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ACTUALITÉ

La voie du milieu au centre du jeu

Théâtre d’actions spectaculaires et creuset de joueurs ayant accédé au statut de Légendes, la voie du milieu de la Faille de l’Invocateur et le rôle de ceux qui l’occupent sont plus que jamais au centre du jeu. Après sept semaines de Spring Split en LCS Europe, prenons le temps de se focaliser sur le rôle prisé mais délicat du midlaner.

Balayons immédiatement l’évidence : le rôle central de la voie du milieu est en grande partie dû à sa position géographique sur la carte. De ce fait, les midlaners sont, avec les junglers, les plus à même de créer le jeu sur les autres voies.

 Mais la voie du milieu est également réputée pour ses champions redoutables en duel, et certains joueurs ont su, au fil des saisons, hisser leurs picks favoris au sommet des cauchemars des match-ups. On peut citer le mythique Ryze d’Alexey « Alex Ich » Ichetovkin, ou Kha’Zix avec lequel il a terrorisé ses adversaires lors de la Saison 3. Popularisée en Europe, l’Anivia d’Henrik « Froggen » Hansen est encore aujourd’hui crainte Outre-Atlantique. Plus récemment, c’est Fabian « Febiven » Diepstraten, lors de son arrivée au sein de Fnatic, qui s’est fait un nom avec LeBlanc. Plus généralement, un vieil adage dit que n’importe quel champion, s’il est joué par Lee « Faker » Sang-hyeok, devient diablement dangereux.

LA VOIE DU MILIEU, UNE VRAIE SOLOLANE ?

Si la voie du milieu est devenue l’endroit parfait pour observer le talent mécanique des joueurs, le rôle de ceux-ci à lui beaucoup changé depuis le début de la scène compétitive de League of Legends. Pour Martin « Krok » Berthelot, commentateur, l’explosivité qui a fait la renommée de cette voie se fait plus discrète, au profit du collectif : « J’ai l’impression d’arriver à une stabilisation du rôle de midlaner depuis deux saisons. Auparavant faire de belles actions était très présent car le kill était très encouragé par la meta, les pièces d’or générées, l’expérience engendrée et la capacité à gratter la tourelle sans l’aide du jungler permettait donc de jouer très agressif. Aujourd’hui [...] il est de bon ton de décaler, et de placer la pression dans la jungle adverse, ainsi la botlane progresse et le jungler adverse est dans l’obligation de faire un choix. »

Les midlaners sont donc aujourd’hui plus que jamais tenus d’évoluer en adéquation avec leur équipe, et à fortiori leur jungler. Les changements qui ont affecté les effets boule de neige phénoménaux des précédentes saisons ont mis en exergue cette nécessité de jouer collectif. Cela ne signifie néanmoins pas l’abandon de champions à gros burst. Contrairement à la Saison 6 où les picks top et jungle ultra agressifs appelaient les midlaners à jouer des champions plus résistants comme Vladimir ou Lissandra qui mettent pleinement à profit le Visage de Liandri ou le Sceptre de Rylai, la relative discrétion des carrys AD en ce début de saison les a obligé à assumer un fort montant de dégâts lors des combats d'équipe.

Vladimir

Vladimir, beaucoup utilisé lors des saisons précédentes, semble être de retour en cette septième saison.

À l’heure actuelle, les midlaners sont donc tenus d’effectuer plusieurs tâches à eux seuls pour que leur équipe puisse dérouler correctement le plan de jeu. D’après Krok toujours, « la midlane aujourd’hui s’articule sur plusieurs points : la mobilité [...], le burst à moyenne portée [...], et les dégâts sur la durée [...] Il ne manque plus qu’un contrôle de foule venant du support ou du jungler pour réaliser un kill ». Ces trois points autour desquels le jeu évolue offre aux joueurs un choix de champions tout à fait décent : côté mobilité, Ryze, Taliyah et Corki sont les plus prisés. Leur rayon d’action phénoménal permet de faire pencher la balance en faveur de leur équipe en une poignée de secondes, sans compter sur les « effets secondaires » de ces sorts à mobilité (brûlure pour Corki, blocage pour Taliyah et téléportation en groupe pour Ryze). Le burst à moyenne portée est quant à lui matérialisé par Jayce, Syndra ou LeBlanc lorsque celle-ci à la chance de ne pas se voir bannie lors de la sélection des champions. Avec ces picks, une erreur de l’adversaire et celui-ci se voit infliger une sentence colossale en termes de dégâts. Quant aux dégâts sur la durée, Cassiopeia a naturellement su se faire une place au soleil grâce à son harcèlement incessant, mais on peut voir Azir revenir. Le point commun de tous ces champions ? Ils ont tous une excellente tenue de lane, et, comme le suggérait Krok plus haut, ils n’ont plus qu’à s’appuyer sur le contrôle de foule de leurs coéquipiers pour déchaîner les enfers.

La midlane aujourd’hui s’articule sur plusieurs points : la mobilité, le burst mid range, et les dégâts sur la durée.

