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mondiaux

Quelle méta pour les championnats du monde ?

Depuis l'arrivée il y a plusieurs semaines du patch 7.14, la manière dont les équipes abordent leurs parties semble s'être stabilisée. On observe une homogénéité au niveau des champions favorisés, et si les différentes régions et équipes conservent leurs spécificités, certains plans de jeu sont largement plus populaires, et désormais bien appréhendés. Alors qu'aucun changement majeur ne se profile d'ici le début des championnats du monde en Chine, à quelle méta pouvons-nous nous attendre lors de cet événement ?

Enfin, nous y sommes ! Les 24 équipes ayant validé leur qualification se retrouvent pour le tournoi le plus important de l'année. Avec l'addition d'une phase supplémentaire de qualification pour les groupes, ces derniers risquent d'être encore plus relevés que d'habitude, puisque le troisième chapeau pourrait par exemple comporter Fnatic, Cloud9 ou World Elite. Si certaines équipes supposées moins solides tenteront certainement une approche radicalement différente pour surprendre leurs adversaires, la première semaine de compétition devrait toutefois nous permettre d'évaluer les quelques ajustements apportés à la méta, et par conséquent les grandes tendances pour le mois d'octobre.

Bannir du côté rouge, un refrain bien connu

Situation récurrente au fil des ans, la nécessité de sortir un ou plusieurs champions de l'équation de façon quasi-systématique est aujourd'hui encore d'actualité. Et bien entendu, au maléfice de la première rotation, c'est à l'équipe « en rouge » de dépenser l'un de ses bannissements sans réfléchir ou presque. Depuis plusieurs semaines, Jarvan IV s'est fréquemment vu bouté hors de la Faille, à cause de sa flexibilité, de sa versatilité et de sa compétence ultime excessivement pénible à gérer durant les affrontements d'équipe. Mais le véritable épouvantail de l'avant-match, c'est Kalista : 98 % de présence sur le dernier patch, et… 88 % de ban. Avec seulement 17 apparitions, elle devance Caitlyn d'une unité ; la Shérif de Piltover a connu un destin inverse, désormais complètement délaissée après une popularité indécente au printemps et au début de l'été. 

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Xayah, Kalista, Cassiopeia, Jarvan, Rakan mis sur la touche... et Tristana choisie instantanément. Un schéma classique.

Quelque peu dans l'ombre de la Lance de la Vengeance sur les patchs 7.14 et 7.15, Tristana a elle aussi vu sa cote exploser. Avec 88 % de présence, elle est également un ban apprécié, bien qu'elle reste surtout le tireur le plus joué sur le patch 7.16. Ces deux héros seront probablement au cœur des sélections de champions lors des championnats du monde, mais la voie du bas devra aussi composer avec Xayah, largement favorisée par Steven « Hans Sama » Liv. Son retour s'est fait au détriment d'autres tireurs tels que Ashe ou Varus. « L'avantage de Xayah, c'est qu'elle dispose à la fois d'une très bonne tenue de ligne en début de partie, et de dégâts colossaux en fin de partie. Elle n'a pas de gros temps creux, et c'est ce qui la rend fiable. Généralement, les équipes choisissent des personnages comme Ashe ou Varus pour avoir un duo dominateur en bas, et des capacités d'initiation plus tard dans la partie ; mais dans la méta actuelle, où il y a parfois des possibilités d'engager un combat sur chaque membre de l'équipe, on leur préfère des personnages plus efficaces en termes de dégâts. » nous expliquait ainsi Kelsey Moser. 

De la même façon, les joueurs professionnels soulignent l'importance des tireurs face à la recrudescence des tanks. À l'issue de sa finale remportée face à Misfits, Jesper « Zven » Svenningsen partageait son avis : « Je pense qu'il est vraiment indispensable d'avoir un champion qui croît fortement, et qui inflige de plus en plus de dégâts au fil du match. Des champions comme Ashe, Varus ou Jhin sont moins forts en ce moment car il y a en général au moins deux tanks dans chaque équipe, et cela pose beaucoup de problèmes à ces héros une fois le match bien entamé. C'est pour cette raison que Xayah, Kog'Maw ou Sivir sont revenus au premier plan. »

Jungle et voie du haut : une première ligne bien dodue

Cho'Gath, Maokai, Gragas, Sejuani, Jarvan… La liste se prolonge, mais voici les titans que l'on retrouve le plus souvent dans la partie nord de la carte. Face aux bannissements répétés de JIV, le duel Gragas-Sejuani est devenu l'un des grands classiques dans la jungle. Elise est tombée dans l'oubli, malgré quelques sorties ponctuelles avec une réussite mitigée, tant la nécessité de briller en début de partie est difficile à respecter. Seuls quelques joueurs pros font le pari d'opter pour un champion agressif, le plus souvent Kayn ou Nidalee : le risque est massif, et la récompense pas toujours au rendez-vous. Dans ces conditions, on comprend sans mal une large préférence pour deux champions très difficiles à tuer, et bénéficiant de nombreux contrôles de foule, sans compter leurs possibilités d'engager les adversaires. 

