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CHALLENGE FRANCE

Rétrospective sur le Challenge France Projet

League of Legends est un jeu qui se joue à cinq contre cinq… et à la fin c’est toujours Millenium qui règne sur la France. Si ce constat pouvait être synonyme de compétition jouée d’avance, il n’en est rien. Tout au long de ce Challenge France Projet, nous avons pu vibrer autour de rencontres endiablées, de retournements de situations et de belles histoires. Mais c’est vrai, au bout du tunnel ce sont bien les hommes en violet qui ont raflé la mise.

Il n’a pas fallu attendre très longtemps avant de savoir que le Challenge France serait spectaculaire. Dès la première journée, devant des dizaines de milliers de spectateurs cramponnées à leur siège, le favori GamersOrigin, qui domine assez largement la scène française depuis quelques mois, a trébuché face à la plus modeste équipe Solary, qui était encore dans les cartons suite aux déménagements de ses joueurs. Hors de la Faille, les fans ont pu découvrir une autre bataille : la joute verbale. Inspirés des plus belles punchlines coréennes, nos frenchies se sont envoyé de petites provocations par vidéos interposées, histoire d’assaisonner les rencontres. Juste ce qu’il faut pour nous mettre l’eau à la bouche.

Deux vitesses

Tout le monde rêve d'exposer ce trophée sur une étagère de son salon - Photo Webedia/Benjamin Martinet

Tout le monde rêve d'exposer ce trophée sur une étagère de son salon - Photo Webedia/Benjamin Martinet

GO a continué à brouter un peu en s’inclinant face à Team LDLC, mais s’est très rapidement remis sur les rails, en ne trébuchant plus jamais par la suite. Huit victoires consécutives pour les rouges et blanc, qui ont fini la phase de poule sur la plus haute marche. Contre les équipes les plus modestes, ils sont passés en mode rouleau compresseur, écrasant Gentside en 19 minutes la première fois et en 17 minutes et 30 secondes au match retour.

Cependant, les rencontres face à Team LDLC (1-1) et Millenium (2-0) ont été beaucoup plus disputées. Ces trois équipes se sont crêpé le chignon jusqu’au bout. Pendant un temps, LDLC a été considéré comme le favori, notamment par Romain « Caëlan » Albesa, support de Solary, qui mettait en avant la rigueur de l’équipe au loup, qui se reposait sur de solides bases pour prendre le dessus en s’appliquant, jusqu’à faire tomber le Nexus adverse. Au fur et à mesure, le classement s’est scindé en deux parties distinctes : les trois favoris, équipes de longue date qui sont habituées à truster les premières places des compétitions dans l’Hexagone, et le peloton de queue, qui se disputait la 4e place qualificative.

Une équipe tout juste formée, un collectif d’animateurs et une structure ayant pour but de former des joueurs. Forcément, les conditions n’étaient pas les plus optimales pour concourir face à des écuries si solides et expérimentées que celles du trio de tête, mais chaque équipe a au moins remporté deux rencontres sur les dix disputées. Un ratio correct, qui témoigne des rencontres bien souvent haletantes de ce mois de novembre. Jusqu’au bout, la 4e place a été très disputée entre Asus ROG et Solary, et malgré une victoire de ces derniers dans le face à face finale, c’est bien ROG qui a décroché son billet pour les demi-finales.

Que serait le CF sans challenge ?

Malheureusement, la marche entre ROG et GO était bien trop grande pour être franchie d’un coup. Résultat, une sévère défaite 0 à 3 a fait s’envoler tout espoir de grande finale. De l’autre côté de l’arbre, en revanche, le spectacle était à son paroxysme. Alors que Team LDLC était à deux doigts de se défaire de son adversaire, qu’il ne manquait plus qu’une petite victoire pour accéder à la finale, que l’équipe de Bora « YellOwStaR » Kim avait trois balles de match en sa possession, l’impensable s’est réalisé. Millenium, qui allait être privé du droit de défendre son titre, a trouvé les ressources pour remonter. Une première partie. Une deuxième. Puis, revenu à égalité, une cinglante déculottée infligée à LDLC. « Voir que Nidalee était disponible, ça a reboosté le mental de l’équipe. C’est un pick de confort pour nous, donc en ayant vu qu’elle était disponible, tout le monde s’est motivé à tout donner, nous raconte Stefan « Nerroh » Pereira, qui a fait des merveilles avec la chasseresse bestiale. Je pense qu’il nous fallait juste une victoire pour dérouler et passer d’une mauvaise phase à une bonne ». Comme quoi, tout est dans les détails.

