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Ce qu'il fallait retenir du Mondial 2018

Samedi dernier, la formation chinoise d’Invictus Gaming s’est imposée 3 à 0 en finale du Championnat du monde de la saison 8 contre les Européens de Fnatic. Déjà considéré par beaucoup comme le Mondial le plus passionnant de l’histoire de League of Legends, cette édition 2018 aura été marquée par son imprévisibilité. Il est désormais l’heure d’en faire le bilan.

CLOUD9, LE MODELE AMERICAIN

Comme en 2016 et 2017, l’irréductible formation de Nicolaj « Jensen » Jensen et Zachary « Sneaky » Scuderi a été la seule représentante de l’Amérique du Nord à sortir de son groupe, jouant une nouvelle fois le rôle de l’arbre cachant la forêt. Car derrière la première formation des LCS NA à atteindre les demi-finales depuis 2011, le bilan de Team Liquid et de 100 Thieves fait pâle figure. Désormais, l’Amérique du Nord doit tirer les conséquences de cette première année de franchise et du succès de C9.

L’organisation de Jack Etienne a parfaitement saisi le potentiel de ce système, alliant joueurs d’expérience (Sneaky, Jensen, Svenskeren) à des rookies talentueux (Licorice, Zeyzal), passant de la dixième place des LCS NA durant l’été à demi-finaliste du mondial. Le futur de la ligue nord-américaine passera surement plus par le développement de ses jeunes joueurs que par la création de "super team" (Team Liquid, TSM), dont la réussite n’a jamais été flagrante (KT Rolster, Kingzone avec Peanut, Alliance …).

LA FIERTE EUROPEENNE

Que ce soit à travers Fnatic, G2 Esports et dans une moindre mesure Team Vitality, le Vieux continent a rayonné dans ce Mondial. Seule région à avoir deux représentants en demi-finale, les LCS EU n’étaient toutefois pas assez fortes pour lutter contre l’ouragan Invictus. Mais peut-on en vouloir à nos représentants ?

La structure française Team Vitality a lutté jusqu’au bout pour sa qualification dans le groupe B, faisant tomber le favori chinois Royal Never Give Up et le champion en titre Gen.G, avec cinq joueurs qui découvraient la compétition, dont trois qui disputaient leur première saison au plus haut niveau. Quant à G2, qui a connu un été difficile en franchissant péniblement les obstacles sur sa route (FC Schalke 04, le Play-in, Flash Wolves en poule), le collectif nous a finalement offert une rencontre mythique contre RNG, privant Uzi et ses coéquipiers de sacre. Enfin Fnatic, à l’image de Cloud9, a misé sur la formation de ses jeunes joueurs (Bwipo était un rookie, Caps et Broxah ne disputaient que leur deuxième saison) et a survolé les LCS EU puis son Mondial. Mais en finale, elle a retrouvé son dauphin du groupe D qui n’a cessé de s’améliorer au fil du tournoi, devenant une sorte de version améliorée de Fnatic. Dans une méta où les lignes solo étaient capitales, avoir TheShy et Rookie, les meilleurs joueurs du monde à leur poste, était un avantage trop important. Si le résultat peut au final paraître sévère, Invictus Gaming semblait intouchable samedi matin. Et au final, nous ne pouvons qu’être fiers du parcours de nos équipes.

 

L'ECHEC HISTORIQUE DE LA COREE

Depuis 2013 et le couronnement de SK Telecom T1, la Corée du Sud a outrageusement dominé la scène mondiale, à l’exception du Mid Season Invitational de 2015. Chaque saison, la principale interrogation était de savoir si cette hégémonie prendrait fin ou s’il faudrait encore attendre avant de voir mourir le roi. Et c’est cette année, sur ses terres, que la LCK a chuté.

gengmondial

2018 restera donc comme une année noire pour le Pays du Matin calme, avec le Mondial comme point d’orgue. Après les échecs au MSI, au Rift Rivals puis aux Asian Games, la Corée du Sud aurait dû voir venir sa chute, et pourtant. Entre la débâcle totale des champions du monde en titre de Gen.G durant la phase de groupe et les (très) mauvaises performances d’Afreeca Freecs et de KT Rolster en quart de finale, la Corée n’aura pas su éviter le mur vers lequel elle se dirigeait. Reste à savoir désormais si la ligue parviendra à se remettre de cet échec monumental. Comme pour C9 et Fnatic, c’est peut-être à travers la nouvelle génération incarnée par Griffin et DAMWON Gaming que le salut de la LCK passera.

INVICTUS GAMING, NOUVEAU ROI DU MONDE

2018 devait être l’année de la Chine (et d’Uzi), mais c’est finalement par le biais d’Invictus Gaming que la LPL a remporté son premier titre de champion du monde. Si la domination chinoise sur la compétition ne s’est pas réellement fait ressentir, EDG et RNG étant éliminées dès les quarts de finale par Fnatic et G2, celle d’IG a été incontestable.

