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LCS

Dernière étape pour marquer l’histoire

Les LCS ont déjà cinq ans et vont bientôt couronner leur 10e champion d’Europe. Fnatic a décroché cinq trophées, Alliance en a soulevé un et, depuis 2016, c’est G2 Esports qui rafle tout. Cette fois encore, l’équipe fondée par l’illustre ocelote pourrait l’emporter et marquer l’histoire. Pour défier cette dynastie et imposer un quatrième logo sur le mur des champions, Misfits et son Français sont le dernier rempart. Que pouvons-nous attendre des finales à Paris ?

C’est dans l’esprit de chacun des dix joueurs. Qu’ils s’y voient déjà ou que, plus modestes, ils feignent ne pas encore y penser, dimanche sera désigné le prochain champion d’Europe. Le voyage, la découverte de la salle parisienne et de ses centaines de rangées de sièges encore vides qui accroissent la sensation de grandeur de l’édifice, les répétitions, le stress, l’attente en coulisses, la montée sur scène, la vue de la coupe, la ferveur du très réputé public. Puis le vide quand ils enfileront leurs casques et créeront une bulle autour d’eux pour ne plus penser qu’à la partie. Au bout du tunnel, la première équipe à avoir lu trois fois « victoire » sur son écran pourra exulter sous une pluie diluvienne de confettis et soulever la coupe à bout de bras.

Mais avant ce match capital, les déçus des demi-finales, Fnatic et H2K, devront sortir la tête de l’eau pour se disputer la troisième marche du podium. 

FNATIC contre H2K – Samedi 02 septembre à 17h

Jesiz au maquillage, un moment de calme où la pression monte

Jesiz au maquillage, un moment de calme où la pression monte

Déchu en demie par des Misfits conquérants et préparés, Fnatic était pourtant le favori des play-offs. Dispensée de quarts grâce à sa première place dans le groupe A, la structure londonienne avait affiché un état de forme inédit depuis 2015 : 11 rencontres victorieuses pour 2 malheureuses déconvenues en 10 semaines de compétition. Mais contre toute attente, Misfits n’en a fait qu’une bouchée. Un sévère 3 à 1 que peu de monde avait anticipé. 

Le premier adverse est dans le miroir

Cette désillusion est le résultat d’un collectif encore un peu fébrile, qui devait porter le poids d’un maillot au passé très glorieux et qui était incombé de la mission de lui redonner son éclat d’antan. Car si les excellents résultats de ces dernières semaines ont fait la démonstration du potentiel de Fnatic, ils ont parallèlement fait monter les attentes des très nombreux fans de l’écurie en noir et jaune. Fnatic pouvait enfin espérer récupérer sa couronne et — potentiellement — de belle manière, en la reprenant directement sur la tête du roi qui lui avait succédé. Une situation à double tranchant, car de telles attentes ajoutent une pression supplémentaire non négligeable. 

Non pas que Misfits ait volé la victoire, mais les Fnatic ont aussi perdu face à eux-mêmes. Les choix stratégiques étaient contestables, comme l’obsession pour le Cho’Gath top qui a laissé Paul « sOAZ » Boyer impuissant face à des apparitions incessantes de Nubar « Maxlore » Sarafian, tandis que son propre jungler, d’habitude si présent, a manqué d’intérêt pour la voie du haut. Aussi, après avoir trouvé la lumière dans la 3e manche, Fnatic a dégainé une compo Cho’Gath – Sejuani – Orianna – Jhin – Alistar qui manquait clairement de dégâts : à peine plus de 12 000 points de dégâts aux champions pour Orianna et Jhin, contre 23 000 et 21 000 pour leurs homologues. Le manque de concentration était également un problème dans cette rencontre, en témoigne l’absence de réaction de Rasmus « Caps » Winther quand Blitzcrank et Xayah sont venus à sa rencontre pour annuler son retour à la base pendant la 2e manche.

Les yeux portés vers l’avenir

Samedi, ils joueront un match avec moins d’enjeux que le précédent, mais qui ne manquera pas d’intérêt pour autant. Il leur faut se relever, prouver qu’ils ont encore des choses à montrer et qu’ils peuvent encore se qualifier au Mondial en remportant le tournoi de qualification régional. Pour ce faire, il faudra affronter sur la grande scène de l’AccorHotel Arena une équipe H2K qui arrive dans des dispositions similaires.

Après s’être hissés à la première place du groupe B, les H2K ont affronté G2 Esports en demi-finale et sont totalement passés à côté de leur match, s’inclinant sur le score cinglant de 0 à 3. Mais contrairement à Fnatic et en dépit des bons résultats récents, la défaite de H2K n’a pas surpris grand monde. Il faut dire qu’en 5 participations aux play-offs (sur 5 possibles), H2K n’a jamais atteint la finale. Ce palier semble résister à toutes les formations de la structure et cette fois n’a pas dérogé à la règle. 

Fabian « Febiven » Diepstraten a très largement perdu son duel fratricide avec Luka « PerkZ » Perković. Le Néerlandais n’a jamais retrouvé le niveau qu’il avait atteint en 2015, tandis que son homologue a déjà su rebondir plusieurs fois. Marcin « Jankos » Jankowski a été livide par rapport à son adversaire, Andrei « Odoamne » Pascu impuissant et le duo de la voie du bas a trouvé plus fort que lui, à l’image de Choi « Chei » Sun-ho, auteur de deux erreurs mécaniques flagrantes qui vous sont exposées dans la vidéo ci-contre. Il faudra rectifier de nombreux points pour espérer sauver l'honneur samedi.

