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mondiaux

L'épopée incroyable des trois équipes européennes

Les phases de groupe des championnats du monde sont terminées. Après deux semaines d'affrontements intenses, l'Europe s'est illustrée à domicile, en réussissant à envoyer ses trois représentants jusqu'en quarts de finale. Pourtant, rien ne semblait joué d'avance, et la route est encore longue pour G2 Esports, Fnatic et Splyce s'ils souhaitent ramener la Coupe de l'invocateur sur le Vieux Continent. Retour sur l'épopée des trois écuries.

Les rois du lategame

Splyce a eu un début de tournoi difficile. Durant le play-in, l'équipe de Duke a été mise en difficulté par le représentant japonais, Detonation FocusMe, qui a réussi à lui infliger une défaite. C'est toutefois lors du BO5 contre Unicorns of Love que les faiblesses des Serpents ont été exposées, l'écurie russe les poussant jusqu'à leurs derniers retranchements. 

Pourtant, malgré une performance questionnable, Splyce a été récompensé par un tirage des plus avantageux. Alors qu'elle avait une chance sur deux de se retrouver dans le groupe D, aux côtés d'Invictus Gaming et de Team Liquid, c'est finalement dans le groupe B, surnommé à juste titre « groupe de la vie », que l'équipe européenne a été envoyée. Avec FunPlus Phoenix comme seul adversaire vraiment dangereux, la voie semblait déjà ouverte pour Splyce.

La première semaine a été malgré tout compliquée. L'équipe européenne a débuté en force, éliminant GAM Esports sans trop de difficultés lors du premier match. Elle s'est ensuite inclinée face à FunPlus Phoenix, ce qui était attendu, mais également face à J Team. Alors qu'elle avait le contrôle de ces matchs dès les premières minutes, le manque de synergie entre les joueurs et les mauvaises prises de décision en milieu de partie ont empêché l'écurie européenne de décrocher la victoire à deux reprises. Les performances d'Humanoid et de Norskeren n'ont également pas été à la hauteur de leur niveau en LEC, les deux rookies sur la scène mondiale cumulant un total de 20 morts sur ces deux parties.

Si les espoirs étaient minces pour la deuxième semaine, tout se passait comme prévu pour Splyce. L'équipe s'est faite une réputation pour sa capacité à réussir le début de partie, à trébucher en milieu de course, mais à toujours retomber sur ses pattes à la fin. Et c'est ce qu'elle a fait, réussissant à battre ses trois adversaires à la suite. Avec un retour aux fondamentaux, mettant les joueurs sur leurs champions de prédilection (Cho'Gath pour Vizicsacsi, Qiyana pour Xerxe, Ryze pour Humanoid), les Serpents ont remonté la pente pour se qualifier jusqu'en quarts de finale.

Splyce

Splyce a réussi à se qualifier en quarts alors qu'aucun des joueurs hormis Kobbe n'avaient jamais joué aux championnats du monde avant.

Sur leur chemin, ils ont toutefois perdu le match de barrage contre FunPlus Phoenix, qui leur aurait permis de sortir premiers du groupe. Avec cette défaite, Splyce a mis terme à une longue tradition de victoire en tiebreaker pour l'Europe. Jusque là, le Vieux Continent était à 8 victoires pour 0 défaites dans ces scénarios aux championnats du monde. Cet événement sera indicateur de la suite du tournoi…

G2 trébuche avant la ligne d'arrivée

G2 Esports est arrivé en forme aux Championnats du monde. Les champions en titre du MSI et du LEC étaient perçus comme les favoris du tournoi, et ont très vite montré pourquoi. Dès leur premier match qui les opposait à Griffin, une équipe qui devait représenter le renouveau de la ligue coréenne après son échec en 2018, les coéquipiers de Perkz ont annoncé la couleur. Alors qu'ils étaient attendus sur des champions originaux, ou jouant un style très inattendu, c'est avec une composition des plus « standards » (un tank sur la voie du haut, un mage contrôle au milieu, un tireur en bas…) que l'écurie européenne a dominé Griffin du début à la fin.

Ce nouveau style de jeu parfaitement contrôlé n'aura pourtant pas duré. Durant le reste du tournoi, G2 a roulé sur l'opposition, mais en ayant toujours au moins un ou deux joueurs, parmi Jankos, Wunder et Mikyx, pour mourir en boucle et imposer un handicap au reste du squad. Menés par Perkz et Caps qui étaient les rocs de l'équipe, les champions européens sont tout de même parvenus à remporter tous leurs matchs et n'ont jamais été réellement en danger. La route semblait déjà toute tracée : le sans faute était l'objectif ultime durant cette phase de groupe. 

Par le passé, seules trois équipes ont réussi un score de 6-0 durant les phases de groupe des championnats du monde : Samsung White en 2014 et SK Telecom T1 en 2015, qui ont également remporté le tournoi en ne perdant respectivement que deux et une seule partie, ainsi que Longhzu Gaming en 2017, qui s'est incliné contre Samsung Galaxy, les éventuels champions, en quarts de finale. Grand favori du tournoi, G2 Esports se voyait déjà rivaliser avec Samsung White et SK Telecom T1, considérées comme les meilleures équipes à avoir jamais existé sur League of Legends.

