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LCS

LCS EU 2018 : retour sur les moments marquants

Après trois mois d’intense compétition, le segment estival des LCS EU 2018 touche à sa fin. L’occasion de revenir sur une année riche en émotions, aux multiples événements marquants, alors que les championnats du monde pointent le bout de leur nez.

Comme souvent depuis quelques années, l’Europe abordait la saison orpheline de plusieurs stars ayant traversé l’Atlantique pour rejoindre la ligue américaine. Parmi les colons de l’hiver 2017, Jesper « Zven » Svenningsen, Alfonso « Mithy » Aguirre Rodríguez, Fabian « Febiven » Diepstraten ou encore Tristan « PowerOfEvil » Schrage semblaient laisser un trou béant dans leurs équipes respectives. Toutes les structures de la région n’ont pas rencontré le même succès dans leur reconstruction, mais l’éclosion de nouveaux talents et le retour de vieux briscards toujours aussi redoutables nous ont permis de vivre huit mois au rythme soutenu et au dénouement incertain. Revenons donc sur quelques moments forts des LCS EU édition 2018.

Fnatic, le retour au sommet 

KingSoaz

5 titres européens, 6 participations aux Worlds : le Roi marque chaque année un peu plus l'histoire du jeu.

Ce n’était qu’une question de temps. Après un rendez-vous raté face à G2 lors du segment estival 2017, malgré une saison régulière terminée sur la plus haute marche, Fnatic ne pouvait pas laisser le Graal lui échapper bien longtemps. Les hommes de Joey « Youngbuck » Steltenpool ont mis fin en avril à deux ans et demi de disette, glanant ainsi un sixième titre européen pour la structure, puis un septième ce weekend. Youngbuck a lui obtenu son sixième titre consécutif en tant que coach, un record impressionnant pour celui qui évoluait dans l’ombre lorsqu’il était encore joueur. Menée par Martin « Rekkles » Larsson et Rasmus « Caps » Winther, indiscutables MVPs du printemps, Fnatic a véritablement franchi un palier, en partie grâce à l’arrivée de Zdravets «  Hylissang » Iliev Galabov, souvent décisif par ses initiations tranchantes, au rôle de support. Propulsé sur le devant de la scène suite à la blessure de Paul « sOAZ » Boyer, Gabriël « Bwipo » Rau est devenu l’un des meilleurs toplaners européens en l’espace de quelques semaines, même s’il a passé l’essentiel de l’été sur la voie du bas, tandis que son illustre aîné démontrait une nouvelle fois son caractère insubmersible : toujours au sommet après huit ans, sOAZ se prépare à disputer ses sixièmes championnats du monde. Phénoménal. 

L’explosion de Caps

« Baby Faker » est devenu grand. Raillé lors de son arrivée pour ce surnom prématuré et très orgueilleux, Caps ne fait plus rire personne tant il éclabousse la scène européenne de son talent. Malgré un segment de printemps inégal, il annonçait avant la finale printanière qu’il allait « détruire Perkz si violemment que cela lui rappellerait un tournoi international ». Une semaine après cette provocation virulente, le jeune prodige danois joignait l’acte à la parole, en dominant sans pitié le midlaner croate. Le titre de MVP se voyait certes attribué à Rekkles, mais Caps était clairement sur ses talons. Et en l’absence de son capitaine durant la majeure partie de l’été, il a pu démontrer que son talent n’avait pas d’égal en Europe, glanant à son tour le trophée de meilleur joueur du segment. 

CapsMVP_Summer2018

Meilleur jour de l'été, c'est indiscutable ; mais Caps ne serait-il pas simplement le meilleur joueur européen de l'histoire ?

Insolent de facilité, capable de faire fonctionner les champions les plus excentriques (Wukong ou Vayne, par exemple…), Caps s’est montré absolument ingérable pour ses adversaires. Il a remporté plus d’une partie sans que ses alliés n’aient grand-chose à faire, si ce n’est contempler celui qui peut désormais regarder Gwak « Bdd » Bo-seong, Song « Rookie » Eui-jin, Søren « Bjergsen » Bjerg ou Huang « Maple » Yi-Tang droit dans les yeux. Vivement octobre !

L’effet Kikis Cool

Vitality est qualifiée pour les championnats du monde ! Une première pour la structure française, qui peut se féliciter d’avoir intégré Kikis à son effectif en cours de saison. Le jungler polonais s’est montré particulièrement actif lors des débuts de partie pour mettre son équipe sur les bons rails, permettant aux Abeilles de glaner neuf victoires sur les dernières parties de la saison régulière. Une défaite en demi-finale face à Schalke 04 n’a pas permis aux protégés de Jakob « YamatoCannon » Mebdi de se battre pour le titre européen, mais une victoire sereine face à Misfits pour s’emparer de la 3e place, couplée à la victoire de Fnatic, a suffi pour les envoyer aux Worlds.

Kikis_Summer2018

Retour gagnant pour Kikis, qui rêve désormais d'un peu de stabilité. Vitality pourrait bien lui offrir cette confiance sur la durée.

