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ACTUALITÉ

SK Telecom T1 : La chute d'un empire ?

Victoire, gloire, prestige : ce sont des mots qui nous viennent immédiatement à l’esprit lorsqu’on évoque la structure la plus couronnée de succès de l’histoire de League of Legends, SK Telecom T1. Portée durant toute la fin de la saison dernière (jusqu’en finale des championnats du monde) par le meilleur joueur du monde, Sang-hyeok « Faker » Lee, l’équipe était attendue au tournant lors de cette année 2018. Mais un peu moins de huit mois plus tard, le constat est sans appel : une qualification in extremis pour les phases finales durant le printemps grâce à sa superstar, peu de maîtrise dans le jeu, des rookies peu performants et un été en dessous de tout. La fin de l’empire SKT T1 est proche, et son avenir est plus qu’incertain ...

UNE EQUIPE PEU ENCLINE AUX CHANGEMENTS

Depuis l’arrêt des équipes soeurs fin 2014 (avant cela, la plupart des organisations coréennes avaient deux équipes professionnelles afin de garder les entraînements secrets et de développer leurs propres joueurs, comme Samsung White et Blue, SKT T1 K et S etc...), SK Telecom fonctionne avec un même coeur : Faker, Bang, Wolf et le coach kkOma, auquel on peut rajouter Blank qui rejoindra le groupe en 2016. Depuis cette date, la structure a connu six toplaners, cinq junglers et trois midlaners différents (Faker et deux remplaçants). La structure n’avait que deux objectifs simples concernant son effectif : combler les départs et trouver un remplaçant à Bengi. Si cette formule a tenu jusqu’au Mid Season Invitational 2017, le dernier trophée remporté par l’organisation, elle a fini par montrer ses limites, notamment cette saison.

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Faker, Bang et Wolf au MSI 2017

D’une part, l’équipe a toujours cherché à conserver son identité de jeu très stratégique et contrôlée qui a fait sa réputation. Ainsi, des joueurs comme Huni ou Peanut, dont le talent n’est plus à démontrer, n’ont pas su s’adapter complètement à ce style de jeu. Les deux ont connu de bonnes périodes durant leur passage au sein de SKT, mais n’auront au final pas donné pleine satisfaction à l’organisation, et tous deux ont décidé de quitter la structure après seulement un an. D’autre part, en se contentant de combler les trous, le groupe a fini par perdre son identité. Des joueurs peu performants en 2017 comme Bang ou Untara ont été conservés, et les seules recrues signées durant l’intersaison ont été deux rookies : Thal et Blossom. De son côté, Effort, qui était un partenaire d'entraînement depuis un an, est devenu un membre « normal » du groupe. À noter qu’au milieu du segment de printemps c’est Pirean et Leo qui ont été recrutés pour mettre en place un système à 10 joueurs.

 

De plus, le départ du Head Coach cCarter après l’échec des mondiaux de 2017 a créé un énorme vide. Si kkOma l’a remplacé dans l’organigramme de la structure, il a semblé conserver le même rôle que lorsque qu’il était simple coach, ce qui laisse peu de place à PoohManDu et Bengi, ses deux “adjoints”. La figure d’autorité que représentait cCarter, un peu à l’image de Youngbuck chez Fnatic cette saison, n’a en quelque sorte pas été remplacée. Le segment de printemps n’augurait rien de bon et la seule réelle surprise aura été la qualification pour les phases finales. Néanmoins, l’abnégation du midlaner n’était pas suffisante pour obtenir plus qu’une quatrième place, le pire résultat de la structure depuis la fusion des équipes soeurs.

 

MAIS QUI EN AURAIT GRANDEMENT BESOIN...

Des changements seront plus que nécessaires si la structure souhaite repartir de l’avant en 2019. Car si le printemps 2018 a marqué une véritable baisse de résultats, comment qualifier alors le segment d’été qui a suivi ? Individualités peu performantes, un jeu d’équipe parfois inexistant, mais surtout la mise sur le banc de Faker durant les dernières semaines de compétition. Si durant un temps, ce choix du coaching staff a concordé avec un regain de résultats, il correspondait surtout à un calendrier favorable durant lequel la formation a affronté les quatre autres équipes de la deuxième moitié du classement.

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Crédits photo @SKT T1

La seule victoire significative avec Pirean dans l’effectif a été celle contre Gen.G, mais après cette dernière, le groupe a été écrasé par les grosses écuries, concluant son segment par trois défaites consécutives. La dernière rencontre contre Kingzone a été particulièrement marquante, l’ancien pensionnaire finissant la deuxième partie avec un score de 0/9/2 sur Orianna après avoir remplacé Faker, comme le symbole de la fin de l’illusion que Pirean était le sauveur de SKT. SK Telecom a, cet été, loupé pour la première fois de son histoire les phases finales de la compétition coréenne en terminant à une bien maigre septième place.

Néanmoins, factuellement, tout n’est pas encore perdu puisque grâce à ses points de championnat acquis durant le printemps, l’équipe participera en septembre au Regional Qualifier, le tournoi de qualification pour le Mondial. Hélas, même si un vieil adage dit qu’il ne faut jamais parier contre SK Telecom T1, il est difficile d’imaginer une qualification tant la différence de niveau entre elle et ses futures concurrentes était grande. Car dans ce tournoi de qualification elle retrouvera Gen.G ainsi que deux des quatre équipes encore en lice en phases finales, à savoir Afreeca Freecs, Kingzone DragonX, Griffin et kt Rolster. À moins que Faker ne parvienne à refaire l’impensable, SKT devrait finir sa saison sur un nouvel échec monumental en loupant une deuxième fois les Worlds en Corée.

QUEL AVENIR POUR SKT ?

Il sera difficile de se relever de la catastrophe (prévisible) qu’aura été la saison 2018 pour la structure triple championne du monde. Des changements en profondeur sont à prévoir que ce soit au niveau des joueurs comme du staff. En effet, s’il est difficile de connaître l’impact de ce dernier sur le groupe, force est de constater que l’équipe n’a pas progressé cette saison et que des décisions contestables ont été prises, comme la mise à l’écart de Faker ou le refus de faire jouer les jeunes joueurs que sont Blossom ou Leo, et ce malgré les mauvais résultats de l’effectif titulaire.

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Considéré comme le meilleur coach du monde, kkOma a eu du mal à s'habituer à son nouveau rôle

D’autre part en ce qui concerne les joueurs, un grand ménage est nécessaire. Hormis Effort et potentiellement les deux rookies précédemment cités, la structure doit faire table rase si elle souhaite reconstruire un groupe solide. Cela passera par le recrutement de jeunes, mais la ligue coréenne n’est pas avare en talent qui ne demande qu’à exploser, à l’image de Teddy, le carry AD de Jin Air Green Wings, ou bien le duo top/jungle d’Hanwa Life Esports composé de Lindarang et SeongHwan.

Enfin se pose la question de l’avenir de Faker. Dans le premier épisode d’une série de vidéo de l’OGN, la principale chaîne de production de la LCK, consacré à SKT T1, la superstar de LoL est apparue mentalement très affaiblie et en proie au doute suite à la succession d’échecs depuis les mondiaux de l’an dernier jusqu’à la défaite contre kt Rolster durant les phases finales du printemps. Après presque six ans de dévotion à l’organisation ponctués par une année noire et d’une mise sur le banc des remplaçants, l’éventualité d’un départ du meilleur joueur du monde n’a jamais été aussi proche… À moins que sa structure ne décide de reconstruire réellement son effectif autour de lui.