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ACTUALITÉ

Casters, des voix au service des fans

On les connaît sous les pseudos de Noi, Gardoum et Gloponus. Ils sont tous trois commentateurs de League of Legends. Enfin, pour être plus précis, ils sont « casters ». Un mot bien particulier derrière lequel se cachent des missions essentielles à la diffusion de l’e-sport. À travers leurs différents parcours, nous nous sommes plongés au cœur de cette profession passionnante, afin d’en comprendre les rouages.

Le jour où tout a commencé

Charles Lapassat, que vous connaissez sous le pseudo « Noi », a été l’un des tous premiers à s’essayer au cast de League of Legends. Avec son fameux compagnon Fabien « Chips » Culié, il est « tombé dedans un peu par hasard ». Des amis avaient commencé sur Starcraft 2, alors Chips et Noi se sont essayés à l’exercice sur LoL. Ça se passait sur YouTube, en vidéo. « Je me souviens qu’à la toute première interview qu’on a donnée, on disait que le format live ne nous intéressait pas et que YouTube c’était beaucoup plus sympa. Aujourd’hui, si je dois donner la date de la dernière vidéo qu’on a mis en ligne, ça doit remonter à 6 mois, alors que le live c’est tous les jours », rigole Noi. On a vérifié, ça fait plutôt 13 mois ! « Ça prouve bien qu’on ne s’attendait pas à commenter de l’e-sport LoL pendant… 8 ans maintenant », commente-t-il en se rendant compte que le temps passe vite.

Noi et TekTek

Noi et TekTek

Contrairement à lui, Christian « Gardoum » Defortescu et Gloponus sont passés par la case streamer, mettant en avant leur bon niveau de jeu : « En saison 3, j’étais Diamant 1 avec 99 LP, ce qui représentait le top 300 en Europe », affirme Gardoum. De son côté, Gloponus est « monté assez haut en Diamant » et « surfait souvent avec le Diamant 1 ». « Mais je ne suis jamais passé Master », avoue-t-il humblement. Ça lui a suffi à se faire recruter pour animer la web TV *aAa*. « Ça c’était fait grâce à mes viewers. C’est incroyable comment se font les rencontres dans ce milieu, raconte Gloponus, enjoué. Un soir, on m’a appelé parce qu’il fallait commenter un match de l’équipe *aAa*. C’était un truc que je n’avais jamais fait, mais j’avais une très grosse connaissance du jeu. J’ai donc remplacé un caster au pied levé. »

« En 2014-2015 je vivais de mes streams, de mes VODs et du coaching, explique Gardoum. J’ai été repéré par AsterZ, qui gérait la Virtual Lan et qui m’a dit : "Gardoum, j’aimerais bien t’avoir comme commentateur à la LAN". Qu’à cela ne tienne, j’y vais. Ça a été mon premier cast, directement en LAN ! »

Cette première expérience a marqué les deux hommes. « C’était vachement sympa mais très différent de mes streams et vidéos en solo », nous confie Gardoum. Pour Glopo (c’est son petit surnom), « c’était hyper facile, il y a plein de choses que j’ai faites hyper naturellement, et même s’il y avait évidemment des choses à améliorer, j’étais vraiment à l’aise dès le début. Ça a été un coup de cœur. »

Voyage en terre inconnue

Aujourd’hui, le métier de caster est reconnu. On sait que l’on peut faire carrière. Mais au début de la décennie, c’était beaucoup moins évident ! « Quand on a commencé, la PGW n’existait pas encore. On était au Festival du jeu vidéo pour Pomf et Thud. Quand ils ont demandé combien c’était payé, les responsables de l’évènement ont répondu  "comment ça ? Vous ne faites pas ça gratuitement par passion ?". On a dit "non, on ramène du public, on anime le show, ça a un prix", raconte Noi. Quand on a commencé, les commentateurs ne touchaient pas d’argent, en tout cas en France. Quand on voit où on en est maintenant… c’est ce qu’on dit, une année e-sport c’est une année chien : le temps passe beaucoup plus vite. »

