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mondiaux

Phase de groupes : la méta en quatre points

À l'issue d'une phase de poules riche en émotions et en rebondissements, il est temps de dresser un bilan de la méta après deux semaines de compétition. Avec une dynamique globale portée vers l'agression et la domination du début de partie, de nombreux affrontements d'équipes et un large éventail de champions viables, ce championnat du monde fédère pour l'instant par ses parties généralement rythmées et intenses. Nous vous proposons donc aujourd'hui d'identifier, en quatre points, les éléments marquants de cette méta automnale.

Même si les matchs à élimination directe nous réservent encore sans doute de nombreuses surprises, 81 champions différents ont déjà été sélectionnés durant la phase de poules, auxquels s'ajoutent 6 champions apparus uniquement à travers un ou plusieurs bannissements. Par ailleurs, avec une durée de jeu moyenne d'environ 33 minutes, et une moyenne de 25 éliminations par rencontre, l'ambiance globale est assez « festive ». 

Panthéon, Qiyana, Renekton, Akali : les indésirables 

Avec 100% de bannissements, Panthéon est persona non grata cette année. En Play-in, il avait eu le droit à une apparition – victorieuse – et il est possible qu'au moins une équipe tente de le contrer en Bo5, le coût d'une défaite à visée expérimentale étant bien sûr moins élevé dans ce format. Derrière, trois champions affichent un taux de présence particulièrement élevé : Qiyana, Akali et Renekton.

Panthéon

Panthéon a fait peau neuve, et subit jusqu'ici un permaban. Il serait toutefois cruel d'en priver le public parisien...

L'impératrice des éléments (88% de présence, 34 bannissements et 10 sélections) a clairement été l'un des enjeux majeurs de la phase de groupes. Outre sa puissance intrinsèque, elle présente également l'avantage de pouvoir être jouée top, mid et même dans la jungle, la flexibilité en phase de sélection étant toujours un atout apprécié des équipes. Son taux de victoire modeste (50%) doit être tempéré : ses défaites sont en effet concentrées sur des équipes ayant beaucoup perdu, et ses succès sur des équipes ayant beaucoup gagné. Néanmoins, Qiyana n'est pas invincible, bien que ses capacités de contrôle en fassent une menace permanente, même sans avantage particulier. 

Akali, sans surprise, est elle aussi très populaire (82% de présence, 20 sélections, 21 bannissements). Dans une méta où les tanks se font rares, l'Assassin rebelle se fait un toujours un plaisir de dynamiter les carrys adverses et de faire hurler les spectateurs. Mention spéciale à Heo « ShowMaker » Su, exceptionnel sur le champion, et qui totalise un KDA de 20 en deux parties. Avec un taux de victoire de 60%, Akali tire bel et bien son épingle du jeu, mais certains champions semblent la déranger sérieusement ; on mentionnera surtout le Veigar de Tim « Nemesis »  Lipovšek, qui a sans doute fait passer une mauvaise nuit à Lee « Faker » Sang-hyeok...

Pour en finir avec les VIP du tournoi, on retrouve Renekton, toujours là après 7 ans, et qui profite merveilleusement bien de la Lance de Shojin pour rester efficace en milieu et en fin de partie. Jugez plutôt : avec 29 bannissements pour 12 sélections, le Dévoreur des Sables affiche un taux de présence de 82%, et surtout 83% de victoires (10-2) ! Aucun doute, le Croco restera l'une des armes de choix des toplaners en quarts de finale.

L'énigme Kayle

Ayant bénéficié il y a quelques temps d'une refonte, à l'instar de Panthéon, Kayle suscitait de nombreuses interrogations à l'approche du championnat du monde. Dotée d'une force de frappe inégalée en fin de partie, elle est pour ainsi dire inutile jusqu'à son niveau 6, et reste nettement moins efficace que la plupart des autres champions jusqu'à l'acquisition de son deuxième objet. Dans une méta tournée vers l'agression rapide et les escarmouches avant les 15 minutes de jeu, ce défaut semblait rédhibitoire.

Kayle

Kayle semble elle moins crainte des participants, bien qu'elle ait déjà quelques carnages à son compteur.

La réalité est, comme souvent, un peu plus contrastée. Sur un échantillon de 13 parties, Kayle cumule 6 victoires pour 7 défaites, ce qui reste honorable. Les 26 bannissements dirigés à son encontre semblent en revanche indiquer que les équipes ne souhaitent pas prendre de risques inutiles : si ses adversaires ne parviennent pas à la punir rapidement ou à conclure la partie avant son pic de puissance, la Vertueuse devient incontrôlable, sans compter son apport utilitaire via son ultime (Jugement divin) et son sort de soin (Bénédiction céleste). 

Comme pour Panthéon, il est probable que certaines équipes décident d'utiliser Kayle comme un appât : inciter l'adversaire à se ruer dessus, pour mieux la contrer avec une stratégie préparée aux petits oignons. Et si cela ne fonctionne pas, revenir au bannissement pur et simple est toujours possible. C'est un peu de là que provient la magie des Bo5 : le droit d'essayer. Souvenez-vous de la Miss Fortune support...

