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mondiaux

Direction des demi-finales historiques !

G2 Esports, Fnatic, Cloud9, Invictus Gaming. Difficile de croire que ce sont les quatre dernières équipes encore en lice. Et pourtant ! Ce week-end, deux demi-finales historiques vont se jouer. Voyons ce que cela peut donner !

Samedi 10 heures, G2 Esports vs Invictus Gaming : tueurs de favoris.

Après moult déceptions à l’international, G2 Esports se retrouve enfin en demi-finale des championnats du monde. Après le remaniement complet de l’équipe, peu de monde aurait misé sur Perkz et ses coéquipiers. Et pourtant. Les samouraïs ont remonté le tournoi de qualification régional, sont passés par le play-in, sont sortis de leur groupe pour la première fois au Mondial depuis 2016 et semblent partis pour ne pas s’arrêter de sitôt. Pourtant, l’équipe ne transpire pas la joie de vivre et l’excitation. Dans son interview avec Sjokz, juste après avoir battu Royal Never Give Up, l’ultra favori de la compétition qui a remporté deux fois la LPL cette année, battu le champion de LCK en finale du Mid-Season Invitational et régné sur le Rift Rivals, Perkz semblait résigné, peut-être parce que personne n’attend rien de G2 à l’international, comme si l’équipe n’avait pas atteint la finale du MSI 2017 et arraché une manche à SK telecom T1, plusieurs mois avant Misfits. C’est peut-être ce qui aide l’équipe à prendre les matchs un par un, sans se mettre trop de pression.

Sur la Faille, G2 Esports est potentiellement l’équipe qui a réussi à produire les matchs les plus propres. À l’ère des affrontements frontaux, des parties sanglantes et du manque de vision, l’équipe européenne serait peut-être la plus coréenne de toutes. On l’a constaté la première fois contre Flash Wolves, en phase de groupes. Wunder était sur la voie du bas et mettait une énorme pression avec Camille, Perkz forçait constamment quelqu’un à venir défendre sur le voie du haut, pendant que les trois autres joueurs restaient tranquillement sur la voie du milieu.

G2 Esports

En face, samedi, il y aura Invictus Gaming, 2e seed chinois. Une équipe qui menait le groupe D à la baguette, avant de se faire chiper la première place par Fnatic lors d’un match de barrage inopiné. Pourtant, ça ne lui a pas porté préjudice, puisqu’elle a éliminé KT Rolster, le seed 1 de LCK, qui semblait pourtant inébranlable en phase de groupes et qui était le grand favori avec RNG. Il a fallu 5 manches, c’était difficile mentalement, quand KT a sauvé sa peau alors que son Nexus était à deux attaques de base d’exploser dans la 3e partie. On l’a senti à la 5e manche, quand Rookie, le midlaner, a tout simplement oublié d’acheter un objet de départ… Mais IG a profité d’un KT fébrile, qui répétait les erreurs mécaniques individuelles et les erreurs de placement.

Le face-à-face entre G2 et IG va être intéressant. D’habitude, Perkz est le moteur de l’équipe. Il a été exceptionnel en quart, notamment sur LeBlanc et Aatrox. Mais face à lui, cette fois, ce sera Rookie, le midlaner le plus dominant de la compétition : 5,5 de KDA, 15 sbires d’avance à 10 min de jeu en moyenne, soit plus de 500 PO. Un adversaire qui sera sûrement bien plus difficile à perturber. Heureusement, l’équipe peut compter sur Hjarnan, la surprise de ce Mondial. L’élu qui amène l’équilibre dans la force. Contrairement à Zven, ce n’est pas un carry AD aux mécaniques implacables, capable d’être la grande star de l’équipe. Hjarnan est un anti-héros. Celui qui sait pertinemment qu’il ne brillera pas en suivant les sentiers battus. Il est systématiquement en retard sur sa voie (2e pire stats sur les 16 joueurs à ce poste au Mondial), mais de fait, il est habitué et il est très difficile de l’enfoncer. RNG et Uzi, les meilleurs sur ce côté de la carte, ont essayé et n’ont pas réussi. Alors ce devrait être difficile pour IG.

IG

Cependant, avec ces informations, la formation chinoise devrait pouvoir s’adapter et jouer autour des autres voies. Profiter d’un Rookie dominant, faire jouer TheShy, joueur plus agressif que Duke, pour ne pas laisser Wunder libre et compter sur Ning pour faire vriller Jankos, capable du meilleur… comme du pire. En termes de style, IG a les armes pour faire dérailler la recette G2. Mais les samouraïs ont Heimerdinger !

Les deux équipes ont une mission très importante : amener leur région en finale. L’Europe n’a jamais connu ça, la Chine n’en a qu’un lointain souvenir. Le chemin est dégagé de toute équipe coréenne. C’est le moment où jamais.

Dimanche 9 heures, Cloud9 vs Fnatic : bataille pour la terre du milieu.