Si l’on veut rassurer H2K, on peut rappeler que sur 4 participations à la petite finale, ils en ont remporté 3. Mais la seule défaite qu’ils ont connue était contre… Fnatic. Moins rassurant. Quoi qu’il en soit les deux adversaires sont dans une situation similaire puisqu’elles devront toutes deux se battre pour être la troisième équipe à représenter l’Europe en Chine. Mais n’omettons pas l’élément qui pourrait faire pencher la balance vers Fnatic : sOAZ recevra le soutient de milliers de personnes. 

MISFITS contre G2 ESPORTS – Dimanche 03 septembre à 17h

La finale ! Les minots de Misfits ont parcouru un chemin incroyable : des Challenger Series il y a moins d’un an aux LCS en ce début d’année 2017. Pour leur première participation en LCS au segment de printemps, ils ont réalisé une belle performance en se hissant en demi-finale. Cet été, ils sont allés plus loin en passant cette étape contre le favori Fnatic, qui les avait d’ailleurs privés de 3e place le segment dernier. En accédant à la finale, Misfits a également obtenu son billet pour le Mondial 2017 en Chine. En somme, le parcours est déjà exceptionnel puisque pour l’instant seul Origen a fait mieux en 2015.  Mais Misfits a l’occasion de frapper un gros coup. Misfits peut réussir là où Origen a échoué. Misfits peut remporter les LCS. 

Pour ce faire, il faudra battre le triple champion en titre. Or, si l’on peut avoir une certitude, c’est que G2 Esports ne compte pas se laisser faire. Le collectif, soudé depuis 1 an et demi, a pris son temps pour remonter la pente, mais semble revenu à un niveau suffisant pour défendre son titre. S’ils sont sacrés une quatrième fois consécutive, ils battront un record mondial et inscriront définitivement le logo des samouraïs dans la légende. 

Un Français pour les gouverner tous

Dans cette magnifique aventure qu’écrivent les lapins, il y en a un que nous connaissons bien puisqu’il a commencé sa carrière sur la scène française. Son nom est Steven « Hans Sama » Liv. Il est de l’aventure Misfits depuis le début et contribue grandement à son succès. Deux ans après avoir signé son premier contrat professionnel, il s’apprête à disputer une finale qui s’annonce déjà dantesque étant donné l’adversaire et l’enjeu, mais qui est d’autant plus excitante qu’elle aura lieu dans son pays, un petit jour après l’anniversaire de ses 18 ans. Une belle façon de fêter sa majorité, d’autant plus que le dernier à avoir eu l’honneur d’entendre la foule française chanter pour ses 18 ans n’est autre que… Sang-hyeok « Faker » Lee, lui-même. Faut-il y voir un signe prémonitoire ? L’avenir se chargera de répondre à cette interrogation.

Hans Sama, challenger à 14 ans, champion d'Europe à 18 ans ?

Hans Sama, challenger à 14 ans, champion d'Europe à 18 ans ?

En revanche, ce sera à Hans Sama de répondre lui-même à son adversaire du jour, qui n’est autre que Jesper « Zven » Svenningsen, la dernière machine à gagner que l’Europe a produite au poste de carry AD. Une source d’inspiration incomparable pour le Français qui rêve déjà d’affronter le joueur de SK Telecom T1 Jun-sik « Bang » Bae. Avant d’espérer se mesurer à la super star coréenne, il n’y a pas meilleur entraînement que Zven, qui a déjà croisé sa route en demi-finale du Mondial 2015 et en finale du MSI 2017. Toutes les étoiles sont alignées pour Hans Sama, qui a son destin entre ses mains. 

Ambition contre égo

Dans cette aventure, il ne sera pas seul et arrive même bien accompagné. Dong-geun « IgNar » Lee est surement le meilleur prétendant au titre de meilleur support des LCS EU face à Alfonso « mithy » Aguirre Rodríguez. Sa vision de jeu n’a d’égal que le nombre de champions qu’il sait jouer et vu les récentes performances de mithy, notamment sur Alistar lors de l’ultime manche du quart de finale, le duel devrait être palpitant.

On pensait que Sencux et Febiven pourraient mener la vie dure à Perkz, mais finalement c’est peut-être Tristan « PowerOfEvil » Schrage qui lui donnera le plus de fil à retordre. Excellent lors des deux précédentes étapes de ces play-offs, l’Allemand brille sur les mêmes champions que Perkz. Cassiopeia et surtout Orianna devraient être très disputés par les deux midlaners, d’autant plus que Perkz a placé une Onde de choc (R) incroyable sur 5 joueurs H2K en demi-finale. Mais les autres postes ne sont pas en reste. 

Qu’est-ce qui fera la différence ? La fraîcheur de Misfits aura-t-elle assez d’effet pour venir à bout de l’expérience d’une équipe G2 Esports qui a déjà surmonté beaucoup d’épreuves ? Les inconnues sont nombreuses à cette étape de la compétition, mais une chose est certaine, un bout d’histoire sera écrit dimanche et l’ambiance survoltée qui devrait régner dans l’Arena projettera cette finale dans une dimension encore jamais atteinte.

Soutiendrez-vous les lapins de Misfits ou les samouraïs de G2 Esports ?