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LCS

Bjergsen et Jensen : au-delà des rivalités

La semaine passée, les studios de Berlin ont accueilli la première édition du Rift Rivals. La rivalité EU vs NA a été mise en lumière une fois de plus et cette fois-ci, la balance a penché en faveur de l’Amérique du Nord qui remporte le titre grâce au sang froid de la Team SoloMid. Au sein de tous ces combats, la voie du milieu était au centre des attentions et de ce côté-là, on peut dire en quelque sorte que c’est une victoire pour l’Europe. Sur les trois midlaners présents pour l’Amérique du Nord, deux sont d’origine européenne : Nicolaj « Jensen » Jensen et Søren « Bjergsen » Bjerg défendaient ici l’honneur des équipes NA et au fil des ans, ces deux joueurs se sont illustrés comme étant les meilleurs de leur région. Retour sur la rivalité entre ces deux joueurs d’exception.

Il y a quelques années, L’Europe a vu naître deux jeunes joueurs très talentueux, tous deux originaires du Danemark. Bjergsen a débuté chez Copenhagen Wolves pour rejoindre Ninjas in Pyjamas par la suite. Tandis qu’Incarnation, qui répond aujourd’hui au nom de Jensen, officiait en tant que coach au sein de la structure allemande SK Gaming. Après quelques années au sein des LCS Europe, c’est vers de nouvelles aventures de l’autre côté de l’Atlantique que les deux midlaners ont choisi de partir et poursuivre leur carrière.

NA > EU? Mais joueurs de l’Ouest avant tout 

À l'occasion du Rift Rivals, c’est au sein des équipes Cloud9 et Team SoloMid, deux écuries américaines de renom, que ces jeunes hommes sont venus affronter leur ancienne maison. Pour Bjergsen, ce bref retour en Europe n’est pas perçu comme une trahison : « je n’ai pas la sensation d’être du mauvais côté, je pense avant tout que l’Ouest continue son combat pour surpasser les équipes asiatiques donc je ne me sens pas réellement comme un traître, je suis autant européen qu’américain donc quoi qu’il advienne, ici, je suis gagnant ». Côté Jensen, on prend la situation avec beaucoup d’humour et c’est avec un immense sourire aux lèvres que le joueur a expliqué sa position : « honnêtement, ça ne me brise pas le cœur d’affronter l’Europe mais c’est vrai que c’est très étrange. Évidemment, j’apprécie beaucoup de jouer contre les équipes européennes, les midlaners en particulier qui sont des joueurs excellents, ce Rift Rivals était une expérience très drôle ».

Perkz and Jensen during rift rivals

Jensen était très heureux de se mesurer aux midlaners européens, en particulier Luka «Perkz» Perkovic pour qui il a beaucoup d'estime

Au sein de la région américaine, Bjergsen et Jensen ont bâti la réputation des joueurs danois. Si la route a été plus tortueuse pour Nicolaj, Søren est quant à lui parvenu à rester au sommet avec TSM. Lorsqu'on lui demande la recette de son succès, il n’hésite pas à dire que « ce qu’il faut, c’est rester humble et ne rien tenir pour acquis. Quand je suis arrivé aux États-Unis, j’ai eu un sursaut d’ego parce que j’arrivais à gagner et porter mon équipe facilement. On m’appelait « le prochain Faker » et quand on est jeune, ça peut facilement vous monter à la tête ». Étant conscient des risques, il a rapidement adopté la bonne attitude : « je me suis mis en tête que je n’étais pas le meilleur joueur et que je ne pouvais pas me permettre d’être trop prétentieux et vaniteux, je pourrais toujours et je devrais toujours faire mieux pour mon équipe ».

À contrario, Nicolaj n’a pas toujours été un modèle quand on parle d’attitude. Après avoir passé de longues années à combattre des problèmes de toxicité, le joueur change de nom fin 2015 et laisse « Incarnation » reposer avec ses anciens démons. Jensen devient un équipier exemplaire et parvient à sublimer son jeu et atteindre les cieux auprès de Cloud9.

