Jump to Main ContentJump to Primary Navigation
CHALLENGE FRANCE

Interview de LDLC Skeanz : "YellOwStaR m'a appris le jeu !"

La France a-t-elle un incroyable talent ? Oui, et sans doute même plusieurs. Parmi eux, un jeune jungler de tout juste 17 ans, fraîchement arrivé chez la Team LDLC : Duncan « Skeanz » Marquet. Peu avant que l'historique structure française aille batailler contre Millenium pour une place en finale du Challenge France, nous avons posé quelques questions à sa dernière recrue pour découvrir l'une des étoiles montantes de la scène française.

Si peu d'équipes peuvent se targuer d'aligner un cinq de départ intégralement composé de joueurs français, les compétitions nationales restent l'occasion d'observer nos jeunes pousses. On rêve même parfois de voir l'une d'entre elles suivre les pas de Paul « sOAZ » Boyer, ou plus récemment Steven « Hans sama » Liv. Skeanz pourrait faire partie de ces futurs grands, mais avant cela, il faut se former au contact de vieux briscards.

Être bien entouré, la clé d'une progression rapide

« Ça va être dur, parce que c'est en cinq parties et qu'ils sont vraiment bons, mais je pense qu'on va gagner », nous lâche Skeanz en souriant. Après avoir terrassé leur futur adversaire lors du dernier match de la phase de poules, les joueurs LDLC semblent avoir repris leur statut de favoris, fragilisé par quelques contre-performances. « C'est rare que je sois confiant, mais… être entouré de joueurs d'expérience, toujours calmes, ça me permet de canaliser la pression. » En effet, voici l'une des questions qui pèsent toujours sur les petits jeunes sans grande expérience : vont-ils gérer le stress de la compétition ? La présence de Jérémy « Eika » Valdenaire et Amaury « Moopz » Minguerche, deux anciens joueurs LCS, dans l'effectif, permet de calmer le jeu.  « C'est un peu comme s'ils étaient au-dessus de nous. Instinctivement, on va les écouter. En plus, c'est Eika qui prend les décisions durant la partie, alors ça renforce ce côté leader. »

TeamLDLC_2017

Cette version de l'équipe LDLC a des arguments pour aller très loin.

Depuis le mois d'octobre, LDLC dispose d'un autre atout de luxe : Bora « YellOwStaR » Kim, qui assume désormais les responsabilités de Head Coach, au côté de Sofiane « Kirdos » Arabtani. « Au début, j'avais peur qu'il ait la grosse tête et qu'il soit pénible avec nous ! Mais très vite, on s'est rendu compte qu'il était très sympa et détendu. Il travaille presque exclusivement sur la macro, et sa compréhension du jeu est incroyable. Puisque je suis celui avec le moins d'expérience, il s'est concentré sur moi au début, et j'ai envie de dire qu'il m'a carrément appris le jeu ! Après notre défaite contre Millenium, il m'a expliqué tout ce que j'avais mal fait, et pourquoi nous avons perdus… c'était hallucinant. Il nous fait énormément progresser, et il est particulièrement patient avec nous. »

De la soloqueue à la gaming house

La vie compétitive de Skeanz a commencé il y a un an, lorsque GrosBill e-sport le contacte pour lui faire passer des essais. « J'ai commencé à jouer en saison 3, mais la compétition ne m'intéressait pas vraiment. En fait, j'ai regardé mes premières parties professionnelles au moment où je devenais moi-même pro ! J'ai fait des essais avec GrosBill, et ils ont décidé de m'intégrer à l'équipe. Là-bas aussi, j'étais entouré de joueurs expérimentés, donc ça rendait les choses nettement plus faciles. Cette année, pour diverses raisons, GrosBill s'est éloignée de l'e-sport, et l'équipe a disparu. Peu après, j'ai fait des essais avec LDLC, et ils m'ont pris. Je ne sais pas vraiment pourquoi, mais il faut croire que je les ai convaincus ! »

« Je me mets beaucoup trop de pression, mais être entouré de joueurs expérimentés me permet de canaliser le stress plus facilement. »

