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LCS

Djoko, du Challenge France aux LCS

Djoko a très récemment soufflé ses 20 bougies, l’occasion parfaite de revenir sur le début de saison du joueur fraîchement débarqué en LCS. Nous nous sommes assis avec lui autour d’une part de gâteau. Recrutement, transition de Challenger Series à LCS, adaptation des champions, ambition, vous saurez tout sur le début de saison du jungler de Team Vitality.

La première fois que vous avez sûrement entendu parler de Charly « Djoko » Guillard devait être en 2015. Sous les couleurs des Frères du Purgatoire, Djoko a fait une entrée fracassante dans le paysage français. Après avoir remporté la toute première édition du Challenge France dont la finale se jouait en ouverture de la Lyon e-Sport #8, il a enchaîné avec la compétition lyonnaise dans la foulée. Un doublé historique qui a marqué les esprits. C’était la fin d’une ère et l’arrivée d’une nouvelle génération avide de résultats.

2 ans plus tard, Djoko évolue en LCS. Le rêve ultime de tout compétiteur, la ligue européenne au niveau le plus relevé. Recruté par Team Vitality, il n’était pourtant pas le premier choix de la structure, qui avait jeté son dévolu sur le Coréen Nam « LirA » Tae-yoo. Mais s’il n’a pas été la première personne à qui Vitality a pensé, Djoko ne se sent pas pour autant comme un choix par dépit. « J’étais le dernier à arriver chez Vitality. Il y a eu beaucoup d’essais au niveau des junglers, parce que l’équipe devait partir sur LirA, qui est finalement allé en LCS NA. Dans tous les cas, j’étais plus fort que lui » nous confie-t-il.

Une gueule d'ange, pourtant une âme de compétiteur

Une gueule d'ange, pourtant une âme de compétiteur

Bienvenue dans la cours des grands

Outre ses performances sur la scène française, Djoko avait déjà une expérience prometteuse en Challenger Series EU. Il avait réussi à s’y qualifier avec Millenium au début de l’année 2016, une première pour une équipe française. Qualifié à chaque fois aux play-offs, il s’était hissé en finale avant d’échouer face aux Misfits de son ancien coéquipier Steven « Hans Sama » Liv. Djoko avait alors l’espoir de se qualifier aux LCS mais s’est arrêté à la première étape du tournoi de promotion. Outre ces expériences, la structure Vitality avait un autre élément pour estimer la valeur de sa future recrue : le remplacement qu’il a effectué pour Unicorns of Love en janvier 2016. Pour une première apparition en LCS, il avait réussi à sortir son épingle du jeu et à proposer une prestation solide malgré son manque d’expérience avec l’équipe et la dimension si importante de son poste en termes de communication. Heureux hasard, Pierre « Steeelback » Medjaldi, qui était le carry AD des licornes à cette époque, a également était recruté par la structure à l’abeille, ce qui a joué en la faveur de Djoko comme il nous l’explique : « Vitality savait que j’avais le potentiel d’être fort, car Steeelback avait déjà joué avec moi chez UoL. Du coup, ils savaient que j’étais bon et que j’avais un bon état d’esprit ». 

LDLC vs Millenium, finale du Challenge France 2016 - Photo Flickr Eclypsia

LDLC vs Millenium, finale du Challenge France 2016 - Photo Flickr Eclypsia

Même si ce n’était pas l’objectif initial, l’équipe Vitality est principalement composée de joueurs français. Un confort non négligeable pour Djoko depuis son expatriation à Berlin, qui nous confirme qu’au « niveau de la communication c’est assez facile, même si en jeu [ils] ne parlent qu’en anglais. C’est sûr que de vivre avec des Français c’est toujours plus facile ». Mais loin d’avoir un début de saison au niveau des attentes des fans de l’Hexagone, l’équipe à l’abeille vacille avec 1 victoire seulement, pour 5 défaites. Actuellement à la 4e place sur 5 dans le groupe B, Djoko a pourtant bon espoir de se hisser à la 3e place et d’accéder aux play-offs. « À terme on aimerait obtenir une place pour le Mondial » surenchérit-il. 

