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LCS

Hans Sama décrypte sa saison avec Misfits Gaming

Misfits Gaming a fait un départ tonitruant sur le segment d'été des LCS EU, avant de connaitre une petite baisse de régime. Juste avant la dernière semaine de la saison régulière et à la veille des play-offs, Steven « Hans Sama » Liv s’est livré sur la saison des lapins. Et d’après le Français, les quelques défaites ne doivent pas inquiéter les fans.

Pour Hans Sama et ses coéquipiers, le segment d’été a commencé par 9 victoires d’affilée. Il aura fallu attendre le premier match retour pour que Fnatic vienne faire le coup du lapin à Misfits Gaming et lui infliger sa première défaite. Depuis, l’équipe a dû se contenter de deux maigres victoires face à Unicorns of Love, avant-dernier du classement, et H2K, la lanterne rouge qui n’était pas loin de faire fanny, pour quatre défaites. Hans Sama explique ce soudain changement de dynamique : « On a changé notre focus. On se concentre sur différentes choses en vue des play-offs. »

« On est totalement capable de battre n’importe quelle équipe »

Steven Liv, dit Hans Sama

Parce que si Misfits a réussi une bonne entame de saison, l’équipe est assez expérimentée pour savoir qu’on ne doit pas se reposer sur ses acquis ! « Si l’on continue à jouer de la même manière qu’au début du segment, bien sûr que l’on va tout gagner, mais peut-être qu’en play-offs on va tout perdre, dissèque le mangaka. Alors on préfère développer plusieurs stratégies. Et quand on essaie de nouvelles choses, il y a toujours des hauts et des bas. C’est la principale cause de notre descente, mais je suis sûr que l’on sera revenu en forme la semaine prochaine. »

Hans Sama

L’après Mondial 2017

Cette confiance, l’amoureux de Draven la puise évidemment dans son début de saison estivale bercé par une domination des LCS Europe, mais elle émane aussi de l’évolution de sa place au sein de l’équipe. Après les départs de Tristan « PowerOfEvil » Schrage et de Dong-geun « IgNar » Lee, Hans Sama a pris plus de poids dans le collectif. « L’année dernière, j’étais plutôt invisible par rapport à PoE », nous confirme-t-il. Quand PoE et IgNar sont partis, je devais prendre plus de responsabilités et être un plus gros pilier pour l’équipe. » Impossible pour autant de s’adapter en un claquement de doigts. Pour Hans, il a été « un peu dur de s’adapter à Mikyx ». Et pour cause, il n’a pas la même personnalité que son prédécesseur : « Il parle moins qu’IgNar et je devais donner beaucoup de consignes autour de ma botlane ». Pendant cette période de transition, Hans Sama regrette de ne pas avoir été régulier sur scène : « C’était un peu 50/50. Il y avait des parties que je portais, et d’autres où je faisais n’importe quoi parce que je me concentrais sur beaucoup trop de choses à la fois. »

Hans Sama entouré d'IgNar (à gauche) et PowerOfEvil (à droite)

Hans Sama entouré d'IgNar (à gauche) et PowerOfEvil (à droite)

Après que PowerOfEvil et IgNar ont quitté le navire, nombreux ont été ceux à enterrer Misfits. Et le fait que l’équipe manque de se qualifier aux play-offs du segment de printemps, juste après être passée à deux doigts de réaliser l’un des plus gros exploits de l’histoire de League of Legends – en menaçant de sortir le double champion du monde en titre SK telecom T1 dès les quarts des championnats du monde – n’a pas aidé. Pourtant, Misfits avait le même score que ROCCAT et H2K : 8 victoires pour 10 défaites et c’est le face-à-face qui a poussé l’équipe de Hans Sama hors des play-offs. « On gagnait plus de 50 % de nos matchs face aux équipes de haut de tableau, mais on perdait contre des équipes moins bonnes comme Giants Gaming et FC Schalke 04 », regrette humblement le Français avant de conclure à une contreperformance et de rappeler qu’« il ne faut jamais baisser les bras, il faut continuer. »

Le soleil revigore !