« Après quelques jours d’entraînement, je savais que je pouvais apporter beaucoup à l’équipe », nous confiait Mateusz « Kikis » Szkudlarek après la petite finale. « Quand les choses se passent mal dans une structure, l’arrivée d’un nouveau membre s’accompagne souvent d’un influx positif. Cela permet à tout le monde de se remobiliser et de repartir du bon pied. » À en juger par le retour en forme de Daniele « Jiizuke » di Mauro et de Amadeu « Attila » Carvalho, tous deux acclamés par la foule madrilène qu’ils connaissent bien – étant passés par Giants – le remplacement de Erberk « Gilius » Demir a finalement fait beaucoup de bien à Vitality. Mais selon Kikis, ce qui fait la différence aujourd’hui, c’est la confiance : « Contrairement aux autres équipes par lesquelles je suis passé, j’ai l’impression que nous nous faisons tous pleinement confiance. Lorsque Jiizuke m’a annoncé que nous pouvions effectuer un dive sur Malzahar lors de la deuxième partie, je n’ai pas hésité à le suivre ; et cela fonctionne dans les deux sens. Je pense vraiment que cela nous permet de jouer de façon beaucoup plus libre et instinctive. » Même si Vitality aura fort à faire dès la phase de poules en Corée, nous avons hâte de voir ce qu’elle peut produire sur la scène internationale…

La folle série Misfits

À l’aube d’un tournoi de qualification régional qui s’annonce difficile, la saison s’achève en demi-teinte pour les Lapins. Et pourtant, quel démarrage en trombe ! Un colossal 9-0 qui semblait signer la renaissance des Misfits conquérants de l’automne 2017. En jouant autour de Steven « Hans Sama » Liv, qui a pu dégainer son Draven à plusieurs reprises, l’équipe semblait à l’aise et son plan de jeu difficile à contrer. Et puis, la réussite s’est fait la malle, la confiance s’est effritée, et les hommes de Hussain « Moose » Moosvi ont fini sur les rotules. Un regain d’énergie en Playoffs leur a permis d’écarter G2 assez facilement, avant que le titan Fnatic ne coupe court aux espoirs fous qui commençaient à renaître. Une défaite piteuse face à Vitality au Palacio Vistalegre, et les Misfits doivent désormais remonter tout le tableau du Qualifier pour espérer voir Séoul. 

Sencux_Quarterfinals_2018

Sencux et les Misfits devront s'inspirer de leur quart de finale face à G2 pour remporter les trois matches qui les séparent des championnats du monde.

Après la petite finale, Chres « Sencux »  Laursen nous expliquait que la confiance n’avait toutefois pas quitté l’équipe. « Je pense toujours que nous sommes plus forts que Vitality, même si nous ne l’avons clairement pas montré aujourd’hui. Certaines choses n’ont pas fonctionné durant ce match ; de mon côté, j’ai vraiment fait une mauvaise partie avec Malzahar (ndr : deuxième manche de la rencontre), mais les autres ne se sont pas mal passées pendant la phase de lane. Nous avons surtout rencontré des problèmes à partir du milieu de partie. » Cantonné à des champions peu explosifs et très axés sur le soutien de l’équipe, Sencux reste pragmatique : « Je me contente de prendre ce qui fonctionne le mieux pour notre composition. Lulu, Malzahar ou Galio ne sont pas des héros très proactifs, mais j’ai choisi Yasuo lors de la troisième partie car cela nous semblait être un bon choix compte-tenu des compositions. Pendant notre bonne série du début de saison, j’ai surtout joué des personnages très offensifs, comme Yasuo ou Aurelion Sol. Et contre G2, j’ai pu utiliser Twisted Fate. »  Même en difficulté, Misfits conserve un potentiel remarquable, et si elle parvient à corriger ses problèmes de transition entre début et milieu de partie, il faudra compter sur elle dans la guerre pour le troisième ticket qualificatif pour la Corée. 

Le retour en grâce de Amazing

Un second jungler a signé un retour remarqué cet été en Europe. Après quelques semaines de travail sur le broadcast anglophone, Maurice « Amazing » Stückenschneider a intégré l’effectif Schalke 04 avec l’ambition de convertir le potentiel de cette équipe dont on attend monts et merveilles depuis le début de l’année. Pari réussi pour celui qui a remporté les LCS NA en 2014 et qui s’est hissé en demi-finale des Worlds 2015 avec Origen : en apportant son expérience et sa science du jeu, encore soulignée par sOAZ en conférence de presse à l’issue de la finale, il a aidé Erlend « Nukeduck » Våtevik Holm à ne plus être une simple bête de scrims, mais à redevenir l’un des tout meilleurs midlaners européens. Son mentorat a également permis à Elias « Upset » Lipp de vaincre la pression qui accompagne souvent les jeunes prodiges lors de leur entrée en LCS, le tireur allemand ayant brillé tout l’été après un printemps délicat. 

Amazing_Semifinals

« Quand on m'annonce que je ferais mieux de prendre ma retraite... »

Parfois fébrile lors de ses premières sorties après son segment « sabbatique », Amazing est monté en puissance pour redevenir l’une des références à son poste en Europe. Excellent lors des Playoffs, il se trouve désormais à un Bo5 d’une troisième participation aux championnats du monde. Schalke parviendra-t-elle à conclure son bel été ? 

 

Le tournoi de qualification régional débute ce vendredi. Qui de Misfits ou Splyce conservera ses chances de participer aux championnats du monde ?

Quoi qu'il en soit, cette année 2018 a déjà connu son lot d'émotions. Et vous, quel moment vous a le plus marqué durant ces deux segments de LCS EU ?