G2 Esports

Malgré son titre de MVP du segment d'été en LEC, et son excellente première partie, Jankos n'a pas réellement impressionné durant la phase de groupe.

Il n'en fut rien. Lors de la dernière journée, Griffin a eu l'occasion de dévoiler la recette qui lui avait permis d'atteindre la finale des play-offs en LCK trois fois d'affilée. Menée par Tarzan, souvent acclamé comme l'un des junglers les plus intelligents de sa génération, l'écurie coréenne a dominé G2 Esports du début à la fin, forçant un match de barrage entre les deux pour le premier seed. Après que la bénédiction européenne ait été brisée par Splyce la veille, les champions du MSI en titre se sont également inclinés lors du tiebreaker, dans un match assez similaire.

Fnatic, imprenable en semaine 2

Si Splyce a eu la chance d'être envoyée dans le « groupe de la vie », Fnatic a tiré la courte paille et s'est retrouvé dans le « groupe de la mort ». Avec Royal Never Give Up et SK Telecom T1 à ses côtés, cette poule est sans aucun doute l'une des plus compétitives de l'histoire des championnats du monde. En effet, SKT est l'une des meilleures équipes du tournoi, et RNG a toujours été une malédiction pour Fnatic, qui détenait jusque là un score de 1 victoire pour 8 défaites face à l'écurie chinoise. Aux vues de ces différents facteurs, les chances d'atteindre les quarts de finale semblaient bien minces pour les représentants européens. Ils s'étaient pourtant qualifiés au tournoi en deuxième seed en battant Splyce 3-0 durant la finale régionale, ce qui a dû rendre la situation très frustrante pour les joueurs en voyant l'écart de niveau de leurs groupes respectifs.

Les dauphins du LEC ont abordé la compétition de façon très étrange. S'ils avaient déjà montré leur capacité à jouer le fameux duo Garen Yuumi en LEC, celui-ci était à priori bien plus faible durant le patch des championnats du monde, qui avait sévèrement heurté l'efficacité du chat magique. Après une première défaite avec ce combo face à SK Telecom T1, Fnatic s'est toutefois entêtée à rejouer cette stratégie contre Clutch Gaming, ce qui a mené à une victoire très difficile. L'objectif de cette obstination était sans doute de forcer les équipes adverses à bannir Yuumi durant leurs prochains affrontements, mais leur démonstration n'aura certainement pas été suffisamment convaincante pour y parvenir.

Malgré des drafts décriées par les fans de la structure européenne, Rekkles n'a toujours pas pu jouer un véritable tireur durant leur affrontement contre RNG. Le capitaine de l'équipe a, par le passé, montré qu'il avait énormément de mal à tenir tête à Uzi sur la voie du bas, c'est pourquoi il a décidé d'évoluer sur Morgana afin de ne prendre aucun risque et de laisser Nemesis infliger les dégâts avec sa Kayle. Ce choix n'aura toutefois pas porté ses fruits, ce qui a mis Fnatic dans une situation très délicate avec un score de 1-2. Les quarts de finale semblaient plus difficiles à atteindre que jamais.

C'était sans compter sur le fameux buff de la semaine 2 de Fnatic. Cette bénédiction trouve ses origines aux championnats du monde de 2017, durant lesquels l'équipe avait commencé le tournoi à 0-3, et avait remonté la pente durant le deuxième round, forçant deux matchs de barrage et réussissant à se qualifier in extremis en gagnant 4 parties consécutives. Fidèle à sa réputation, elle a réussi un exploit similaire cette année. Malgré un premier affrontement contre Clutch très chaotique pour commencer la journée, les coéquipiers de Rekkles ont réussi à dominer SK Telecom T1 et RNG et à se qualifier en deuxième seed en quarts de finale, éliminant ainsi les représentants chinois du tournoi. Renversant.

Fnatic

Rekkles a l'habitude de pleurer après une défaite difficile à avaler, mais il est rare de le voir aussi émotif après une victoire.

Cette fois-ci, Rekkles a finalement pu jouer des tireurs, et a même réussi à vaincre ses démons en dominant Uzi durant le début de partie, lui infligeant un retard de 20 sbires et 1218 PO à 15 minutes de jeu. Il faut également noter l'excellente performance de Nemesis durant cette phase de groupe. Alors qu'il a rejoint le LEC en début d'année, le midlaner slovène montre déjà qu'il est capable de rivaliser avec les meilleurs du monde dès ses premiers pas à l'international.


Pour la première fois depuis la saison 1, les trois équipes européennes ont réussi à se hisser jusqu'en quarts de finale des championnats du monde. Alors qu'il y a quelques mois, G2 Esports soulevait le trophée du MSI, l'espoir d'une victoire du Vieux Continent à domicile est plus justifié que jamais. La route reste tout de même encore longue pour les trois représentants du LEC. 

G2 Esports doit affronter DAMWON Gaming, en quarts de finale, Fnatic sera opposé aux champions de la LPL, FunPlus Phoenix, tandis que c'est cette fois-ci Splyce qui a tiré la courte paille avec SK Telecom T1. Chacun de ces BO5 devrait être extrêmement compétitif, et le moindre faux pas pourrait faire la différence entre une année historique et un nouvel échec au pied du mur.