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LEC

2019, l'année de Splyce ?

Depuis son arrivée au sein des LCS EU en 2016, Splyce est considérée comme l’équipe à battre pour faire partie du gratin de la ligue européenne. Toujours qualifiée pour les phases finales, à l’exception de son premier segment, l’équipe est en quelque sorte la frontière entre l’élite et le ventre mou du vieux continent. Mais avec l’arrivée de Duke au poste de Head Coach, les choses semblent en mesure de changer, et Splyce pourrait enfin jouer les premiers rôles.

Aujourd’hui cette réputation persiste encore, et la direction prise depuis la saison dernière par l’organisation n’y est pas étrangère. En effet l'effectif de 2018 a conservé « son rôle », et celui de cette saison est sur le papier assez proche dans sa composition (coaching staff reconnu, mélange de joueurs d'expérience et de jeunes prometteurs). Tout semblait réuni pour que l’équipe reste dans sa case, et pourtant le niveau de jeu proposé par la formation depuis le début de l’année est plus que solide. Avec une progression significative observée sur la fin du segment, tout porte à croire que Duke, qui a pris la tête de l’équipe cette saison, a trouvé la bonne formule pour que 2019 soit la bonne année pour Splyce.

« Cette année, tout ce qui est lié à l’équipe principale passe par moi ; je dirige les entraînements et les phases de picks/bans. On s’est également entouré de plus de personnes dans le coaching staff. »

Hadrien « Duke » Forestier

Une équipe polyvalente

Outre son statut de limite entre les bonnes et les très bonnes formations européennes, Splyce est également considérée depuis longtemps comme une équipe très stratégique et une adepte des longues parties. Si ce cliché était en partie vrai la saison dernière, en 2019 la formation a fait de la polyvalence son cheval de bataille.

En effet grâce à la méta relativement agressive de la saison régulière, Splyce a fait évoluer son jeu. C’est ainsi que l’équipe a développé un jeu plus sanguinaire, en témoigne son pourcentage de premier sang, 72.2%, le plus haut de la ligue, ou bien sa moyenne de 14,2 adversaires tués par partie, la deuxième plus élevée en Europe. On aurait également pu citer les 1779 points dégâts infligés en moyenne par minute, le deuxième plus gros montant du LEC.

Cependant, ce changement de philosophie n’est pas encore parfaitement maîtrisé. Splyce reste la structure européenne avec le plus long temps de jeu, 36 minutes et 45 secondes en moyenne, soit quatre minutes de plus que la moyenne de la ligue. Si cette statistique peut paraître négative, elle révèle deux choses. D’une part cette itération de Splyce reste très jeune. Il n’est donc pas anormal qu’elle éprouve des difficultés à finir ses rencontres, et possède de ce fait une énorme marge de progression. D’autre part, elle démontre que malgré les modifications apportées, l’équipe possède encore son habileté à faire durer les parties jusqu’à atteindre son pic de puissance et à pousser son adversaire à la faute grâce à une meilleure gestion de la carte.

« On avait quelques soucis en milieu de partie notamment, qui ont commencé à se résoudre dans les deux dernières semaines et là de plus en plus. J’espère que l’on va pouvoir proposer un jeu intéressant pendant les play-offs »

Hadrien « Duke » Forestier

C’est cette polyvalence qui a permis au collectif de terminer à la quatrième place.  Et si Splyce a pu opérer cette mini-métamorphose, c’est en grande partie dû à son duo de carry.

Le (double) facteur X

Il est le symbole des clichés sur Splyce : reconnu pour être un ADC très fiable, Kobbe n’a jamais impressionné outre mesure, faisant très bien son travail, mais en restant un ton en dessous des meilleurs de la ligue (Zven, Rekkles, Upset). En 2018 il était épaulé sur la voie du milieu par Nisqy, qui présentait un profil similaire. Avec ces deux joueurs aux postes de carry, Splyce donnait l’impression d’être une équipe redoutable dans son jeu collectif, l’une des plus fortes dans la gestion de la carte du vieux continent, mais qui manquait d’un « Vrai Carry » pour faire la différence à l’image de Caps chez Fnatic.

