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LCS

Hylissang et Unicorns of Love, l’espoir de transformer la folie en succès

Au fil des années, Unicorns of Love a su prouver sa valeur en Europe. Après avoir échoué en finale, l’équipe brigue un premier titre de champion d’Europe à un moment où il n’y a plus aucun favori incontesté. Déjà présent alors que la licorne n’était qu’un bébé, Hylissang fait partie de la colonne vertébrale d’UoL et nous a fait l’honneur de répondre à quelques questions.

Unicorns of Love n’est pas une équipe comme les autres. En se qualifiant en LCS, l’équipe d’amis a conservé son nom et a développé une image loufoque et colorée. Du rose, des paillettes et des licornes qui font échos à une manière de jouer elle aussi emplie d’une bonne dose folie, à l’image de la Poppy qui a renversé le match de qualification aux LCS en 2015 à une époque où la Gardienne du marteau n’avait pas encore été retravaillée et n’avait jamais eu aucun temps de jeu dans le monde professionnel. 

La forme change, l'esprit reste

Les joueurs ont changé, mais que ce soit au travers du Twisted Fate jungle de l’incroyable Mateusz « Kikis » Szkudlarek ou par les innovations du jeune, mais non moins téméraire Andrei « Xerxe » Dragomir, qui est souvent le premier au monde à faire confiance aux nouveaux champions et à ceux qui ont été remaniés, le style traverse les âges. Pourtant, Unicorns of Love a évolué. D’une équipe moyenne en saison régulière, avec souvent autant de victoires que de défaites, mais qui savait se surpasser une fois les play-offs venus, on retrouve désormais une équipe bien plus solide sur la longueur. L’apparition progressive des matchs en 2 manches gagnantes semble leur avoir été très bénéfique. Mais là n’est pas la seule raison qui a mené à l’ascension d’UoL.

Tout de rose vêtu, Hylissang est l'un des plus vieilles licornes

Tout de rose vêtu, Hylissang est l'un des plus vieilles licornes

Si on associe toujours cette équipe à un jeu explosif, qu’on lui met l’étiquette de « chaotique » et qu’on ne peut pas savoir à l’avance à quelle sauce ils vont manger leurs adversaires, on est forcés de constater qu’il y a eu de l’évolution. Plus dans la maîtrise, UoL a comblé certains excès de zèle, qui pouvaient leur permettre de dynamiter une partie, mais qui risquaient également de ruiner leurs espoirs de victoire si jamais la situation tournait vinaigre. L’équipe ne s’est cependant pas éloignée de ses forces et continue à gérer les combats d’équipes d’une main de maître, attirant et piégeant ses adversaires dans des situations qui leurs sont défavorables.

Depuis le début de l’aventure, le support Zdravets « Hylissang » Galabov et le toplaner Kiss « Vizicsacsi » Tamás sont la colonne vertébrale d’Unicorns of Love. De la voie du haut à la voie du bas, ils sont la sagesse de l’équipe comme nous confirme Hylissang : « En tant que joueurs d’expérience, Csacsi et moi, on arrive sur scène plus calmes, davantage comme des leaders, ce qui aide nos coéquipiers. Avec l’expérience, tu sais quoi faire, tu sais comment ça se passe même quand ça se passe mal. L’expérience aide à avoir plus confiance en soi sur scène ».

Les licornes aussi peuvent être tristes. Par exemple quand elles perdent 0-3 en finale du Rift Rivals

Les licornes aussi peuvent être tristes. Par exemple quand elles perdent 0-3 en finale du Rift Rivals

Pourtant, au fil des ans, la structure a opéré quelques changements de line-up. Tristan « PowerOfEvil » Schrage a laissé sa place à son compatriote Fabian « Exileh » Schubert, la jungle a longtemps été en chantier avec les passages de Danil « Diamondprox » Reshetnikov, Jean-Victor « loulex » Burgevin ou encore Min-su « Move » Kang et le poste de carry AD a vu passer plusieurs artilleurs avant le retour sur la grande scène de Samuel « Samux » Fernández Fort. Des changements qui sont d’autant plus importants qu’un support et son carry AD se doivent d’avoir une bonne synergie comme nous l’explique Hylissang : « Cela demande beaucoup d’effort entre vous deux afin de construire la synergie afin d’entrer en partie et de ne pas douter l’un de l’autre. Je pense que ça prend beaucoup de temps, mais que c’est très important »

