Jump to Main ContentJump to Primary Navigation
COMMUNAUTÉ

Les multiples visages de la méta en 2018

Nous arrivons enfin au terme d'une longue année de compétition, rythmée, comme chaque année, par des patchs controversés, des métas diversifiées, et des inspirations de la part d'équipes plus créatives que les autres. Chaque changement survenu au cours de cette saison a été l'occasion d'analyser les stratégies adoptées au niveau professionnel, mais pour clore ces douze mois mouvementés, nous vous proposons un petit conte de Noël, histoire de se remémorer les points marquants de la méta League of Legends en 2018.

Un mois de mercato agité a déjà suffi à nous faire oublier le championnat du monde (bon, pas vraiment, mais un peu tout de même). Alors, il est difficile de se remémorer le mois de février, le MSI ou même le début du segment estival. Notre objectif aujourd'hui sera donc de dresser une feuille de route en soulignant les points-clés de la méta 2018, ou tout du moins les plus mémorables. 

D'un Z qui veut dire...

Zoé ! En voilà une qu'on laisserait volontiers au placard, et pourtant, la saison compétitive a débuté sous le signe des Astro-Pongs et des éliminations en un sort. Avec un style de jeu qui rappelle la Nidalee des premières heures, Zoé a conquis les fans lorsqu'elle était jouée par leur équipe, un peu moins si elle se trouvait dans le camp adverse... Malgré son omniprésence dans la plupart des régions, la Manifestation du Crépuscule a partagé la voie du milieu avec, entre autres, Ryze et Azir. Le premier a notamment permis à Daniele « Jiizuke » di Mauro de se faire un nom, grâce à son inoubliable 1v2 sur la voie du bas face à Fnatic. 

Zoe

À vrai dire, la méta du début d'année n'a pas marqué de rupture brutale avec la fin 2017. Les tireurs sont toujours bien en place, avec notamment Kalista, Kog'Maw et Ezreal ; Sejuani reste la figure d'autorité dans la jungle, avec Jarvan IV, Zac, et dans un autre registre, Kha'Zix. L'Encensoir Ardent n'est plus qu'un mauvais souvenir, et le rôle de support est de nouveau monopolisé par les champions de mêlée, essentiellement Braum et Tahm Kench, suivis d'Alistar, Taric ou Shen. Quant à la voie du haut, là encore, les pensionnaires habituels ont repris leur poste, menés par Gangplank, Gnar, Camille ou Ornn, l'un des rares tanks à l'aise face à ces autres héros plus offensifs. 

Le patch 8.4 signe l'un des premiers tournants de la saison. Zoé encaisse un gros nerf, ce qui redistribue les cartes sur la voie du milieu, tandis que deux junglers émergent comme des incontournables : Skarner et Olaf. Le Berzerker vient justement répondre au Gardien de Cristal et à la présence massive de héros disposant de contrôles de foule. En imposant sa domination en début de partie, Olaf récompense les équipes un peu moins passives, et vient considérablement gêner ses homologues tanks. C'est aussi le retour aux affaires de Sion, qui apporte une solution crédible face aux toplaners évoqués plus haut, et qui surtout dispose d'une influence colossale sur l'ensemble de la Faille. Rakan et Xayah refont surface, en partie grâce à leur synergie, de nouveau appréciée par les pros, mais aussi de façon individuelle. La recherche des engagements étant redevenue une priorité, le Charmeur s'avère bien plus efficace que Braum ou Tahm Kench. La Rebelle elle s'impose comme l'un des meilleurs champions du jeu sur sa voie, et exerce une pression désagréable sur la plupart des autres tireurs.

