Jump to Main ContentJump to Primary Navigation
LCS

Rekkles et sOAZ, la reconquête

Lorsque le tournoi Rift Rivals battait son plein, nous avons eu l’occasion d’échanger quelques mots avec le toplaner et le carry AD de Fnatic. Au milieu d’un tournoi aux résultats plus que décevants pour les trois représentants du Vieux Continent, Rekkles et sOAZ se sont livrés sur les leçons à tirer de cette mésaventure, sur leur quotidien et sur la façon dont ils abordent la fin de saison.

Séparés après la désillusion du Mondial 2014, Martin « Rekkles » Larsson et Paul « sOAZ » Boyer se sont finalement retrouvés à nouveau en début d’année 2017. Une nouvelle fois parés du maillot orange et noir de Fnatic, cette fois avec un hand spinner entre les doigts, ils séduisent l’Europe et dominent le groupe A de la tête et des épaules tandis que G2 Esports connaît un début de saison fébrile. L’occasion, peut-être, de rendre ses lettres de noblesse à Fnatic, qui avait remporté 5 des 6 premières finales des LCS Europe, mais dont la dynastie s’est éteinte il y a un an et demi au profit de celle des samouraïs.

« Mon but réaliste cette saison est de remporter les LCS, nous confie Rekkles. Ça fait longtemps maintenant que je n’ai même pas atteint la finale, mais je suis sans aucun doute assez bon, nous sommes sans aucun doute assez bons pour gagner le segment d'été ». Le Français émet quant à lui un peu plus de réserve quant à la méforme de ses principaux concurrents : « C’est difficile de répondre. Je pense que le MSI a posé problème à G2 au niveau du timing ». Il nous explique que « cela dépend du jour où on joue les équipes. Tu as beau faire une bonne saison, si une semaine tu n’as pas des scrim (entraînements, NDLR) géniaux et que c’est les play-offs, tu ne seras peut-être pas aussi confiant que quand tu joues la saison »

Rekkles,tout sourire lors de la 3e journée du Rift Rivals

Rekkles tout sourire lors de la 3e journée du Rift Rivals

Depuis la fin de la saison printanière et ses play-offs, Fnatic a pris un cap assumé et joue un style atypique, amorcé par un jeu axé sur des champions spécifiques qui permettent à Rekkles de jouer un rôle différent de ses homologues. Il explique que « ​90 % des équipes jouent des carrys AD utilitaires et les autres 10 % comme nous, jouent un style unique. Ce n’est pas moi qui porte mon équipe tout seul, mais j’apporte quelque chose de nouveau ». Certains observateurs émettaient des réserves quant aux capacités d’adaptation de Fnatic si la méta venait à changer, mais Rekkles voit la situation d’un tout autre œil : « Je ne pense pas que nous ayons peur des changements de la meta. Je pense même que les autres équipes devraient avoir davantage peur si la meta bouge. On a nos propres pools de champions, notre propre style. Nous ne serons pas trop affectés par les patchs à venir, même avec les changements qui ont affaibli Kennen, on fait avec ».

L’une des craintes récurrentes quant au jeu de Fnatic était la menace des bannissements de tireurs. Tout le monde a encore en tête l’époque où SK Gaming démolissait tout sur son passage, guidé par le carry AD Konstantinos « FORG1VEN » Tzortziou. Le jour où GE Tigers a commencé à bannir Graves et Lucian, l’équipe s’est totalement écroulée, incapable de rebondir. Mais Rekkles ne semble pas déstabilisé par d’éventuels bannissements de ses principaux champions. Au Rift Rivals, Phoenix1 a essayé de lui couper l’herbe sous le pied, sans succès. « J’avais déjà dit à mon équipe avant la draft, dès que j’ai vu le ban de Kennen, que si on ne prenait pas Tristana ou Twitch lors des trois premiers choix, ils les banniraient, nous explique-t-il. Donc soit on prend Tristana ou Twitch maintenant, soit on prend le Corki et on le flex (le jouer à de multiples rôles) car je me suis entrainé avec depuis un bon moment et on l’a aussi essayé en scrim. Ce n’est pas tombé du ciel parce qu’on aurait paniqué à cause des bannissements, on savait d’avance ce qu’on ferait si on ne sécurisait pas Tristana ou Twitch ». Et en effet, lors de la 6e semaine de LCS on a eu la confirmation que Rekkles ne s’arrêtait pas à quelques champions. Face à Team Vitality, il a dépoussiéré Sivir et s’également essayé à un choix plus conventionnel, Varus. Mais le champion qu’il aimerait le plus pouvoir jouer à nouveau est évidemment Vayne. Très difficile à sortir, il estime pourtant qu’elle a encore sa place, situationnelle, mais qu’il est impossible d’atteindre les conditions idéales, pour une bonne raison : « la plupart des équipes dans le monde, si ce n’est toutes, prennent leur carry AD en 3e ou 4, mais il n’arrive jamais qu’une équipe réserve leur dernier choix du côté rouge pour le carry AD. Ça n’arrive jamais. Sauf si vous êtes Fnatic au segment de printemps *rire*. Or Vayne nécessite ce dernier choix parce qu’elle a besoin d’un scénario spécifique ».

