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Finales LCS Paris Bercy Samedi 2 septembre 2017
LCS

Finales à Paris : « une certaine symbiose » française

Vous le savez tous, les finales du segment d'été des LCS EU ont eu lieu en France. A l'AccorHotels Arena de Paris, les 2 et 3 septembre, les meilleures équipes d'Europe se sont affrontées devant plusieurs milliers de fans français. Et des français, il n'y en a pas eu que dans le public ! Joueurs, managers, commentateurs et simples spectateurs, ils ont tous vécu, à leur manière, cet événement. Ils avaient néanmoins tous un point commun : vouloir prendre un maximum de plaisir au cours du week-end.

« Voir de beaux matchs et profiter de l'ambiance. » Mathilde, 21 ans, résume en quelques mots l'espoir des centaines de fans de League of Legends qui font la queue devant l'AccorHotel Arena de Paris, ce samedi 2 septembre 2017. Venue de Clermont avec son ami Slimane, elle joue depuis quatre ans mais n'a encore jamais vu de compétition professionnelle « en vrai ». Elle s'attend à quelque chose de « vachement impressionnant ». « Le fait de voir des matchs aux côté des supporteurs, d'encourager mon équipe favorite, ça change la donne, ça n'arrive pas tous les jours », renchérit Ange. Le jeune homme de 13 ans, sourire timide et yeux rieurs est venu avec son père, lui-même joueur de LoL « depuis le début ».

L'ex-Palais omnisports de Paris-Bercy a déjà accueilli des compétitions d'e-sport, à l'instar de l'ESWC (Electronic Sports World Cup) de 2006, mais c'est la première fois que cette salle parisienne accueille un événement de cette ampleur consacré à un jeu unique. Alain Herbette, qui travaille pour la DreamHack Tours, y voit une manifestation du « boom de l'e-sport en France, une preuve que le pays est porteur » dans le domaine. Ces finales sont « un nouveau palier franchi » et « ouvrent de nouvelles perspectives ».

C'est un nouveau pas en avant pour « l'image de la France dans l'e-sport », approuve Pierre-Alexis « DominGo » Bizot. « Génial », « top », le streamer français multiplie les superlatifs quand il parle du week-end qu'il passe à Bercy. Il y a été invité par Riot Games mais « serait venu de toute façon » pour « partager avec les fans ». Kévin « Tweekz » Rémy, l'un des commentateurs francophones historiques de LoL, est lui aussi ravi de participer à ces deux jours de finale dans « une salle mythique », même si son souhait de voir « un joueur français couronné » n'aura pas été exaucé. Lui qui « a fait le premier tournoi en France » sur le jeu, tient à « faire aussi le plus grand ».

« C'est fou de voir ces matchs ici »

League of Legends et la France, c'est vrai que ça ne date pas d'hier. Ils sont nombreux dans le public à rappeler les précédents des All-Stars 2014 au Zénith de Lille et des phases de poules des championnats du monde aux Docks Pullman, à Saint-Denis, l'année suivante. De bons souvenirs pour certains, mais la comparaison se fait à l'avantage de Bercy : « la salle est plus grande, c'est moins la guerre pour avoir des billets », se réjouit Elisa. La cosplayeuse de 29 ans, en tenue de Leona, est tout de même un peu déçue de ne pas pouvoir rentrer avec son bouclier, considéré comme dangereux par les agents de sécurité.

Finales LCS summer split 2017 Paris Bercy

Le public fait la queue, avec plus ou moins de respect pour les files, devant la salle.

Malgré ces quelques désagréments, l'ambiance est joyeuse ce samedi après-midi. La foule qui attend de rentrer dans la salle est souriante et disciplinée, chacun attend sagement son tour. Le jeu en vaut la chandelle : « c'est carrément important, c'est fou de voir ces matchs ici, les plus grandes stars sont passées par là » ! François, Maxence et Nicolas, tous trois la vingtaine, sont venus ensemble, leur excitation est palpable.

