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ACTUALITÉ

Ces francophones qui ont marqué 2019

Alors que 2019 touche à sa fin, il est l'heure pour une rétrospective. Cette année aura été particulièrement importante sur League of Legends pour toute la francophonie à travers le monde. Elle a vu l'apparition d'une ligue française, dominée par un duo désormais iconique, mais également le succès de divers coachs à l'international. Enfin, cette saison 9 aura également été l'occasion de découvrir, voire de redécouvrir certains talents francophones outre-atlantique. Nous vous présentons une petite liste non exhaustive de personnalités francophones qui ont marqué l'année !

Steeelback et Djoko, monarques de la scène française

Il est difficile de parler des joueurs qui ont marqué la saison 9 sans mentionner le duo qui a dominé la scène française. En janvier 2019, Pierre « Steeelback » Medjaldi et Charly « Djoko » Guillard, qui évoluaient en LCS EU chez Giants Gaming l’année passée, ont annoncé qu'ils rejoindraient la LFL aux côtés de Team-LDLC. Outre ce nouvel environnement, le carry AD français a également décidé de changer de rôle, devenant alors support. Suite à ces décisions, beaucoup de doutes ont plané autour de la capacité de la paire à trouver ses marques, alors qu'ils sortaient d'une saison décevante en ligue européenne.

Aux côtés d'Eika, un joueur déjà solidement implanté sur la scène française, de Comp, un jeune ADC très prometteur, et surtout de YellOwStaR en coach, véritable légende de LoL, Steeelback et Djoko ont éclaboussé la LFL de leur talent. Dès le premier segment, ils ont montré l'ampleur de leur synergie et leurs qualités de stratèges. Ils ont terminé la saison régulière sur un score de 12 - 2, et ont dominé la finale face à Misfits Premier.

Dès leurs débuts en LFL, tous les joueurs de la Team-LDLC étaient déjà très confiants.

Dès leurs débuts en LFL, tous les joueurs de la Team-LDLC étaient déjà très confiants.

Lors du second segment, même chose. Ils ont une fois de plus terminé à la première place en saison régulière, avec le même score qu'au printemps, et ont cette fois-ci balayé Vitality.Bee lors de la finale. Le constat était sans appel : Djoko et Steeelback étaient simplement deux des éléments les plus performants en LFL. Que ce soit mécaniquement, stratégiquement, ou simplement par leur attitude désinvolte, le duo français a pu montrer qu'il était bien au-dessus de cette compétition. Les deux coéquipiers ont par ailleurs affirmé à plusieurs reprises que leur but était de retourner en ligue majeure en 2020.

Evidemment, Team-LDLC a également remporté la finale ultime de la LFL, faisant de Djoko et Steeelback des triple couronnés sur l'année 2019. Si la réussite de l'équipe s'est faite en grande partie via l'alchimie entre les deux individus, c'est surtout pour Steeelback que c'est une vraie réussite. Alors qu'il avait changé de rôle en début d'année, il a réellement progressé et semble être devenu un meilleur joueur en support qu'il pouvait l'être lorsqu'il jouait ADC.

« En tant que support, je me sens beaucoup mieux qu'en tant qu'ADC. (...) Aujourd'hui en tant que support, je sens que je peux arriver à être top 1. Mon but est de gagner le LEC, et je veux être élu le meilleur support d'Europe, je ne vise rien de plus bas. »

Steeelback, lors de son apparition dans le podcast Push To Talk de Krok.

Le seul point noir de 2019 pour Djoko et Steeelback sera bien entendu leurs deux participations aux EU Masters. Alors que ce tournoi réunissait les meilleures équipes des différentes ligues régionales européennes, Team-LDLC s'est effondré en quarts de finale à deux reprises. Pourtant vue parmi les favoris, l'écurie française n'aura pas fait le poids contre les mastodontes allemands qu'étaient BIG et SK Gaming Prime.

