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LCS

Nemesis, Abbedagge, Humanoid : un héritage à assumer

Cette saison, le LEC accueille trois rookies prometteurs sur la voie du milieu : Nemesis, Abbedagge, et Humanoid. Seulement, leur rôle ne sera pas celui de doublure dans des équipes de bas de tableau : ils ont la lourde tâche de remplacer trois des tout meilleurs joueurs d'Europe – et du monde – à ce poste, et de faire oublier aux fans ces noms prestigieux. Un lourd tribut, mais que ces jeunes pousses semblent en mesure de porter.

Rasmus « Caps » Winther, Erlend « Nukeduck » Våtevik Holm, Yasin « Nisqy » Dinçer : trois joueurs aux forces et aux parcours différents, mais sans aucun doute de remarquables individualités qui ont peut-être réalisé en 2018 la plus belle année de leur (plus ou moins jeune) carrière. Tous ont cependant quitté leur structure cet hiver pour viser encore plus haut. Caps, malgré une finale de championnat du monde avec Fnatic, a rejoint G2 : Luka « Perkz » Perković endossera désormais le rôle d'ADC. Nukeduck, après une très bonne année et une finale estivale avec Schalke 04, a rejoint l'effectif prometteur de Origen. Nisqy, enfin, a été choisi par Cloud9 (demi-finaliste des Worlds) pour remplacer Nicolaj « Jensen » Jensen, après son année remarquée chez Splyce. Alors, qui a été choisi pour leur succéder ?

Tim « Nemesis » Lipovšek

Bien connu des amateurs de la ligue espagnole, Nemesis a fait ses armes chez Mad Lions. Deux titres de Superliga, une victoire aux European Masters, et pour quitter son équipe en bons termes, un pentakill en finale de l’Iberian Cup, remportée début décembre. Quatre titres majeurs, au sein d’un effectif dont il était l’une des stars : de quoi attirer l’œil de Fnatic, qui a donc misé sur le prodige slovène pour assurer la succession de Caps.

Nemesis

Nemesis lors de la première semaine de LEC.

Au cours de l’année 2018, Nemesis a pu faire étalage de son très large éventail de champions. Sa zone de confort ? Ryze (17 parties jouées pour 10 victoires, 3.4 de KDA), Corki (13 parties jouées pour 10 victoires, 5 de KDA) et surtout Azir (12 parties, 11 victoires, 7.6 de KDA). Son goût pour les mages classiques ne heurte toutefois pas sa polyvalence : on retrouve, parmi ses autres héros clés, Galio, Irelia, Zoé, Sion ou même Lulu. Du tank au support en passant par le bruiser, Nemesis s’est montré capable d’évoluer au fil des patchs, tout en gardant une préférence pour les personnages aux fortes capacités d’outplay

Les statistiques de Nemesis, certes gonflées par la réussite collective des Mad Lions, montrent malgré tout la domination exercée par le midlaner sur ses adversaires directs : une avance de 9.3 sbires en moyenne à 15 minutes, et 280 pièces d’or. Sur l’ensemble de l’année, il a par ailleurs empilé 28 éliminations en solo… C’est colossal. 

Bien sûr, Nemesis n’est pas Caps. Tous deux ont le même âge, et le palmarès du nouveau leader des G2 reste plus impressionnant que celui de son successeur chez les Orange et Noir. Et les attentes des fans seront évidemment gigantesques. Toutefois, Fnatic a toujours su faire éclore de jeunes talents : sur les deux dernières années, Caps, Mads « Broxah » Brock-Pedersen et Gabriël « Bwipo » Rau sont passés du stade d’inconnus aux yeux du grand public, à celui de superstars mondiales. Nemesis a déjà montré son talent au sein d’une structure et d’une ligue compétitive : encadré par le meilleur staff d’Europe, le jeune Slovène pourrait très vite faire oublier Caps, et c’est tout le mal qu’on lui souhaite.

Felix « Abbedagge » Braun

Abbedagge

Abbedagge, tout sourire après la victoire de Schalke 04 face à Vitality.

Si vous avez déjà entendu l’un des noms dont nous parlons ici, c’est sans doute celui-ci, et pas seulement parce qu’il s’agit du bruit d’une unité lorsque vous la sélectionnez dans Age Of Empires (explication officielle de son pseudo, on ne rigole pas, voir plus bas). Le midlaner allemand est en effet passé par différentes structures, à différents niveaux, notamment en ligue turque et sur la scène nationale de nos chers voisins germaniques. Après quatre mois chez Vitality Academy, Abbedagge a rejoint Royal Bandits (Turquie) pour la deuxième moitié de saison : il y a notamment côtoyé Aleš « Freeze » Kněžínek , Mustafa Kemal « Dumbledoge » Gökseloğlu, et Sergen « Broken Blade » Çelik (nouveau toplaner de TSM). 

