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LCS

Hans Sama, prodige en devenir ?

Cette année compétitive a été marquée de surprises. Celle de la Chine, qui a trouvé à nouveau sa gloire passée en compétition internationale. Celle de Samsung qui, avec un cinq différent de 2014, a reconquis son trône sur un sévère 3-0. Mais pour nous, français, la plus belle de toutes vient de l’hexagone. Il y a un an, Steven « Hans Sama » Liv quittait les Challenger Series pour rejoindre Berlin, aujourd’hui, il revient de Chine avec le souvenir d’une lutte acharnée contre SK Telecom en quarts de finale du Mondial.

Alors que la saison est terminée, le joueur, de retour sur la capitale, s’est confié pour faire le bilan d’une année pleine d’émotion dont il compte bien tirer des leçons et s’en servir pour la suite.

Misfits commencent le segment de printemps sur les chapeaux de roues en gagnant sept matchs sur huit durant leurs premières semaines. Jusqu’ici tout semble rouler pour eux. Après une seconde moitié de segment et des play-offs de printemps quelque peu difficiles, l’équipe commence à douter et se remettre en question : « Nous avions une bonne connaissance du jeu que nous n’arrivions pas à reconstituer en équipe » dit-il. Une difficulté reconnue par l’ensemble de l’équipe pour rester constant en situation de longues séries, ou des erreurs trop fréquentes qui ne passent pas dans la cour des grands.

C'est avec le sourire aux lèvres et quelques victoires en poche que Misfits et Hans Sama ont fait leur entrée en LCS cette année

C'est avec le sourire aux lèvres et quelques victoires en poche que Misfits et Hans Sama ont fait leur entrée en LCS cette année

À propos de ses débuts en LCS, Hans Sama confie que « personnellement, je n'étais pas vraiment fier de la performance de l’équipe et de ma performance durant la saison régulière. Nous étions des jeunes joueurs et nous voulions vraiment aller plus loin ». À la mi-saison, le bilan ne tarde pas à se faire sentir, la formule actuelle de Misfits ne fonctionne pas et l’équipe procède à un changement ; laissant partir Lee « KaKAO » Byung-kwon au profit de Nubar « Maxlore » Sarafian.

Voulant aller toujours plus haut, Steven Liv a adopté la bonne attitude et s’est lui aussi tout de suite remis en question : « J’ai rapidement changé mon attitude par rapport au jeu et la compétition. Je voulais adopter un jeu plus agressif et c’est pour cela que dernièrement j’ai insisté pour que mon équipe me fasse confiance et joue autour de moi ». La méta évoluant, le jeu de l’équipe en a fait de même et Misfits ont joué davantage autour de Hans Sama que de leur midlaner Tristan « PowerOfEvil » Schrage.

Petit par l'expérience, mais déjà la mentalité des plus grands

LCS Misfits

La saison suivant son cours, Hans ne manque pas de relever un point certainement crucial sur l’évolution de Misfits. Il raconte que « nous avons appris à nous connaître et c’est quelque chose d’important. Mais surtout, nous ne serions jamais arrivés aussi loin avec une structure de coaching différente. Quand il évoque sa progression et celle de son équipe, on constate que celle-ci va toujours de pair avec les trois piliers qui les ont encadrés toute l’année : Hussain Moosvi, Hiva (le coach stratégique) et leur coach mental. À tout moment, ces trois mentors ont été présents pour faire progresser l’équipe : « Au début, une petite erreur individuelle avait un effet boule de neige sur nous tous, nous avons peu à peu appris à nous faire confiance et notre jeu s’est amélioré », souligne Hans. C’est avec cet état d’esprit que Misfits a fait son bout de chemin dans le classement LCS. L’équipe échoue face à G2 Esports en finale de segment d’été à Paris, mais repart fièrement en tant que deuxième équipe pour représenter l’Europe en Chine, et ce, après un an de LCS. 

Misfits au Championnat du monde, c’est une perspective qui faisait rêver les fans, mais de manière réaliste, Steven reste conscient de ce que le public attendait de leur part pour ce premier essai : « Les gens pensaient qu’on avait aucune chance, qu’on allait perdre tous nos matchs quasiment » mais indépendamment de tout cela, il ne l’entendait pas de cette oreille « personnellement, j’avais le sentiment que dans notre groupe le niveau était équivalent. Les scrims se passaient bien, contre TSM et le reste, on était pas si mauvais » confie-t-il. Finalement Misfits surprennent tout le monde et arrivent jusqu’en quart de finale avec toujours ce mental d’acier qui les pousse à aller de l’avant. De débuts fragiles en poule, ils sont devenus une équipe agressive, avec un Hans Sama qui a pris son envol au sein de ce mondial. Mais la prochaine marche à gravir n’était pas des moindres, car Hans et ses hommes allaient affronter SK Telecom en quart de finale.