Des coachs qui ont fait leurs preuves

Parmi les Français qui se sont démarqués en 2019, trois coachs sortent du lot. Tout d'abord, Louis-Victor « Mephisto » Legendre a été très discret, alors qu'il a été l'homme de l'ombre qui a participé au succès de Fnatic. Recruté en tant que coach assistant aux côtés de Youngbuck, une légende du coaching européen, Mephisto a eu l'occasion d'apprendre, mais également d'apporter sa propre expérience à cette équipe, qui a manqué de peu un titre européen et a réussi à aller jusqu'en quarts de finale des championnats du monde.

En effet, le coach français n'en est pas à son coup d'essai. Après des années passées à entraîner différentes équipes, d'abord en Turquie puis surtout le projet ROG School (devenu ROG Esports) entre 2017 et 2018, Mephisto s'est finalement hissé jusqu'en ligue majeure. Alors que Fnatic a eu un début de saison très difficile, et que le départ de Caps a été difficile à combler, nulle doute que sa présence aura participé au renouveau de l'organisation la plus réputée d'Europe.

« J’ai injecté beaucoup de règles et de connaissances dans l’équipe. Pour faire un parallèle avec l’école, quand tu apprends quelque chose et que tu as un examen deux semaines après, c’est difficile. Par contre, deux mois plus tard, c’est ultra simple. Comme ce sont des joueurs intelligents, cela se met vite en place. »

Mephisto, lors d'une interview avant le début des Worlds

Outre Mephisto, 2019 aura également été l'occasion pour Hadrien « Duke » Forestier de faire ses preuves. L'ancien commentateur sur O'Gaming, reconverti coach avec le Paris Saint-Germain eSports en 2017, a finalement rejoint les plus hautes sphères de la compétition européenne, en entraînant Splyce durant la saison 9. Malgré un roster qui ne semblait pas sur le papier à la hauteur d'autres « super teams », comme Origen ou Misfits, l'équipe est parvenue à se hisser jusqu'en quarts de finale lors du Mondial.

Parmi les anciens commentateurs d'O'gaming, un autre s'est démarqué en 2019 pour sa capacité de coaching. Thomas « Zaboutine » Si-Hassen était parti outre-atlantique pour se lancer un nouveau défi en 2018, en devenant l'entraîneur d'OpTic Gaming en LCS. Si sa première année ne lui avait pas spécialement réussi, l'équipe terminant à la neuvième puis à la septième place de la ligue, son groupe a nettement progressé en saison 9.

Zaboutine

Une chose est sûre : OpTic n'avait pas les meilleures pièces de la ligue à sa disposition. Avec des joueurs qui n'ont rien montré de fantastique sur les dernières années, tels que Dhokla, Arrow et Big, se qualifier en playoffs semblait être un exploit très difficile à atteindre pour cette équipe. Et pourtant, en se basant sur un sens stratégique plus développé que la moyenne des LCS, et les aptitudes du champion du monde Crown sur la voie du milieu, Zaboutine a réussi l'impossible lors du segment d'été.

« Je me suis débrouillé avec ce que j'avais jusqu'en playoffs, et je m'en souviendrai comme une réussite, alors que ma première année n'aura été qu'un échec pour moi. »

Zaboutine, lors d'une interview après sa défaite en playoffs du segment d'été.

Si la performance de l'équipe n'aura pas été au niveau en playoffs, perdant dès le premier round face à CLG, elle a toutefois montré une nette progression au cours de l'année, ce qui est généralement signe d'un travail efficace du corps d'entraîneurs.

Un succès francophone outre-atlantique

Outre Zaboutine, les LCS ont également permis à deux joueurs francophones de faire leurs preuves en 2019. Connu depuis déjà de nombreuses années par la communauté française, et de retour en NA après un passage en Europe en 2018, Yasin « Nisqy » Dinçer a eu l'occasion de montrer l'étendue de son talent au sein de Cloud9. Alors qu'il avait débuté en ligue majeure auprès de Team EnVyUs en 2017, c'est réellement chez Splyce que le midlaner belge s'était grandement amélioré.

