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mondiaux

Comment l'Europe est devenue la meilleure région du monde

Après des années passées dans l'ombre de la Corée et de la Chine, l'Europe est finalement de retour au sommet. Si Fnatic avait amorcé une révolution en 2018 grâce à une performance inédite depuis la saison 1 aux championnats du monde, l'année 2019 semble encore plus prometteuse. Jouant désormais à domicile, les équipes du Vieux-continent sont mieux positionnées que jamais pour remporter la Coupe de l'invocateur et prouver que l'Europe est à nouveau la meilleure région du monde.

Fnatic et G2 ouvrent la voie

 

Depuis que la Corée était implantée sérieusement sur League of Legends, elle n'avait cessé de dominer toutes les compétitions. De la saison 3 à la saison 7, le pays du matin calme n'avait perdu qu'un seul tournoi majeur, démontrant à chaque fois un écart important entre son niveau et celui du reste du monde. Toutefois, tout a changé en 2018.

Si les premiers signes de faiblesses ont débuté lors du MSI, durant lequel Royal Never Give Up avait battu KINGZONE DragonX, c'est réellement aux championnats du monde que l'hégémonie coréenne a été brisée. Deux équipes européennes en particulier ont pu mettre en lumière un fait qui a été déterminant dans l'évolution de la région : Fnatic et G2 Esports.

Finalement, aucune des deux n'a eu à affronter une équipe coréenne en BO5, puisque ces dernières ont été éliminées avant de les rencontrer, et c'est finalement Invictus Gaming qui a remporté le tournoi face à Fnatic. Mais ce mondial a prouvé que l'Europe n'avait plus à courber l'échine face aux équipes asiatiques. Lorsque G2 Esports a sorti les favoris du tournoi, RNG, et que Fnatic s'est rendu jusqu'en finale, c'est toute la scène compétitive de League of Legends qui a été chamboulée.

Malgré la défaite en finale, la performance incroyable de Fnatic aux Worlds 2018 a permis aux équipes européennes de se défaire de leur blocage.

Malgré la défaite en finale, la performance incroyable de Fnatic aux Worlds 2018 a permis aux équipes européennes de se défaire de leur blocage.

Là où par le passé, les équipes occidentales ont toujours essayé d'imiter la méta qui était imposée par la Corée et la Chine, G2 et Fnatic ont démontré qu'elles pouvaient aller loin en jouant leur propre style. Cette avancée spectaculaire a permis à l'Europe de se débarrasser d'un stigmate qui lui collait jusque là à la peau : la copie ne vaut jamais l'original. Et de cette leçon est née une équipe qui a amené le LEC jusqu'au toit du monde.

 

Une « super team » pour les gouverner toutes

 

Après la défaite amère de Fnatic en finale des Championnats du monde, Rasmus « Caps » Winther a quitté l'équipe avec laquelle il évoluait pour rejoindre leurs concurrents direct. Cette alliance inattendue a mené à la création d'une des rares « super teams » à avoir réellement fonctionné à la hauteur des attentes : G2 Esports.

Pourtant, il y avait matière à douter en observant de près cette nouvelle formation. Avec le changement de rôle de Luka « Perkz » Perković, l'ajout de Mihael « Mikyx » Mehle et de Caps, beaucoup de questions ont suivi l'annonce de ce nouveau roster : Perkz va-t-il être un bon ADC ? Cette équipe va-t-elle fonctionner avec des carrys à toutes les positions ? G2 Esports répondra à toutes ces interrogations en dominant l'Europe durant toute l'année 2019.

L'évolution de la scène européenne est flagrante lorsque l'on regarde la différence entre le segment de printemps, où G2 n'a subi aucune résistance en playoffs, et celui d'été qui a été bien plus compétitif.

L'évolution de la scène européenne est flagrante lorsque l'on regarde la différence entre le segment de printemps, où G2 n'a subi aucune résistance en playoffs, et celui d'été qui a été bien plus compétitif.

Outre ses deux victoires en LEC, l'écurie européenne a également réussi un exploit encore inédit en remportant le MSI 2019. Libérée de l'obsession qui poussait jusque là les équipes occidentales à copier l'Asie, G2 a développé son propre style de jeu, très agressif et concentré sur un milieu de partie décisif. Grâce au talent incontestable des joueurs et à sa façon unique de manoeuvrer sur la carte, elle a pu prouver que le Vieux-continent était désormais l’une des meilleures régions du monde.

Durant l'année 2019, son style s'est également propagé sur toute la scène européenne, forçant les autres formations à s'adapter pour survivre. Grâce à son succès incroyable, G2 Esports a réellement tiré sa concurrence vers le haut, amenant des équipes comme Origen et Fnatic à adopter davantage de « flex picks » et à perfectionner leur début et leur milieu de partie. Pour tenir tête à une équipe aussi flexible, il faut être prêt à innover, et c'est pourquoi le LEC est désormais une des ligues les plus variées et compétitives du monde.

 

La relève est arrivée

 

L'année 2019 marque également un véritable renouveau de la scène européenne, avec beaucoup de rookies qui ont rejoint la ligue pour remplacer des vétérans qui n'avaient plus forcément leur niveau d'antan. S'il semble logique de penser que l'arrivée soudaine d'une nouvelle génération risquait de heurter le niveau global de la ligue, il n'en fut rien.

Grâce à un environnement à haut ELO très compétitif sur le serveur EUW, mais surtout à d'excellentes infrastructures de développement de talents, la relève est assurée. Les ligues nationales qui permettent aux organisations d'investir dans de nouveaux joueurs, suivies par les EU Masters qui donnent de la visibilité aux équipes inconnues, tous ces facteurs ont permis un renouveau qui était le bienvenu.

Rogue Esports Club, qui a remporté l'Ultraliga (ligue polonaise) au printemps, a par la suite rejoint le LEC et s'est qualifiée jusqu'en playoffs avec 3 rookies.

Rogue Esports Club, qui a remporté l'Ultraliga (ligue polonaise) au printemps, a par la suite rejoint le LEC et s'est qualifiée jusqu'en playoffs avec 3 rookies.

Beaucoup de jeunes joueurs ont marqué la ligue en 2019 : Nemesis, Selfmade, Humanoid, Larssen, Inspired, et bien d'autres. S'il faut généralement attendre une ou deux années en ligue majeure avant de voir le niveau réel d'un joueur, il semblerait que leur préparation préalable dans un circuit semi-professionnel leur a permis d'atteindre leur pic bien plus vite que prévu.

La particularité de cette nouvelle génération est qu'elle arrive à une période durant laquelle l'Europe peut définir la métagame. Contrairement à certains vétérans qui avaient abandonné l'idée de battre les équipes asiatiques et de soulever la coupe de l'invocateur un jour, ces jeunes joueurs ont soif de victoire, et vivent dans un monde où rien n'est impossible.

En 2011, Fnatic remportait la première coupe de l'invocateur à Jönköping, en Suède. Huit ans plus tard, l'Europe est plus forte que jamais et est prête à récupérer ce qu'elle n'a jamais pu atteindre depuis. Remporter une nouvelle fois les Championnats du monde, qui auront lieu à domicile, serait la consécration ultime. L'espoir d'une finale parisienne entre deux équipes du LEC est plus crédible que jamais.