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mondiaux

Montée de l'Occident : EU vs Corée, phase de groupe

Tout le monde sait que les Coréens sont les plus forts à League of Legends, pas vrai ? C'est une évidence. Mais les joueurs oublient que même les dieux peuvent saigner.

Durant le Mondial de l'année dernière, les Misfits ont tenu tête aux SKT, les favoris du tournoi, et ils ont failli remporter la victoire finale. À ce moment-là, personne n'a vraiment pris cela au sérieux, mais après la phase de groupe 2018, c'est devenu un scénario récurrent. Le style de jeu occidental arrive en tête.

D'habitude, la phase de groupe se déroule toujours de la même manière. L'équipe coréenne en tête, puis la chinoise, et enfin l'européenne et la nord-américaine. Quelques imprévus arrivent parfois puisque les matchs sont en une manche gagnante, mais les Coréens qualifient toujours leurs trois équipes pour les quarts de finale.

Cette année, tout a été différent : durant le premier jour de la phase de groupe, G2 Esports a gagné contre Afreeca Freecs. L'Heimerdinger de Petter « Hjarnan » Freyschuss a été parfait dans le 1-3-1 mis en place par G2. Après la partie, le coach des Afreeca a admis que l'équipe n'avait pas montré assez de respect durant la phase de sélection de champions.

La méta de ce Mondial consiste principalement à utiliser des compositions efficaces en combats d'équipes afin de se battre en milieu de partie. C'est ce que la Corée considère comme étant le plus efficace, et toutes les équipes coréennes utilisent ce style. Le jungler se concentre sur la voie du milieu tandis que l'ADC et le top laner attendent leur heure en milieu de partie. Mais il semblerait que ce ne soit pas la bonne solution pour aller au bout de ce Mondial.

Prenons comme exemple la première confrontation entre les LCS EU et les LCK de la phase de groupe. La manière dont G2 a joué contre Afreeca va totalement à l'encontre de la méta coréenne. Les G2 n'ont pas voulu engager de combats d'équipes, ils ont choisi le split-push. Heimerdinger et Camille sont parfaits pour maintenir la pression sur les voies, mais ils manquent de dégâts en 5c5. G2 a tout fait pour éviter cela : ils sont restés vers le Baron pour que les Afreeca ne sachent pas où aller. Ils ne savaient plus où donner de la tête, ils ont couru dans tous les sens pendant que Wunder récupérait des tourelles et des inhibiteurs.

Team Vitality ne s'est pas qualifiée, mais l'équipe a étourdi Gen.G, les précédents champions du monde, grâce un style purement européen. Vitality adore se concentrer sur la voie du bas afin de récupérer des éliminations tôt dans la partie : Daniele « Jiizuke » di Mauro et Mateusz « Kikis » Szkudlarek sont dans leur élément quand ils jouent des champions pouvant dive, comme LeBlanc et Nocturne. Cela contredit totalement l'approche coréenne. Gen.G aime le contrôle, tandis que Vitality veut toujours se battre.

Voilà pourquoi Vitality a eu l'ascendant sur Gen.G durant les deux parties que les équipes ont disputées. L'équipe française a sans cesse voulu engager des combats d'équipes, même quand la victoire ne semblait pas évidente. Leur composition leur permettait d'atteindre facilement les champions, et les Gen.G n'étaient pas prêts. Un mauvais positionnement entraînait une mort certaine, ils ont donc joué la majorité de la partie dans leur moitié de la carte. Cela a permis à Vitality de prendre le contrôle.

Vitality n'est finalement pas sortie des groupes. Cependant, ils ont prouvé au monde qu'il ne fallait pas obligatoirement suivre la méta coréenne pour gagner. Team Vitality a réussi à éliminer l'une des équipes coréennes durant leur premier Mondial, et nous ne sommes pas prêts de l'oublier.

Dépasser les attentes

Les Fnatic n'ont pas eu à affronter d'équipe coréenne dans leur groupe, mais ils ont tout de même dû jouer contre la meilleure équipe chinoise en début de partie et le meilleur mid laner du Mondial. Même s'ils ont perdu la première partie à cause d'un Baron mal géré, ils ont réussi à gagner la deuxième et la troisième confrontation d'une belle manière.

Les Fnatic ont déjà une longue histoire dans League of Legends, mais tout comme G2 et Vitality, ils possèdent un style de jeu innovant. Mads « Broxah » Brock-Pedersen a prouvé que Lee Sin était toujours un bon champion pour créer un effet boule de neige en début de partie, mais ce qui est propre aux Fnatic est que tout le monde peut carry.

Cette semaine, durant leurs parties contre IG, Rasmus « Caps » Winther a été derrière au niveau du nombre de sbires jusqu'en milieu de partie, car Song « Rookie » Eui-jin a toujours pu choisir un champion qui le contrait. Mais Caps a pu avoir un impact lors des combats d'équipes grâce à l'aide qu'il a reçu de ses coéquipiers.

Les Fnatic ont finalement réussi à être en tête de leur groupe, et ils sont maintenant sur bon chemin pour atteindre la finale. Cette année sera peut-être celle qui verra les Fnatic soulever de nouveau la Coupe de l'invocateur.

Qu'ils y arrivent ou non, l'histoire a déjà été réécrite pour ce Mondial 2018. C'est la première fois que les LCK ne parviennent pas à qualifier leurs trois équipes pour les quarts de finale. Gen.G, les anciens champions du monde, ont été éliminés par des équipes qui n'utilisaient pas la même méta, et qui n'ont pas joué comme ils l'espéraient.

Les Coréens ont montré une faiblesse durant cette phase de groupe. La Corée qui était jusqu'alors invincible a accumulé un grand nombre de défaites. La plus grande faille est peut-être leur manque de créativité, une chose que l'Occident a bien assimilée.

Dans quelques semaines, nous aurons de nouveaux champions, et il se peut que pour la première fois depuis six ans, ce ne soit pas une équipe coréenne. Tout cela grâce aux nouveaux styles de jeu provenant d'une région souhaitant revenir sur le devant de la scène.