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COMMUNAUTÉ

À la rencontre des spectateurs des finales LCS

Les finales des League of Legends Championship Series ont été le théâtre du talent à l’état pur. Vingt des tout meilleurs joueurs européens se sont livré bataille afin de prouver au monde, et à eux-mêmes, qu’ils sont meilleurs que leurs adversaires. Mais dans l’arène remplie d’Invocateurs venus par milliers, les pros n’étaient pas les seules vedettes. Nous sommes allés à la rencontre de profils plus différents les uns que les autres, pour comprendre comment vous, public, avez vécu cet événement d’anthologie.

Tous les fans présents ce premier week-end de septembre étaient loin d’avoir le même rapport au jeu ou à sa compétition. Si beaucoup avaient suivi la saison avec grande attention, certains avouent ne pas avoir été aussi assidus cette année que les précédentes. C’est le cas de Boris, 21 ans, qui nous explique qu ’« arrivé en Master, [il] a du faire des compromis et ne pouvait plus trop suivre les LCS comme avant ». Mais bien qu’il n’ait pas regardé plus de trois rencontres depuis janvier, il n’a pas hésité à prendre sa place pour l’AccorHotel Arena. « Quand je me suis connecté pour ma partie hebdomadaire, j’ai vu que les finales se tiendraient à Paris, et dans une salle immense en comparaison aux Dock Pullman, nous raconte-t-il avec engouement. Direct, j’ai envoyé des messages à trois amis et deux heures plus tard on avait tous nos places. C’était impensable de manquer ça ! ».

Il y a deux ans, Boris était de ceux qui avaient enflammé les phases de groupe à Paris, malgré le nombre restreint de spectateurs. Il était donc très excité de pouvoir vivre l’ambiance avec dix fois plus d’Invocateurs réunis. Mais ceux présents ce week-end là n’étaient pas tous des habitués d’événements e-sport. C’était par exemple les premiers pas de celle qui se fait appeler Ynotece et que l’on pouvait retrouver dimanche déguisée en LeBlanc Corvus. Comme d’autres, cette cosplayeuse a « été contactée directement par l’équipe de Riot France, pour venir faire l’animation dans le studio qui précède l’entrée dans la salle ». D’entrée, elle témoigne son enthousiasme : « C’est mon tout premier événement e-sport. Et c’est trop bien ». Elle qui était déjà venue dans cette salle mythique de Paris pour assister à des concerts, a été impressionnée par l’organisation de la salle, qu’elle a eu le privilège de découvrir alors qu’elle était encore vide. Et ce n’était qu’un avant-goût de l’univers qu’elle allait enfin pouvoir découvrir en chair et en os après l’avoir souvent scruté sur son écran.

La cosplayeuse Ynotece, en LeBlanc Corvus

La cosplayeuse Ynotece, en LeBlanc Corvus (@YnoteceCosplay)

« C’est un truc de fou. Il faut le vivre une fois dans sa vie. Il y a une telle ambiance, une telle euphorie générale. Quand il y a une élimination et que tout le public se met à crier, à acclamer les joueurs… je comprends qu’ils soient sous pression, on leur met tellement la pression, c’est fou » nous raconte-t-elle le sourire aux lèvres et les yeux scintillants d’excitation. Mais en même temps on ne peut pas s’en empêcher, on partage tous la même chose à ce moment-là. J’ai l’impression que les émotions sont décuplées ! Quand on est déçus, on est déçus puissance cent. Quand on est trop heureux, ou quand on se marre c’est puissance… dix-mille ! ». 

En plus d’avoir apprécié le spectacle, notre cosplayeuse a passé du bon temps avec les spectateurs qui lui ont demandé des photos et ont contemplé son œuvre. « Je pense que c’est un excellent complément, ça met en avant la part artistique du jeu, explique-t-elle. Les retours sont tous positifs. Certains sont émerveillés, mais restent un peu « stun ». D’autres deviennent carrément euphoriques quand ils nous voient ». 