Un phénomène similaire se produit sur la voie du haut, où l'on se précipite de bon gré sur Cho'Gath, qui n'a pas besoin de s'embarrasser d'objets à statistiques offensives pour infliger plus d'un millier de points de dégâts bruts à un adversaire en milieu de partie, sans avoir à produire de prouesse mécanique. 

Gnar

Voilà sans doute ce qui se trouverait dans la salle 101 si Cho'Gath devait faire un tour au Ministère de l'Amour...

Malgré l'efficacité de cette stratégie, quelques toplaners ont décidé d'aborder certaines parties avec plus d'ambitions. Gnar a effectué un retour au premier plan grâce à la domination qu'il exerce sur tous ces champions très solides mais finalement peu menaçants, et dont le manque de mobilité se fait encore plus ressentir face au Maillet Gelé, acheté presque systématiquement sur le Chaînon Manquant. Un autre perturbateur des phases de sélection se nomme Trundle : sa flexibilité entre la voie du bas et celle du haut est un premier avantage, sa domination sur les tanks – nettement plus brutale et rentre-dedans que celle de Gnar en est un deuxième. Luxe supplémentaire, le pilier du Roi des Trolls est une arme terriblement efficace contre les midlaners ou tireurs statiques. 

Bien sûr, ces héros bénéficient davantage de leur kit naturel que d'un choix d'objets particulièrement agressif, et peuvent donc se permettre d'investir dans un équipement leur apportant des statistiques défensives. Dans un style encore plus véhément, il convient de citer Kim « Khan » Dong-ha et son désormais célèbre Jayce : le joueur de Longzhu, récent vainqueur du segment d'été coréen, a oblitéré ses adversaires avec son champion de cœur. Aux championnats du monde, ce dernier fera partie des bannissements ciblés qu'il conviendra de garder à l'esprit…

La voie du milieu : rendez-vous dans 30 minutes

Évidemment, il y a un peu d'exagération là-dedans, mais tout comme leurs compères de la voie du bas, les mages ont aussi un rôle important à assumer en fin de partie, lorsque la première ligne adverse ne se laisse pas tuer facilement. Cassiopeia est donc logiquement redevenue un élément central du jeu, à l'instar de la saison 5, lorsque le Titan Cendré faisait la loi ; en revanche, Azir ne jouit pas de la même popularité qu'à l'époque. À moins que, en octobre…

Faker_Smiling

Le retour de Ryze pourrait faire un heureux. Et donc, beaucoup, beaucoup de malheureux...

En réalité, la voie du milieu n'est plus un point aussi critique qu'avant. On y retrouve une variété de champions limitée : Corki, Cassiopeia, Syndra, Orianna et Lucian ont été les cinq choix les plus fréquents sur le patch 7.16. Dans l'ensemble, la disparition des junglers agressifs, évoquée plus haut, facilite le choix de personnages peu mobiles ou nécessitant deux ou trois objets avant de dévoiler leur plein potentiel. « Selon moi, la méta actuelle repose surtout sur le toplaner, le jungler et le support. Les midlaners et les tireurs sont là pour assurer des dégâts en milieu et fin de partie, mais ils ne bénéficient que rarement d'une attention particulière dans les premières phases de jeu. » estime Martin « Rekkles » Larsson. Dans ces conditions, on imagine mal un changement au niveau des priorités sur la voie du milieu ; attention toutefois à l'amélioration de Ryze, qui pourrait revenir en trombe, comme souvent à l'aube de l'automne.

Mêlée générale, ou raffinement stratégique ? 

Dans un nombre important de parties, nous avons pu observer un comportement typique des équipes en manque de créativité : un rassemblement de 5 joueurs au mid (et donc, fatalement, de 10 joueurs) se toisant pendant de longues minutes, à la recherche d'une idée ou simplement d'une opportunité d'engagement, au risque de jouer la victoire sur un unique affrontement. La présence de deux tanks – voire plus – dans les compositions a tendance à favoriser cette tactique, puisqu'elle force presque systématiquement une réponse adverse symétrique, et permet ainsi de temporiser.

Néanmoins, la plupart des structures qualifiées pour les championnats du monde tombent beaucoup plus rarement dans cette facilité. De plus, la méta étant globalement stable depuis le 7.14, il serait de bon goût de l'avoir comprise avec une profondeur suffisante pour proposer des associations de personnages et des stratégies plus élaborées : le contraire serait l'assurance d'une élimination rapide.

Choix secrets sortis du chapeau et d'un mois de préparation ? Approche complètement différente pour tenter de déstabiliser des adversaires trop habitués à certains schémas ? Peu importe les circonstances, le tournoi phare de l'année comportera son lot de surprises. Et vous, quel champion aimeriez-vous voir revenir pour ces championnats du monde ?