Gangplank, Lee Sin, Kai'Sa... un déséquilibre à tous les postes

Comme chaque année, nous retrouvons un certain nombre de champions assez déplaisants à bannir, car tant d'autres semblent plus critiques, mais malgré tout très puissants. Sans surprise, ceux-ci deviennent donc des choix « par défaut », ou en tout cas suffisamment stables et confortables pour constituer une option privilégiée. On en retrouve globalement un ou deux par poste.

Sur la voie du haut, Gangplank est le grand gagnant, avec 20 sélections de 50% de victoires. Renekton et Akali complètent le podium (voir plus haut), tandis que Vladimir et Jayce (8 et 7 apparitions) sont distancés. Dans la jungle, match à trois entre Lee Sin (29 sélections), Gragas (21 sélections) et Elise (13 sélections). Même si, après 8 ans de pratique, le Moine aveugle est utilisé à son plein potentiel par les pros, il affiche un taux de victoire décevant (41%), tandis que l'Agitateur alcoolique pointe à 62% : son efficacité supérieure en affrontement d'équipes contribue certainement à son succès.

Doinb

Doinb était très attendu avant ce tournoi, et il est encore loin d'avoir déployé son plein potentiel... Attention, Fnatic !

Même si l'écart est moins flagrant sur la voie du milieu, Ryze et ses 13 sélections pointent une longueur devant Akali. Très apprécié de Kim « Doinb » Tae-sang, Faker et Li « Xiaohu » Yuan-Hao , il risque d'être, comme toujours, au centre du débat pour la suite du tournoi (surtout grâce aux deux premiers). Sur la voie du bas, Kai'Sa (31 sélections) et Xayah (24 sélections) écrasent la concurrence, Ezreal ne totalisant que 9 apparitions. La Rebelle cumule par ailleurs 67% de victoires, un total qui en fait la menace n°1 parmi les tireurs.

Bien sûr, cette domination ne doit pas occulter la grande diversité de champions proposée durant cette phase de poules, d'autant que certaines de ces statistiques correspondent à des tendances régionales – un exemple avec Kai'Sa, très souvent employée par les représentants de la LMS avec bien peu de succès. 

Quid de supports, me demandez-vous ? Nous y venons...

Supports de mêlée : tout pour la bagarre 

Comme l'an passé, la responsabilité des engagements pèse essentiellement sur les supports, et on retrouve une écrasante majorité de champions au corps-à-corps sur la voie du bas. Nautilus a fini par supplanter Rakan dans le cœur des joueurs, avec 23 sélections pour 11 bannissements (68% de présence). Le Charmeur bénéficie en revanche d'un meilleur taux de victoire (56% contre 43%) en 16 apparitions. 

Hylissang

Emprunté face à Clutch puis décisif face à SKT, Hylissang nous a montré que sa Leona était presque aussi féroce que son Pyke...

Toutefois, avec 78% de victoires (7 succès pour 2 défaites), c'est Leona qui pose son empreinte sur la compétition. Très efficace pour contrer les autres champions de mêlée et punir les tireurs immobiles, elle n'est plus aussi rare au top niveau qu'en 2017, où son emploi par Lee « IgNar » Dong-geun face à SKT avait surpris le monde entier.

Un seul champion à distance – si l'on peut la qualifier ainsi – a été joué à plusieurs reprises durant cette phase de poules, et il s'agit bien sûr de Yuumi. S'il est difficile de la dissocier de Garen, le duo ayant fait régner la terreur sur la Faille pendant de longues semaines, on a senti que son nerf peu avant le championnat a drastiquement diminué son pouvoir de nuisance, malgré des dégâts infligés toujours ahurissants. Ce n'est d'ailleurs pas une surprise si Fnatic a laissé tomber l'affaire, au moins temporairement, après deux parties difficiles : Martin « Rekkles » Larsson et Zdravets « Hylissang » Iliev Galabov ont affiché un tout autre niveau une fois de retour sur leurs champions habituels.

 

Bien que nous nous soyons concentrés sur les champions, d'autres points pourraient être soulignés, par exemple l'amusante influence exercée par Jang « Nuguri » Ha-gwon sur Kang « TheShy » Seung-lok, qui a fini par admettre que la Kleptomancie était un choix très intéressant pour les toplaners... Ou encore quelques tentatives de lane swap à l'ancienne, dont celle de Team Liquid, malheureusement sabotée après seulement quelques minutes par un invraisemblable jeté de partie au niveau du Dragon. Quoiqu'il en soit, les matchs à élimination directe seront l'occasion pour les huit équipes restantes de sortir le lapin du chapeau et de surprendre leurs adversaires. 

 

Quels nouveaux champions feront leur apparition à partir des quarts de finale ? Êtes-vous satisfaits de la méta de ce championnat du monde jusqu'à présent ? Partagez vos avis !

Yuumi

Bouh.