À ce moment, il était difficile de se projeter loin dans le temps et d’imaginer une véritable carrière dans le milieu. « À la base, le projet de travailler dans l’e-sport pour moi, c’est plutôt un projet de fin d’étude, de transition, parce que je ne savais pas trop vers quoi me réorienter, témoigne-t-il. Je n’aimais pas ce que je faisais : du droit et de la gestion. Je suis tombé sur l’audiovisuel et je me suis dit que tant qu’à faire, autant en faire dans le jeu vidéo, puisqu’avec notre groupe de potes, on était en train de créer O’Gaming. Et finalement, je suis resté plus longtemps que prévu. »

Next level

La mise en place des League of Legends Championship Series, les fameux LCS, a été un moment clé pour le métier. Avant 2013, « on se greffait aux tournois ESL, IEM, ESWC, Paris Games Week, Lyon e-Sport… mais ce n’était pas très structuré, décrypte Noi. Pour les droits de diffusion c’était à la bonne franquette. Puis les LCS sont arrivés. Ça s'est stabilisé, un agenda s'est créé. Tout à coup, ce n’était plus quelques compét’ qui venaient se greffer sur une programmation League of Legends – divertissement. Ça passait en chaîne e-sport avec divertissement, avec l’e-sport qui remplit 60 %, 70 %, 80 % de ta grille sur certains moments avec les super-weeks etc. Même si on commentait déjà depuis longtemps, qu’on avait fait Kings of Europe et Tales of the Lane avec de grosses audiences (ndlr : un tournoi en ligne et un tournoi au Casino de Paris, organisés par OG), le vrai métier de commentateur sur la durée, c’était les LCS. Tout s’est structuré autour. »

Gardoum au MSI 2018

Gardoum au MSI 2018 (Crédit : Noki - O'Gaming)

Après le Mondial 2015, qui est resté deux semaines à Paris, O’Gaming organise une campagne de recrutement pour étoffer son équipe de casters. « Je vois l’annonce sur Facebook, je postule, je passe les auditions et je suis pris, confie Gardoum, tout comme Krok et Duke. » Cette nouvelle génération doit faire ses armes. La première difficulté rencontrée par Gardoum a été de partager le temps de parole avec quelqu’un : « Ce qui a été très particulier pour moi, c’était de savoir quoi dire et quoi ne pas dire quand on est deux face à la caméra. » Lui qui a l’habitude de parler en continu pour décrire, expliquer, analyser, se retrouve à devoir « laisser du temps de parole au co-caster pour que lui aussi puisse dire des choses. » C’est l’aspect qu’il a dû le plus travailler.

Le deuxième obstacle qu’il a dû contourner était son manque de connaissances de la scène compétitive. « J’ai regardé quelques compétitions des saisons 2 et 3. Et c’est à peu près tout. Je ne suis pas du genre à me poser chez moi et à regarder une compétition, je n’ai jamais aimé ça, avoue-t-il. Ce que j’aime c’est être acteur : caster, faire les VODs, jouer, streamer, mais regarder je déteste ça. Ça peut sembler étrange, mais je suis comme ça. » Les connaissances sont « venues avec l’expérience et avec les retours des gens et de tes co-casteurs. C’est à partir de ça que tu vois comment évoluer ».

« C’est en castant que je suis devenu forgeron »

Gardoum

Pour son premier cast, Gloponus était tranquillement installé chez lui et communiquait sur un serveur vocal, mais sa performance a été remarquée par les responsables de *aAa* : « Ils ont commencé à m’envoyer dans quasiment toutes les LAN françaises. Je me suis mis à caster énormément sur la scène FR, à faire énormément de déplacements. » Cependant, l’organisation était artisanale. « On faisait tout nous-même : les assets, les changements de scène, les overlays, la pub autour du stream, toute la prod et on commentait en même temps, mais il y avait toujours des membres aAa pour nous épauler, ils ont été adorables et je leur transmet toute mon amitié. Ça a duré presque 2 ans. »

Un cadre qui l’a aidé à apprendre le métier : « Ça a été très formateur de caster dans des conditions pas forcément évidentes. C’était un baptême du feu ! J’écoutais beaucoup les retours que l’on me faisait. Et je réécoutais les replays de mes casts pour voir les moments où fallait mettre plus de jus, les moments où il fallait en mettre moins, les moments où il fallait mieux partager le temps de parole avec le co-casteur… J’ai un côté un peu perfectionniste : j’aime bien chercher ce que je peux améliorer. » Il était alors fin prêt quand, à l’aube de l’année 2018, O’Gaming a lancé une nouvelle campagne de recrutement pour répondre à l’augmentation du nombre de compétitions à couvrir et pour pallier les départ de Duke et de Zaboutine, qui ont tour à tour lâché le micro-casque pour se concentrer sur le coaching. « J’ai envoyé un pilote d’un de mes casts, je suis allé faire un essai chez O’Gaming et ça a démarré comme ça », explique Gloponus.

