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Open Tour France

L'heure du bilan

L’Open Tour est maintenant terminé. Ce circuit, qui a remplacé le Challenge France cette année avec un format très différent, a permis à de nombreuses équipes alors inconnues de se qualifier aux différentes LAN. Ces évènements ont été une occasion pour les compétiteurs de traverser le pays, de rencontrer leurs fans, mais aussi de progresser au fur et à mesure de la saison. Lors de la Valenciennes Gamers Arena, nous avons pris le temps d’interroger les joueurs, les entraîneurs et les managers pour en apprendre plus sur leur expérience et leur ressenti.

UN NOUVEAU FORMAT

Le format de l’Open Tour est bien différent de celui du Challenge France, qui fonctionnait comme une ligue et où 6 équipes s’affrontaient durant plusieurs mois. C’est notamment l’introduction des qualifiers qui a retenu l’attention de Fabrice « Damon » Demeyer, l’entraîneur assistant de Bastille Legacy, une organisation qui n’aurait probablement jamais vu le jour sans ce nouveau format. Il explique : « Tout le monde peut s’y inscrire et ainsi avoir une chance d’aller en LAN alors qu’ils n’auraient pas eu les moyens normalement. ça permet à des nouvelles structures de se faire connaître. »  En effet, un des objectifs des qualifiers était de terminer dans le Top 8 et ainsi se voir défrayé pour participer aux étapes physiques. 

 

 
bastille

Bastille Legacy est une jeune structure qui a vu le jour en début septembre, peu avant l'ESWC où elle a perdu contre Gentside (@ElliotfromParis).

Pour les vétérans de la scène française, c’est surtout la présence des différentes LAN qui a été une des clés de la réussite du circuit. Léo « Lounet » Maurice, manager de Team-LDLC, semble fier de déclarer : « L’Open Tour France est la seule ligue européenne avec ce genre de format, composée de plusieurs LAN au cours de l’année. Je pense que c’est une bonne chose. »  À côté de lui, le support Amaury « Moopz » Minguerche ajoute : « C’est vrai que c’était une bonne idée. En plus, le fait d’avoir d’avoir des points pour se qualifier en EU Masters à chaque LAN, un objectif en plus du cash prize (N.D.L.R. : prix en espèces) apporte une motivation supplémentaire. »  En effet, pour ceux qui ont accumulé le plus de points, l’Open Tour est l’occasion de représenter la France lors des European Masters, et d’affronter les meilleures équipes des différents pays européens.

Parmi les joueurs présents, certains s’attachent à des choses bien plus triviales. Par exemple, le support de ROG Esport, Solal « Enjawve » Accary, a fait ses premiers pas sur la scène compétitive lors de la Valenciennes Gamers Arena. Quelque peu timide, mais toutefois excité, il raconte sous le regard amusé de ses coéquipiers : « Je suis un peu un fan de ce genre d’évènements parce que je vois les célébrités que j’ai toujours suivies sur Twitch. Je suis presque là plus en tant que spectateur qu’en tant que joueur. »

Parmi les participants de l’Open Tour, et bien que la compétition soit une ligue nationale française, il y a également des joueurs de diverses origines. Chez Gentside par exemple, le jungler Nikola « xani » Zrinjski est croate, bien qu’il soit difficile de le deviner tant il parle un anglais impeccable. Pour lui, le tournoi est une bonne occasion de faire du tourisme : « Avoir plusieurs étapes importantes au cours de l’année au lieu d’un système de ligue est vraiment amusant, car on a l’occasion de visiter différentes villes et de rencontrer des joueurs. »

UNE OCCASION DE SE SURPASSER

L’Open Tour a poussé les équipes à progresser et à donner le maximum d’elles-mêmes. Pour Brian « Bando » Ferrando, joueur de ROG Esport, les LAN ont été une motivation supplémentaire pour se surpasser : « Il y a beaucoup de pression et d’enjeu concentrés autour d’un week-end complet. On doit tout donner pour avancer dans la compétition. »  Il n’est pas le seul toplaner à partager cette opinion. Arthur « Brosak » Lesueur, qui joue pour Gentside, est très enthousiaste lorsqu’il ressasse sa saison : « C’était une expérience dingue au niveau humain, on a vécu de super bons moments. Les LAN sont très intenses, la pression nous a forgé, nous a entraîné à rester concentrés sur de longues journées. »  En effet, même pour les compétiteurs les plus expérimentés, il existe toujours une marge de progression. À ses côtés, xani complète les propos de son coéquipier : « L’Open Tour nous a enseigné à jouer sur scène. Au début du circuit, nous n’étions pas à l’aise face à cette pression, mais nous avons eu l’occasion d’y jouer à plusieurs reprises et aujourd’hui nous avons l’habitude. »

 
xani

Le fait de jouer face à un public est un exercice très différent des phases de jeu en ligne, et il est certain que le parcours de Gentside au cours de l’Open Tour a aidé (@ElliotfromParis).

C’est en affrontant les meilleurs que l’on progresse, mais il est également possible d’apprendre à leurs côtés. Damon, qui travaillait avec Konix eSport avant de rejoindre Bastille Legacy, est admiratif lorsqu’il parle de l’entraîneur principal de son équipe actuelle, GotoOne. Il explique : « L’Open Tour m’a permis d’intégrer une équipe professionnelle en tant que coach, d’apprendre avec un coach plus expérimenté que moi et de progresser. »  Comme dit l'adage, Rome ne s’est pas faite en un jour, et il en va de même pour une carrière. Stephane « Hyôrai » Stouf, le support de Supremacy, en est bien conscient. Il semble toutefois assez fier de ce qu’il a appris au cours de cette saison : « L’Open tour m’a apporté de l’expérience, m’a permis de me faire connaître. »  Bien que le circuit n’ait pas été sa première expérience en milieu compétitif, il ne cache pas sa soif de succès :  « J’ai fait mes débuts sur LoL avec le Challenge France et cette année a été la suite directe. Maintenant, l’objectif c’est de tout casser l’année prochaine. »

Au cours des différentes étapes de l’Open Tour, chaque joueur a eu l’occasion de se surpasser. Toutefois, c’est finalement Vitality Academy qui s’est imposée après une finale disputée contre Gamers Origin (voir le résumé). Désormais, la scène française sera très différente, avec l’introduction de la LFL pour les huit meilleures équipes en 2019. Ce nouveau format devrait permettre aux joueurs qui désirent se professionnaliser de passer au niveau supérieur, tandis que l’Open Tour (dans une autre forme) continuera d’exister pour permettre aux jeunes talents de se développer.