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LCS

LCS EU : qui peut détrôner Fnatic ?

Les LCS reprennent ! Les dix meilleures équipes d’Europe vont de nouveau croiser le fer durant l’été, avec en ligne de mire une qualification aux championnats du monde. Parmi les prétendants naturels au titre, les vainqueurs du segment printanier : Fnatic. La structure la plus titrée de l’Occident a mis un terme à l’hégémonie installée par G2 Esports depuis quatre Split. Malgré un Mid-Season Invitational en demi-teinte, les protégés de Joey « YoungBuck » Steltenpool font toujours figure d’épouvantail en Europe. Alors, qui peut les arrêter ?

Lors du Spring Split, Fnatic a rapidement imposé sa supériorité aux neuf autres équipes. Portés par Martin
« Rekkles » Larsson, élu MVP du segment pour la deuxième fois consécutive, et Rasmus « Caps » Winther, qui a tutoyé les sommets lors de ses dernières sorties, les Orange et Noir n’ont pas tremblé pour récupérer la couronne qui leur échappait depuis l’été 2015. Même la blessure du légendaire Paul « sOAZ » Boyer n’a pu enrayer la machine, et son remplaçant Gabriël « Bwipo » Rau a impressionné par sa solidité. Lors du MSI, Fnatic a alterné l’extraordinaire – une victoire somptueuse face à Kingzone DragonX – et le très médiocre, comme cette défaite face aux Vietnamiens de EVOS. L’élimination en demi-finale face aux futurs champions RNG n’ayant rien de honteux, les champions d’Europe devraient être remontés à bloc pour cet été. En face d’eux, neuf challengers.

Les revanchards aux dents longues

Pour plusieurs équipes, le segment printanier s’est achevé dans la douleur et la déception. C’est notamment le cas de Misfits et Schalke 04. Les premiers, sublimes quarts-de-finalistes des derniers Worlds, et si proches de faire tomber SK Telecom T1, abordaient l’année 2018 pleins de certitudes : malheureusement, les départs de Tristan « PowerOfEvil » Schrage et Lee « IgNar » Dong-geun, couplés à une mauvaise gestion de ce nouveau statut de favoris, ont relégué les lapins à une triste 7ème place, synonyme de vacances anticipées. 

Misfits_Alphari_2018_EULCS_SpringSplit_W8

Pour Schalke, ce devait être le Split de la rédemption. Avec le prodige Elias « Upset » Lipp au poste de carry AD, et un effectif expérimenté – Oskar « Vander » Bogdan au poste de support, Tamás « Vizicsacsi » Kiss sur la toplane et Erlend « Nukeduck » Våtevik Holm au mid – la structure allemande avait toutes les armes pour briller. Malheureusement, en dépit de scrims réussis, l’équipe n’est toujours pas parvenue à retranscrire ses prestations d’entraînement sur scène. Résultat : une 8ème place très décevante, et un mystère toujours non résolu.

Quoiqu’il arrive, Schalke et Misfits doivent absolument se qualifier pour les play-offs, et si possible y atteindre les demi-finales, pour ne pas voir disparaître leurs espoirs de championnats du monde. Avec les renforts de Maurice
« Amazing » Stückenschneider dans la jungle (pour Schalke) et Jesse « Jesiz » Le au poste de coach assistant (pour Misfits), les deux écuries compteront dans leurs rangs des joueurs habitués aux matches à gros enjeu. Ces équipes ont véritablement le potentiel pour jouer les premières places, mais compte-tenu de leur printemps difficile, il faudra d’abord penser à participer aux play-offs.

Le haut du tableau : confirmation ou effondrement ?

Si l’on cherche des candidats à la victoire finale, il est normal de se tourner vers les demi-finalistes du Spring Split.
G2 Esports, bien que balayé en finale, a subi quatre changements en début d’année, ne conservant que Luka « Perkz » Perković. La structure internationale a rebâti un collectif de qualité ; Martin « Wunder » Hansen s’est imposé cette saison comme le meilleur toplaner européen, tandis que Marcin « Jankos » Jankowski a retrouvé ses habitudes de « Roi du Premier Sang ». La duolane G2, souvent pointée du doigt, a réussi des performances intéressantes, mais reste un cran en-dessous des meilleurs ADCs et supports de la région. Cela dit, avec six mois d’expérience supplémentaires, les approximations observées chez les quadruples champions d’Europe devraient être en grande partie gommées. Si c’est le cas, on peut s’attendre une nouvelle fois à ce que G2 obtienne l’un des deux premiers seeds qualificatifs pour les Worlds.

Splyce_2018_EULCS_SpringSplit_3rdPlaceDecider

Splyce est une autre équipe à laquelle on promet un été ensoleillé. Peu convaincants en début de saison, les serpents ont petit à petit démontré qu’ils n’étaient pas la bancale association de seconds couteaux que beaucoup avaient prédite. Grâce à une lecture intelligente de la méta, et des compositions d’équipe pragmatiques et efficaces, Splyce est parvenue à s’emparer de la troisième place aux dépends de Vitality. Néanmoins, Yasin « Nisqy » Dinçer reste le seul véritable détonateur de cette équipe, qui ne fait donc que rarement la différence sur une action individuelle. Si Splyce ne parvient pas à prendre le dessus stratégiquement sur ses adversaires, cela pourrait constituer un bloquant pour une structure qui ne vise rien de moins que le titre.