Coup de projecteur médiatique

Au-delà de l’événement lui-même, son impact auprès des français dans leur ensemble est également apprécié, que ce soit par les spectateurs ou par les participants. Entouré de ses amis, Nicolas salue « l'augmentation des moyens » mis en place pour faire venir les LCS en France. Pour lui, « LoL fait office de tête de pont pour d'autres e-sports, ces compétitions ouvrent la voie », notamment à une reconnaissance médiatique plus forte du jeu compétitif. Connaisseur et visiblement passionné par son sujet, il salue la « visibilité accrue » que ces deux jours apportent à l'e-sport dans l'hexagone, où il est souvent encore trop méconnu. Ils « montrent une rencontre entre joueurs qui dépasse le simple loisir et participent à l'ouverture de l'e-sport auprès du grand public ».

Quoiqu'il en soit, les spectateurs sont avant tout là pour « avoir des matchs de qualité, qui bougent, avec du répondant et de l'action », résume Rim-Raimon « Nono » Amanieu, commentateur et ancien joueur professionnel. Qu'ils soient accros à League of Legends ou simples joueurs occasionnels comme Victoria, ils saisissent « l'opportunité », la possibilité de « vivre l'ambiance » d'une finale. « L'occasion est trop rare ! » Valentine, hilare, ne cache pas son bonheur. Elle est venue avec sa famille, « tous fans d'e-sport » pour apprécier au mieux l'expérience.

Le public français a une réputation à tenir

Finales LCS summer split 2017 Paris Bercy Romain Bigeard

Romain Bigeard sait s'habiller comme un français typique et il le prouve !

Et puis, comme un écho sans cesse répété, il y a ces mots : « le meilleur public du monde ». L'expression est fréquemment entendue dans la salle comme en coulisses. Cette réputation, les français présents ce week-end en sont unanimement fiers. Ils sont « motivés à la conserver » affirme Nicolas avec conviction. Romain « Khagneur » Bigeard, le manageur des Unicorns of Love, ne dit pas autre chose. Venu mettre l'ambiance dans la salle pour la durée des finales, il vante « cette scène française, ce public français qui sont incroyables ». Des fans « bruyants, décomplexés, expérimentés » avec qui celui qui est « ici en tant que français avant tout » communie, plein de ferveur dans sa tenue de SuperDupont, les baguettes à la ceinture.

« Les joueurs professionnels eux-mêmes adorent » faire face à ce public si singulier, confie Mateo « TekTek » Rogé, qui officie comme analyste en plateau tout le week-end. Avant même le début de l'événement, il affiche sa « grande confiance » dans la capacité des fans à se surpasser, à faire résonner leur voix dans tout Bercy.

Finales LCS summer split 2017 Paris Bercy Noi TekTek

Noi et TekTek commentent et analysent les matchs pour le public français.

La folie attendue dans la salle met une « pression supplémentaire » à Charles « Noi » Lapassat au moment de commenter ces finales. Un public aussi impliqué, il n'a « pas envie de le décevoir » et donc « pas le droit à l'erreur » une fois sur scène. Dans un sourire, il avoue tout de même le trouver « touchant, parce que c'est le plus accueillant », particulièrement dans son habitude « d'applaudir l'équipe qui perd ». H2K, qui a eu le droit à une clameur nourrie après sa défaite contre Fnatic le samedi, peut en témoigner !

« Respect mutuel »

Meilleur du monde ou non, ce public à la joie communicative a en tout cas séduit Christophe, de la fanfare des Firelips Men, venu avec ses comparses mettre l'ambiance à coup de percussions. Lui découvre ce « monde complètement inconnu, cette communauté qui a ses propres codes, dont on ne comprend pas forcément les conversations ». Une initiation rafraîchissante : familier des événements sportifs, il est « habitué à des ambiances de tribunes, de confrontation », parfois au « mauvais esprit du sport ». Avec les supporteurs de LoL, il retrouve « une certaine symbiose, un respect mutuel, un esprit qui s'est peut-être perdu » dans les sports traditionnels. Le musicien retient en particulier les fans « d'équipes différentes assis côte à côte » dans la salle, dans la bonne humeur.

Finales LCS summer split 2017 Paris Bercy crowd

Le public, captivé par l'action lors de ces finales.

Le public a aussi, surtout peut-être, « fait monter la pression » de Paul « sOAZ » Boyer, légende française de la voie du haut. Même s'il aurait préféré une série « avec de l'enjeu » dans la course à la qualification pour les championnats du monde, celui qu'on ne présente plus est heureux d'avoir pu jouer devant son public.