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CHALLENGE FRANCE

La jungle à travers le Challenge France

Toute nouvelle saison apporte son lot de modifications. Nos acquis se retrouvent, d’un coup, totalement bousculés, tandis que le sentiment de se retrouver au pied d’une montagne que l’on doit gravir à la seule force de ses bras revient inexorablement. Ces nouvelles bases sont excitantes, elles redonnent envie de partir à l’aventure pour redécouvrir le jeu sous de nouvelles facettes et ceux qui se font le plaisir de donner les premières tendances sont évidemment les joueurs pro. Alors, avec l’aide de Nerroh, intéressons-nous à ce qu’ont fait les junglers du Challenge France.

Cette présaison apporte un changement majeur : les runes et maîtrises que l’on connaît depuis les prémices de League of Legends ne forment plus qu’un. Un tout nouveau système de runes, qui profite des expériences menées ces dernières années sur les pages de maîtrises. En somme, de bonus de statistiques brutes qui visaient à adapter les caractéristiques de base de nos champions à leur nature, leur environnement et à leur adversaire, nous passons à des bonus plus impactants. Des effets supplémentaires, souvent très visuels. Une véritable manière de personnaliser nos choix en fonction de facteurs encore plus multiples, dont un qui est fondamental : notre propre style de jeu.

Le turn-over est une conséquence logique

S’adapter à chaque partie est désormais totalement possible. Là où seules les maîtrises pouvaient réellement être personnalisées à souhait avant que l’on soit propulsé dans l’une des cartes du jeu, les runes, qu’il fallait tout de même prévoir bien en amont dans l’ancien système, s’accaparent enfin aussi la capacité d’être totalement modelées à notre guise. S’il y a donc en théorie moins de paramètres à prendre en compte, car moins de points à répartir et qu’un type de module à calibrer, chaque choix d’arbre, le moindre investissement dans une rune, est d’autant plus important. Il ne faut pas faire d’erreur ! 

Au-delà des nouveautés, la jungle a fondamentalement été impactée par la disparition des statistiques brutes qu’offraient les anciennes runes. Sejuani et Gragas ont été deux des junglers les plus présents aux derniers championnats du monde. Ces champions très résistants jouaient le rôle de ligne de front et de principaux initiateurs. Leur capacité à encaisser les coups très longtemps impliquait qu’un certain type de jeu ait été très plébiscité. Cependant, ces deux champions, comme l’immense majorité de ceux de leur catégorie, avaient recours aux runes pour augmenter leur vitesse d’attaque de base dans le but d’être en capacité d’éliminer les monstres de la jungle à un rythme suffisant pour ne pas être surclassés par d’autres types de champions.

Or, ces runes ont disparu et contrairement à certains champions qui ont vu leurs caractéristiques de base améliorées pour combler les modifications, Gragas, Sejuani et leurs pairs ont globalement été mal servis. C’est l’une des raisons pour lesquelles ils sont passés du sommet de la chaîne alimentaire (avec respectivement 73 % et 99 % de présence au mondial 2017) à une absence presque totale du Challenge France.

La mode est un perpétuel recommencement

Quand le chat n’est pas là, les souris dansent. Dans notre cas, on peut considérer que le chat est une demoiselle montée sur un cochon géant et que la souris est… un félin. Un comble, pourtant c’est bien Nidalee qui domine largement le Challenge France. Présente dans presque 9 parties sur 10, elle a un taux de victoire astronomique de 82 % et le meilleur KDA de sa catégorie. 

Fan art de Nidalee par Jos Gonzales

Fan art de Nidalee par Jos Gonzales

Stefan « Nerroh » Pereira nous donne les clés de cette réussite : « Nidalee est dominante parce qu’elle apporte énormément de peel, dans une meta où il y a énormément de dégâts ». Avec la disparition des champions résistants dans la jungle, qui « tant qu’ils ne recevront pas des dégâts de base supplémentaires, ne devraient pas revenir », c’est en effet une armée d’assassins qui a pris le contrôle de la jungle : Xin Zhao, Kha’Zix, Lee Sin… Aux autres postes, on trouve également des sources de dégâts très conséquentes, qui exploitent les runes offensives, particulièrement efficaces par rapport aux runes plus défensives. Alors, parce qu’« avec un Graal Impie d’Athene, elle envoie des soins à 500-600 », Nidalee apporte également un aspect défensif non négligeable.

Dans le même temps, Nidalee est très rapide pour nettoyer les camps de la jungle, et « bien jouée, elle peut counter-jungle presque n’importe quel match up, ajoute Nerroh, à l’exception de Kha’Zix ». Des qualités nécessaires qui expliquent également, selon le Belge, le retour des assassins. Là où chaque camp de la jungle offrait un nombre différent de CS (scores de sbires tués), le patch 7.21 a donné une valeur unique à tous les camps, qui comptent chacun pour 4 CS, que le monstre soit seul comme le Roncier rouge, ou qu’il se démultiplie comme les Krugs. Ainsi, là où il « suffisait de croiser le jungler adverse dans la rivière pour savoir ce qui lui restait comme camps, et ce qu’il avait fait pour lire ses prochaines 5 minutes facilement », il faut désormais pénétrer dans la jungle adverse et aller chercher l’information à la source. Ce qui est forcément plus facile quand on joue un champion très mobile, qui nettoie les camps rapidement et qui n’a pas peur de faire de s’engager dans un duel dans certains face-à-face.

De nouveaux joujoux

De plus, les champions que l’on voit le plus gambader dans la jungle en ce moment « avaient déjà énormément de dégâts avec la maîtrise Décret du Lord fulminant », mais profitent d’autant plus de la rune Électrocution. Le champion le plus invoqué jusqu’ici est Jarvan IV, qui n’a été banni qu’à deux reprises. Et pour cause, ce rescapé de la meta du Mondial est décrit par Nerroh comme « un jungler assez versatile, qui peut s’optimiser de différentes façons ». Il le juge « assez complet » mais est catégorique, « ce n’est pas le meilleur ». Ces dires sont confirmés par un taux de victoire de 43 %. Pas désastreux, juste moyen.

En revanche, il y en a un qui est souvent banni et qui effraie : Xin Zhao. Le Sénéchal de Demacia a récemment été totalement modifié et son nouveau kit est très efficace. Il a « beaucoup trop de dégâts, un trop bon clear, récupère trop facilement des PV, a une compétence ultime qui contre à peu près tout dans la meta » nous énumère Nerroh, qui ne voit qu’une seule faiblesse : « il peut mourir rapidement ». 

Est-ce que la tendance actuelle va durer ? Difficile à prévoir. La présaison n’est pas encore terminée et, autant de nouvelles optimisations peuvent être découvertes, autant les changements à venir peuvent encore chambouler les rapports de force. Mais quoi qu’il en soit, le Challenge France nous en apprend déjà énormément sur cette nouvelle version de League of Legends.

Alors, regrettez-vous Sejuani et Gragas ?