Nisqy reste un joueur très apprécié par la communauté française. Peu importe l'heure du match, il était toujours possible de voir passer des « Team Nisqy » dans le chat Twitch lorsque Cloud9 jouait.

Nisqy reste un joueur très apprécié par la communauté française. Peu importe l'heure du match, il était toujours possible de voir passer des « Team Nisqy » dans le chat Twitch lorsque Cloud9 jouait.

En saison 9, il a eu le rôle ingrat de devoir remplacer Jensen, considéré comme l'un des meilleurs à son poste en NA, en compétition avec Bjergsen. S'il n'a pas réussi à détrôner les joueurs danois, il a tout de même réalisé une excellente saison, amenant une touche d'agressivité supplémentaire au jeu de Cloud9. C'est entre autres grâce à son excellente performance que l'équipe s'est qualifiée aux Worlds, en passant par une deuxième place du segment d'été des LCS.

La performance de Nisqy en 2019 aura toutefois été en dents de scie. En effet, s'il a terminé le segment d'été sur une excellente note, terminant à la première place de la ligue en termes d'éliminations par exemple, il a également eu des parties plus difficiles. Pour sa première participation aux championnats du monde, le joueur belge n'a pas nécessairement montré le niveau qu'il aurait voulu, dans à une compétition très difficile. Contre Caps et Chovy, il était difficile pour lui de briller.


Il n'est pas le seul joueur francophone à avoir rejoint un groupe très difficile au mondial. S'il est facile de l'oublier, car il n'a jamais participé à une compétition française, Philippe « Vulcan » Laflamme est le premier joueur québécois à participer à une ligue majeure. Évoluant au poste de support aux côtés de Clutch Gaming en 2019, il a également eu l'opportunité de montrer sa valeur aux Worlds. Néanmoins, face aux titans de SK Telecom T1, Fnatic et RNG, il aura été très difficile pour lui de se démarquer.

Il est cependant certain que Vulcan a été excellent en saison 9. Avec Cody Sun en ADC, il a formé l'une des duolanes les plus dangereuses des LCS, et a brillé par sa capacité à créer de l'action sur des champions tels que Rakan et Nautilus. Pour sa première vraie année de compétition, n'ayant joué que quelques matchs en 2018, le québécois a été instrumental dans le succès inattendu de Clutch Gaming et leur qualification au mondial. S'il n'a pas décroché le titre de « rookie of the split » au printemps, le concédant à V1per, il aura certainement été le jeune talent nord-américain de l'année. C'est pour cette raison qu'il a récemment rejoint Cloud9 pour 2020, avec laquelle il pourra jouer aux côtés de Nisqy.

« Clutch Gaming ont été très sympa avec moi en me donnant leur confiance. Dès mes débuts au Scouting Grounds, ils m'ont dit : “Tu es notre joueur star, et nous voulons te développer avec des joueurs autour de toi”. Ils m'ont dit que je serai leur pièce maîtresse en LCS. »

Vulcan, lors d'une interview au micro d'Upcomer.

Si l'année 2019 aura été très importante pour la carrière des deux joueurs francophones outre-atlantique, 2020 devrait être la consécration de leurs efforts. Si l'union fait généralement la force, cette alliance entre le Québec et la Belgique pourrait signifier le début d'une nouvelle ère en LCS.


Evidemment, le rayonnement francophone sur la scène League of Legends ne repose pas que ce sur ces quelques individualités. Hans sama, sOAZ, Cabochard et même Laure Valée, pour ne citer qu'eux, ont également participé à la renommée française à l'international. De la création de la LFL à la finale du mondial à l'AccorHotels Arena de Paris, 2019 aura véritablement été une année magique pour les talents de l'hexagone.

 

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