Après deux défaites contre les champions d’Europe en phase de poule, la formation de Eui-jin « Rookie » Song est passée proche de réaliser des Play-offs parfaits. En effet, il n’a manqué à l’équipe qu’une auto-attaque de la Fiora de Seung-Iok « TheShy » Kang près sur le Nexus de KT Rolster pour remporter tous ces matchs 3 à 0. Mené par les deux meilleurs sololaners du monde, Invictus a parfaitement su exploiter la meta où les flex picks avaient la part belle, pour imposer son jeu agressif de domination de ligne. Avec la montée en puissance fulgurante de son jungler Zhen-Ning « Ning » Gao, IG est devenue une machine qu’aucune équipe n’a été capable d’arrêter. À noter qu’en plus d’être la première organisation chinoise à remporter la Coupe de l’Invocateur, Wen-Bo « JackeyLove » Yu est devenu champion du monde dès sa première saison compétitive à 17 ans, tandis que Ho-seong « Duke » Lee est le premier joueur de l’histoire à être couronné avec deux formations différentes.

 

ROOKIE AU SOMMET

Parti de Corée fin 2014 après un titre de champion avec KT Rolster Arrows, le « nouveau Faker » aura attendu quatre ans pour remporter son premier titre majeur sous les couleurs d’Invictus Gaming. Quatre longues années faites de déception (Worlds 2015, finale de la LPL du segment d’été 2018) durant lesquelles le joueur n’a cessé de prouver son amour pour sa patrie d’adoption. Quatre années passées loin de la lumière, dans l’ombre de son rival puis dans celle d’Uzi.

 

Mais au cours de ce Mondial, le midlaner coréen a enfin récupéré le titre qui lui revenait depuis plusieurs mois déjà, celui de meilleur joueur du monde. Mécaniquement irréprochable et laner d’exception (+17,8 sbires tués à 15 minutes que son vis à vis en moyenne, +516 golds en moyenne au même moment), Rookie a tout simplement écrasé toute forme de concurrence. Que ce soit Woo-hyeon « Ucal » Son, Luka « Perkz » Perković ou bien Rasmus « Caps » Winther, pourtant les meilleurs à leur position dans le tournoi, aucun n’a été capable de tenir tête au génie coréen.

 

Je suis très reconnaissant que les gens me comparent à Faker, mais je pense qu’il me reste encore un long chemin à parcourir pour me rapprocher de Faker.

Rookie

Seul point d’ombre à cette performance, l’absence de Sang-hyeok « Faker » Lee, incapable de défendre son rang. Car même si Rookie n’estime pas avoir atteint le niveau de son aîné, ses performances durant la compétition sont comparables à celles de Faker. Espérons que les deux joueurs se retrouveront sur la Faille la saison prochaine pour déterminer qui mérite le titre honorifique.

UNE META PERMISSIVE

Avec 89 champions différents sélectionnés ou bannis, soit plus de 63% des personnages du jeu, ces mondiaux resteront comme ceux où la meta aura été la plus ouverte. Comme nous vous en parlions dans notre bilan de la phase de poule, cela a permis aux équipes de développer leurs propres styles, même si finalement les formations qui ont obtenu les meilleurs résultats ont été celles qui ont compté sur des sololaners très forts. On notera qu’Aatrox terminera la compétition avec “seulement” 99% de présence, soit une seule absence durant une phase de draft, la deuxième entre KT Rolster et Invictus Gaming en quart de finale. L’Épée des Darkin a terminé la compétition avec un taux de victoire de 55%.

À lire aussi : Les questions que l’on se pose avant les quarts de finales

 

LA FORMATION RECOMPENSEE

Sujet évoqué à plusieurs reprises au cours de cet article, de nombreux rookies ont réalisé d’excellentes performances dans ce Mondial. Il est intéressant de noter que dans le carré final, seul G2 Esports évoluait sans joueur débutant. Que ce soit IG (JackeyLove), Fnatic (Bwipo), Cloud9 (Licorice, Zeyzal, Blaber), et même KT Rolster (Ucal) ou bien encore EDward Gaming (Haro), toutes ces équipes ont misé sur de jeunes talents pour en arriver où elles étaient. On pourrait également citer Team Vitality et ses trois rookies (Jiizuke, Attila et Jactroll), qui sont passés proche d’une qualification.

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La capacité des structures à former leurs propres joueurs semble donc être une composante importante pour espérer réussir au plus haut niveau. Et alors que les LCS EU s’apprêtent à adopter le partenariat à long terme, on ne peut qu’espérer que cela inspirera les différentes organisations et que l’on en retrouvera certaines à Paris, pour la finale du mondial 2019 !