Si Misfits a réussi à remonter la pente, jusqu’à prendre la tête des LCS Europe, c’est grâce à un travail important en coulisses. Hans Sama parle d’une « recette » trouvée en changeant le fonctionnement interne pendant le segment de printemps. « On a ajouté des remplaçants qui aident au fonctionnement de l’équipe. Ils sont là pour donner leur opinion générale et pour jouer des parties, ce qui aide le jungler et le midlaner à s’améliorer plus rapidement », nous explique-t-il. Un travail a également été fait avec les coachs pour optimiser les séances : « Au début de l’année, on apprenait dans quatre parties sur six. Les deux autres ne servaient à rien ». Si Misfits arrive maintenant à tirer des leçons de toutes les parties, le gain de temps est phénoménal !

Jesiz a repris clavier et souris pour remplacer Mikyx

Jesiz a repris clavier et souris pour remplacer Mikyx

Parmi ces remplaçants, il y a Jesse « Jesiz » Le, qui joue également le rôle de coach assistant : « Jesse nous a beaucoup aidé à jouer les parties qui trainent en longueur, donc je pense qu’on n’aurait pas de soucis à jouer des parties un peu plus longues. Mais je pense que la rapidité de la meta nous aide vachement. Plus que les autres équipe, parce que je dirais que notre début de partie est l’un des meilleurs d’Europe », nous livre Hans Sama.

Un sniper parmi les tireurs

Ce qui a marqué nombre d’observateurs, c’est que Misfits a disputé la quasi-totalité de ses parties avec un bon vieux tireur, faisant fi de la tendance pour les mages qui a poussé Fnatic à écarter Rekkles. Or, les mages s’effacent au profit des anciens occupants des lieux, qui profitent des différents patchs pour faire valoir leurs droits. Ce retour aux sources ravit Hans : « Ça va beaucoup nous aider, parce que si on joue mon style, j’ai plus de chances de gagner ma lane et de prendre un avantage. Jouer contre des mages c’était un peu dur, mais j’ai quand même réussi à jouer parce que je connaissais les champions qui fonctionnaient bien contre certains mages, comme Draven ou Varus. » Pour autant, il était prêt à se plier aux nouvelles règles et s’était entrainé sur les mages du moment. « J’ai fait une mauvaise performance quand j’ai joué Vladimir, pourtant je suis à l’aise avec ce champion », regrette-t-il.

« Je suis sûr que l’on sera revenu en forme la semaine prochaine »

Hans Sama (le meilleur Draven du monde ?)

S’il n’a plus l’occasion de montrer au monde que son Vlad a de la valeur, il ne sera pas malheureux de continuer à jouer des tireurs. Avec cette classe, il est d’une confiance imperturbable. « Je joue à peu près tous les ADC à haut niveau, c’est ma force ». Même quand PowerOfEvil était au centre de l’équipe en 2017, Hans déclare ceci : « J’étais au-dessus des autres AD Carry mais mon style n’arrivait pas à s’adapter avec mon équipe. C’est pour ça que je ne montrais pas ma vraie valeur. Plus l’équipe progressait, plus elle était ouverte à plusieurs styles de jeu. Je me suis senti mieux. »

Les play-offs

Si Misfits veut anticiper les play-offs en étoffant son éventail de tactiques, c’est parce que le format en trois manches gagnantes (bo5) diffère énormément du bo1. De nombreuses équipes se sont déjà cassé les dents en se faisant contrer par des bannissements adaptés entre la première et la deuxième manche. S’il semble reconnaître qu’affronter des équipes comme G2 Esports et Fnatic ne sera pas de tout repos, il est catégorique : « On est totalement capable de battre n’importe quelle équipe, même quelques-unes en Corée en ce moment ».

Et ses propos sont cohérents. « Je pense qu’on a vraiment un meilleur niveau que l’année dernière, nous exprime-t-il. Déjà, parce que les équipes s’améliorent d’année en année ! Si on avait conservé la même composition, je pense qu’on en serait au même point, au même niveau qu’on a actuellement. »

Merci à Hans Sama de nous avoir accordé du temps. Suivez-le et encouragez-le sur Twitter ! Propos recueillis par Sting.