Les tireurs se suivent mais ne se ressemblent pas

Or ces changements récurrents de partenaire n’ont pas rendu la tâche simple au support d’Unicorns of Love. « C’est très difficile de s’adapter, témoigne-t-il. Steeelback était très bon mécaniquement. Il avait quelques notions de macro, les bases de ce qu’il fallait faire sur la carte. C’était assez facile de s’adapter avec lui ». Chaque joueur est très différent. Chaque personne a quelque chose à apporter de différent de ses prédécesseurs. Des points forts, des faiblesses, un caractère unique. « Vardags avait du mal dans l’exécution, mais c’était le type qui te suit toujours » nous confie Hylissang. « Même si tu étais en mauvaise posture, il n’hésiterait pas à te venir en aide ». Mais s’il y a bien un joueur qui l’a particulièrement marqué, c’est le Coréen Kyoung-min « Veritas » Kim. « Veritas était très malin et avait un bon niveau mécanique. C’est probablement le meilleur carry AD avec qui j’ai jamais joué, commente le support bulgare. On s’est assorti très vite ensemble. C’est avec lui que j’étais le plus confiant et je pense que Samux le sait, mais on essaye d’atteindre ce niveau de confiance entre nous ».

À propos de son carry AD actuel, Samux, Hylissang pointe une lacune importante : « Sa plus grande faiblesse c’est sûrement sa communication. Il ne parle pas beaucoup en jeu. Ce n’est pas requis pour un joueur à son poste, mais c’est toujours bon à avoir et on travaille dessus. Il essaye de parler, mais c’est difficile pour lui ». En revanche, il admet qu’« il joue extrêmement bien les combats d’équipe. Il sait se positionner et trouver le bon moment pour aller de l’avant ».

Je dis à Samux « Hey, peux-tu me dire ce que tu veux faire ? Parce que je ne peux pas lire dans tes pensées ».

Zdravets « Hylissang » Galabov

Plus que jamais, UoL semble capable d’atteindre des sommets. Les finales ne suffisent plus, il est temps de s’imposer. Et ça tombe bien, d’après Hylissang, cette fois il y a de la place pour aller chercher la coupe : « au printemps, on a joué G2 Esports en finale et c’était de loin l’équipe la plus remarquable. Mais maintenant il n’y a pas vraiment d’équipe qui sorte du lot en Europe, donc je pense qu’on a vraiment de meilleures chances de remporter la finale. Je pense qu’on a tout ce qu’il faut pour gagner. On doit juste rester calme et ne pas jouer avec la boule au ventre. On doit enlever les noms au-dessus des champions et jouer notre jeu ».

Mais ce qui suffirait au joueur de 22 ans pour être satisfait serait de se qualifier au Mondial pour la première fois. Cette étape ultime manque au parcours d’Unicorns of Love. « J’attends avec impatience de sentir ce que ça fait d’affronter SKT et des équipes de ce calibre. J’ai hâte de voir comment mes coéquipiers réagiraient. J’ai vraiment envie qu’ils jouent à un bon niveau contre les toutes meilleures équipes ». Malgré les points de championnat acquis au printemps, UoL n’est pas du tout garanti de se qualifier. Mais d’abord, Hylissang a à cœur de se qualifier pour Paris. Mais il faut dire qu’il a également un peu de pression puisque, nous confie-t-il le sourire aux lèvres, « notre manager est de là-bas et il nous tuerait si on ne s’y qualifiait pas, donc on a intérêt à le faire ». Un sacre à l’AccorHotel Arena serait alors le jackpot ultime : premier titre de champion des LCS EU, première qualification au Mondial, ainsi que la joie inconditionnelle du manager français.

Alors, quelles sont les chances qu’Unicorns of Love réalise le triplé ?