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LCS

LCS EU : quatre questions pour quatre demi-finalistes

C’est l’heure des demi-finales ! Le weekend dernier, Schalke04 est venue à bout de Splyce, tandis que Misfits a surpris son monde en dominant G2 sur le score de 3-0. Ce résultat assure mathématiquement la qualification de Fnatic pour les championnats du monde, et permet à Vitality de s’approcher elle aussi d’un ticket pour un automne coréen. Les matches de cette semaine seront donc capitaux, et nous vous proposons aujourd’hui quatre questions qui gravitent autour de nos demi-finalistes.

Trois joueurs pour deux postes : comment les Fnatic brouilleront-ils les cartes ?

Si un joueur incarne à merveille les bienfaits d’un remplaçant au sein d’une équipe professionnelle, il s’agit sans doute de Gabriël « Bwipo » Rau. En gardant avec brio la voie d'un Paul « sOAZ » Boyer convalescent lors des phases finales du printemps, il avait déjà étonné la scène européenne par sa confiance et sa solidité. Cet été, son aisance sur les champions favorisés par la nouvelle méta de la voie du bas a permis à Fnatic d’être opérationnel dès le début du Segment, sans que Martin « Rekkles » Larsson n’ait à passer des jours à s’entraîner avec Swain ou Vladimir. Si le capitaine et vétéran des champions d’Europe en titre s’est volontairement mis sur la touche pour le bien de l’équipe, les modifications apportées par les derniers patches offrent aux tireurs traditionnels une renaissance méritée, sans pour autant enterrer les mages prédominants durant plusieurs semaines.

Bwipo_Youngbuck

Bwipo n'a pas participé au dernier match de la saison face à Unicorns of Love, mais il serait étonnant de ne pas le voir en demi-finale. Le sourire espiègle de Youngbuck va dans ce sens...

Qu’il s’agisse de sOAZ-Bwipo, Bwipo-Rekkles ou Rekkles-sOAZ, Joey « Youngbuck » Steltenpool dispose de multiples options pour la demi-finale contre Misfits. Le format Bo5 devrait permettre aux Oranges et Noirs de bénéficier pleinement de cette flexibilité unique en Europe, et des adaptations en cours de match sont également envisageables. Bien que Rekkles ne soit pas encore revenu à son niveau phénoménal du printemps, il reste un joueur d’exception, et son duel potentiel face à un Steven « Hans Sama » Liv en pleine forme promet des étincelles. Quoiqu’il en soit, ce line-up imprévisible sera un casse-tête pour les Misfits et leur coach Hussain « Moose » Moosvi, qui auront fort à faire pour barrer la route à des Fnatic en quête d’un second titre cette année. 

Les Misfits peuvent-ils vaincre leurs démons du milieu de partie ?

Lors de son quart de finale face à G2 Esports, l’écurie au lapin a rassuré ses supporters en affichant un bien meilleur visage que celui des dernières semaines. L’une des raisons de l’effondrement Misfits durant la seconde moitié du segment reposait sur les difficultés de l’équipe à jouer autour de la voie du bas, stratégie lui ayant grandement réussi pendant un mois. En obtenant un avantage massif en début de partie pour Hans Sama (qui a analysé sa saison pour nous), bien aidé par l’étincelant Mihael « Mikyx » Mehle, et un Nubar « Maxlore » Sarafian très présent sur la moitié basse de la carte, les finalistes du Summer Split 2017 pouvaient dérouler sans effort : les ADCs de Hans pesaient trop lourd dans la balance pour permettre un retournement de situation. 

Sencux_QuartsDeFinale_EULCS_Summer_2018

En difficulté cette saison, Sencux peut sourire : grâce à son Twisted Fate, il a permis aux Misfits de bien lancer leur quart de finale.

Les choses se sont gâtées lorsque l’équipe n’est plus parvenue à acquérir ce type d’ascendants. Dans des parties plus équilibrées, sa gestion approximative de la macro et son manque d’idées une fois franchie la barre des quinze minutes ont sauté aux yeux, conduisant Barney « Alphari » Morris et les siens à une série de défaites et entamant sérieusement leur confiance. Pour pallier ces problèmes stratégiques, le remplacement de Mikyx par l’expérimenté Jesse « Jesiz » Le a été tenté, mais sans succès.

L’affrontement face à G2 pourrait avoir balayé ces doutes, mais ce serait oublier la faiblesse affichée par les quadruples champions d’Europe dans cette rencontre, ponctuée de grosses erreurs ayant facilité la tâche des Misfits. N’oublions pas l’avantage colossal acquis par ces derniers lors de la troisième partie, avant qu’il ne soit presque entièrement gâché par plusieurs mauvaises décisions.

Face à une équipe aussi agressive et tactiquement rôdée que Fnatic, ce genre d’errements sera rédhibitoire. Les optimistes gageront que cette qualification aura remis les Misfits dans le bon sens, mais qu’on ne s’y trompe pas : il faudra bien plus qu’un Cho’Gath de gala pour arrêter Rasmus « Caps » Winther et consorts.

Vitality peut-elle survivre sans un Kikis dominateur ?  

