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LCS

Les représentants coréens en LCS EU, destins divers

Les joueurs sud-coréens sont si talentueux et tellement bien entraînés qu’ils sont nombreux à s’être expatriés pour chercher une place dans des régions moins saturées que leur pays natal. Ils sont 9 à évoluer aujourd’hui en LCS Europe, ce qui fait de la Corée du Sud le pays le plus représenté devant le Danemark et ses 8 talents. Mais Coréen ne rime pas avec réussite garantie. Les histoires de ces joueurs et leur intégration sur le Vieux Continent sont toutes différentes et il est temps de s’y intéresser d’un peu plus près.

Si on nous demandait « quels sont les Coréens qui ont le mieux réussi en Europe ? », la réponse que tout le monde donnerait serait évidemment Seung-hoon « Huni » Heo et Yeu-jin « Reignover » Kim. Personne n’avait jamais entendu parler de Huni et les fans les plus avisés ne connaissaient Reignover que pour ses mauvaises performances chez Incredible Miracle et pour son surnom peu flatteur… « Gameover ». Pourtant, le duo a réussi sur tous les aspects. Sportif tout d’abord, avec des résultats incroyables en Europe : un sacre de champions d’Europe pour leur première participation, une saison régulière parfaite en été avec le désormais culte score de 18-0 conclus par un second sacre, et enfin l’arrivée en demi-finale du Mondial 2015. Mais le duo n’a pas fait que remporter des parties et des titres, il a aussi conquis le cœur des fans. La folie très communicative de Huni et ses mimiques inimitables ont fait du roi du « holo holo holo » une véritable vedette. Enfin, ce séjour en Europe leur a permis de s’ouvrir des portes, de donner un sérieux coup de booste à leurs carrières. Huni a pu réaliser son rêve : être recruté en tant que titulaire chez SK Telecom T1, la meilleure équipe du monde. Le « rêve européen » est donc bel et bien possible pour ces joueurs en quête d’espace pour montrer au monde de quoi ils sont capables.

Sur les pas des légendes

Sûrement inspiré par ces belles histoires, Gang-yun « Trick » Kim a tenté sa chance en Europe à la fin de l’année 2015. Alors qu’il jouait en tant que remplaçant chez CJ Entus, équipe historique de la LCK (Corée), il n’avait que très peu de temps de jeu et restait dans l’ombre d’une légende vivante, Chan-yong « Ambition » Kang. Quand G2 Esports parvient finalement à se hisser en LCS, Trick les rejoints immédiatement. Dès la première semaine, il montre déjà de quel bois il se chauffe en arborant un KDA incroyable de 27 et rafle le premier titre de meilleur joueur (MVP) de la semaine. Le reste de la saison est tout aussi fantastique, si bien qu’il est nommé MVP du Segment de Printemps, avant de remporter les LCS Europe. Deux titres plus tard de champion d’Europe et un titre de MVP du segment plus tard, il est toujours la référence dans la jungle en Europe bien que ses champions de cœur ne soient plus très cotés. Ses liens avec son midlaner Luka « Perkz » Perković sont très solides et il semble s’être bien adapté à la vie en Europe. Bien qu’il n’ait pas le statut de star qu’avaient réussi à atteindre Huni et Reignover, il s’épanouit dans sa carrière. C’est un bon exemple de pari gagné pour une structure.

Trick, premier joueur à recevoir deux titres de MVP à la suite

Trick, premier joueur à recevoir deux titres de MVP à la suite

What did you Expect?