Même GamersOrigin n'a pas pu mettre fin à la série de Millenium - Photo Webedia/Benjamin Martinet

Même GamersOrigin n'a pas pu mettre fin à la série de Millenium - Photo Webedia/Benjamin Martinet

À ce moment, malgré des conditions défavorables, Millenium a évité le pire. Peu avant, l’équipe avait été battue assez facilement en finale de la compétition Underdogs, par GamersOrigin, évidemment. Le jungler revient sur cette période : « On avait vécu une semaine assez noire avec Scarlet qui était malade. On n’a pas pu s’entraîner parce que l’on cherchait un remplaçant. Pour la demi-finale contre LDLC, c’est à peu près pareil. C’était le retour de Scarlet, qui était toujours malade ce jour-là ». Exceptionnellement, le midlaner avait été remplacé par Yasin « Nisqy » Dinçer lors des Underdogs, mais le règlement du Challenge France ne permettait pas de changer de joueur en cours de route. De toute façon, « la cohésion d’équipe que l’on a avec Scarlet et la dynamique sont différentes, on avait besoin de Scarlet en forme et pas de Nisqy, bien qu’il ait très bien joué les parties » explique Nerroh.

Millenium a donc dû composer avec cet aléa, et en est sorti grandi. En luttant autant pour se hisser en finale, son parcours en play-offs était aux antipodes de celui de son adversaire.

Mano a mano dans l'arène

Pour la finale, comme à l’accoutumée, les joueurs ont troqué le confort de leurs places habituelles pour se retrouver « IRL ». À Levallois, en banlieue parisienne, les petits plats ont été mis dans les grands. « La soirée était vraiment cool, c’était assez convivial, témoigne Nerroh. La production était vachement rapide et efficace. Ça avait l’air vraiment cool d’un point de vue spectateur. » Après une magnifique interprétation du titre « The Curse of the Sad Mummy » par l’orchestre Pixelophonia, les hostilités ont été lancées.

Cette fois, pas de faux départ pour M, qui rentre directement dans le bain. Trop peu habitué à se faire mener, GO s’est précipité. Dans la deuxième manche, une action à l’avantage de Damien « Shemek » Soulagnet et de ses coéquipiers s’est transformée en désastre, notamment grâce à l’intervention de la Sejuani de Nerroh, repartie avec trois éliminations. Cette situation était assez éloquente et s’est conclue par un Saut éclair dans un mur.

Exultation après la victoire - Photo Webedia/Benjamin Martinet

Exultation après la victoire - Photo Webedia/Benjamin Martinet

Dans un sursaut d’orgueil, GO a remporté la troisième manche, redonnant des raisons d’y croire à ses supporters. Malheureusement, la lueur d’espoir n’était qu’éphémère. Bien qu’elle ait été repoussée, la sentence a fini par tomber. Et elle est irrévocable. Millenium a remporté le Challenge France pour la 4e fois consécutive. Les compositions d’équipe changent, mais les résultats demeurent.

Dans quelques jours, une nouvelle échéance arrive : la Maximus Cup. Une occasion rêvée de revoir ces équipes s’affronter. Pour Millenium, « l’objectif est d’être top 1 toute l’année sur la scène française ». Comme le dit si bien le capitaine, « vu les équipes qui y participent, ça risque d’être intéressant ».  D’autant plus que nous allons continuer à découvrir le patch de la présaison, que les joueurs se sont déjà très bien appropriés, ce qui nous a permis de discerner les premières tendances sur la voie du haut, la voie du milieu et dans la jungle.

Comme nous, les joueurs du CF observent ce qui se fait à plus haut niveau et en tirent quelques spécialités pour les adapter à leur sauce. Pendant que nous regardons la scène francophone, nos joueurs s’inspirent de la Corée du Sud. « On a tous un peu regardé la Kespa Cup. Certains trucs comme Varus létalité n’aura peut-être pas autant de succès en Europe, explique Nerroh. Notre coach a tout regardé et nous a donné quelques suggestions. On a juste repris la Miss Fortune, pour le reste on s’adapte nous-mêmes ». Quand on voit l’impact qu’a eu la MF de Matus « Neon » Jakubcik vendredi soir, on se dit que Millenium a eu le nez creux. 

Alors, que retiendrez-vous le plus du Challenge France Projet ?