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mondiaux

Fnatic : les légendes sont éternelles

Fnatic est en quarts de finale des championnats du monde 2017. Une phrase que personne ou presque n'aurait trouvé crédible après la première semaine des groupes. Les Européens, au fond du trou, avaient perdu tous leurs matchs. Sauf que l'impossible n'est pas Fnatic. La rage au ventre, les Orange ont remonté un déficit de quatre défaites, pour arracher leur place en quarts à l'issue d'une journée folle. Une première historique.

Dans la jeune histoire compétitive de League of Legends, jamais aucune équipe n'était parvenue à se qualifier pour les quarts de finales des championnats du monde après avoir perdu ses trois premiers matchs. Encore moins, évidemment, suite à quatre défaites. Aucune, jusqu'à ce que Fnatic ne marque l'histoire, ce jeudi 12 octobre.

Pour réaliser cet exploit, les Orange ont mis toutes leurs forces dans la bataille et, surtout, fait preuve d'une résilience mentale monstrueuse. Tous peuvent célébrer fièrement leur deuxième semaine des mondiaux 2017. Mais si l'on ne devait retenir qu'un nom de cette épopée. Ce serait celui d'un Français, Paul « sOAZ » Boyer, héros aussi adulé qu'haï. Comme chaque année, la moindre action de la légende européenne de la voie du haut est critiquée. Comme chaque année, le joueur est polarisant, autant pour ses performances en jeu que pour son attitude publique.

Dès qu'il se montre un peu moins bon et même lorsque son équipe perd sans qu'il ne soit particulièrement le seul fautif, il se retrouve sous le feu des projecteurs, chacun de ses tweets est scruté, chaque déclaration est analysée pour y chercher la petite bête. Las, n'en déplaise à ceux qui veulent le voir chuter, le joueur au palmarès incomparable en occident encaisse et prouve toujours sur la faille de quel bois il est taillé.

sOAZ

sOAZ, pilier de son équipe, peut avoir le sourire.

Comme un symbole, lors du match final d'un tie-break d'anthologie, C'est lui qui porte son équipe sur ses épaules. Pourtant, Gigabyte Marines a tout tenté pour le sortir de sa partie. Pendant le premier quart d'heure, les attaques du jungler se succèdent sur la voie du haut. sOAZ tombe à plusieurs reprises sous les coups de ses adversaires, fait des erreurs inhabituelles qui lui coûtent cher. Mais rien n'y fait : le Français se relève, encore et toujours, pour détruire les carry adverses dans les instants clés du match et assurer une place en quarts à Fnatic.

De la flammèche...

Pour en arriver là Fnatic a su, collectivement, hausser son niveau de jeu pour rendre l'exploit ne serait-ce que possible. La semaine dernière, on les avait laissés meurtris, presque à terre suite à leurs trois défaites inaugurales. Lors de leur premier match de la deuxième semaine, ils perdent de nouveau, face à Longzhu Gaming. Mais, déjà, on aperçoit chez eux une lumière, l'étincelle de la résistance.

Tout au long de la journée, cette flamme ne cesse de grandir et les victoires s'accumulent une à une. La première, ils l'arrachent contre IMT, dans un match extrêmement tendu. Les troisièmes du vieux continent se maintiennent au coude à coude pendant plus d'une demi-heure, rendent coup pour coup aux Américains. S'ils ne prennent jamais vraiment l'avantage, ils ne le cèdent jamais véritablement non plus. Puis, vient cette 36e minute de jeu, fatidique.

Les deux équipes s'observent au pied de la T2, sur la voie du bas. La pression est sur Fnatic, dont l’inhibiteur central est brisé, mais les joueurs restent calmes. Dans le match, il y a eu quatre tués de part et d'autre, Immortals est devant aux tours, Fnatic compense avec plus de dragons et, surtout, l'écart d'or est insignifiant. Les Immortals se lancent en premier à l'assaut, mais voient leurs ultimes tous encaissés par le Nautilus de sOAZ. D'un lancer d'ancre sur Lee « Flame » Ho-jong, le Français se sacrifie pour lancer la contre-attaque et les Américains s'écroulent sous les coups de Martin « Rekkles » Larsson et ses comparses. Ils paniquent et tombent un par un.

