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Shen skin official artwork
CHALLENGE FRANCE

La présaison vue de la voie du haut

Entre refonte complète des runes et maîtrises et rééquilibrages variés, la présaison apporte – forcément – son lot de changements dans la méta, que ce soit en file individuelle ou en équipe. Si les tanks restent au sommet de la voie du haut, ce ne sont pas tout à fait les mêmes qu'il y a deux mois. Ils sont, de plus, accompagnés par de nouveaux prétendants à la domination du nord de la carte. Petit tour d'horizon, vu du dessus.

Fin de saison, changements en pagaille ou non, une chose ne change pas sur la voie du haut depuis plusieurs mois : les tanks restent toujours aussi fort, comme nous le confirment en chœur Arthur « Brosak » Lesueur et Damien « Shemek » Soulagnet. Le joueur de Gentside Esports et celui de GamersOrigin notent toutefois l'arrivée d'une nouvelle trinité au sommet de la méta. Ornn, Shen et Maokai dominent aujourd'hui le haut de la carte, en particulier en équipe.

Ornn

Le dieu forgeron forge sa légende sur la voie du haut.

Tous trois présentent deux avantages clairs : une force intrinsèque non négligeable et une grande capacité à rester le temps nécessaire sur leur voie. Pour ne rien gâcher, ils sont également « forts sur la carte et lors des combats d'équipe », résume Brosak. Ornn a en particulier su s'imposer au fil des patchs comme un incontournable. Non seulement il a une excellente tenue de voie et n'a que très peu besoin de revenir à la base grâce à son passif – qui lui permet d'acheter de l'équipement sans passer par la boutique – mais bénéficie en plus de « la meilleure engage du jeu », s'exclame le joueur de Gentside. « C'est le meilleur champion actuellement : il a des contrôles, des dégâts, de la résistance, une énorme initiative, il a trop de tout », renchérit Shemek.

Juste derrière le Dieu de la forge volcanique, on retrouve donc deux anciens de la ligue, qu'il est difficile de départager. Tant Brosak que Shemek hésitent un temps, avant de les placer à égalité dans leur classement personnel. Shen se distingue comme toujours par son ultime, sa capacité à être n'importe où dès qu'on a besoin de lui. Attention toutefois, c'est un champion qui est meilleur en équipe, avec un jeu coordonné, qu'en file individuelle. Maokai, quant à lui, profite à plein de sa capacité à survivre indéfiniment sur sa voie.

Derrière la trinité, les suiveurs s'empilent

Gangplank

Gangplank, le retour du fléau des mers !

En dehors de cette solide trinité, de nombreux champions font leur retour ou leur apparition. C'est le cas de Gangplank , remis au goût du jour par la présaison et la rune Kleptomancie, qui permet de gagner un peu d'or et de portée d'attaque, mais surtout de récupérer aléatoirement des consommables. Avec elle, le pirate « abuse de son A », explique Brosak, D'après Shemek, le champion est pourtant « même fort même sans la Kleptomancie. L'effet de mode passé, les joueurs ont réalisé qu'il avait toujours été puissant ». Quoiqu'il en soit, pour Brosak, « c'est vraiment très fort, mais le champion est facile à sortir de sa voie ». Lui le voit « bien en équipe, mais seulement face à certaines compositions, contre des champions assez passifs au top et dans la jungle ».

Parmi ceux qui en profitent pour revenir sur le devant de la scène, on retrouve aussi Rumble, toujours très fort contre les tanks. Le champion apprécie particulièrement la force actuelle de la pénétration magique, explicable par la disparition des runes de résistance magique. Panthéon – sorti avec succès par Andrea « Katare » Suchodolski lors de la victoire de Solary contre Asus Rog – repointe également le bout de sa lance, grâce à sa capacité à dominer son vis-à-vis dès les premiers instants de la partie et à son ultime, jamais inutile. Pas avare de conseils, Shemek s'attend enfin à retrouver Poppy, Urgot, voire Lissandra ou même Teemo (en file individuelle, rassurez-vous, ou pas) face à lui dans les prochaines semaines, alors que Brosak apprécie Yorick. Les deux joueurs ont d'ailleurs sorti Poppy et Yorick l'un contre l'autre, dimanche 19 novembre au Challenge France, un match remporté par Gamers Origin.

