoir reprendre l’entraînement afin de se rendre sur la côte Ouest des États-Unis afin de disputer les Intel Extreme Masters San Jose qu’ils ont remporté avec brio. C’est seulement à ce moment-là que le français Paul « sOAZ » Boyer et ses coéquipiers ont pu profiter d’un petit mois de vacances. 

Après 5 années à jouer, sOAZ apprend encore tous les jours

Après 5 années à jouer, sOAZ apprend encore tous les jours

Depuis le début de l’année, les festivités ont repris et Origen a repris son rythme de croisière. Nous avons demandé à quoi ressemble une journée type au sein de la structure espagnole. Vers 14h, tous les joueurs se réunissent pour se retrouver autour du déjeuner : « On essaye de parler tous ensemble de ce que l’on veut travailler dans la journée, que ce soit en terme de stratégie ou à propos des champions que l’on aimerait jouer ». Les joueurs attaquent ensuite une première session d’entraînement jusqu’à 18h puis se reposent pendant 1 heure avant de reprendre de plus belle jusqu’à 22h.  

Vient ensuite le temps libre pendant lequel les joueurs peuvent s’adonner à tout type d’activité, dont le streaming. « Tout le monde joue un peu en partie classée, au moins 2 ou 3 parties, sauf Zven qui joue plus que les autres ». Les joueurs se changent également les idées sur un autre jeu ou devant une série.

2016 dans la continuité de 2015 ?

En quittant Fnatic pour Origen à la fin de l’année 2014, sOAZ abandonnait la situation stable dont il jouissait pour se lancer dans un nouveau défi. Cette décision témoignait d’elle-même la confiance qu’il portait en ce projet, pour au moins retrouver sa place aux League of Legends Championship Series, ce que l’équipe a brillamment réussi par la suite. Mais le succès futur, il ne l’avait pas forcément anticipé. « Le seul but que je me fixe est de progresser, de jouer le mieux que je peux, sans forcément penser au Mondial, même si tout le monde aimerait bien le remporter ! » nous livre-t-il. « Mais en même temps je savais que l’on avait le potentiel pour s’y qualifier, ça c’est sûr » continue celui qui n’avait de cesse de répéter qu’il prenait les matchs un à la fois lorsqu’il était interrogé quant à ses objectifs pendant la dernière saison estivale. En revanche, il déclare quant à la performance de son équipe au Mondial 2015 qu’il « ne pensait pas vraiment pouvoir faire aussi bien que ce qu’[ils] ont fait ».  

Origen a réalisé une performance inoubliable au Mondial 2015

Origen a réalisé une performance inoubliable au Mondial 2015

Loin de se sentir pousser des ailes pour autant, le Bordelais déclare viser le top 6 de la saison régulière de printemps, afin de participer aux play-offs dans le but de les remporter. Une des raisons pour lesquelles sOAZ ne s’emballe pas après avoir signé une belle performance à l’international est que le jeu ne cesse d’évoluer. En ce début de saison, le toplaner trouve le jeu très centré sur les tourelles. « Les dives (lorsque des joueurs se jettent sous une tourelle adverse pour aller tuer des adversaires, NDLR) sont très nombreux et les dragons moins importants » exprime-t-il. « On a dû changer notre style de jeu ».

Origen avait pour habitude de prendre l’avantage en lisant dans le jeu adverse, en le laissant être joué mais en réduisant son impact en prenant plus de ressources à l’autre bout de la carte : « On avait vraiment un style de jeu méthodique. Par exemple, si on constatait que l’équipe adverse prenait beaucoup de vision dans la partie supérieure de notre jungle, on se dirigeait vers le Dragon ». D’après lui, le manque d’attrait actuel des objectifs neutre leur joue des tours (sans mauvais jeu de mot) car ils ne peuvent plus compenser. De plus, l’Altération divinatoire — la relique bleue — permet de vérifier si l’équipe adverse ne tente pas de faire la peau au Baron Nashor en restant en sécurité, ce qui ne permet pas de forcer les joueurs à prendre des risques à avancer en terre inconnue. « Même quand on jouait chez Fnatic, on a toujours été penché sur la réaction, davantage que la plupart des autres équipes et peut-être que c’est ce qui nous fait du tort en ce début de saison » admet sOAZ. « Des équipes moins fortes que nous ont réussi à nous vaincre parce qu’ils forçaient des actions comme des dives, chose qui était bien plus punissable auparavant » continue-t-il avant de déclarer que le problème est assez complexe. 

On va essayer de remporter les play-offs puis tout donner au summer split !

Paul « sOAZ » Boyer

Voie du haut et diversité

En ce début de saison, force est de constater que la diversité des champions joués est très grande, notamment au top. Par exemple, sOAZ a déjà invoqué 8 champions différents en 10 parties ! Ce large choix semble lui correspondre à merveille. « Cette méta de la toplane me plaît, je pense être plus à l’aise que certains devant cette diversité des champions » nous confirme-t-il.

Seulement, il insiste sur le fait qu’il est bien plus difficile de sortir un champion original de son chapeau qu’il y a quelques années. « Chaque champion demande beaucoup d’entraînement, pas seulement individuellement mais surtout en équipe pour que tes coéquipiers sache quoi faire et à quel moment ». La raison ? Une augmentation globale au niveau tactique. « On ne peut plus choisir un champion sur lequel on ne s’est pas entraîné en équipe comme à l’époque, parce que les équipes adverses sont désormais beaucoup plus préparées et que le niveau stratégique a grandement augmenté ». 

Les joueurs passent du temps à étudier leurs options

Les joueurs passent du temps à étudier leurs options

Malgré un départ assez lent d’Origen, sOAZ n’est pas inquiet quant à ses résultats futurs et tient à rassurer les fans. Il estime qu’il est encore trop tôt pour réellement juger le niveau des équipes et qu’il faudra attendre que les joueurs aient trouvé la meilleure façon de jouer sur le patch actuel pour qu’une équipe puisse vraiment être déclarée meilleure qu’une autre. En attente de la stabilisation des styles de jeu (qui va plus loin que les simples choix de champions), il est difficile de dire que telle équipe est meilleure, quand bien même elle serait première au classement provisoire. Il croit en tout cas très fort au potentiel de son équipe et compte bien tout donner pour réussir la meilleure performance possible cette année ! Et vous, pensez-vous qu’Origen saura briller à nouveau au moment opportun ?