«Le traumatisme des championnats du monde 2014 face à OMG est effacé»

Alors même que les super-minions ravagent leurs tours de nexus, les Orange avancent sur la base adverse. Le retour à la vie d'IMT ne change rien. sOAZ et Jesiz survivent suffisamment longtemps pour infliger le dernier coup. Le traumatisme des championnats du monde 2014 face à OMG est effacé. Plus important : Fnatic peut encore mathématiquement se qualifier pour les quarts de finale. Leur flamme brille, toujours plus fort.

...Naît l'incendie

Longzhu entretient l'espoir de l'Europe : malgré un retard abyssal contre GAM, les Coréens finissent par venir à bout des Vietnamiens. La qualification est toujours possible. Mieux encore, après sa douloureuse défaite, GAM doit directement affronter des Fnatic morts de faim. S'ensuit un match qu'on pourrait résumer en deux mots : mental et expérience.

Les Vietnamiens semblent encore choqués par le match précédent et Fnatic en profite sans états d'âme. Mads « Broxah » Brock-Pedersen s'acharne sur Trần « Archie » Minh Nhựt pour mettre sOAZ au mieux sur son Cho'gath et la stratégie fonctionne à merveille. Au bout d'un quart d'heure à peine, Đỗ « Levi » Duy Khánh et ses comparses font face à un monstre à 4/0/3, bien parti pour être intuable. Dans le même temps, sur la voie du milieu, Rasmus « Caps » Winther joue intelligemment, respecte son vis-à-vis et, même s'il ne tue pratiquement personne, il parvient à toujours être là où son équipe a besoin de lui. Plus important, ses déplacements ne l'empêchent en rien de flirter tout le match avec le Flame horizon. Trần « Optimus » Văn Cường sur son Corki est clairement surclassé. Fnatic tient sa deuxième victoire.

Fnatic Victory

La joie éclate, méritée.

L'heure est venue du dernier match normal de la poule B, qui oppose Immortals à Longzhu. Malgré l'entrée en jeu de Kim « Rascal » Kwang-hee, à qui son équipe donne un peu de temps de jeu sur la voie du haut, LZ font ce qu'ils ont à faire : remporter la victoire, devant les yeux attentifs des Orange à qui ils donnent ainsi un dernier coup de pouce.

Un tie-break d'anthologie

Fnatic détient à nouveau son destin entre ses mains. Ils ne sont plus qu'à deux matchs de tie-break des phases éliminatoires. La suite est connue. Les Européens abattent méthodiquement les Américains. Avec un Malzahar de toute beauté dans les mains de Caps, un Broxah incroyablement à l'aise sur sa Rek'Sai – champion avec qui il a montré de belles choses tout au long de la journée d'ailleurs – et leurs trois coéquipiers sur des champions parfaitement adaptés à la méta (Cho'Gath, Tristana et Janna), les Européens profitent de l'incapacité de leurs adversaires à prendre l'initiative des combats pour les mener par le bout du nez. Il ne reste plus – on l'a dit – qu'à la magie sOAZ d'opérer dans un dernier combat libérateur contre Gigabyte Marines.

Fnatic, seulement troisième équipe européenne, passée par les phases de qualification pour ne serait-ce que participer à la phase de poules, est quart de finaliste des championnats du monde, après près de neuf heures d'une journée aussi stressante qu'intense. Ils vont défendre leur rang la semaine prochaine au stade de Guangzhou, à Canton, dans le sud de la Chine. Quoiqu'il arrive alors, une chose est acquise : Fnatic peuvent revenir en Europe la tête haute, fiers de tout ce qu'ils ont accompli.

Fnatic salute

Fnatic, contrat rempli.