David contre Goliath

À l’aube du grand jour, la préparation de l’équipe était optimale : « On s’était entraînés comme il faut et nous arrivions dans ce BO en n’ayant rien à perdre, cela a aidé. » dit-il. Evidemment, quand on repense à cet affrontement entre les deux équipes, c’est certainement l’exotisme des duolanes Misfits qui ressort : « Nous avions travaillé sur des compositions méta la plupart du temps, mais l’idée de Leona et Blitzcrank avec un un encensoir sur Karma ou Ivern avait aussi été évoquée ». Comme tout joueur qui s’apprête à affronter SKT, Hans Sama était conscient que « jouer la méta ne nous favorisait pas, il fallait tenter l’agression pour s’en sortir ». Après avoir perdu la première manche sur une partie presque parfaite de la part du géant coréen, Misfits emballent pour prendre les deux matchs suivants. Le jeune français explique qu’avec « des duolanes agressives, nous avions l’avantage, et Ignar a vraiment fait ce qu’il fallait. Moi je n’avais rien à perdre et Bang sentait qu’il avait quelque chose à perdre, alors on a foncé ! On a réussi à les faire transpirer durant les parties 2 et 3 grâce au snowball d’Ignar et moi. Tout a commencé là et on a super bien joué en équipe par la suite ! ».

Cependant, nous connaissons tous la forme finale de SKT en BO5 et considérant la jeunesse du cinq européen, les efforts de Hans Sama et ses équipiers n’ont pas suffi. Leur course dans ce Mondial s’arrêta là, après avoir poussé SK Telecom T1, triple champion du monde, dans leurs retranchements au cours de cinq longues parties. Avec cet éprouvant affrontement maintenant derrière lui, Hans Sama reste très critique quant à sa performance en Chine. Admettant qu’il a fait beaucoup d’erreurs, il explique que « malgré mon avantage durant certaines parties de la phase de groupe, je n’ai pas réussi à snowball comme il fallait, et c’est ce qui nous a coûté de nombreuses actions ». Il raconte que lorsqu’il pense à certaines de ses erreurs, celles-ci résonnent comme de mauvais souvenirs. Mais s’il est si critique envers lui-même, cela cache surtout une envie de toujours se surpasser dans le but ultime de devenir le meilleur. Il n’hésite pas à rajouter que « tous ces mauvais moments m’aideront à ne pas faire les mêmes erreurs par la suite ».

Misfits worlds

L'épuisement se lit sur le visage des joueurs européens après le long combat contre SK Telecom

Fort de cette expérience, le jeune Hans Sama a grandi, et quitte ce mondial avec la mentalité des plus grands mais surtout, la promesse que la prochaine fois, il n’y manquera pas ! 

Lorsqu’il fait le bilan de ce mondial, il ne tarde pas à mentionner ses aînés. Il se souviendra de l’honneur d’avoir affronté Bae « Bang » Jun-sik, son idole de toujours et s’avance même à dire que « petit à petit, je m’approche de son niveau, mais il reste pour lors meilleur que moi ». Ce souvenir se mêle à la fierté d’avoir la croisé la route de nombreux talents des quatre coins du globe. Les carrys AD chinois, notamment, force de ce mondial, ont attiré l’œil du jeune joueur.  Il mentionne Jin « Mystic » Sung-jun, de la Team WE en tête de file : « J’ai beaucoup appris de ce joueur, de sa façon de jouer et sa maîtrise de Caitlyn notamment ».

Avec la volonté de prendre une place plus importante dans son équipe, Steven mentionne aussi Park « Ruler » Jae-hyuk, joueur pour Samsung Galaxy et donc champion du monde en titre. Il explique qu'en plus « d’être un joueur excellent, c’est un leader essentiel à son équipe. À l’avenir, j’aimerais avoir ce rôle pour mon équipe. J’aimerais me rapprocher du rôle que Maxlore a maintenant et je pense que carry AD est un rôle plus central que ce que l’on croit ».

Pour l’instant, l’heure est aux vacances pour Hans Sama qui a devant lui quelques mois avant de reprendre la compétition. L’occasion pour lui de se replonger dans ses activités de mangaka et d’accorder enfin plus de temps à la conquête de la file solo. Bientôt les transferts d’équipe débuteront, et il affirme qu’il souhaite que les Misfits de l’an prochain soient ceux qui l’ont emmené si loin cette année.

Bien que rien ne soit certain quant à l’avenir de l’équipe, pour l’instant, une chose est sûre : L’histoire de Hans Sama ne fait que commencer et cette saison 2017 n’était que le premier Arc d’une longue aventure.