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LCS

Finales LCS à Paris : les moments forts

Deux jours de fête, pour le plus grand événement e-sport organisé en France. Un superbe spectacle, un public survolté, et des joueurs à 100 % malgré l'enjeu limité de ces deux matches : les finales des LCS EU ont enflammé Paris, et ont fait vibrer le cœur de tous les amoureux de sport électronique. Retour sur les moments marquants de ce weekend.

Une finale de LCS, ça se vit. Les gradins qui se remplissent, la tension qui monte, et bien entendu, des matches qui ne déçoivent que très rarement. C'est aussi l'occasion de voir des personnalités ressortir, pour de multiples raisons. Replongeons ensemble quelques minutes, si vous le voulez bien, dans la magie d'un événement somptueux.

Rekkles, émotion puis domination

La journée de samedi a vu le triomphe de Fnatic face à H2K, au terme d'un match serré et disputé avec ardeur par les deux équipes, en dépit d'un enjeu pour ainsi dire inexistant : le résultat final n'a pas eu d'impact sur le placement des équipes aux différentes étapes du tournoi de qualification régional, qui octroie le troisième et dernier ticket pour le mondial. Si Rasmus « Caps » Winther s'est illustré au cours de cette série, notamment grâce à une remarquable Syndra lors des deuxième et troisième manches, c'est un autre joueur en orange et noir qui s'est fait remarquer avant même le début des hostilités.

Rekkles_SummerMVP_2017

Rekkles s'est vu justement récompensé pour sa remarquable saison.

Élu meilleur joueur du segment d'été, Martin « Rekkles » Larsson a reçu son trophée sous les acclamations de la foule parisienne, dont les 7000 voix se sont unies pour célébrer l'un des joueurs les plus populaires en Europe. Le sourire affiché par Rekkles lors de son entrée en scène a rapidement laissé place à un visage fermé et des yeux humides. « Ne pas pouvoir jouer cette finale… cela me fait énormément souffrir. » En dépit d'une tristesse non dissimulée, le tireur suédois est revenu après le match sur l'énergie octroyée par le public. « En vérité, je doutais beaucoup. Je ne savais pas trop dans quelle mesure les gens m'appréciaient, me soutenaient… Mais ce genre de moments, où tu rentres sur scène et où tous les spectateurs scandent ton nom… Ça remet les compteurs à zéro. […] En ce qui me concerne, je préfère largement jouer dans ces conditions, parce que je sais que même si nous perdons une partie, la foule sera là pour nous aider et nous faire rapidement oublier la défaite, et que l'on puisse se concentrer sur la suite. C'est ce qui s'est passé aujourd'hui. »

Après une victoire expéditive de H2K dans la première manche, les supporters des Fnatic se sont en effet inquiétés. Sans raison, puisque les hommes de Dylan Falco ont su trouver les solutions pour revenir dans cette petite finale. Et l'un des artisans de cette remontée est un autre vétéran de la scène.

SoaZ, la cape et l'épée

À mi-chemin entre cape et manteau royal, le vêtement arboré par Paul « sOAZ » Boyer lors de son entrée en scène a vite rappelé que le toplaner français jouait à domicile. Bien sûr, le public n'a pas toujours été tendre avec lui ces dernières années ; mais dans son jardin, SoaZ a pu compter sur une salle totalement acquise à sa cause. En difficulté avec son Galio lors de la première partie, cette impuissance faisait écho à des performances discutables en demi-finales face à Misfits, où la haute priorité placée sur Cho'Gath s'était révélée être une erreur.

KingSoaz_Entrance_Summer3rdPlaceMatch

Pensif, sOAZ s'apprête à rentrer en scène devant son public.

Néanmoins, l'équipe a enfin su s'adapter et mettre de côté un schéma ne correspondant pas à ses forces. Avec un Gnar sur les deux manches suivantes, le joueur français a pu dominer la voie du haut et exercer une pression que les H2K, en difficulté face à la Syndra de Caps et la Xayah puis la Sivir de Rekkles, n'ont pas été en mesure de gérer. Malgré quelques morts évitables, sOAZ a réalisé une bonne série, en terminant avec un Trundle parfaitement adapté face à la composition adverse.

Lors de l'interview sur scène succédant à la rencontre, Mads « Broxah » Brock-Pedersen vint dans un premier temps restituer à son toplaner l'accoutrement qu'il portait lors de la cérémonie d'ouverture. Puis, recourant à notre emblème national – du moins dans ce milieu – Romain Bigeard, manager des Unicorns of Love, vint offrir une baguette de pain frais à « King sOAZ ». Le bras levé victorieusement, son épée en main, l'un des joueurs emblématiques de la région triomphait enfin devant son public. Pas tout à fait, puisque ce n'est « qu'une » troisième place. Qu'importe : longue vie au Roi.

