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CHALLENGE FRANCE

Jhin, le virtuose du Challenge France 2017

Ce début d’année 2017 a été marqué par un Challenge France plus relevé que jamais. Pendant des semaines, 6 équipes ont donné tout ce qu’elles avaient pour tenter d’accéder au titre tant convoité de champion de France. Pendant les 45 parties disputées, un champion a été plus sollicité que les autres. Il s’agit de Jhin.

Vous savez compter jusque quatre ? Tant mieux, parce que c’est sur ce chiffre que Jhin base son arsenal. Débarqué sur la Faille il y a un an et un mois, ce tireur atypique a rapidement su s’imposer comme l’un des tous meilleurs de League of Legends. Contrairement à ces homologues, il n’est pas doué pour mitrailler. Son truc à lui c’est l’art. L’art de tirer la bonne balle, au bon moment. Il est très méticuleux, toujours à la recherche de la bonne fenêtre de tir et prêt à dégainer pour propulser sa quatrième balle, dévastatrice, entre les deux oreilles d’un adversaire. Aussi lent dans ses déplacements que dans sa cadence de tir, Jhin est très sensible aux charges adverses. Heureusement, son fusil est si puissant qu’il peut propulser des balles plus loin que Caitlyn n’aurais pu l’imaginer. De quoi lui permettre de se tenir à distance du danger et rendre jalouse le shérif de Piltover par la même occasion. Mais contrairement à cette dernière, Jhin doit s’assurer d’avoir bien ajusté sa lunette s’il veut atteindre sa cible. Quand il y arrive, il peut faire disparaître une cible à plus de 39 Teemo de distance ! On comprend pourquoi il mérite son titre de virtuose. 

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« Voici venir le temps des rires et du sang »

Le passif de Jhin est la base de son style de jeu. Il ne fait pas que le limiter à une cadence de tir lente et constante, mais modifie également la façon dont le virtuose interagit avec les statistiques de base. La vitesse d’attaque ainsi que les chances de coup critiques que lui procurent objets, runes ou enchantements sont convertis en dégâts d’attaques bonus. C’est pourquoi il est courant de croiser un Jhin avec plus de 700 points de dégâts, un montant que les autres champions ne peuvent atteindre et qui lui permet de ne pas se faire distancer par ses concurrents. De plus, si ses coups critiques n’infligent que 50% de dégâts supplémentaires contrairement à 100% pour tout autre champion classique, ils lui procurent un bon bonus de vitesse de déplacement qui lui permet de se replacer ou de poursuivre ses proies. Un atout majeur pour un champion dépourvu de mobilité. En outre, ce passif s’assure que la dernière balle de ses chargeurs soit forcément un coup critique et la modifie pour qu’elle inflige également des dégâts supplémentaires en fonction des PV manquants de sa victime. Quoi de mieux pour achever un adversaire et avoir fait le plus gros coup critique de la partie ? Une fois encore, Caitlyn peut être jalouse.

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La première compétence de Jhin lui permet de tirer même quand son fusil est déchargé. Comme Graves peut jeter une grenade, Jhin peut cibler un adversaire et lui lancer une bombe qui rebondit jusqu’à… eh bien quatre fois pardi ! Idéal pour gérer l’élimination des sbires et éventuellement surprendre un adversaire qui voulait faire un câlin à ses sbires. Si le virtuose porte bien son nom, il peut réaliser l’acte parfait : ôter la vie à trois sbires avec les premiers rebonds de la bombe dansante, qui aura donc beaucoup de dégâts supplémentaires, et lui faire finir sa course directement dans les jambes d’un champion ennemi. Un coup de maître qui nécessite une inspiration de génie. 

« 1, 2, 3, BOOOOM ! ». C’est un peu ce que tout spectateur se dit quand un Jhin déclenche son arme ultime, le Rappel de rideau (R). Mieux vaut savoir compter pour voir venir la dernière balle, souvent fatale. Mais au-delà des dégâts de cette compétence, le ralentissement que les projectiles appliquent est l’une des raisons principales du succès de Jhin. Couplée à la possible immobilisation à très (très) longue distance de son Z Préfiguration, cette capacité d’entrave amène une dimension utilitaire au kit du virtuose. Un atout dont les équipes du Challenge France ont raffolé puisqu’il permet, avec un peu de coordination, d’attraper un joueur qui se sentait loin de tout danger.

