Jump to Main ContentJump to Primary Navigation
LCS

Reprise des LCS : À l'Ouest, du nouveau !

Après deux mois de mercato animés, le retour tant attendu des LCS EU a enfin eu lieu. Bien que deux jours de compétition ne permettent pas d'évaluer précisément le niveau des forces en présence, les dix premières parties nous ont déjà réservé quelques surprises. Quelles équipes ont su s'adapter rapidement ? Quelles synergies semblent d'ores et déjà fonctionner ? Retour sur un weekend intense.

Changement majeur du format occidental, le retour aux Bo1 devait naturellement signer le retour de victoires inattendues, de surprises à usage unique, et d'une pression de tous les instants. À l'issue d'une série de transferts ayant vu de nombreux Européens traverser l'Atlantique, les équipes dont le cinq de départ a subi le moins de changements partaient a priori avec un avantage sur leurs adversaires. Néanmoins, après seulement deux jours de combats acharnés, c'est un autre scénario qui se profile…

Les favoris perdent des plumes

Avant le début des affrontements, quatre équipes semblaient se distinguer : G2, Fnatic, Misfits et Schalke 04. Les quadruples champions d'Europe en titre, malgré la perte de tous leurs joueurs hormis Luka « PerkZ » Perković, et même de leur entraîneur Joey « YoungBuck » Steltenpool, ont su reconstruire un groupe compétitif et d'expérience. Dans une partie imparfaite mais convaincante, les protégés de Carlos « ocelote » Rodríguez Santiago sont venus à bout de Misfits dans une réédition de la finale du segment d'été 2017. Ces derniers, orphelins de leur support Lee « Ignar » Dong-geun et du midlaner Tristan « PowerOfEvil » Schrage, ont manqué de tranchant durant cette première manche ; néanmoins, l'écurie au lapin s'est montrée sous un meilleur jour face à Schalke 04, avec notamment un Chres « Sencux » Laursen efficace sur la voie du milieu.

Ocelote_EULCS_SpringSplit_2018

Ocelote a de quoi être satisfait après la victoire de ses poulains face à Misfits.

Schalke a donc, elle aussi, encaissé une défaite, même si ces duels entre grosses structures si tôt dans la saison faussent quelque peu l'impression laissée par le classement à l'issue de la deuxième journée. Si Erlend « Nukeduck » Våtevik Holm est enfin réapparu sous son meilleur jour, la véritable surprise se trouvait sur la voie du bas. En l'absence de Elias « Upset » Lipp, tireur officiel de l'équipe, c'est Oskar « Vander » Bogdan qui s'est chargé de ce rôle, laissant son poste naturel de support à un certain Mitch « Boris » Voorspoels : autrement dit, Krepo sous couverture ! En temps normal entraîneur, l'une des figures emblématiques de la scène européenne a brillamment repris ses anciennes fonctions le temps d'un weekend, contribuant grandement à la victoire des siens face à Roccat, avant d'être un peu juste face à Misfits.

Quant à Fnatic, le remplacement de Jesse « Jesiz » Le par Zdravets « Hylissang » Iliev Galabov impliquait certaines adaptations au niveau de la voie du bas, mais le noyau dur de l'équipe ayant été conservé, le succès inaugural face à Splyce n'était pas spécialement surprenant. Contre toute attente, en revanche, Martin « Rekkles » Larsson et les siens ne sont pas venus à bout de joueurs H2K enterrés un peu trop hâtivement, et ce malgré un début de partie impeccable, gâchés par quelques décisions douteuses en milieu de partie.

Vitality, leader inattendu

Sans faire figure d’épouvantail à la veille de la reprise, les hommes de Jakob « YamatoCannon » Mebdi pouvaient compter sur des habitudes bien huilées ; en effet, la structure française n’a conservé que son toplaner Lucas « Cabochard » Simon-Meslet pour s’attacher les services de quatre anciens membres des Giants, qui avaient d’ailleurs permis à l’écurie espagnole de revenir en LCS après un passage en Challenger Series. Et grâce à un Daniele « Jiizuke » di Mauro en grande forme sur la voie du milieu – premier joueur italien de l’histoire des LCS – tout comme son tireur Amadeu « Minitroupax » Carvalho, Vitality a pu se débarrasser des jeunes recrues de H2K, puis de Giants, justement, au terme d’un match serré.

