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LEC

Rencontre avec Neo, l'homme derrière le succès de Vitality

Alors que Team Vitality est à la 2e place du LEC, nous avons échangé avec Fabien « Neo » Devide, le co-fondateur de la structure française.

Changement de dynamique

Depuis son arrivée dans le circuit professionnel européen, le meilleur résultat de Vitality restait une 3e place lors du segment de printemps 2016. Une belle performance, d'autant plus que c'était la première participation de l'équipe, mais l'essai n'avait pas été transformé, avec une chute dès les quarts de finale. Et pendant deux ans, les abeilles ont stagné à la place neutre des LCS EU. Mais cette ère est révolue. 

« L’année 2018 a été effectivement une année extraordinaire sur beaucoup d’aspects, se félicite Neo. La sélection en LEC, agrémentée de notre année pleine en LCS (2 finales + Worlds) suivi de notre titre de champion de France sont forcément une très grande satisfaction. Je suis heureux de dire que nous avons appris de nos erreurs surtout en LCS (maintenant LEC). » 

« Pendant des années nous avions à mon sens une mauvaise approche et une gestion trop court-termiste de notre effectif, analyse Neo. Comme beaucoup de choses nous avons appris dans la douleur, mais cela nous a permis de trouver enfin le modèle qui colle le plus à nos valeurs. Aujourd’hui c’est une immense fierté de constater que notre petit projet qui a démarré de Call Of Duty a finalement trouvé sa place et s’impose pour beaucoup comme une référence sur la scène internationale. C’est une première étape importante pour nous et également pour l’esport français. Mais je reste assez pragmatique. Cela fait plus de 10 ans que j’évolue dans ce milieu et je sais que tout peut s’inverser très vite. Le plus important, c’est de tenir dans le temps et tenter d’aller chercher un titre majeur sur une scène majeure, ce qui nous manque le plus à l’heure actuelle », conclut-il avec sagesse.

Saken, midlaner de Vitality.Bee

Saken, midlaner de Vitality.Bee

Pas de coïncidence

Le succès en LCS a été accompagné par l'émergence et le succès d'une deuxième équipe, Vitality Academy, qui évoluait dans l'Hexagone, à l'occasion de l'Open Tour France. « L'année 2018 était une année clé dans le développement de League of Legends. Il fallait montrer à Riot Games que nous étions un acteur important de leur écosystème avec une vraie capacité à faire émerger des talents et potentiellement gagner. Nous avons mis les bouchées doubles pour avoir des équipes compétitives avec un corps de joueurs stable, raconte l'homme à la tête de Vitality. Pour nous, il était évident que la place en LEC était notre priorité absolue. Même si les différentes ligues nationales sont de plus en plus structurées et intéressantes, le championnat européen reste le plus important, le plus prestigieux. »

Worlds en Corée : une aventure !

« Les Worlds ont été surement l'une des expériences les plus fortes de ma carrière. Je me souviens avoir ressenti la même émotion après notre victoire contre GenG en ouverture que celle après avoir vu notre logo affiché durant notre premier match LCS (une défaite contre ROCCAT, avec Edward sur l’ancien Taric, j’en frissonne encore). Avec beaucoup de recul, rien n’est plus fort que les championnats du monde. L’exposition médiatique, le niveau des matchs, bref c’est LE rendez-vous à ne pas manquer et notre objectif absolu », décrit Neo. Quand on y goûte, on ne peut plus s'en passer.

Objectif LEC

Après une si belle année, il faut se projeter pour faire durer l'aventure et tenter de faire encore mieux. « J’ai la sensation que nous avons franchi un cap. Nous avons conservé 4 joueurs sur 5 et nous avons fait un gros travail de scouting pour être certain de trouver un jungler qui puisse nous apporter beaucoup plus de contrôle, raconte Neo. Je pense que notre groupe a le potentiel, l’envie et la maturité nécessaires pour aller au bout. Maintenant G2 est sincèrement l’ogre de la compétition et je ne pense pas que quelqu’un soit proche de leur niveau actuellement (20/02/2019 - 9/1 en LEC). La saison reste longue, les métas changent souvent et j’ai une confiance totale en mon équipe. Surtout quand il s’agit de gravir des montagnes », conclut-il, entre lucidité et confiance en son effectif.

Attila, aux Worlds

Attila, aux Worlds

La France et la LFL

Alors que le public francophone a été emporté par les aventures européennes et mondiales de Vitality, la structure a voulu s'investir en France, afin de véritablement coller à ses valeurs et d'être au plus proche de son public bleu blanc rouge. De gagner une place dans son cœur. « Je l’ai ressenti l’année dernière sur différentes compétitions et encore plus pendant la finale de l’Open Tour que nous avons remportée : il y’a un véritable amour autour de nous et rien n’est plus important à mes yeux. L’origine de notre équipe était de créer une team pour les joueurs, au plus proche de nos supporters. J’espère que les gens ressentent encore ces grands principes. Notre arrivée en Open Tour, et maintenant en LFL, était pour davantage coller avec notre volonté d’être une équipe française qui veut réussir à l’international. J’ai pensé que c'était un peu hypocrite de taguer des drapeaux français dans tous les sens, si nous ne sommes pas dans le partage pour notre propre écosystème. Nous sommes l’organisation leader en France depuis peu de temps, c’est beaucoup de pression mais avant tout des responsabilités. Celle de devoir au maximum partager les ressources pour faire grandir l’ensemble de notre environnement. Aujourd’hui nous avons pris 4 joueurs français pour deux raisons :
- Que nos supporters français puissent s’identifier en nos joueurs ;
- Pour montrer que la France peut être l’équivalent du Danemark ou de la Corée, sur le vivier de joueurs / talents. Il faut simplement leurs donner une chance et aider la formation.
 »

La France en Europe

Alors que la dernière édition des European Masters a été remportée par Mad Lions, une équipe espagnole, tout le monde espère que la structuration autour de la LFL permettra à la France d'enfin montrer son vrai visage à l'international. Et Neo est confiant : « Je pense que pour le moment la LVP a montré que leur format était le plus adapté. Je ne vais pas dire le contraire quand 4 de mes joueurs LEC sont issus de “cette école”. La France a une capacité folle à vite réagir donc je suis assez confiant dans le futur succès du format. D’un point de vue sportif, la France est en tout cas très compétitive. LDLC est l’un des favoris pour les European Masters et ce n’est pas anodin. »

L'objectif en LFL

« Notre véritable objectif est d’encadrer des talents et les amener un jour en LEC, lance Neo. Le but est d’alimenter au maximum notre équipe majeure. L'apprentissage du BO1 ; des play-offs, du stage sont très formateurs et vont nous permettre à terme de voir nos jeunes joueurs fouler la plus grosse scène européenne. Bien entendu ce sera corrélé à nos besoins dans l'équipe principale. Si rien n’évolue de ce côté, nous voulons créer un cycle de 2 ans avec notre équipe LFL pour les amener potentiellement au titre en année deux. »

De l'optimisme, des projets sur le long terme et du réalisme face à la concurrence. Voilà comment on pourrait résumer les pensées de Fabien « Neo » Devide ! Et comme on dit : #VForVictory.