B_N K_I'_A

Swain_Artwork

Nous sommes mi-mars, la fin du segment printanier approche, et un nouveau champion clé ressurgit des entrailles de Noxus : Swain. Grâce à une modification de ses compétences, le Grand Général débarque sur la voie du milieu, et compte bien y régner en maître grâce à son kit impressionnant : d'énormes dégâts, une résistance élevée, une capacité de régénération difficile à endiguer... Swain est peu gêné par les midlaners du moment, bien que ce retour en grâce se traduise également par un regain d'intérêt pour Cassiopeia, qui profite de la faible portée du Maître Corbeau pour le violenter en début de partie. Soyons toutefois honnêtes : Swain écrase ce patch 8.5, avec 220 bannissements pour 49 sélections, et un très bon taux de victoires de 55%. 

Est-ce donc là la superstar de l'année, le champion qui passera à la postérité comme le symbole de l'année 2018 ? Pas tout à fait. Le patch 8.6 surgit, et avec lui la nouvelle terreur de la Faille : Kai'Sa. Les premiers à profiter de la Fille du Néant sont les Coréens et les Chinois ; Bae « Bang » Jun-sik, notamment, se décide à la sélectionner, et permet à SKT T1 de se qualifier pour les quarts de finale des Playoffs LCK après un combat d'équipe... bien mené.

Ce n'est après tout pas un hasard si un joueur comme Yu « JackeyLove » Wen-bo s'est fait un nom sur ce champion, qui l'aura accompagné jusqu'au sommet de l'Olympe : 13/0/7 pour conclure la finale du championnat du monde, tout est dit. Un peu plus tôt, lors du MSI, c'est Jian « Uzi » Zi-hao qui a rapidement fait comprendre à ses adversaires qu'un ban était indispensable. 

Kai'Sa

Depuis cette arrivée cruciale, l'enjeu pour les équipes du monde entier a été de capitaliser sur le début de partie relativement faible de Kai'Sa, pour s'imposer avant qu'elle ne devienne incontrôlable. Plus facile à dire qu'à faire : sur l'ensemble de l'année, elle est apparue 381 fois dans les cinq ligues majeures, pour un taux de victoires de 54.6%. C'est assez impressionnant. 

« ADC in 2018 »

Aussi étonnant que cela puisse paraître, le patch le plus révolutionnaire n'était pas encore arrivé. Au début de l'été, la compétition reprend avec le 8.11, et les échos de la file classée solo évoquent « la mort des ADCs » et le débarquement massif des mages sur la voie du bas. Sans revenir longuement sur cette question, traitée à de nombreuses reprises, notamment dans ce Face à Face, les tireurs de profession ont connu quelques semaines délicates ; difficultés incarnées par la mise en retrait de Martin « Rekkles » Larsson chez Fnatic. 

Taliyah

Comme souvent lors des débuts de segment, la méta est riche en nouveautés : Camille et Taliyah sont devenues d'excellentes gardes champêtres (junglers), Nocturne également, et Irelia a fait son apparition (huit quoi?). Parmi les quelques ADCs à conserver une certaine popularité, on notera surtout Lucian, suffisamment à l'aise en début de partie pour affronter les mages à faible portée (Swain, Vladimir) ; le Purificateur a surtout été promu « contre officiel de Kai'Sa », bien qu'aucun faux-pas ne soit autorisé dans ce match-up.

Les ADCs seraient donc globalement morts et enterrés ?! Pas tout à fait. Kai'Sa reste vraiment très puissante, les pros cherchent donc un moyen de l'utiliser efficacement. Solution trouvée dès le patch 8.12, et l'arrivée du « funneling » [l'audience pousse des cris d'effroi]. Il ne s'agissait certes pas du spectacle le plus excitant : un ADC sur la voie du milieu, avec un Châtiment et un pseudo-jungler reconverti en support (le plus souvent Braum, dont Marcin « Jankos » Jankowski est devenu un expert) chargé concrètement d'encaisser les coups des monstres neutres pour que le midlaner puisse les récupérer à chaque réapparition. L'objectif est simple, exploser les records d'argent obtenu et de sbires éliminés, et profiter d'un pic de puissance largement anticipé par rapport au reste des joueurs. Exécutée proprement, cette approche aboutissait à des parties assez courtes, décidées par la présence d'un Kai'Sa nourrie aux hormones de croissance et simplement intouchable. Peu de kills, 300 sbires en moins de vingt minutes, et une certaine incompréhension de la part du public. Malgré un intérêt certain, le déséquilibre créé par le « funneling » s'avère compliqué à pondérer, et cette parenthèse se soldera par la modification du Châtiment de façon à ce qu'il ne soit plus utilisable ainsi. 