L'un des tous derniers vétérans toujours en activité, sOAZ continue de cartonner

L'un des tous derniers vétérans toujours en activité, sOAZ continue de cartonner

Si le style Fnatic fonctionne très bien localement, il a montré des failles face aux équipes nord-américaines. « Au Rift Rivals, les équipes NA exploitent des faiblesses dans notre jeu et nous punissent assez fort, spécialement en début de partie, déplore Rekkles. Donc on doit colmater certains de nos points faibles, mais je ne pense pas que l’on ait à faire de changement majeur. Les équipes NA qui sont là semblent être meilleures que les meilleures équipes d’Europe. Donc on apprend assurément beaucoup ». Comme le dit l’adage, on apprend mieux de ses erreurs. Si Fnatic a été balayé lors de ce tournoi, c’est qu’il y a encore beaucoup de travail à faire pour arriver aux play-offs le mieux armé possible. En tout cas, sOAZ a déjà une idée de qui il veut affronter : « On espère jouer H2K et qu’ils trollent encore *rires* ».

Ce nouvel événement était également l’occasion de se préparer à une éventuelle participation au Mondial. « Cette expérience au Rift Rivals est très importante pour moi, car ça fait très longtemps que je n’ai pas eu l’occasion d’affronter des équipes internationales. Presque un an et demi, nous remémore Rekkles avant de nous livrer qu’il « serait satisfait de sortir des groupes au Mondial ». 

Quand je me suis réveillé, tous mes coéquipiers et notre manager Finlay m’ont dit que les finales se joueraient en France. Même Broxah a très envie d’aller à Paris, donc tout le monde est assez excité.

Paul « sOAZ » Boyer

Mais avant d’éventuelles aventures en Chine, il faut remporter les LCS. Cette année, les finales auront lieu à Paris, dans la prestigieuse AccorHotel Arena. Sur ce point, les deux joueurs se rejoignent totalement et se remémorent les souvenirs qu’ils ont en France. Les All-Star 2014 et les phases de groupe du Mondial 2015 ont tous deux été cités et Rekkles nous a de nouveau qualifiés de meilleur public. « Je pousse mon équipe à finir premier du groupe, car on serait garanti d’aller à Paris, même si c’est pour jouer la 3e place. C’est un gros objectif de finir 1er, car tout le monde veut aller à Paris, sOAZ en particulier. On doit le faire ». 

Fnatic 3e génération au complet, en route vers la rédemption ?

Fnatic 3e génération au complet, en route vers la rédemption ?

Depuis des années, les joueurs vivent dans des « Gaming House », des lieux où ils s’entrainent, jouent, mangent, dorment et se divertissent. Mais Fnatic propose désormais un lieu différent du lieu de vie pour les entraînements. Il n’y a qu’une rue à traverser pour aller de son lit douillet à son lieu de travail, mais « le fait d’avoir un bureau t’oblige à te préparer un peu avant d’aller travailler, constate sOAZ. C’est juste en face, mais c’est le fait de se préparer, prendre une douche, aller dehors. Jesiz ou moi on va prendre un café avant d’aller au bureau, tu ne penserais pas à faire des petits trucs comme ça si tu jouais dans la même pièce où tu vis. Je pense que c’est beaucoup mieux pour les nouveaux joueurs. Pour les joueurs un peu plus vieux avec un peu plus d’expérience qui savent comment faire pour plus ou moins avoir un rythme de vie pour faire de bonnes perfs, c’est mieux, mais il n’y a pas une différence énorme, alors que ça aide les nouveaux joueurs comme Caps à être bien réveillés pendant les scrims ».

Outre ces nouvelles commodités, Fnatic semble enfin avoir trouvé son coach. Le rôle de Dylan Falco nous est expliqué par sOAZ : « Il y a deux types de coachs. Celui qui n’a pas beaucoup de connaissances par rapport au jeu. Il fait en sorte que les discussions d’après parties soient bien engagées, sans rivalité. Qu’on se mette d’accord sur un point final, même si on n’est pas d’accord. C’est vraiment important dans la vie de tous les jours qu’on pense quasiment la même chose. Et il y a celui qui a des connaissances : je pense que c’est le meilleur type. Mais il y a peu de vraiment bons joueurs ou ex bons joueurs qui sont coach. Lui, il va vraiment beaucoup t’aider au niveau macro. Il va voir des trucs que tu n’as pas vus. Si tu ne l’as pas vu, tu vas te focaliser sur le négatif, alors que si tu vois ce que tu aurais pu faire ça va beaucoup t’aider à avancer. Dylan lui c’est plus le premier cas : il aide à faciliter les discussions, veille à ce que tout le monde soit réveillé, ait un bon rythme de vie, nous aide pour la sélection des champions, etc. ».

Bien réveillés, bien encadrés, sûrs de leurs forces, mais conscients des progrès à faire, les Fnatic semblent avoir toutes les cartes en main pour renouer avec le succès. Il y a de fortes chances pour que vous puissiez les retrouver à Paris en septembre.

Alors, jusqu’où cette nouvelle version de Fnatic peut-elle aller ?