Le métier

« On a un rôle de pédagogue très important, estime Gardoum, qui voit une vraie différence entre caster et commentateur sportif. Au foot par exemple, les mécaniques sont simples : on comprend bien que si l’on frappe dans une balle, elle avance. Le problème c’est que dans les jeux vidéo, tu peux avoir du mal à comprendre ce que tu vois. Nous, on doit être là pour satisfaire les plus expérimentés, sans rebuter les débutants. » Un constat que ne partage pas totalement Noi, qui voit « beaucoup de points communs avec le métier de commentateur sportif », mais qui note que l’évolution constante du jeu est une différence cruciale : « Un caster doit en permanence étudier les changements de meta, de patch etc. S’il arrête de commenter des compétitions pendant un mois, au-delà de ce qu’il aura manqué dans le circuit compétitif, il y a des risques que ce ne soit plus du tout le même jeu à son retour. »

Gloponus, caster nouvelle génération

Gloponus, caster nouvelle génération

On identifie deux rôles principaux dans le métier de caster. Il y a tout d’abord celui qu’on appelle « play-by-play », pour « action par action ». Son rôle est de commenter en direct ce qui se passe à l’écran et de donner de la vie pendant les affrontements, en se concentrant sur l’action importante. À ses côtés, on trouve un « color caster », qui joue plus un rôle d’analyste en revenant notamment sur les éléments clés d’une action : pourquoi en est-on arrivé à cette issue ? En quoi le duel que vient de mener Faker est-il vraiment impressionnant ? « En France, tout se fait à la sauce O’Gaming : les deux sont confondus. La politique est de savoir tout faire. Je trouve que c’est une très bonne école. C’est la plus enrichissante », commente Gloponus.

À la sauce OG

« Là où un caster du stream anglais doit préparer un Bo, on doit préparer 8 à 15 matchs sur 3 ligues différentes, constate Noi, qui connaît bien la problématique puisqu’il fait partie des cadres. Avec le nombre de matchs couverts sur O’Gaming, la diversité des ligues, tu es obligé d’être polyvalent. Tu ne peux pas être analyste, et même les intervenants qui sont un peu plus analystes finissent par faire du play-by-play s’ils commentent de manière régulière, parce que ça les fera marrer et parce qu’ils seront un peu obligés de temps en temps. Pour les gros events comme les finales LCS à l’AccorHotel Arena, on fait du tri-cast. Et là on définit davantage les rôles : il y a vraiment un analyste, un pur play-by-play et un host qui fait la jonction entre les deux. Et là c’est beaucoup plus fragmenté. On n’a qu’un bo à commenter et on peut être 10 casters. Donc on peut réfléchir et s'entraîner. Ce qu’on n’a pas le loisir de faire en saison régulière. »

Mais cette situation a l’avantage d’offrir plus de flexibilité : « On n’est pas le cast officiel international que tout le monde va regarder et qui est forcément obligé d’être un peu plus neutre, un peu plus froid, même si je pense qu’ils ont beaucoup changé sur ce point en ajoutant du troll, etc. », indique Noi, qui en a discuté avec les principaux intéressés. « Nous, quand on est en évènement, on commente d’abord pour la salle et après pour le stream. Mais eux, ils ne peuvent pas faire ça. Ils ne peuvent pas arriver en France et commenter pour les Français. Déjà parce qu’ils parlent anglais, et parce qu’il y a beaucoup plus de gens qui vont les suivre ailleurs. On a un peu cette liberté de ton du fait qu’on est un partenaire broadcast. » Une liberté qui a laissé place à des moments extraordinaires, comme le fameux « This is Sparta », pour ne citer que lui. On peut donc ajouter la catégorie « chauffeur de salle » au profil des casters ! Noi reconnaît que ce style peut ne pas convenir à tout le monde : « Il y en a qui n’aimeront pas, et je peux très bien les comprendre. »

O'Gaming sait faire vibrer la foule. Ici au MSI 2018.