Hans Sama, un anniversaire pas comme les autres

Deux jours, deux matches, deux français. sOAZ n'était pas le seul à avoir la chance de s'illustrer sur ses terres : Steven « Hans Sama » Liv, l'une des révélations de la saison, a largement contribué à l'arrivée des Misfits en finale du segment d'été. Le jeune prodige de 18 ans a réussi l'exploit de se qualifier pour les championnats du monde dès sa première saison en LCS, et ambitionnait donc de rafler au passage un titre qui n'échappe plus à G2 depuis le printemps 2016.

Steven fêtait ses 18 ans le samedi 3 septembre, un jour avant son entrée en scène ; personne ne s'est soucié de ce décalage, et c'est donc sous les chants de 11 000 spectateurs que notre petit français a pu célébrer comme il se doit un anniversaire surréaliste à bien des égards.

HansSama_SummerFinals

On dit qu'il faut fêter dignement ses 18 ans. Pour Hans Sama, c'est réussi !

Le match fut tendu, et l'écurie au lapin s'est vaillamment battu, mais à l'issue de la deuxième partie, le sort semblait déjà scellé : G2 était supérieure. « Hans a fait un très bon match, mais aujourd'hui les Misfits n'ont pas perdu à cause de leurs individualités : ils ont simplement été surclassés en tant qu'équipe. », déclarait Jesper « Zven » Svenningsen après la rencontre. Le tireur danois ayant réussi l'exploit de ne pas concéder la moindre mort en trois parties, le compliment adressé à son homologue a de quoi faire plaisir. 24 heures plus tôt, Rekkles reconnaissait lui-même s'être inspiré du style de jeu et des champions utilisés par le Français en demi-finales pour venir à bout de H2K.

Conscient de la situation délicate dans laquelle son équipe se trouvait, le chouchou du public parisien ce dimanche a décidé de pleinement profiter de l'occasion. En sélectionnant son légendaire Draven pour la troisième manche, Hans s'est assuré de sortir la tête haute, et sous une véritable ovation pour sa bravoure dans une méta qui ne favorise évidemment pas le Glorieux Exécuteur. Malgré un premier kill lui ayant rapporté une quantité colossale d'argent, Steven et les siens ont dû s'incliner à nouveau face à l'efficacité du Kog'Maw de Zven une fois le milieu de partie bien engagé.

G2, l'histoire et la manière

S'il y a finalement un chiffre à retenir de ces finales estivales, c'est le quatre. Quatre, comme le nombre de titres – consécutifs – obtenus par la structure de Carlos « ocelote » Rodriguez Santiago. Depuis deux ans, G2 domine la scène européenne : malgré des performances pas toujours régulières, les hommes de Joey « Youngbuck » Steltenpool savent toujours tirer leur épingle du jeu en play-offs. Et même si ce segment a sans doute été l'un des plus délicats à remporter, l'histoire ne retient que les vainqueurs.

Quatre titres, c'est tout juste un de moins que Fnatic. Quatre d'affilée, c'est mieux qu'une structure présente depuis les balbutiements de la scène compétitive League of Legends. G2 restera donc dans l'histoire de la région européenne : désormais, c'est sur la scène internationale qu'il faudra définitivement s'imposer. Après des prestations très décevantes depuis le MSI 2016, Luka « Perkz » Perković et ses alliés ont réussi un excellent match face aux champions du monde en titre, SK Telecom T1, lors de l'édition de cette année, au mois de mai. Un adversaire que la proue du navire européen pourrait retrouver dès la phase de poules…

G2_SummerFinals_Trophy

Quatrième titre consécutif pour G2 : une dynastie bien en place.

Pour Misfits, les attentes seront logiquement basses, même si une belle surprise n'est pas à exclure ; rappelez-vous Albus Nox Luna l'an passé, une équipe russe à laquelle les jeunes et fougueux européens n'ont pas grand-chose à envier, même pas l'expérience…

Reste une troisième place à attribuer. Le tournoi qualificatif aura lieu du vendredi 8 au dimanche 10 septembre, peut-être avant que cet article soit publié. Qui de H2K, Splyce ou Unicorns of Love rejoindra Fnatic en finale ? « Je préférerais affronter les Unicorns, parce que je pense que c'est l'équipe la plus faible des trois. », annonçait Jesse « Jesiz » Le après la petite finale. « J'aimerais que l'on rencontre à nouveau H2K, car le match d'aujourd'hui va sans doute jouer un rôle psychologique dans l'affrontement. De plus, nous les avons déjà battus une autre fois cette saison. En réalité, Unicorns est l'équipe que je ne souhaite surtout pas affronter. Personne ne les a vus jouer depuis un moment, et la méta est centrée sur les rôles de support, jungler et toplaner durant les premières phases de la partie : or, ces postes correspondent à leurs trois meilleurs joueurs. Je pense donc que ce serait un match difficile », nous confiait en revanche Rekkles.

Et vous, qu'avez-vous pensé de l'événement à l'AccorHotels Arena ? Qui représenterait selon vous le mieux l'Europe lors des championnats du monde ? Donnez-nous votre avis !