Lane kingdom

La seconde moitié du segment estival pave la route du championnat du monde. Deux champions sortent successivement de la remise : Aatrox et Akali. L'Épée des Darkin était déjà très présente lors du 8.12, mais c'est grâce à son buff du patch 8.13 qu'elle a plus ou moins acquis le statut de Dieu : 98% de présence dans les 5 ligues majeures, avec 16 sélections (dont 13 victoires) contre 300 bannissements ! Une fois sa courbe de puissance rééquilibrée, Aatrox a conservé son statut de héros phare de la voie du haut, très apprécié des joueurs aimant dominer en duel. Une tendance qui prendra tout son sens en octobre. 

Aatrox

L'assassin rebelle a elle aussi surgi brutalement, un peu plus tard, à l'occasion du patch 8.15. Malgré ses 74% de présence dont une large proportion de bans (80, pour 24 sélections), elle n'affiche alors qu'un taux de victoire de 38%. Ce chiffre passe à 44% sur le 8.16, sur 9 parties jouées (93 bans), et un taux de présence de 90%. Plusieurs éléments peuvent expliquer ce succès modéré, malgré l'indéniable force du champion. D'abord, malgré ses dégâts élevés, Akali est un héros assez technique à maîtriser, et certains joueurs s'y sont essayé sans pratique suffisante ; de plus, la sélectionner en première rotation revient à laisser de nombreuses portes ouvertes, notamment la possibilité de choisir une composition disposant de beaucoup de contrôles de foule (Braum, Lissandra...). Cryptonite de tant d'assassins, les CC ont effectivement posé de gros problèmes à des Akali pas toujours bien soutenues. 

Cela nous amène donc en Corée, où le championnat du monde s'est déroulé pendant plus d'un mois. Invictus Gaming, brillant vainqueur, incarne un style basé sur la domination de début de partie, à travers des match-ups individuels positifs et une agressivité de tous les instants. Malgré une approche du jeu moins saignante, G2 et son 1-3-1 s'appuyaient aussi sur une supériorité des voies. Les champions les plus présents pour cette compétition illustrent cette méta inhabituelle, qui a profondément déstabilisé les écuries coréennes : Aatrox, Urgot, Alistar, Akali, Kai'Sa, Irelia, et Rakan affichent tous un taux de présence de plus de 73%, et un taux de victoire de 55% ou plus ; sauf Aatrox, légèrement inférieur à Urgot dans leurs duels – fréquents – qui termine la compétition à 48% de victoires. Le cas de LeBlanc est très intéressant : après plusieurs carnages sur la voie du milieu dans les premiers jours de compétition, il est devenu vital pour les équipes de trouver un héros suffisamment fiable à ce poste pour être sélectionné à l'aveugle – champion qui s'est avéré ne PAS être Syndra. Différentes tentatives ont été opérées, et c'est finalement LeBlanc qui a rencontré le plus franc succès, devenant même une priorité absolue dans certains cas de figure. Song « Rookie » Eui-jin, notamment, a régalé le public avec la Manipulatrice. 

Akali

 

La saison s'est donc achevée avec une méta faisant la part belle aux duels, à la domination de voie, et à l'agressivité. Comment les changements de pré-saison ont-ils modifié cette dynamique ? Quels champions pourraient revenir sur le devant de la scène ? Et surtout, comment les équipes utiliseront-elles Neeko, la nouvelle terreur de la Faille ? Pour le savoir, rendez-vous en janvier pour la reprise des compétitions (ou dès lundi pour la Kespa Cup, qui se déroule ce mois-ci) !

 

Pour vous, quel a été le champion le plus marquant, ou la méta la plus surprenante de l'année ?