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LEC

Team Vitality, le nouvel espoir français en LEC

Le LEC s'apprête à reprendre ce 24 janvier 2020, et une équipe en particulier devrait être au centre du viseur de tous les fans français. Après une année 2019 plutôt mitigée, Team Vitality a décidé de remanier la majorité de son roster. Si elle a gardé un noyau solide, elle a surtout parié sur plusieurs jeunes talents venant tout droit des ligues régionales, ainsi que deux coachs expérimentés. Avec cette nouvelle formation, les abeilles devraient s'imposer comme l'espoir français, comptant désormais quatre représentants de l'Hexagone dans leurs rangs. Qui sont ces nouveaux membres ? Qu'attendre des différents rookies qui viennent directement de ligues régionales ? Vitality sera-t-elle capable de passer au niveau supérieur ?

 

Reconstruire sur une base solide

 

Le joueur le plus emblématique de Team Vitality est resté. Véritable cador de la voie du haut en Europe, Lucas « Cabochard » Simon-Meslet est un vétéran particulièrement respecté, puisqu'il a rejoint la ligue européenne début 2015, et a su rester parmi les meilleurs à sa position depuis. Réputé comme un capitaine au mental solide, capable d'assumer la lourde tâche de carry en toute situation, il ne fait aucun doute que sa présence au sein du roster sera un énorme point positif pour la cohésion de cette dernière.

Durant ses 5 années en ligue européenne, Cabochard a à plusieurs reprises été cité comme le meilleur toplaner du Vieux-continent.

Durant ses 5 années en ligue européenne, Cabochard a à plusieurs reprises été cité comme le meilleur toplaner du Vieux-continent.

À ses côtés, Jakub « Jactroll » Skurzyński continuera d'évoluer au poste de support. S'il n'a pas autant d'ancienneté que son toplaner, le Polonais attaque toutefois sa troisième année en LEC, ce qui est gage d'une certaine régularité dans une ligue où les joueurs qui flanchent sont si facilement remplacés. Souvent la cible de critiques, pointé du doigt comme le maillon faible de la formation en 2018 et 2019, il ne méritait sans doute pas tout le blâme, puisque ses pires performances sont également le fruit d'un style de jeu très agressif porté par Amadeu « Attila » Carvalho, son ancien partenaire sur la voie du bas.

Un départ qui pourrait coûter cher à l'identité de Vitality est celui de Jakob « YamatoCannon » Mebdi. Coach de l'écurie française depuis 2017, il s'était démarqué par son approche de l'entraînement axé sur la psychologie et l'importance de la confiance en soi au sein de l'équipe, ce qui l'avait presque menée jusqu'aux quarts de finale du Mondial en 2018. Il sera toutefois remplacé par Hadrien « Duke » Forestier, ancien commentateur d'O'Gaming et coach de Splyce l'année passée. 

Aidé par Louis-Victor « Mephisto » Légendre, entraîneur assistant de Fnatic en 2019, et Mitch « Boris » Voorspoels, autrement connu sous le pseudonyme de Krepo, et qui évoluait dans l'ombre en tant que manager au sein de G2 Esports l'année passée, ce nouveau staff pourrait insuffler une nouvelle identité à l'équipe. Jusque là, elle était surtout réputée pour son style agressif mais dont la stratégie n'était pas réellement peaufinée. Désormais, il ne serait pas surprenant que ces nouveaux membres, qui sont eux davantage reconnus pour leur sens accru de la macrogame, puissent enseigner tout leur savoir aux jeunes joueurs qui rejoignent la formation et qui ont encore beaucoup à apprendre sur l'environnement compétitif.

 

Les rookies les plus prometteurs du segment ?

 

Ce qui marque le nouveau roster de Vitality, en opposition avec l'expérience des personnes précédemment citées, est le jeune âge du reste de la formation. En effet, la structure a investi dans trois rookies qui sortent directement des ligues régionales européennes, à commencer par Duncan « Skeanz » Marquet. Très connu de la communauté française, le jungler s'était fait connaître en 2016 chez Team-LDLC, avant de passer par Solary puis finalement par Vitality.Bee, avec laquelle il avait décroché la deuxième place de la LFL durant l'été 2019.

« Pour ce qui est de mes objectifs personnels, j'aimerais surtout apprendre un maximum et progresser sur moi-même. Je pense avoir encore une énorme marge de progression. »

Skeanz, lors d'une interview pour LoLesports.

À seulement 19 ans, Skeanz a encore beaucoup à apprendre, mais il est sans doute l'un des talents les plus prometteurs venant des ligues régionales. Réputé pour son style de jeu agressif, à l'image de ses champions favoris (Lee Sin, Elise, Nidalee...), il pourrait rapidement se faire une place en LEC, où les junglers des autres équipes sauront le mettre à l'épreuve.

À ses côtés, il sera rejoint par son ancien concurrent en LFL. Markos « Comp » Stamkopoulos est un joueur de plus qui s'est fait connaître chez Team-LDLC, en remportant les deux segments et la finale de la ligue française l'an passée. L'ADC grec qui vient tout juste de souffler ses 18 bougies s'est très vite imposé comme le meilleur à son poste à son échelle, et devra redoubler d'efforts s'il veut rester au niveau en LEC, qui compte certains des meilleurs tireurs du monde. Si sa carrière est encore très jeune, elle brille par ses mécaniques irréprochables et un taux de victoire impressionnant de 75%, avec 42 victoires pour 14 défaites.