Le démarrage a été légèrement plus tumultueux pour son coéquipier et ami Dae-han « Expect » Ki à qui il a conseillé de rejoindre G2. Expect avait à cœur de rejoindre une bonne équipe après avoir passé ses deux ans de carrières dans des formations qui n’ont pas réussi à se qualifier en LCK ou qui n’ont jamais remporté une seule rencontre. Alors qu’il évoluait en ligue mineure en Chine (la LSPL), il a saisi l’opportunité de jouer en tant que remplaçant chez G2, mais le départ du toplaner titulaire Mateusz « Kikis » Szkudlarek l’a plongé très rapidement dans le grand bain. Sans gilet de sauvetage, il lui a fallu s’adapter vite et suivre la cadence de ses coéquipiers. Hors de question d’être un poids mort. Heureusement, il a toujours eu confiance en ses capacités et après des semaines à boire la tasse, il a finalement réussi à attirer le regard. Son anglais s’est amélioré au fil du temps, avec l’aide de son coach Joey « YoungBuck » Steltenpool et il a désormais assez d’aisance pour s’imposer et conduire son équipe à la victoire. Au Mid-Season Invitational 2017, il a été ferme dans sa communication, assurant à ses coéquipiers qu’ils devaient rester devant la base de Team SoloMid et lui faire confiance. Tout le monde s’est tu et a suivi ses consignes. Quelques secondes plus tard, il débloquait la situation et G2 s’imposait. À partir de ce moment-là, le public avait la certitude qu’il avait réussi son intégration.

Nuclear et Chei, duo discret qui pourrait gagner en réputation cette saison

Nuclear et Chei, duo discret qui pourrait gagner en réputation cette saison

Chez H2K, le duo Konstantinos « FORG1VEN » Tzortziou – Oskar « VandeR » Bogdan de l’an dernier a été remplacée par Jeong-hyeon « Nuclear » Sin et Sun-ho « Chei » Choi. Contrairement aux profils précédents, Chei a connu d’assez bons résultats en LCK avant de débarquer en Europe. Chez Jin Air, il a participé aux play-offs à de multiples reprises. Nuclear a un bilan bien moins bon, mais la paire s’acclimate bien. Certes, H2K est passé d’un carry AD star aux mécaniques individuelles spectaculaires à quelqu’un de plus discret, mais ce changement s’est fait au profit d’un plus grand équilibre dans l’équipe. Les deux joueurs se font très discrets depuis leur arrivée et restent dans l’ombre médiatique de leurs trois coéquipiers européens. Mais sur la Faille, ils se montrent souvent à la hauteur du haut de tableau. Malheureusement pour eux, ils n’ont pas réellement pu conquérir le cœur des fans ni les impressionner étant donné qu’ils ont croisé la route d’un Fnatic gonflé à bloc lors des play-offs du Segment de Printemps. Leurs débuts n’ont pas été très remarqués parce qu’ils n’ont ni été mauvais, ni assez transcendants pour percer. Mais nul ne doute qu’avec la position et le niveau qu’ils arrivent à maintenir, ils auront d’autres occasions de briller.

Quand le talent parle autant que le chemin parcouru

Malgré des résultats similaires, Dong-geun « IgNar » Lee a reçu beaucoup plus d’attention que Nuclear et Chei réunis. Le support que nous comparions ici même à MadLife faisait déjà parler de lui en Challenger Series. La grande différence est qu’il a participé à qualifier son équipe en LCS, ce qui aide à se distinguer, et qu’il accompagne la star montante française Steven « Hans Sama » Liv, ce qui a contribué à le faire connaître, surtout en France. Si lui aussi a commencé sa carrière en Corée en 2015, avec des résultats décevants chez Incredible Miracle après avoir pourtant qualifié l’équipe en LCK, il avait déjà tenté sa chance en occident auparavant. Sa toute première équipe n’était autre que la structure américaine Winterfox, pour laquelle il était remplaçant avant de rejoindre IM. Mais privé de temps de jeu, il a préféré bifurquer par son pays natal avant de retenter l’expérience à l’étranger.

Wadid a développé un rapport très amical avec son carry AD Hjarnan

Wadid a développé un rapport très amical avec son carry AD Hjarnan

En arrivant chez Misfits, IgNar a pris le rôle de titulaire à Min-kook « Dreams » Han, qui avait pourtant participé à qualifier l’équipe en Challenger Series. Quand Misfits s’est qualifié en LCS, Dreams s’est dirigé vers l’équipe bis, créée pour jouer les Challenger Series. À son tour, il a passé le cap du tournoi de promotion et joue maintenant en LCS sous l’égide de Mysterious Monkeys. Les chemins de ces joueurs sont assez similaires, mais les résultats récents de Dreams ne font pas rêver. Dernier du groupe B, Mysterious Monkeys a de fortes chances de devoir se battre pour conserver sa place à la fin de la saison. Heureusement, il paraît que c’est dans la défaite que l’on apprend le mieux. La carrière de Dreams ne fait que débuter, et avoir qualifié des équipes en CS et en LCS est déjà un bon accomplissement pour un joueur à la carrière si jeune. 