Jiizuke_Vitality_EULCS_SpringSplit_2018

Premier joueur italien à participer aux LCS, Jiizuke a fait forte impression lors de son premier match face à H2K. Saura-t-il garder le cap ?

La qualité des individualités de l’équipe a rapidement conduit le public à revoir à la hausse les chances de Vitality de jouer les trouble-fêtes au sommet du classement. Bien entendu, cette première semaine réussie est très encourageante, mais il serait largement prématuré de juger une équipe après si peu de temps, surtout lorsqu’elle bénéficie d’une synergie préexistante. Bonne nouvelle : deux grosses rencontres face à Fnatic puis Misfits attendent Erberk « Gilius » Demir et les siens ce weekend. L’occasion de montrer qu’ils peuvent rivaliser avec le haut du panier.

En parallèle, l'une des équipes attendues au tournant cette année n'a pour l'instant pas réussi à trouver d'alchimie malgré des individualités mieux connues dont les qualités ont déjà été démontrées au plus haut niveau : Splyce. Durant leur première partie, seul Yasin « Nisqy » Dinçer est parvenu à poser des problèmes à Fnatic, grâce à un Ryze particulièrement puissant dans la méta actuelle. Une défaite somme toute logique, beaucoup plus attendue que les énormes difficultés rencontrées par l'équipe face à des Unicorns of Love en rodage le lendemain. Même si Splyce l'a emporté à une attaque près lors d'une course au Nexus improbable, la cohésion semble pour le moment manquer au groupe ; vaincre Roccat et Schalke 04 en semaine 2 pourrait permettre aux serpents de lancer leur saison.

H2K, la promesse de l’aube

Après la perte de tout son effectif et de son coach Neil « pr0lly » Hammad, H2K semblait être la grande perdante du mercato hivernal. En s’attachant les services de trois joueurs d’expérience mais sans hauts faits à leur actif, accompagnés par le jeune et prometteur Patrik « Sheriff » Jírů sur la voie du bas, l’organisation misait a priori sur le long terme, dans une situation où participer aux play-offs serait déjà une victoire. Au lieu de ça, les successeurs de Andrei « Odoamne » Pascu et consors ont scalpé Fnatic dès la deuxième journée de compétition, avec une composition d’équipe originale et fermement orientée vers la fin de partie ; un choix risqué mais qui a fini par payer lorsque les orange et noir n’ont pas réussi à achever leurs adversaires à temps.

Sheriff_H2K_EULCS_SpringSplit_2018

Déjà impressionnant face à Fnatic, Sheriff pourrait bien devenir le meilleur "Rookie" de ce segment printanier.

Cette performance trouve peut-être ses racines en coulisses. Outre un effectif complètement remanié, l’encadrement a aussi vu son lot de nouvelles têtes arriver ; et parmi elles, Kelsey Moser, rédactrice et analyste dont le sérieux et l’expertise ont été maintes fois salués par ses pairs. Désormais au service d'une structure sur laquelle elle a écrit à de multiples reprises, Kelsey bénéficie notamment d’une connaissance immense de la scène compétitive, toutes régions confondues. Son expérience et son large champ de vision pourraient offrir à l’effectif H2K un temps d’avance sur le reste de l’Europe, souvent suffisant pour aller chercher des points en Bo1. Il y a en tout cas fort à parier que son aide sera précieuse pour cette équipe prometteuse.

Le bilan de cette première semaine de compétition met donc en lumière un niveau pour l'instant homogène, situation qui devrait subsister encore quelques temps, jusqu'à ce qu'un peloton de tête parvienne à se détacher par ses individualités ou sa compréhension stratégique plus profonde que celle de la concurrence. Les structures en difficulté ont tout de même montré des choses intéressantes, et le retour à un format en Bo1 laisse la porte ouverte à de nombreuses surprises.

Et vous, quelle équipe vous a fait la plus forte impression lors de ces premiers matches ? Quel joueur vous a semblé le plus à l'aise sur la Faille de l'Invocateur ?