Cette séquence en est l’illustration parfaite. Alors que Targamas, support de Gamers Origin, se sentait en sécurité et s’occupait de détruire une balise de contrôle, P1noy a utilisé les compétences de Jhin pour l’agresser tout en l’empêchant de s’enfuir trop facilement. Norskeren en a profité pour se rapprocher, mettre ses sorts très facilement et laisser la dernière balle de P1noy venir à bout de leur cible.

 

Un Jhin tonique en compétition

En le sélectionnant à 36 reprises sur les 45 parties disputées, les invocateurs du Challenge France lui ont accordé une confiance aveugle. Bien que les résultats puissent paraître décevant (42% de parties gagnées seulement pour le champion le plus invoqué), ils ne remettent pas en cause la supériorité du champion. Toutes les équipes l’ont joué, qu’elles aient connu un grand succès ou de nombreuses défaites, ce qui explique ce taux de victoire assez bas. Les deux équipes finalistes, LDLC et Millenium, l’ont invoqué respectivement 6 et 4 fois et ont connu seulement une défaite chacune. Si LDLC Crowniee s’impose avec le plus gros ratio tués/morts/assistances avec son magnifique 11,9 contre 5,6 pour M P1noy, ce dernier a infligé des dégâts bien plus élevés que ses adversaires : 27 765 dégâts aux champions par partie contre 17 443 en moyenne.

Cette omniprésence de Jhin résulte de plusieurs paramètres. Tout d’abord, depuis le patch 6.15, les échanges de voie en début de partie ont totalement disparu du milieu compétitif. La tourelle extérieure de la voie du bas n’étant plus protégée alors que les autres le sont pendant 5 minutes, il n’est plus possible de faire la course à la première tourelle sans accuser de gros retard. La conséquence directe est que l’affrontement sur la voie du bas est plus féroce. Exit les longs moments à taper des sbires et à tranquillement économiser pour sa Lame d’infini et son objet à base de Zèle. Il faut être rapidement dans le bain et efficace avec peu d’objets. Et bonne nouvelle, la létalité a fait son apparition ! Cette nouvelle formule de la pénétration d’amure ayant été revue à la hausse et des objets ayant été modifiés ou même créés spécialement pour l’occasion (coucou le Manteau de la nuit), les champions qui en profitaient le plus ont été avantagés.

Pour dominer le 2 contre 2, les Alistar et autres champions de mêlés très résistants qui étaient très utiles lors de l’époque des échanges de voies très fréquents ont cédé du terrain à des Zyra, Karma et autres Malzahar, bien plus à même de mettre de la pression et de répondre aux coups sans se laisser dominer. Étant donné que ces supports possèdent de très bons dégâts, les tireurs ont été soulagés de ce poids et les contrôles de foule ont tout de suite été très intéressants. Si le carry AD peut travailler de concert avec son support pour lui permettre d’exploiter à fond son kit, c’est parfait. Pour ces raisons, Jhin et ses compères sont devenus les tireurs les plus sollicités, jusqu’à en devenir les champions que l’on voit le plus au Challenge France, Varus étant juste derrière Jhin avec 33 apparitions (et 9 bannissements, pour une présence totale de 93%). Pour rajouter une couche, tandis que la maîtrise fondamentale Soif de sang du guerrier subissait quelques modifications pour altérer sa puissance et que le fonctionnement de la Ferveur du combat était revu, le Toucher de feu mortel demeurait intouché. Or le ratio lié aux dégâts physiques était de 0,6. Autrement dit, 60% des dégâts d’attaque étaient pris en compte dans l’ajout de dégâts supplémentaires des compétences. 60% des plus de 700 d’AD d’un Jhin en fin de partie, ça fait combien ? Beaucoup.

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Les tireurs qui ont participé à cette édition du Challenge France l’ont tous compris, Jhin était une pièce maîtresse du jeu en cette période. Son style diffère beaucoup des tireurs avec lesquels ces joueurs ont appris à jouer à League of Legends, mais chacun d’entre eux s’est adapté et entraîné à viser, à se positionner et à analyser le jeu d’une nouvelle façon. Comme le dit si bien Jhin lui-même, « Ce masque est une métaphore, un symbole ». Parce qu’après tout, la capacité d’adaptation est l’une des aptitudes les plus importantes pour ceux qui rêvent d’aller toujours plus loin, qui visent toujours plus haut et qui veulent devenir toujours plus fort.

Quel joueur vous a le plus impressionné aux commandes de Jhin ?