« Personnellement, il m'aide énormément tant en jeu qu'en dehors de la faille, et je suis très reconnaissant de jouer avec lui. »

Comp, interrogé sur sa relation avec son ancien support Steeelback

Disciple de Pierre « Steeelback » Medjaldi, vétéran qui était son support, Comp a beaucoup appris en 2019. Le joueur français étant à la base un ADC avant de changer de rôle, il a pu enseigner tout ce qu'il savait à son coéquipier grec. Désormais, reste à voir si ce dernier aura autant de synergie avec Jactroll, son nouveau partenaire sur la voie du bas.

Enfin, la dernière personne à rejoindre l’effectif de Vitality est sans doute la moins connue des trois. Premier Serbe à rejoindre le LEC, Aljoša « Milica » Kovandžić est à considérer comme le « suivant sur la liste » après la vague de nouveaux midlaners qui a envahi la ligue européenne en 2019. Alors que Tim « Nemesis » Lipovšek, Marek « Humanoid » Brázda, Felix « Abbedagge » Braun et Emil « Larssen » Larsson ont tous montré un énorme potentiel l'an passé, Milica s'est imposé comme l'un des meilleurs joueurs restant à sa position en ligue régionale.

Outre ses performances avec LeBlanc, l'un de ses champions de prédilection, Milica a joué 18 personnages différents en 2019.

 

Il est passé par plusieurs équipes au cours des dernières saisons, notamment avec la structure polonaise AGO Gaming au sein de laquelle il avait joué avec Jactroll, mais également en TCL en 2018. La compétition turque avait par le passé révélé plusieurs jeunes talents européens, comme Rasmus « Caps » Winther, Gabriël « Bwipo » Rauet et Andrei « Xerxe » Dragomir, mais c'est surtout lors de sa participation à la LVP, le circuit espagnol, que le midlaner serbe s'est démarqué. Aux côtés de Vodafone Giants, il a remporté le segment d'été avant de décrocher une deuxième place aux European Masters. Avec un style très polyvalent, il sera cette année en compétition avec ses coéquipiers pour le titre de « rookie du segment ».

 

L'union fait la force

 

Un facteur qui pourrait marquer la réussite de Team Vitality en 2020, en plus de générer la ferveur des fans, est la présence de quatre français au sein de la formation. Si l'alchimie qui découle d'une culture commune se traduit par une meilleure synergie en jeu entre Skeanz et Cabochard, ce dernier ayant par le passé toujours joué énormément avec son jungler, cela pourrait réellement permettre aux abeilles de sortir leur épingle du jeu. Evidemment, ils ne devraient pas parler la langue de Molière lors des communications afin de ne pas aliéner le reste de l'équipe, mais la simple présence de personnes venant du même pays pourraient aider le rookie à trouver ses marques.

« Personnellement ça m'aide beaucoup. Le fait d'avoir des joueurs français à mes côtés ça me met bien plus à l'aise. »

Skeanz, interrogé sur la présence de français chez Vitality.

En outre, les personnalités déjà bien connues du public français créent une réelle identité qui pouvait jusque là manquer à Vitality. Si la structure a toujours cherché à représenter le drapeau tricolore à l'international, elle n'aura jamais eu autant d'éléments en adéquation avec cette volonté en son sein qu'en 2020. Avec Duke, ancien caster d'O'Gaming, mais également Mephisto qui avait fait son trou dans le paysage des LAN de l'Hexagone lorsqu'il coachait ROG School en Open Tour, nul doute que la formation devrait attirer de nombreux nouveaux fans.

Avant même sa participation au LEC, Duke était déjà très connu du public français pour ses antécédents de coach de PSG Esports et de commentateur chez O'Gaming.

Avant même sa participation au LEC, Duke était déjà très connu du public français pour ses antécédents de coach de PSG Esports et de commentateur chez O'Gaming.

Enfin, avec l'inauguration récente de nouveaux locaux parisiens, surnommés « Vitality Hive », l'équipe aura la chance de pouvoir utiliser toutes les infrastructures mises à sa disposition dans la capitale pour y faire des bootcamps en dehors de la saison régulière, ce qui devrait également aider à souder les joueurs. D'après les dires de Skeanz, ils y sont déjà allés pour s'entraîner en amont du début du segment de printemps.


 

Vitality n'a pas manqué les playoffs en Europe au cours des deux dernières années, mais elle n'est jamais allée plus loin qu'une troisième place durant l'été 2018. Avec cette réinitialisation presque intégrale de la formation pour cette saison 10, il est certain que l'objectif est de miser sur le long terme en développant ses nouveaux joueurs, pour tenter de décrocher un jour le titre européen.

Le chemin sera toutefois difficile, le LEC étant l'une des ligues les plus homogènes et compétitives du monde. S'il sera sans doute impossible pour les abeilles de détrôner G2 Esports en seulement une année, une qualification au Mondial doit également être dans le viseur de l'équipe française. Chacun des membres devra néanmoins se surpasser s'ils souhaitent représenter le drapeau tricolore sur le sol chinois au mois d'octobre.

 

 

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