Les fans Misfits étaient très nombreux

Les fans Misfits étaient très nombreux

Au travers des multiples files d’attente, alors qu’on entendait fuser des « mais si, je t’assure, Misfits va gagner » et que quelqu’un déguisé en licorne demandait à son ami « mais tu es sûr qu’Unicorns of Love n’est pas en finale ? », nous avons croisé une jeune fille du nom de Valentine, qui était venue la veille accompagnée de Pierre-Olivier, 46 ans, son père. Elle nous explique qu’il « jouait beaucoup, notamment à Dota et Warcraft », qu’aujourd’hui il a moins de temps donc qu’il a baissé la cadence, ce qui ne l’a pas empêché de découvrir LoL avec son neveu. « Il suit tout ce qui est compétitions. Quel que soit le jeu, il y va. Tout ce qu’il veut c’est du beau jeu, du « skill », de belles actions, poursuit Valentine. Hier on n’a pas été déçu avec Fnatic, mon équipe de prédilection que l’on est venus soutenir. Mon père est redevenu le joueur qu’il était, à nouveau à fond, en train de soutenir chaque action ».

Après avoir quitté l’Arène, le père et sa fille ont refait le match : « Sur le chemin du retour, on en a beaucoup parlé, notamment de la troisième partie et de la quatrième, quand c’était vraiment assez serré, que les Fnatic ont commencé à remonter et qu’ils sont arrivés au final à 12 kills pour 14. On a trouvé ça vraiment magnifique. Il n’avait plus tout le lexique en tête. Pour parler de Syndra il décrivait « le personnage avec des boules autour », mais c’était sympathique ». 

Initialement, ils ne devaient assister qu’à la petite finale. Mais après avoir gouté à l’ambiance, Valentine a craqué et a acheté un billet pour le lendemain. « Je trouve que la communauté est toujours assez géniale. On se retrouve tous, quel que soit le type de personne, unis autour de la même chose. Aujourd’hui je suis venue seule parce que mon père est pris par le travail, mais je sais que je vais forcément rencontrer des gens et il n’y aura pas de problème pour passer un superbe après-midi » nous déclarait la jeune femme avant de pénétrer dans l’enceinte de l’AccorHotel Arena pour la deuxième journée. Et nous avons pu constater quelques heures après qu’elle avait en effet trouvé des camarades avec qui profiter du spectacle. L’un d’entre eux a d’ailleurs réussi à récupérer le maillot du toplaner de G2 Esports ! Valentine, elle, a demandé celui d’Alfonso « mithy » Aguirre Rodríguez, sans succès. Mais malgré ce faux espoir, elle se souviendra sûrement toute sa vie de cette expérience qu’elle a jugé bluffante.

Les projecteurs sont braqués sur les joueurs, mais le public a été étincelant

Les projecteurs sont braqués sur les joueurs, mais le public a été étincelant

En haut des gradins, en plein dans la deuxième manche de la finale, nous avons rencontré Guillaume, qui se verrait bien sur scène dans quelques années. « Je ne joue à League of Legends que depuis 2 ans, mais je suis déjà arrivé diamant 1. Je vise le palier maître d’ici la fin de la saison » explique le jeune homme de 18 ans. Il faut dire que sur scène, il y a un joueur qui a soufflé ses 18 bougies la veille. Steven « Hans Sama » Liv est l’idole de Guillaume. « Un jour j’ai déjà joué avec lui. C’était en début de saison, quand on peut croiser de très bons joueurs qui ne sont pas encore montés. Il est au-dessus, nous raconte-t-il avec humilité. Je pense qu’avec beaucoup de travail je peux, moi aussi, devenir professionnel. C’est mon rêve ».

Non loin de lui, nous avons croisé Thomas, 23 ans, qui est venu pour accompagner son groupe d’amis. Il n’a jamais joué à LoL, mais semble apprécier l’expérience : « Je n’y connais rien, je joue assez peu alors que mes amis sont des joueurs réguliers. Mais je n’avais rien de prévu ce week-end et on m’a promis que je m’amuserais quand même. Et je dois avouer que je ne m’attendais pas du tout à cela. On s’entend à peine parler tant le public est bruyant. Il y a… je ne sais combien de monde. On dirait un match de foot, sauf qu’on n’entend personne siffler l’arbitre ou les adversaires. C’est assez bon enfant ». Dans son groupe d’amis, on se relaie un à un pour faire le traducteur en direct, afin d’expliquer les principaux temps de jeu à ce non-initié, qui ne s’était jamais vraiment intéressé à cet univers.

Si nous avions pu interroger chacune des personnes présentes aux finales de LCS, nous aurions sûrement autant d’histoires différentes. Pourtant, tout le monde affichait le même sourire à la sortie de la salle, qu’importe le résultat.