Aujourd’hui, ces deux joueurs sont considérés comme étant les meilleurs de leur région à leur poste. Plus largement, ils figurent parmi les meilleurs compétiteurs des LCS. Bjergsen explique que « plus je rencontre de midlaners en compétition, plus je réalise que Jensen et moi sommes les meilleurs midlaners de l’Ouest ». Il n’est donc pas étonnant de voir s’installer une rivalité quand ils s’affrontent et de ce côté-là, la balance penche définitivement en faveur de Bjergsen ! Depuis que Jensen est aux commandes de la voie du milieu pour Cloud9, ils se sont rencontrés à trois reprises en finale de segment, et à chaque fois, Jensen s’est incliné devant son vis-à-vis. Même si pour l’instant Søren l’emporte, il garde néanmoins en tête le fait que Nicolaj est son plus grand compétiteur sur la voie du milieu. « C’est l’adversaire dont j’apprends le plus et celui que je préfère battre, car à mes yeux, c’est un adversaire redoutable », dit-il.

Redorer le blason des LCS NA

Bjergsen shaking hands avter victory

Victorieux aux Rift Rivals, Bjergsen reste conscient que l'Europe gagnera en puissance d'ici le championnat du monde

Au fil des ans, la région nord-américaine s’est construite une assez mauvaise réputation. Les pauvres performances fournies à l'international couplées aux actions et décisions parfois discutables de certaines équipes en circuit LCS ont engendré des comportements moqueurs de la part de la communauté. Pour Jensen et Bjergsen, la compétition Rift Rivals a aidé dans ce sens en plusieurs points. D’un côté, le midlaner de Cloud9 raconte que « le RR est aussi une étape nécessaire pour que les équipes américaines s’améliorent ». La récente victoire de Team SoloMid et les performances des équipes américaines de façon générale ont remonté le moral des troupes et annoncent de beaux jours pour la suite. Bjergsen explique que « nous n’avons que quelques occasions par saison pour nous mesurer aux équipes internationales donc oui, le Rift Rivals est un bon entraînement, et je suis heureux que nous ayons remporté la compétition. Malgré tout, il faudra maintenir ces efforts plus tard aux Worlds »

À ses yeux, la victoire place l’amérique du nord sur un pied d’égalité avec l’Europe, cependant, Bjergsen reste conscient que le passif des équipes américaines est lourd à effacer « mais c’est un pas dans la bonne direction » dit-il. Durant ces quelques jours à Berlin, les joueurs ont appris des tendances européennes, même si nos équipes LCS n’ont pas forcément montré leur meilleur visage. Bjergsen raconte que « même si ce n’était pas leur meilleure performance, les équipes européennes sont capables d’apporter une grande variété de champions, et c’est quelque chose que nous devons maîtriser aussi, ici c’est ce que nous avons tenté et ça a plutôt bien fonctionné pour nous ».

En jouant contre les équipes européennes, on apprend beaucoup de leur méta et cela pourra nous aider à l’international par la suite contre les équipes asiatiques.

Nicolaj « Jensen » Jensen

Au bout du tunnel, c’est toujours la même lueur, l’éternel espoir de pouvoir tenir la distance face aux équipes coréennes et chinoises. ​Pour les deux joueurs, l’Europe aura le temps de s’ajuster d’ici les championnats du monde mais « il faudra que les équipes se montrent respectueuses, car sans ça, nous les battrons certainement », affirme le midlaner de TSM. Pour l’instant, les équipes NA présentes à Berlin ont fait leur retour à Los Angeles et se préparent pour la suite du segment d’été. 

Avec les yeux rivés sur le championnat du monde en Chine, les deux danois et leurs équipes vont travailler d’arrache-pied pour arriver à leur meilleur niveau en octobre prochain. Jensen souhaite « devenir plus constant et me prouver que j’ai ce qu’il faut pour devenir le meilleur » tandis que Bjergsen souhaite convertir son expérience du Rift Rivals le mieux possible pour aider à hisser TSM au rang des meilleurs. La course pour le championnat du monde s'accélère et Cloud9 comme TSM caressent une fois de plus le haut du classement. 

Les deux joueurs s’affronteront-ils une fois de plus en finale ? Que peut-on attendre des équipes américaines pour le reste de la saison ?