Or cette saison le Carry AD danois a non seulement changé de support, passant du relativement passif kaSing au fougueux Norskeren, mais également de style de jeu. Habitué à jouer des champions plus utilitaires (Varus, Ezreal, Jhin), Kobbe a décidé de prendre les choses en main dès la phase de lane. On a ainsi pu le voir évoluer sur Lucian, Draven ou Viktor, des personnages très différents de ses habitudes.

De plus, Splyce a trouvé sur la voie du milieu un joueur très talentueux et capable de prendre la partie à son compte en la personne d’Humanoid. En quelques semaines, l’ancien joueur de Millenium s’est fait une place dans la hiérarchie européenne. S’il pèche encore par manque d’expérience, son talent a fait la différence à plusieurs reprises.

Avec cette paire de Carry, Splyce semble enfin armée pour lutter pour le titre. Si l’on a seulement évoqué le cas de Kobbe et Humanoid ici, la polyvalence de Xerxe et Vizicsacsi n’est pas à sous-estimer tant les deux joueurs ont démontré qu’ils étaient performants ensemble (finale du segment de printemps 2017 avec UOL). Enfin comment parler de Splyce sans évoquer ses redoutables entraîneurs.

Le coaching gagnant ?

L’an dernier l’encadrement de la structure a fait l’unanimité. Entouré par Duke et Mac, Peter Dun a reçu titre de meilleur entraîneur du segment de printemps, récompensant le travail accompli ensemble. Cette saison le trio a décidé de rester ensemble, mais les positions ont changé. L'ancien entraîneur du PSG a pris en charge la formation LEC, toujours épaulé par Mac, tandis que Peter a partagé son temps entre l’équipe première et l’équipe académique, Splyce Vipers, récemment qualifié pour la finale de la ligue espagnole.

Pour sa première saison en charge d’une formation LEC, Duke a fait fort. S’il a peu à peu transformé le style de son équipe tout en développant ses jeunes joueurs grâce à ses conseils tels que l'achat d’objet au niveau 1, son principal atout durant le segment aura été ses compositions. En effet, s’il ne s’agit que d’une petite partie du travail d’un entraîneur, il est difficile de nier qu’avoir une bonne composition aide à remporter une partie, et le nombre de fois où Splyce a « gagné la draft » cette saison est assez impressionnant.

Enfin, quoi de mieux pour illustrer le bon travail effectué cette saison que la montée en puissance de Splyce sur la fin de la saison régulière ? En effet après deux très bonnes premières semaines en début de saison, le collectif a connu un mois sur courant alternatif durant lequel les divers changements ont mis du temps à être intégré par les joueurs. Toutefois le travail effectué a fini par payer : Splyce a remporté quatre de ses cinq derniers matchs, dont un contre G2 Esports. Seul Fnatic et son incroyable remontée ont su arrêter les joueurs de Duke, privant ces derniers de la deuxième place.

« Sur le match contre Fnatic, il n’y a pas vraiment eu de match, ça s’est fini en deux minutes. On était très frustré à la fin de la partie, mais c’est comme ça. On a pas su anticiper le gank au niveau 2 qui permet à Rekkles d’avoir deux éliminations. A ce moment, on sait que c’est plié. »

Hadrien « Duke » Forestier

Mais alors 2019 sera-t-elle l’année de Splyce ? Pas sûr au vu de la concurrence actuelle, cependant la jeunesse de l’effectif et son niveau de jeu atteint en seulement trois mois laissent espérer de belles choses. De plus le travail de Duke et de ses adjoints paye, et  pourrait être récompensé par un nouveau titre de meilleur entraîneur du segment. Désormais, il ne reste plus qu’à l'entraîneur français et à ses joueurs de prouver qu’ils peuvent faire mieux que la saison précédente.

Et vous, voyez-vous Splyce arriver jusqu’en demi-finale ou pensez-vous qu’il faudra plutôt attendre cet été ?

Merci à Duke pour son temps ! Il tient d’ailleurs à vivement remercier la communauté française qui soutient Splyce, notamment par le biais du cast sur O’Gaming.

Sources des statistiques : Games of Legends