Ses performances individuelles de ce début de saison n’ont pas toujours été à la hauteur du niveau auquel il nous avait habitués. Des maladresses mécaniques et quelques erreurs de jugement qu’il ne faisait pas quand il jouait les Challenger Series en ligne ou les événements nationaux sont apparues. « Effectivement, il y a une pression énorme. Avant j’étais un joueur qui ne ressentait pas le stress, que ce soit en CS ou au Challenge France. Mais une fois arrivé en LCS, j’ai vu qu’il y avait de plus gros poissons que moi » nous confirme le jungler. Nouvel environnement, nouveaux coéquipiers, nouvelle vie, de quoi déstabiliser. Heureusement, à en croire Djoko, les joueurs Vitality ne semblent pas s’être laissé abattre par leurs mauvais résultats. « Tout le monde se donne à fond et ça me donne envie de donner le meilleur », commence-t-il. « Évidemment, c’est difficile, mais avec la série que l’on vient de faire contre H2K, j’ai vu que j’étais un jungler de niveau LCS ». Lors de la 3e semaine, Vitality avait enfin remporté une partie, face à H2K. Bien qu’ils se soient inclinés au terme de la rencontre, Djoko et ses coéquipiers ont tenu la dragée haute à l'une des meilleures équipes d’Europe. Galvanisé par son encadrement et par l’état d’esprit de ses coéquipiers, il n’a rien lâché et s’épanouit de plus en plus dans son jeu.

Changement de méta, la sélection naturelle

Pourtant, un autre élément important semble l’avoir perturbé : l’évolution de la méta ! « J’ai dû changer ma base de champions, car je ne jouais pas Rengar. Nous livre-t-il. Le plus difficile pour moi c’était Kha’Zix, car c’est vraiment un champion très assassin, qui doit attendre dans la jungle, faire des embuscades et c’est un style de jeu que je n’affectionne pas particulièrement. Prendre l’habitude de tuer le jungler en 1 contre 1 a été dur, mais je m’en sors pas mal ». Son champion le plus joué est pourtant Olaf, qu’il est — presque — le seul à avoir invoqué en Europe. Un choix de confort qui reste efficace et lui permet une transition en douceur vers d’autres champions comme Ivern, très prisé des Européens. À son propos, Djoko déclare : « à la base, je me disais que jamais je ne le jouerais parce que c’est un champion de troll. Mais finalement c’est super fort ». On ne peut pas lui enlever que de prime abord, vu sa démarche, il est difficile de prendre Ivern au sérieux. L’un des principaux regrets de Djoko est la disparition de Gragas. Depuis que la compétence ultime a un temps de canalisation qui ne permet plus de l’enchaîner au corps-à-corps, Djoko estime qu’on ne le reverra pas de sitôt. « C’était la seule mécanique qui permettait que Gragas soit super fort. Moi qui étais un grand joueur de Gragas, forcément ça me prive du champion ». Un coup dur dont des joueurs comme Maurice « Amazingx » Stückenschneider ont également beaucoup souffert.

Le duo Cabochard - Djoko était très attendu des Français

Le duo Cabochard - Djoko était très attendu des Français

En Europe, de jeunes talents locaux comme Djoko ou Andrei « Xerxe » Dragomir essayent de se faire une place. Mais au poste de jungler, de nombreuses équipes préfèrent miser sur l'importation de joueurs coréens. « Là où les importations font le plus la différence, c’est au niveau de la jungle. Les junglers coréens sont très agressifs et leur expérience et la discipline de la LCK en font d’excellents joueurs » remarque Djoko. Une concurrence féroce face à laquelle il a une certaine responsabilité, celle de montrer que les Européens peuvent atteindre le même niveau. Parce qu’il en est convaincu, « il y a largement de quoi faire ici avec de très bons joueurs européens ».

Malgré un départ très compliqué pour Team Vitality, Djoko semble toujours croire en la possibilité d’arracher une place pour les play-offs. Mais le plus important, il est critique envers lui-même. « Je suis assez perfectionniste et tant que selon moi je n’aurai pas un meilleur niveau, je ne serai pas satisfait » témoigne-t-il. Avec le temps, cette mentalité pourrait le conduire vers de nouveaux sommets. Du Challenge France aux championnats du monde, la route est sinueuse, mais l’espoir est le carburant du gagnant.

Pensez-vous Djoko capable de conduire Vitality aux play-offs ?