Jump to Main ContentJump to Primary Navigation
mondiaux

Bilan des équipes européennes après les groupes

Nous venons de vivre la phase de groupe la plus folle de l’histoire des championnats du monde, tant par le nombre de résultats surprises que par les émotions procurées par les rencontres, notamment dans les groupes A, B et, dans une moindre mesure, D. Le point commun entre ces trois groupes ? La présence d’une équipe européenne, respectivement G2 Esports, Team Vitality et Fnatic. Alors qu’elles ont connu des fortunes diverses, nous vous proposons d’en faire le bilan avant le début des quarts de finale.

Vitality, si proche et pourtant si loin

Comme à l’accoutumée pendant le mondial, les quatre premières journées voient les groupes se succéder, puis chaque jour de compétition est consacré à l’un d’entre eux. Dimanche dernier c’est le groupe B de Vitality qui ouvrait le bal, avec la structure française opposée à l’ogre chinois Royal Never Give Up. Alors à égalité avec Cloud9 et Gen.G sur le score de 1-2, la défaite “attendue” n’aurait pas eu de réelle incidence en partant du postulat que RNG remporterait l’ensemble de ses rencontres du jour. Or les joueurs de Jakob « YamatoCannon » Mebdi réalisent l’impensable et font chuter la bande à Uzi.

S’entame alors une journée complètement folle durant laquelle les Coréens de Gen.G, champions du monde en titre, s’effondrent complètement dans le sillage de leur midlaner totalement hors du coup, tandis que les deux équipes occidentales se livrent une bataille à distance pour la deuxième place qualificative. Au moment de se rencontrer, Cloud9 vient tout juste de l’emporter à son tour contre le champion de la LPL, et décide de sortir ses pockets picks pour venir à bout des Européens : Singed au top et Zilean au mid. Malgré une certaine avance en début de partie, Cabochard et ses coéquipiers ne parviennent pas à enfoncer le clou. Ils finissent par être submergés par les champions adverses qui atteignent leurs pics de puissance, et c’est finalement la formation nord-américaine qui s’imposera, décrochant sa qualification.

Au terme d’une journée au suspens insoutenable qu’ils avaient initié, Cabochard, Kikis, Jiizuke, Attila et Jactroll s’effondrent. L’équipe de rookies (Cabochard et Kikis participaient à leur premier mondial) est passée proche d’un exploit retentissant. Si elle a su remplir parfaitement son rôle d’outsider capable de prendre des matchs aux favoris du groupe, elle a failli à deux reprises contre les représentants des LCS NA. Le midlaner italien regrettera surement encore sa mort plus qu’évitable durant la deuxième journée, qui a conduit à la première défaite contre C9. La formation regrettera peut-être également son manque d’efficacité dans le milieu de partie qui lui a coûté cher contre ses rivaux d’outre-Atlantique. Si l’équipe Vitality ne s’est pas qualifiée, c’est qu’elle n’était tout simplement pas la plus forte, mais ce qu’elle a réalisé avec une équipe aussi peu expérimentée reste remarquable. Et on ne peut que les féliciter et les remercier pour nous avoir fait vibrer ainsi.

L’année de G2 ?


2018 est annoncée comme l’année de beaucoup de choses. L’année de la Chine. L’année d’Uzi. L’année où la Corée perd son trône. L’année de Score. Et si finalement 2018 était l’année de G2 et de Perkz ?