O'Gaming sait faire vibrer la foule. Ici au MSI 2018.

Cette liberté permet aussi de ne pas toujours être totalement impartial : « Je trouve ça bien d’être chauvin. On est le stream français, alors quand il y a des Français, des Européens, on les soutient. Ça se voit aux audiences, les gens sont d’abord intéressés par leur région. Voir leur région réussir. Et nous aussi, parce que ce sont les joueurs dont on est les plus proches ! On les connaît. Pour certains, on a l’habitude de discuter avec eux. Donc sentimentalement, on est proche d’eux. Quand Fnatic joue contre KT Rolster, par exemple, je vais commenter plus du côté de Fnatic, parce que c’est ce que le public veut entendre et que je pense que d’être un peu chauvin ça aide au storytelling, ça met de l’affect, ça rapproche un peu. Ça serait dommage de s’en priver. » Il rappelle tout de même que « la limite c’est de ne jamais dénigrer une équipe » et qu’il « ne faut pas tomber dans l’excès. Si Fnatic joue mal, on dit qu’on est déçu, même si l’équipe est en finale. Il ne faut pas non plus êtes aveugle. »

Caster, un fan au service des fans

Être caster c’est avoir le privilège d’être le lien entre le jeu, les joueurs pros et les spectateurs. C’est une position à haute responsabilité, mais qui reste un gros kiff. Spectateur avant tout, Noi aime « les beaux matchs, les bonnes équipes » et a « parfois un peu de mal à être enthousiaste pour des matchs de bas de tableau. »

Ce qui fait vibrer Gardoum, c’est « l’aspect technique : pourquoi ce joueur fait ça à ce moment ? Qu’est-ce que ça implique ? Que ce soit en termes de micro plays : "lui a un CD (délai de récupération d’une compétence, ndlr) de 3 s sur ce sort, du coup ça laisse un timing de 2 s à l’autre pour prendre l’agression", ou en termes de stratégie plus globale. » Alors, cette saison, quand tout a été chamboulé et que Ornn, Vladimir et Yasuo se sont incrustés sur la voie du bas, il a été servi : « J’étais l’homme le plus heureux du monde au début du summer split. Je trouve ça exceptionnel quand tu as une semaine pour comprendre le jeu. C’est le moment où les coachs sont essentiels. J’aime quand tout change, quand tout bouge, quand tu dois comprendre plus vite que tout le monde pour pouvoir l’expliquer aux autres. C’est le côté apprentissage. J’adore apprendre. »

Un caster reste un fan avant tout.

Un caster reste un fan avant tout.

En revanche, ne demandez pas à Gloponus de faire un choix : « Le play-by-play tu cries, tu ambiances, tu essayes d’aller le plus vite possible, c’est le rap god. J’adore. Mais quand tu fais une belle analyse sur un aspect subtil, que ce soit la macro ou la draft, quelque chose qui n’a pas été perçu par la majorité du public et que tu l’expliques de manière très pédagogique, c’est aussi extrêmement gratifiant. Si je devais choisir entre les deux, ce serait cornélien. Je n’y parviendrais pas ! »

Souvenirs de scène

Il arrive régulièrement que des évènements du circuit officiel soient organisés en France. En 2013, Lille a accueilli une étape itinérante des LCS ; en 2014 le tournoi All-Star s’est invité à Paris ; en 2015 c’est la phase de groupes du Mondial qui a eu lieu dans la capitale ; en 2017 la finale des LCS EU a eu lieu devant plus de 17 000 personnes à l’AccorHotels Arena et en 2018, le Mid-Season Invitational a investi le Zénith de la Villette. « Forcément, ce que je préfère, c’est l’event live, le côté show » s’exprime Noi, qui ne manque pas d’anecdotes sur chacun de ces évènements.