Cette nouvelle étape signe son arrivée dans un cadre plus structuré, notamment avec l'entrée en gaming house. « Au départ, j'étais très excité, parce qu'on se dit forcément que ce sera génial. Bon… après quelques semaines, il faut quand même tempérer ! », s'amuse Skeanz. « Cela vient quand même avec son lot d'inconvénients, surtout au niveau de l'intimité. On dort à plusieurs dans une chambre, et le seul moment où l'on est vraiment tranquille, c'est sous la douche ! C'est un peu compliqué, par exemple pour entretenir une relation amoureuse… D'une façon générale, à partir du moment où tu intègres une gaming house, c'est très difficile de faire quelque chose en parallèle. » Pour autant, il ne semble pas y avoir de conflits au sein de l'équipe, alors que la scène française a été le théâtre d'un nombre incalculable de démantèlements pour ce genre de raisons. « On est vraiment une bande de potes. Je sais que ça peut sonner faux, mais on passe notre temps à rigoler et à se chercher gentiment. Et pas seulement les joueurs, le staff aussi participe. »

Pourtant, malgré cette bonne humeur, l'équipe a eu un passage à vide, encaissant notamment deux défaites inattendues face à Gentside et Asus ROG. « À ce moment-là, on était beaucoup trop confiants. Là encore, c'est un problème classique… Au départ, on avait du mal à jouer en tournoi. En ce qui me concerne, je pense que c'est parce que je me mettais beaucoup trop de pression – et c'est toujours le cas, d'ailleurs. Je travaille dessus, et ça viendra avec l'expérience, mais j'ai encore besoin d'entendre mes coéquipiers me rassurer et dédramatiser la situation, pour me rappeler que ce n'est qu'un jeu et qu'une défaite n'a rien de catastrophique. Et puis, lorsqu'on a commencé à jouer de façon plus convaincante, on s'est vu trop beaux. Après la défaite contre ROG, Kirdos nous a remonté les bretelles, et on s'est remis dans le bon sens. »

Tempérer un style agressif, une contrainte du jeu en équipe

Comme beaucoup de jeunes talents, Skeanz s'est fait remarquer pour ses prouesses mécaniques. Très à l'aise sur les champions de début de partie tels que Lee Sin, comme en témoignent ses statistiques de la phase de poules, il accueille la nouvelle méta avec soulagement. « Je n'ai jamais joué de tank en équipe jusque-là », avoue-t-il. « J'ai fait deux parties horribles avec Jarvan durant le Challenge France, et je ne veux plus jamais retoucher à ce champion ! Je suis très heureux de la méta et du retour des héros sur lesquels je suis à l'aise. Je pense même qu'ils sont simplement plus forts que les tanks, donc il n'y a quasiment aucune raison de les délaisser. »

Alors, quand on lui demande s'il a des idoles, la réponse peut être étonnante. « Tous les junglers coréens, et surtout Ambition. Avant de commencer à jouer, j'aimais beaucoup Nerroh et son style de jeu (ndr : Stephan « Nerroh » Pereira, actuel jungler des Millenium), mais dans l'ensemble, je ne suis pas un grand fan des junglers européens. Ils sont très forts, bien sûr, mais l'écart avec les Coréens est gigantesque. » Malgré une préférence avouée pour un style de jeu tranchant, Skeanz admet sans mal qu'il doit gagner en flexibilité. « J'aime beaucoup Peanut, mais en équipe, il vaut mieux jouer comme Ambition, c'est certain. Jusqu'à récemment, entre toutes mes parties, je regardais des vidéos des matches joués par Ambition, pour comprendre ses prises de décision, son parcours dans la jungle… Observer les meilleurs est toujours très instructif. Je le trouve d'autant plus impressionnant qu'il a fait une bonne partie de sa carrière en tant que midlaner. »

Dimanche, LDLC aura une chance de se qualifier pour la finale du Challenge France. « Si on joue notre jeu, ça se passera bien. » Remporter la compétition serait une belle performance pour la structure, et une confirmation que le recrutement de notre nouvelle étoile - et de YellOwStaR – était un choix judicieux. Avant de viser plus haut ? Nous laissons le mot de la fin à Skeanz. « Je veux bien adresser un message aux fans, mais je ne pense pas en avoir beaucoup pour l'instant ! J'espère me faire une place petit à petit, et un jour, participer aux LCS. Merci à tous ceux qui nous soutiennent, et nous allons tout donner pour remporter le Challenge France ! »

Nos remerciements à Skeanz pour son temps et ses réponses !