Si avant le Mondial, quelqu’un avait parié que Cloud9 et Fnatic se retrouveraient face à face en demi-finale du Mondial, il aurait été traité, à raison, de fou. D’un côté, la structure nord-américaine sortait d’une saison relativement difficile, et sa prestation durant le Play-in n’a convaincu personne tant Sneaky et ses coéquipiers ont été bousculés, s’en remettant aux nombreuses erreurs adverses pour s’en sortir. Placée dans le groupe B de Royal Never Give Up, Gen.G et Team Vitality, Cloud9 avait peu d'espoirs au sujet d'une qualification pour les quarts. Pour Fnatic, si l'équipe a remporté récemment son deuxième titre de champion d’Europe de la saison, elle n'avait pas totalement convaincu non plus. 

Fnatic

Et pourtant ce dimanche, alors que l’on aurait pu attendre une rencontre entre Afreeca Freecs et EDward Gaming, ce sont bien les deux organisations occidentales qui s'affronteront sur la Faille, avec le quatuor danois dans le rôle principal.

En effet, la capacité à prendre la pression sur la voie du milieu, c’est-à-dire avoir son midlaner capable d’éliminer rapidement les vagues de sbires pour décaler avant son vis à vis, et donc par extension un duo mid/jungle dominant, sera le nerf de la guerre dans cette rencontre. Bien que cet aspect du jeu, central depuis plusieurs années, ait été un peu délaissé récemment au profit d’un jeu plus orienté autour du Carry AD (méta Encensoir ardent puis dans le sillage de RNG avec Uzi), il reprend ses droits depuis le début de ce Mondial : l’équipe qui a la priorité sur la voie du milieu prend, dès la sélection des champions, un réel avantage sur son adversaire.

Et la formation qui illustre le mieux cette dynamique n’est autre que Cloud9. Que ce soit durant la cinquième journée de la phase de groupe dédiée à sa poule ou contre Afreeca Freecs, les vices champions d’Amérique du Nord ont mis l’accent sur un duo mid/jungle très fort, avec des champions comme Leblanc ou Syndra pour Jensen, et Nocturne ou Xin Zhao pour Svenskeren. Résultat : C9 n’a perdu qu’une de ses sept dernières parties.

Quant à Fnatic, après avoir passé son été à évoluer autour de Caps, elle a dû s’adapter pour survivre. Opposé à Invictus Gaming et son midlaner coréen Rookie, probablement le meilleur dans le monde à l’heure actuelle, le collectif européen a accepté de concéder la pression au milieu pour pouvoir appuyer sur la voie du bas. Cette tactique a porté ses fruits puisque Fnatic a terminé à la première place de son groupe.

Licorice

Contre EDG, les choses ont été différentes. Dans la première partie, les champions d’Europe ont décidé d’appliquer un plan de jeu similaire, mais les concessions ont été trop nombreuses. La Elise de Broxah, bien mise à mal par une invade au niveau 1 de ses adversaires, s’est retrouvée dans un duel qu’elle ne pouvait remporter face à Xin Zhao. Haro a ainsi pu abuser de ses points de pression, notamment sur la voie du milieu, rendant la victoire relativement facile. Puis nos représentants se sont adaptés, adoptant à leur tour un duo central fort (Xin Zhao/Irelia, Xin Zhao/Yasuo, Nocturne/Leblanc) pour imposer leur rythme.

De plus, si les Européens ont eu plus de mal à se défaire de leur adversaire que les Américains, cela s’explique par la différence notable du niveau de jeu entre EDG et AF. D’un côté, l’équipe chinoise avait une idée assez claire de ce qu’elle voulait pour faire chuter Fnatic, à savoir la capacité d’engager les teamfights très tôt (Sion, Rakan, Galio, Kled) pour contrer la tendance des coéquipiers de Broxah à opter pour des personnages demandant du temps pour être efficaces (Swain, Ezreal, Sivir, Yasuo). De l’autre, les derniers représentants de la LCK semblaient ne pas réellement savoir comment aborder la méta, à l’image du Kassadin sélectionné contre LeBlanc. Si en théorie il s’agit bien d’un contre, dans la pratique il demande beaucoup de temps et condamne son équipe à subir la pression sur la voie du milieu. Et cela sans compter les nombreuses erreurs commises par les Coréens, de KurO à Tusin en passant par des décisions contestables et une incapacité à s’adapter à leur adversaire.

Les quatre joueurs danois de la rencontre, Svenskeren et Jensen pour Cloud9, Broxah et Caps pour Fnatic, seront donc la clé de la réussite de leur équipe. Avec deux styles relativement similaires, au contraire de l’autre demi-finale, cette rencontre promet d’être électrique, car en plus d’une place en finale, c’est la rivalité EU/NA qui sera en jeu. Si Cloud9 semble avoir une certaine longueur d’avance suite à ses dernières sorties, il ne faut pas oublier que Fnatic a affronté deux adversaires (Invictus Gaming et EDward Gaming) mieux préparés que ceux de C9. Et en cas de difficulté, la formation européenne possède toujours en réserve un certain sOAZ, habitué à être performant dans les matchs à enjeu. Vivement dimanche !