L’équipe a bouclé le segment estival à la première place (22 victoires pour 6 défaites), loin devant SuperMassive eSports (18 victoires pour 10 défaites), mais s’est inclinée face à cette dernière en finale des Playoffs. Une occasion manquée de participer au championnat du monde, mais pas de quoi occulter la bonne saison des Bandits. 

D’un point de vue personnel, Abbedagge a su varier les plaisirs, mais son appétence pour les mages est indiscutable. Sa Zoé (9 parties, 6 victoires, 12.9 de KDA) et son Swain (5 parties, 5 victoires, 12.3 de KDA) ont été particulièrement impressionnants. Sur sa voie, il affiche des statistiques plus que convaincantes, avec une avance moyenne de 8.9 sbires à 15 minutes, et de 233 pièces d’or. 


Bien sûr, tout cela est séduisant sur le papier, mais cela ne suffira pas à faire oublier Nukeduck. Après plusieurs années médiocres, et ce malgré sa réputation de « dieu des scrims », le Norvégien avait enfin retrouvé de sa superbe, et disputé la finale du segment estival. Schalke a donc fait le choix de miser sur une jeune pousse allemande, à l’instar de son ADC Elias « Upset » Lipp, déjà promis à un avenir radieux. Abbedagge arrivera-t-il à maintenir Schalke dans le haut du panier européen ? 

Marek « Humanoid » Brázda

Notre dernier larron est lui aussi un baroudeur ayant enfin trouvé la lumière. De la ligue nationale tchèque à Millenium, en passant par Mad Lions, Humanoid a vu du pays. Sa dernière expérience l’a mené en Pologne, où il a remporté quelques titres avec Illuminar Gaming, notamment la saison inaugurale de l'Ultraliga.

Il est intéressant de se pencher sur ses statistiques en TCL (ligue turque), chez Dark Passage, structure avec laquelle il a participé au segment estival. On retrouve une domination individuelle similaire à celle exercée par Nemesis et Abbedagge : une avance moyenne de 12.1 sbires à la quinzième minute, et 139 pièces d'or. De plus, même s'il s'agit d'un chiffre moins significatif, Humanoid était en avance au farm dans 85% de ses parties, là où Abbedagge tournait autour de 50%, et Nemesis de 68%. Cela pourrait souligner un style de jeu encore plus axé sur la domination du match-up de la voie du milieu. 

Cette éventuelle supériorité n'est en revanche pas illustrée par son éventail de champions, très standard : 8 parties avec Ryze, 5 avec Zoé et Azir... Du grand classique pour 2018. Seule une légère préférence pour Orianna pourrait éventuellement attirer l'attention : trois parties, deux victoires et un KDA de 15.

Humanoid_2016

Humanoid, attentif aux derniers conseils de ses entraîneurs.

Même si nous disposons d'informations limitées sur ce joueur, notamment à cause de son manque d'exposition à l'international, ce n'est pas le cas de Splyce, qui a certainement décidé de lui faire confiance pour d'excellentes raisons. Humanoid devra faire oublier Nisqy, l'un des joueurs les plus en vue de la structure l'an passé, qui a bien souvent incarné la solution aux problèmes rencontrés par son équipe. L'effectif Splyce a toutefois été assez largement renouvelé, puisque Tamás « Vizicsacsi » Kiss est venu prendre la relève de Andrei « Odoamne » Pascu sur la voie du haut, et Tore « Norskeren » Hoel Eilertsen a été recruté au poste de support. L'homogénéité de ce groupe, qui comporte plusieurs hommes d'expérience, devrait permettre au prodige tchèque de rapidement prendre de l'ampleur. 

 

À des degrés divers, nos trois « rookies » au plus haut niveau européen vont devoir satisfaire des fans exigeants déçus de la perte d'une de leurs stars. Si Nemesis sera évidemment scruté avec une attention accrue, Humanoid et Abbedagge auront aussi une certaine pression compte-tenu de leurs prédécesseurs respectifs. Tous trois ont, toutefois, le potentiel pour exploser à la face de l'Europe et s'imposer comme les nouvelles références à leur poste. Ce ne serait pas la première fois que de jeunes joueurs inconnus du grand public réaliseraient une entrée fracassante dans la cour des grands...

 

Sur lequel de ces trois jeunes midlaners fondez-vous le plus d'espoirs ? Pensez-vous qu'ils parviendront à faire oublier Caps, Nukeduck et Nisqy à leurs supporters ?