Revenons vers Vitality. Les hommes de Jakob « YamatoCannon » Mebdi ont connu une trajectoire inverse à celle de leurs derniers bourreaux : impressionnants durant les premières semaines, puis rattrapés par le peloton une fois la saison vraiment lancée. Daniele « Jiizuke » di Mauro, élu Rookie du Split, s’est effondré lors de la petite finale contre Splyce, et Erberk « Gilius » Demir s’est retrouvé impuissant sans la possibilité de s’appuyer sur son midlaner. Pour un retour plus détaillé sur le printemps de Vitality, vous pouvez consulter notre article. Avec une fin de saison en eau de boudin, on peut donc se demander si les abeilles sauront se remobiliser et retrouver leur allant de janvier. Avec les Worlds en ligne de mire, ce sera sans doute plus facile ; Amadeu « Minitroupax » Carvalho s’est d’ailleurs renommé Attila, preuve des intentions belliqueuses du carry AD portugais et sans doute de ses alliés…

Quatre équipes pour bousculer la hiérarchie

Restent donc quatre équipes, que l’on imagine un peu en-dessous des autres, mais qui ont déjà prouvé leur capacité à scalper les favoris. Deux d’entre elles ont même fait mieux lors du Spring Split, puisqu’elles se sont qualifiées pour les play-offs : H2K et ROCCAT.

Pour H2K, la saison ressemblait à un chemin de croix, jusqu’à ce que la structure opère deux remplacements : Marcin « Selfie » Wolski est venu prendre la place de Marc « Caedrel » Robert Lamont sur la midlane, tandis que Ilyas
« Shook » Hartsema supplantait Lucas « Santorin » Tao Kilmer Larsen dans la jungle. À partir de là, tout s’est mieux passé pour les « Durs à tuer » ; il s’en est même fallu d’un cheveu pour qu’ils parviennent à éliminer Vitality et atteindre les demi-finales. Avec un duo mid-jungle talentueux et expérimenté, H2K a les armes pour gêner n’importe qui… si la méta s’y prête ; le reste de l’équipe évoluant un ton en-dessous de leurs deux collègues.

H2K_Selfie_2018_EULCS_SpringSplit_W9

ROCCAT ne semblait pas elle non plus en mesure de jouer le top 6. Pourtant, avec un Jin « Blanc » Seong-min très convaincant et un Tore « Norskeren » Hoel Eilertsen tranchant, les tigres ont profité de leurs deux victoires contre Misfits pour doubler ces derniers et s’emparer de l'ultime ticket pour les play-offs. Avec un style plutôt sobre, reposant essentiellement sur la faculté de Blanc à prendre le contrôle d’une sidelane, les Roccat ont toutefois des faiblesses évidentes, et une capacité limitée à jouer autrement qu'avec leur condition de victoire n°1. Une plus grande diversité stratégique sera donc indispensable pour que l'été se déroule aussi bien que le printemps.

Malgré la longue coupure liée au MSI, il n’est pas exclu que les dynamiques de fin de saison se confirment, et que les progrès constatés chez les équipes de bas de tableau soient convertis cet été. Unicorns of Love, à l’instar de H2K, a connu un réveil tonitruant pendant trois semaines avant de craquer lors des quatre derniers matches. Avec un Jonas
« Kold » Andersen et un Fabian « Exileh » Schubert retrouvé, les Licornes ont pu montrer un style de jeu léché que personne ne soupçonnait après leurs 8 défaites en 9 rencontres. Inversement, les motifs de satisfaction étaient nombreux chez Giants après 3 semaines de compétition, mais la mécanique s’est lentement enrayée. Toutefois, l’effectif est composé de quelques joueurs ayant à cœur de montrer leur valeur, après avoir été souvent taxés de
« choix par défaut », ou sans ambition. Le remplacement – inattendu – du très bon Raphaël « Targamas » Crabbé par Risto « SirNukesAlot » Luuri pose quelques questions, mais difficile d’imaginer que ce sang neuf transformera profondément l’équipe, qui dispose malgré tout d’un potentiel intéressant. 

UnicornsOfLove_2018_EULCS_SpringSplit_W9

 

Conclusion habituelle, donc : le plus grand ennemi de Fnatic, c’est Fnatic. Digérer le MSI, gérer sainement la concurrence sur la toplane, et ne pas se projeter trop rapidement vers les Worlds, au risque de trébucher. Les champions en titre ont les meilleures armes pour s’imposer à nouveau en août, à eux de le démontrer. Derrière, G2 et Splyce sont attendues comme les principales menaces à l’ogre Orange et Noir, tandis que Schalke 04 et Misfits seront dans l’obligation d’accélérer violemment pour effacer un printemps loupé. Pour les autres équipes, il faudra jouer des coudes pour se hisser en play-offs, et soit inverser la mauvaise tendance de la fin du Spring Split, ou au contraire s’appuyer sur des dernières sorties convaincantes.

 

Et vous, quels sont vos pronostics pour ce segment estival ? Quelles équipes se qualifieront selon vous pour les championnats du monde ?