Recruter deux Coréens, les faire jouer, Profit-er 

Il y a ceux qui éclosent en Europe et qui finissent chez SKT… et ceux qui viennent en Europe en provenance de SKT. C’est le cas de Jun-hyung « Profit » Kim qui a remporté 11 parties pour une seule défaite avec l’équipe la plus titrée du monde au début de l’année. Ces résultats impressionnants et le nom de l’équipe ont fait espérer un niveau Huni-esque ou au moins Impact-ien, mais le mirage n’a pas duré longtemps. Ninjas In Pyjamas s’est bien vite rendu compte que recruter des joueurs pour leur nom ou le nom de leurs précédentes équipes n’était pas forcément le meilleur pari à faire. À ses côtés, ils ont également recruté Sang-moon « Nagne » Kim. Le nom de ce joueur d’expérience est connu à travers le monde, car il a longtemps joué à un très bon niveau chez NaJin et KT Rolster. Même s’il montre quelques bonnes choses, les résultats ne sont pas très concluants. Il serait évidemment trop facile de rejeter la faute exclusivement sur ces joueurs, mais les précédentes expériences de joueurs réputés comme Da-yoon « Spirit » Lee ou Seung-chan « Hachani » Ha peuvent servir de jurisprudence pour arriver à un constat : les jeunes joueurs qui ont encore tout à prouver font souvent les meilleures recrues.

Nagne et Ninjas in Pyjamas ont enfin remporté leur premier match de la saison

Nagne et Ninjas in Pyjamas ont enfin remporté leur premier match de la saison

Actuellement, 4 des 9 joueurs coréens en LCS EU évoluent au poste de support. Les structures ont tendance à privilégier les supports car les compétences les plus reconnues pour les Coréens sont les connaissances, la vision de jeu et les habitudes d’entrainement, qui sont les principales différences entre le pays du matin frais et le reste du monde. Or le poste de support est le meilleur pour exploiter ces compétences. Les junglers sont également souvent plébiscités. Le problème le plus récurent dans ce processus est la communication. Car la barrière de la langue n’est pas forcément facile à passer et demande travail, abnégation et accompagnement. Une structure qui a les moyens d’accompagner ses joueurs importés aura sûrement bien plus de chance de les voir s’épanouir. C’est un investissement sur le long terme qui, d’autant plus, dépend beaucoup de la volonté du joueur. De ce point de vue, le cas du support de ROCCAT Bae-in « Wadid » Kim est très intéressant. Lui aussi arrivé au début de l’année après une maigre expérience en Challenger Korea, il s’est très bien adapté et son niveau d’anglais lui permet même d’être régulièrement invité à la table d’analyse. 

Le mal du pays peut également être une cause d’une mauvaise intégration d’un joueur. Climat, rythme de vie, éloignement de la famille et des amis, nourriture, tout est très différent entre la Corée du Sud et l’Allemagne. Team Vitality voulait recruter Tae-yoo « LirA » Nam, mais il a fait faux bond à l’équipe française au dernier moment, évoquant comme raison majeure sa difficulté à s’adapter à l’Allemagne. Dernièrement, G2 Esports a offert une semaine de vacances supplémentaires à ses joueurs coréens pour qu’ils puissent profiter d’une petite pause dans leurs familles. Conséquence, ils ont raté la première semaine du Segment d'eté. C’est le genre d’efforts qui peuvent se rajouter à une équipe qui fait le choix de miser sur des Coréens.

Quel est le Coréen qui vous impressionne le plus en LCS Europe ?