Martin "Krok" Berthelot

LA VALSE  TROIS TEMPS DU MIDLANER

Après avoir observé leur évolution saison après saison et cerné leur forme actuelle, il est désormais temps de plonger au au cœur de la Faille pour découvrir comment joueur et voie du milieu évoluent au fil d’une partie. On peut d’ores et déjà remarquer que la durée des matchs actuellement dépasse la demi-heure et va souvent au-delà des 45 min. Cela peut s’expliquer par le fait que la grande majorité des équipes favorise la mise en place d’un format de 1-3-1 (1 joueur en toplane, 3 joueurs au milieu, un joueur en bas) lors de la transition entre la moitié et la fin de partie.

Au début de la partie, le midlaner a une mission principale : mettre autant de pression que possible sur son opposant direct. Cette pression est cruciale puisqu’elle va déterminer les premières agressions de son équipe, que le midlaner décale vers le conflit ou non. Pour mettre la pression, un midlaner doit pouvoir nettoyer les vagues de sbires très rapidement, pour forcer son adversaire à ne pas quitter son poste au risque de perdre beaucoup de farm. C’est la fameuse tenue de lane, avec laquelle Ryze, Corki ou Cassiopeia sont très à l’aise. Le mage runique, vétéran de la voie du milieu, a toujours su malgré ses différentes refontes se faire une place de choix dans la Faille. Aujourd'hui son kit de sorts aux délais de récupération très courts et qui bénéficient d'effets très puissants lorsqu'on les accumule lui confère une élimination de la vague de sbires quasiment inégalée. Lorsque l’adversaire est coincé sous sa tourelle et essaie de tuer les sbires présents avant sa propre tour, le midlaner peut alors exercer sur lui une seconde pression. Il va en effet pouvoir harceler directement le champion adverse, à condition -bien évidemment- de rester en dehors de la portée de la tourelle, sans quoi un accident et très, très vite arrivé.

Si l’exercice de cette seconde pression s’avère risquée, par exemple par manque de vision sur le jungler ennemi qui peut débarquer à tout instant pour punir l’avancée du midlaner, il est bien évidemment possible de décaler sur une autre voie. En général, les premiers décalages se font sur la voie du bas, notamment à cause de la présence du dragon, mais aussi car la prise de la première tourelle, lorsqu’elle est donnée au carry AD, confère un avantage certain. Le début de partie d’un midlaner tient donc en quelques mots, mais c’est toute la difficulté de bien le maîtriser qui fait de cette voie un rôle prestigieux.

Car on le voit souvent : même les joueurs les plus talentueux se laissent surprendre par la proximité mortelle de la jungle avec leur voie centrale. À ce titre, les premières minutes sur la voie du milieu sont à double tranchant : la pression permet aux coéquipiers de prendre l’avantage ailleurs sur la carte mais elle implique de prendre le risque d’être à découvert au milieu d’une voie dont les accès sont nombreux.

Lorsque vient le milieu de partie, les midlaners gardent leur rôle de sololaners. Avec la mise en place du 1-3-1, ils continuent de mettre la pression mais cette fois-ci sur l’une des voies latérales. Ce changement de voie, et cette complémentarité avec le toplaner qui évoluera dans la voie opposée à celle du midlaner, se fait toujours en parfaite synergie avec son équipe et surtout son jungler. Le but du format 1 -3 -1 est de pouvoir gagner du terrain sur toutes les lignes, tout en étant, dans le cas des voies latérales, toujours à portée du gros de l’équipe en cas de pépin… ou d’initiation d’un combat. Hadrien Forestier, coach du PSG eSports, le résume très bien : « Les phases de 1-3-1 [...] sont très utilisées dans la méta actuelle. Ils (les midlaners), doivent pousser leur sidelane avec la couverture du jungler, pour ensuite rejoindre ou se faire rejoindre par le trio; le toplaner restant de son côté disponible avec une Téléportation. »

Enfin, en find de partie, les midlaners doivent jouer de l’avantage pris au cours de la partie pour tirer pleinement parti de leur champion. Que cela soit du poke, du burst, du contrôle ou de la mobilité, ils doivent, notamment en combat d'équipe, neutraliser ou permettre de neutraliser les champions dangereux pour eux et leur équipe. Si c’est la phase lors de laquelle ils bénéficient pleinement des différents objets et buffs obtenus au fil des minutes, c’est une phase délicate dans laquelle ils n’ont pas droit à l’erreur. On l’a vu plus tôt, ils se doivent d’assumer un très gros montant de dégâts dès lors que leur équipe a engagé un adversaire à l’aide d’un contrôle. Bien sûr, si la partie est moins mouvementée, ils vont pouvoir continuer sur le format 1-3-1 et faire peser sur l’ennemi la menace de l’effet boule de neige acquis dans le match.

LE RETOUR DES ASSASSINS

On l’a vu, le midlaner a donc plusieurs lourds fardeaux sur les épaules : pression, décalage, dégâts... Sa situation géographique et son rôle de carry indétrônable en font une charge difficile à assumer mais aussi une position symptomatique de ce qu’est League of Legends : un jeu d’équipe ou le talent individuel est indispensable mais peut et doit pouvoir s’appuyer sur celui de ses coéquipiers. Car même si Hadrien pense que « en allant vers des compositions purement pression 1-3-1, on devrait voir de plus en plus d’assassins », Krok, son ancien partenaire de cast, tempère: « La synergie avec le jungler est un des points clés de la voie du milieu. »

Pour vous, qui remplit le mieux le rôle de midlaner aujourd'hui et pourquoi ?