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Clément Laparra (Team Vitality) : "Le scénario est vraiment cruel"

Clément Laparra, le team manager de l’équipe League of Legends de Team Vitality, revient depuis Busan sur les championnats du monde de son équipe.

EN ARRIVANT DANS CE MONDIAL 2018, QUELS ETAIENT VOS OBJECTIFS ?

Clément Laparra : Nous avions tiré le groupe de la mort, avec Royal Never Give Up et Generation Gaming. Du coup, même si nous n'avions pas le sentiment d'affronter des équipes imbattables, nous étions condamnés à créer la surprise. Pour toute l'équipe, c'était le premier Mondial, tous les joueurs avaient conscience d'être des rookies et de venir pour engranger de l'expérience. L'objectif était donc de tout donner pour sortir du groupe, de jouer notre jeu et de n'avoir aucun regret.

AVEC UN SCORE DE 3-3, UNE VICTOIRE CONTRE RNG ET DEUX VICTOIRES CONTRE GEN.G, OBJECTIF ATTEINT ?

J'ai quelques regrets. Si nous avions pris 2-0 contre les deux favoris, cela aurait été logique et je l'aurais accepté plus facilement. Mais le scénario est vraiment cruel. Après les victoires contre RNG et Gen.G, j'y croyais à mort et l'équipe aussi. Au final, j'ai le sentiment que nous avons vraiment gâché la première partie contre Cloud9, nous l'avions en main et nous avons fait des erreurs évitables. Cloud9 a été très malin et a très bien drafté, ils ont sorti leur stratégie cachée avec Zilean sur la voie du milieu contre nous lors de la partie décisive et cela nous a surpris. C'est vraiment dommage pour nous, mais ils méritaient de se qualifier.

ON A EU L'IMPRESSION QUE L'EQUIPE A SU MONTER EN PUISSANCE TOUT AU LONG DE LA PHASE DE GROUPES ?

Le mois passé à Séoul à s’entraîner a fait énormément de bien à l'équipe. Nous avions déjà fait un bootcamp ici au printemps, entre les deux segments de LCS. Jouer en Corée du Sud ou en Europe, c'est le jour et la nuit. Mes joueurs de la voie du bas me disaient qu'ils ont plus appris en un mois ici qu'en une année à la maison. Sur le ladder coréen, tu joues tout le temps des joueurs de très haut niveau, il y a beaucoup d'équipes compétitives. Nous avons pu scrim contre presque toutes les équipes du Mondial, et quand tu affrontes tous les jours des équipes de ce niveau, tu progresses énormément.

A QUOI RESSEMBLAIT LA VIE DE L'EQUIPE DANS LA CAPITALE COREENNE ?

Beaucoup, beaucoup de poulet frit ! (rires) J'essaie toujours de pousser les joueurs à sortir, à faire de l'activité physique, mais ici, c'était beaucoup plus difficile. Les joueurs jouaient près de 15 heures par jour, ils avaient l'esprit focalisé sur la compétition, alors je leur laissais utiliser leur temps libre comme il le souhaitait. A titre personnel, j'ai adoré la vie nocturne séoulite que j'avais découvert lors d'une précédente visite. C'est peut-être la meilleure du monde !

clementlaparra

Crédits : Timo Verdeil

COMMENT S'ORGANISE T-ON POUR SCRIM AVEC DES EQUIPES ETRANGERES, AVEC LES RISQUES DE FUITES ENTRE EQUIPES DE MEME REGION ?

C'est un peu un mythe dans toutes les régions. Tout le monde pense que les équipes chinoises échangent des informations, que les Coréens échangent des informations. Donc j'imagine qu'ils se disent la même chose pour l'Europe ! J'ai quelques affinités avec les staffs européens, notamment Fnatic, mais on ne parle jamais des scrims qu'ils ont pu jouer. Malgré tout, tout le monde a besoin de s'entraîner donc les équipes se jouent quand même les unes les autres. Après c'est sûr, à trois semaines du début de la compétition, lorsqu'on joue Team Liquid en scrim, on est pas vraiment méfiant. Mais lorsque c'est à trois jours d'un match contre Cloud9, disons qu'on est plus prudent.

A TITRE PERSONNEL, COMMENT SE PREPARER AU MONDIAL EN TANT QUE TEAM MANAGER ? QUELLES DIFFERENCES AVEC L'EUROPE ?

Je m'attendais à avoir un rythme similaire à celui que j'ai à Berlin, avec dix heures pour régler deux-trois détails. Alors que pas du tout, bien qu'on ait eu qu'un match par jour sur la phase aller, c'était l'embouteillage au maquillage. Certains joueurs y restaient jusqu'à deux heures ! Ce qui laissait très peu de temps au coach, YamatoCannon, pour parler à l'équipe avant les matchs et aux joueurs pour se préparer mentalement avant la rencontre. Autre changement, à Berlin, il y a une petite pièce derrière la scène pour regarder les matchs. A Busan, cette salle était très loin des joueurs, il fallait tout le temps courir pour les rejoindre après les parties.

VOUS AVEZ ANNONCE RECEMMENT QUITTER VOS FONCTIONS LA SAISON PROCHAINE, TOUT EN RESTANT AU SEIN DE VITALITY.

Oui, c'était le deal qu'on avait depuis le début. Vitality voulait quelqu'un qui ne venait pas de l'e-sport. J'ai quitté mon emploi dans une entreprise de logiciels pour les rejoindre, et je devais occuper ce poste un an. Vitality est, comme beaucoup de structures d'e-sport, une petite famille qui a vite grandi, il fallait s'assurer que la greffe prenne. L'idée était que j'accompagne l'équipe pendant un an à Berlin, le temps de m'intégrer au staff, puis que je prenne d'autres responsabilités à la fin de la saison. Ma vie est à Paris, mais j'ai quitté une situation confortable pour m'investir pleinement dans l'e-sport. Je ne vais pas m'arrêter maintenant.

Merci à Clément Laparra d'avoir répondu à nos questions. Vous pouvez suivre son actualité sur Twitter