Cela ne vous a pas échappé, l’un des visages les plus connus de la scène professionnelle européenne a ressurgi cette saison. Venu supplanter un Erberk « Gilius » Demir ne donnant plus satisfaction, Mateusz « Kikis » Szkudlarek incarne à lui seul le renouveau de Vitality. Le style fantasque et hyper-agressif chéri par l’équipe a pris une autre dimension depuis l’arrivée du jungler polonais, qui domine copieusement le début de partie et place tous ses alliés sur les bons rails. Des chiffres pour vous convaincre ? Vitality et Kikis, ce sont neuf victoires en dix rencontres cet été. 

Kikis_Vitality_Summer2018

Serein et concentré, Kikis est la pièce maîtresse du dispositif Vitality cet été.

Après avoir fini la saison sur les chapeaux de roue et dominé les tie-breakers, la situation semble idyllique pour Vitality. Si la structure française se hisse en finale, et que Fnatic l’y rejoint, elle sera quoiqu’il arrive qualifiée pour ses premiers championnats du monde. Néanmoins, les choses sont un peu plus compliquées que cela. En demi-finale, les hommes de Jakob « YamatoCannon » Mebdi retrouveront Schalke04, seule équipe à les avoir battus cet été. C’est également la seule équipe contre laquelle les Vitality ont dû batailler plus de 40 minutes. 

Dans un Bo5, l’effet de surprise est moins efficace, et les Abeilles l’ont vérifié durant leurs deux matches de phases finales au printemps : deux défaites, face à Fnatic puis Splyce. Si Kikis est un homme d’expérience, son prochain adversaire l’est également, puisqu'il s'agit de Maurice « Amazing » Stückenschneider. Ce dernier saura sans doute s’organiser pour éviter à son équipe de prendre l’eau sous la pression du talentueux polonais. Puisque Schalke jouit surtout d’une macro intelligente, et que Vitality éprouve des difficultés dans ce secteur de jeu, les équipiers de Lucas « Cabochard » Simon-Meslet pourraient alors se retrouver en difficulté. YamatoCannon aura-t-il un plan pour permettre à son jungler de s’exprimer quoiqu’il arrive ?   

Les joueurs de Schalke auront-ils les nerfs suffisamment solides ? 

« L’année de Nukeduck ». Blague récurrente depuis trois ans et son retour à la compétition, cette référence au potentiel inexploité du midlaner norvégien pourrait bien se révéler exacte cette saison. Pour ceux qui suivent la scène depuis suffisamment longtemps, le nom de Erlend « Nukeduck » Våtevik Holm évoque encore des prouesses mécaniques, notamment sur les assassins, en saison 3 (vosu pouvez retrouver ses conseils pour jouer Aatrox ici !). Mais depuis son retour de suspension début 2015, il a éprouvé des difficultés à se replacer parmi les meilleurs joueurs de la ligue européenne. Pire encore, il n’a participé aux Playoffs qu’à deux occasions ; et la dernière fois remonte au printemps 2016.

Malgré ses résultats médiocres, Nukeduck n’a pas baissé les bras. Les autres équipes européennes évoquent depuis longtemps le monstre qu’il est en scrims, des prestations hélas trop peu répétées une fois sur scène. De là à mettre en cause un mental fragile, il n’y a qu’un pas. 

Amazing_Schalke_Summer2018

Amazing doit mettre son expérience des matches à gros enjeux au service de ses coéquipiers plus sensibles à la pression.

Cette année, la séduisante équipe Schalke04 accueillait un rookie au milieu d’individualités expérimentées. Annoncé comme un véritable prodige, le carry AD Elias « Upset » Lipp a quelque peu déçu durant le Segment de printemps, à l’image de ses coéquipiers : la structure allemande a terminé le mois de mars à une piteuse huitième place, se voyant à nouveau refuser les phases finales. Upset, lui, souffrait véritablement de la pression des attentes. Beaucoup de jeunes joueurs parviennent, au culot, à ignorer le poids de la foule et à se mettre en valeur dès leurs premières sorties. Cela nous fait oublier qu’à 17 ans, certains ont besoin d’un peu de temps pour apprendre à gérer leurs émotions. 

Peu à peu, Upset a pris ses repères. Lors du quart de finale contre Splyce, on a senti un joueur prêt à tout pour mener son équipe à la victoire. Son excès d’enthousiasme aurait d’ailleurs pu coûter cher à Schalke, tant ses agressions ont parfois été incontrôlées. Mais le tireur allemand semble bel et bien libéré.

Encadrés par Amazing, demi-finaliste des Worlds 2015 et vainqueur en LCS, Upset et Nukeduck ont peut-être trouvé l’équipier parfait pour leur apprendre à évacuer la pression, et révéler leur véritable potentiel. Si ses cinq joueurs sont libérés, Schalke peut envisager cette demi-finale face à Vitality sereinement, et commencer à rêver d’une qualification aux championnats du monde, qui semblait bien loin il y a encore quelques semaines.

 

Pour savoir qui parmi ces quatre équipes s’affronteront à Madrid pour remporter ce Summer Split 2018, rendez-vous dès vendredi à 18h pour Vitality – Schalke04 !

 

Le programme : 

  • Vendredi 31/08 à 18h : Vitality – Schalke 04
  • Samedi 01/09 à 17h : Fnatic – Misfits