Les runes tanks changent la donne

Au-delà des effets de mode, ces évolutions de la méta top s'expliquent évidemment aussi par la refonte des runes et maîtrises. Tanks oblige, l'arbre volonté est le plus employé par les compétiteurs du Challenge France.

Volonté et inspiration

Un exemple de page de runes pour un tank sur la voie du haut.

Le toplaner de Gentside y voit deux runes fondamentales particulièrement intéressantes à son poste. La Poigne de l'immortel « pour tous les champions qui combattent d'abord à l’auto-attaque » et l'Après-coup, particulièrement efficace sur les champions avec de forts contrôles, puisque non seulement elle leur apporte des dégâts mais qu'en plus l'efficacité de cette rune augmente avec les points de vie accumulés. Il est toutefois impossible d'avoir les deux, il faut donc choisir en fonction de son champion mais aussi de son adversaire direct. Dans tous les cas, ces deux runes rendent l'arbre vert plus rentable que d'autres plus agressifs. Brosak apprécierait d'ailleurs « peut-être une augmentation de la puissance des arbres précision et domination ».

Dans le reste de l'arbre, plusieurs choix s'offrent au toplaner avisé. Démolition s'améliore en fonction des points de vie maximum et peut faire très mal aux tours adverses, tandis que fontaine de vie remplace bien la force des âges. Enfin, si le choix d'une rune sur la troisième branche est situationnel, Shemek souligne que Second souffle – qui rend des points de vie après avoir subi une attaque – est quasi incontournable sur la dernière branche.

Deuxième arbre, l'embarras du choix

La question se complique un peu au moment de choisir un arbre secondaire. Brosak montre une vraie préférence pour l'inspiration. Il trouve le marché du futur « génial sur Ornn » et les chaussures magiques lui apparaissent un choix évident sur de nombreux champions. Il sélectionne ensuite « soit la livraison de biscuit pour encore accentuer la tenue de voie soit le chronomètre du timing parfait », pour préparer l'ange gardien ou le Zhonya.

Shemek, au contraire, privilégie « la plupart du temps l'arbre sorcellerie pour la mana » qu'apporte le ruban régénérateur et, pour certains matchs, « l'arbre précision avec triomphe et légende : ténacité », les deux permettant – encore une fois – de rester en vie le plus longtemps possible. Il trouve l'inspiration « sympa, mais globalement moins forte que sorcellerie ».

Dominer sa voie avant tout

Les capitaines de leurs équipes respectives se retrouvent en revanche dans leur analyse de la méta dans son ensemble. Vous l'aurez compris, la phase initiale de rencontre des joueurs sur leur voie est singulièrement importante en ce moment. Mais elle ne constitue pas une fin en soi. Il s'agit surtout de prendre le contrôle sur son opposant pour agir ailleurs sur la carte, que ce soit grâce à un ultime global (Shen, Panthéon, Gangplank) ou par sa contribution aux combats d'équipe (Ornn, Maokai). Comme le résume Brosak, qui voit là le cœur du jeu actuel, le but est de forcer son adversaire à retourner à la base pour prendre l'ascendant et « agir en cinq contre quatre ou exploiter un avantage par rapport à la téléportation ». A ses yeux, pas de doute, « c'est vraiment une des clés pour remporter la victoire en ce moment ».

Le plus important c'est d'être plus agressif, de gagner plus souvent les duels, afin d'empêcher son adversaire de jouer

Brosak

Même si Shemek considère que le jeu « n'a pas changé tant que ça au final », puisque « c'est l'équipe qui prend l'initiative en premier qui a toujours l'avantage et que c'est toujours difficile de split-push », il est le premier à admettre que le chemin pour l'emporter passe actuellement par la domination de sa voie. Il conseille pour cela de « jouer intelligemment avec sa téléportation », en particulier en cas d'affrontement entre deux tanks. Il faut toujours prêter attention au reste de son équipe, « être disponible pour ses carry », bref se servir des avantages dégagés sur la voie du haut pour être ensuite utile à ses coéquipiers.

Même en file individuelle, où les avancées prises sur la voie ont forcément moins d'impact comme en convient Brosak, le un contre un reste décisif au nord de la carte en cette présaison. Le plus important est toujours « d'être plus agressif, de gagner plus souvent les duels, afin d'empêcher son adversaire de jouer ». A bon entendeur !