Par exemple, en 2017, à la finale des LCS : « Ce qui était marrant c’est que là où j’ai commencé l’intro, c’était à l’opposé du bureau de cast dans la salle. Je commence à la caméra les 5 premières secondes, puis tout en continuant mon intro je dois rejoindre le bureau. Mais il y a les joueurs qui rentrent sur scène avec une armée de photographes et de caméramans qui passent partout, donc tu évites un caméraman qui court, tu passes sous un câble, sous une grue, c’est le parcours du combattant ! Tu arrives et pendant que tu finis ton intro il y a trois mecs qui t’épongent parce que tu es en nage, qui te retirent ta veste, ton micro, qui t’équipent et au moment pile où je suis équipé, ça commence. Si on regarde la rediffusion, je ne parle quasiment pas des 5 premières minutes parce que je suis en train de reprendre mon souffle après avoir couru. Mais quand tu réécoutes le truc, c’est un énorme kiff. C’est le meilleur moment. »

Cette année, Gardoum a fait son premier gros évènement : le MSI au Zénith de Paris. Il se souvient du moment où il a appris que c’était son tour : « C’est Noi qui m’a appelé pour me dire qu’OG allait proposer à Riot que je caste le MSI. Plus que d’être content, j’avais enfin l’impression d’avoir bossé pour quelque chose. Quand j’ai commencé en 2016, je n’ai pas été retenu pour caster au Bellushi’s. Je me suis alors dit "ok, je n’y suis pas, mais je vais tout donner pour devenir un caster tellement bon qu’au bout d’un moment on sera obligé de me prendre pour ces évènements." Sur le coup, tu es dégoûté, énervé, tu te remets en question, mais ce n’est pas grave, tu te donnes encore plus. »

« Annoncer l’entrée des joueurs, c’est un peu une consécration. C’est vraiment le moment de pression. Une fois que tu as passé ça, tu as l’impression que tout va être facile. »

Noi

Et ça valait le coup d’attendre. Gardoum parle d’un « accomplissement ». « Un évènement dans une grande salle comme le Zénith, c’est quasiment le boss final du cast. C’est super valorisant de se dire que j’ai pu faire ça une fois dans ma vie. » Même s’il n’était pas particulièrement inquiet : « Le stress est venu au moment du décompte des 10 secondes. C’est là que je me suis dit : "ah, ça y est", juste avant que ça se lance », il a quand même été impressionné : « C’est très flippant : tu regardes la caméra, puis 2 secondes après tu tournes la tête à gauche tu vois ta tête sur un écran géant, puis quand tu tournes la tête à droite tu vois 6000 personnes. »

De son côté, Gloponus devra certainement être très patient pour avoir une telle occasion, mais il en rêve déjà : « Ce serait un gigantesque kiff. Ce serait un accomplissement. Je me le souhaite ! »

Gardoum et Gloponus commentent souvent l'Open Tour France ensemble

Gardoum et Gloponus commentent souvent l'Open Tour France ensemble

Dans l'Hexagone

Il n’y pas que les énormes salles et les compétitions internationales qui font vibrer les casters. Leur quotidien est aussi rythmé par la scène française. C’est par là que la plupart des casters font leurs armes. « Quand je suis arrivé chez O’Gaming en 2016, il y avait les Underdogs. Ça faisait à peine 1000 viewers, ce n’était pas très développé et ça n’intéressait pas trop les anciens casters, se souvient Gardoum. Je me suis dit que si ça ne les intéressait pas, j’allais me mettre à fond dessus, parce que je me suis dit que ça serait étonnant que ça ne se développe pas. J’ai mis ma bille dessus. »

Gloponus avait déjà écumé les LAN, mais il fait ses débuts pro à la Lyon e-Sport 2018, la première étape physique de l’Open Tour France. « C’était une LAN de malade, avec une finale de psychopathe. D’un point de vue LoL, c’était monstrueux et j’ai pu rencontrer énormément de monde sur place. Des gens très sympas. » Il est très attaché à cette scène : « il y a tout un storytelling qui a une saveur différente, parce qu’il y a beaucoup de proximité. Il y a beaucoup de talent, de drama, de choses très marantes. Rien que Lunary qui a dépassé Solary sur le dernier tournoi de qualif en ligne, en jouant pour le fun avec des compos troll. Il y a une infinité d’anecdotes comme ça sur la scène française ! »

Qu’ils commentent au niveau local ou à l’international, d’un studio ou d’une salle de concert mythique, qu’ils aient commencé il y a presque 10 ans ou quelques années seulement, les casters ont un rôle aussi important que gratifiant. Mais c’est un métier qui est très exigeant : il faut beaucoup pratiquer et savoir persévérer.