Après deux saisons de domination totale sur l’Europe, durant lesquelles la structure n’est jamais parvenue à sortir des poules au Championnat du monde, elle a reconstruit son équipe autour de son midlaner star, Luka « Perkz » Perković. Malmené localement et durant le Play-in du mondial, les attentes étaient, à raison, très basses concernant G2 à la veille de la compétition, l'équipe étant placée dans le groupe d’Afreeca Freecs et Flash Wolves. Le joueur croate n’était pas au mieux de sa forme, la ligne du bas avait du mal à tenir en respect ses adversaires et la formation se reposait presque exclusivement sur les prouesses de Wunder pour s’imposer. G2 entame donc son mondial contre les Coréens d’Afreeca Freecs, favoris du groupe. À la surprise générale, les Européens réalisent une performance exceptionnelle, imposant totalement son rythme aux représentants de la LCK, avec comme fer-de-lance la Camille du toplaner danois. Si le collectif passe à travers de sa rencontre contre Phong Vũ Buffalo, elle réitéra sa performance contre Flash Wolves pour terminer la première série de matchs à 2-1. Entre les individualités performantes et un jeu d’équipe parfaitement huilé, G2 semble avoir atteint son plein potentiel et est en bonne situation pour déjouer les pronostics. Mais comme leurs homologues de chez Vitality, les coéquipiers de Perkz mettront nos nerfs à rude épreuve durant la journée de lundi.

En effet si tout démarre relativement bien contre l’équipe vietnamienne, grâce à la performance magistrale de la Akali du midlaner croate (probablement la meilleure en compétition à ce jour), G2 ne parviendra pas à clore la partie contre les champions de la LMS avant de chuter contre les Coréens lors de l’ultime partie. Mais le collectif européen ne connaîtra pas le même destin que Vitality, PVB ayant fait chuter Flash Wolves, forçant le tie-break entre G2 et FW. Cette dernière rencontre ira à sens unique, l’équipe européenne ayant réussi à mettre la main sur pratiquement tous ses meilleurs champions, dont l’invaincu Heimerdinger de Hjarnan, qui s’imposera assez aisément.

G2 a défié la chronique, passant du statut de “bon dernier annoncé” à celui de véritable outsider. Malheureusement, la prochaine étape se nomme Royal Never Give Up, le grand favori de la compétition. Mais ce dernier a déjà saigné depuis le début du tournoi, dont une des blessures est l’oeuvre de Vitality. Et si G2 arrivait une nouvelle fois à se transcender pour achever le travail entamé par la bande à Cabochard ? Même si cela parait peu probable, nous saurons dans quelques jours si 2018 est l’année de Perkz ou d’Uzi.

Fnatic, l’ultime outsider

 

Les attentes autour du champion de LCS EU étaient mitigées avant le Mondial. L’équipe n’avait pas été spécialement dominante durant les Play-offs, mais s’était imposée malgré tout, alors qu’elle avait été plutôt prometteuse le reste de la saison. Placés dans le groupe D aux côtés des représentants de la LPL d’Invictus Gaming (considérés comme l’un des favoris), certains voyaient la deuxième place promise aux Européens tandis que d’autres estimaient que la première position était envisageable. Et le résultat, vous le connaissez.

Quelle performance proposée par Fnatic ! Après une défaite au goût amer au match aller, et ce malgré les prouesses de sOAZ qui a rappelé au passage qu’il était l’un des meilleurs à son poste dans le monde, le match retour de mercredi était très attendu. Au terme d’une journée où 100 Thieves et G-Rex n’ont servi que de faire valoir, Fnatic a tout simplement martyrisé les joueurs chinois, que ce soit côté rouge ou côté bleu dans le tie-break. Le Lee Sin de Broxah a brillé, mais c’est surtout le collectif qui a impressionné, au point que certains observateurs considèrent cette performance comme la meilleure jamais réalisée par une équipe occidentale.

Puis l’euphorie d’avoir arraché la première place s’est prolongée avec le tirage au sort des quarts de finale. Placé dans la même partie de l’arbre qu’Afreeca Freecs, Cloud9 et EDward Gaming, Fnatic ne pouvait probablement pas espérer mieux. Désormais la formation européenne nourrit de grands espoirs : ceux de retrouver la finale mondiale, ce qui serait une première depuis 2011 pour une équipe occidentale. Cette année-là Fnatic l’avait emporté. La suite de l’histoire ne demande qu’à être écrite.